TRUMP, LA POLITIQUE “FAST-FOOD” ET LA BOUGIE DE DIOGÈNE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le livre sur Trump est sorti il y a quelques mois. Il est signé Micheal Wolff : FIRE AND FURRY. Autant dire qu’à la lecture des commentaires, Trump n’a pas apprécié. http://www.journaldemontreal.com/2018/01/06/un-portrait-devastateur-de-la-presidence-trump. Wolff affirme que Trump ne s’attendait pas à gagner. Cela nous rappelle certains? Ces accidents de parcours qui expliquent beaucoup de pilotage à vue. On peut y lire ce succulent extrait où le fils de Trump dit à quelqu’un qu’après les résultats, le visage de son père est comme celui de « quelqu’un qui a vu un fantôme ». Finalement l’improvisation et la stratégie du chaos ne sont pas une surprise. Mais au-delà des anecdotes il faut se demander comment le “fait démocratique ” fonctionne. Au point d’amener au pouvoir des gens sans “programme”. Des fantasques, des burlesque et beaucoup de dictateurs en puissance qui par la suite font leur coming out une fois au pouvoir. Cela veut il dire que “les détecteurs de mensonges” ne fonctionnent pas? C’est quand même extraordinaire que la fonction suprême soit celle la plus “accessible” sans qu’on soit obligé de justifier d’une expérience de gouvernance, une probité morale et un sens élevé de la démocratie. Un train qui n’annonce pas clairement sa destination et les gens embarquent.

J’ai vu l’autre jour Serigne Mbaye Thiam avoir du mal a expliquer le yonnu yokute et pourquoi la “croissance ” ne se traduit pas par une amélioration des conditions de vie. Il faut peut être réfléchir sur les stratégies de campagnes. Dans le cas du FN en France j’ai entendu quelqu’un dire que si Le Pen fille n’avait été trop polie et civilisée au départ avec Macron elle aurait un meilleur suffrage. Il fallait rester dans l’insulte et les attaques violentes. Alors que ses gourous lui demandaient d’adopter un ton police (contre nature ) pour démontrer que le FN avait changé. Alors que son électorat traditionnel kiffait le côté “sauvage et débridé  qui les différencie des autres. Finalement le “con” c’est qui dans ces élections ?

Macky portait les germes du président qu’il est devenu. Une ascension sociale par la grâce d’un seul homme. Quelques lapsus anti démocratiques. Comme à Fatick lors des élections. Des actions de services commandées comme dans le cas de Idy où il était monte au front. Et puis une “arrogance ” visible depuis longtemps. Mais il a pu passer le détecteur de mensonge avec le manteau de la victime. D’autres le passeront avec le  celui de Zorro. Ou du visage familier. Car le Sénégalais aime presque à dire “on ne le connaît pas”. Pour ne pas changer.

Il y a aussi une question technique qui se pose partout. La stratégie n’est jamais l’exécution. Comment combler ce gap? Pourquoi nos pays sont des “cimetières” de stratégies ? Pourquoi avons nous partout des armées mexicaines avec des gradés et très peu qui mettent les “mains dans le cambouis”. Est ce que notre “corps” ou corporation politique est à même capable de faire des “stratégies réelles? Sont ils plutôt des “tacticiens polotiques”. Je dis bien POLOTique pas politique. Ceux qui font la stratégie  (même la meilleure ) sont -ils ceux les plus a même de l’exécuter ?

Cela nous amène à la déliquescence et à la politisation à outrance de notre administration centrale et des corps de métiers et de contrôle. Cette macrocéphalie politique est peut être la gangrène. Si une faisait la revue des dépenses publiques affectées a la “politique ” on se rendrait compte qu’il ne reste rien a l’exécution. Lors des débats récents sur une chaine de téléphone, j’ai vu un médecin s’insurger contre la politisation de notre système de santé. Pour dire que l’allocation des ressources, la mise en place des équipements et même les “consultations gratuites” obéissent a cette logique. Et il proposait un haut conseil de la santé chargé de faire des recommandations et des arbitrages. C’est valable sûrement ailleurs.

Alors le “fait démocratique ” peut parfaitement confier le pilotage de l’appareil a un “idiot” intelligent politiquement. C’est ce qui explique peut être l’extinction des leaders en Afrique et dans le monde. Arriver au pouvoir était alors la consécration d’une lutte, d’un combat d’une personne certes mais aussi de force sociale. Aujourd’hui on tombe dans l’ère des fast food,. Des fake news et de fake président. Usurpateurs nés de la volonté populaire. Cela parait antinomique mais on ne sait pas comment l’exprimer autrement. Parce quelque part on nous a mis dans une sorte “d’urgence artificielle “. On veut du dioni dioni tous.

Donc personne ne se hasarde à présenter une vraie “stratégie” avec ses avancées graduelles, ses risques, ses coûts sociaux et ses implications comportementales (oui redresser l”homo senegalensis, le ramener au travail, diminuer ses passes droits pour certains, rendre des comptes, se tromper et l’assumer, serrer la ceinture pendant un moment, faire des priorités, punir et récompenser). On leur présente le “plan miracle” qui va “tout guérir”. Comme le ferait le charlatan de la gare routière. On nous dit que plus la probabilité est élevée pour la personne de ne pas te revoir plus il peut être enclin de te tromper sur la marchandise. Exemple le vendeur à la sauvette ou l’ambulant (en dehors des conditions éthiques bien sur). La politique échappe à cette règle chez nous. Le mec revient avec aplomb te fourguer la même chose et parfois dans le même paquet! Observons le mouvement des transhumants ce qu’ils sont en majorité dans cette macrocéphalie “poloticienne”. Là beaucoup ont certes une formation mais n’ont plus de métiers depuis 30 40 ans parfois.

Alors stratégie/exécution ? Peut on leur donner le guidon ? Je disais à une amie que l’exemple classique c’est le ministère de la jeunesse. On y place fréquemment quelqu’un sans métier et expérience avec la lourde tache de trouver du ..travail aux jeunes. Donc dans les “inconsciemment incompétents et les consciemment incompétents ” gangrènent le système où ils subsistent quand même quelques îlots de consciemment compétents qui aussi tirent les marrons du feu. Une pièce de théâtre burlesque. “La ronde des idiots”. De Trump à Kim en passant par les tropiques. Mais il y une forte “demande ” des idiots et de fous. Et parfois les “insulteurs ” arrivent durant l’entracte pour nous égayer ou nous servir d’exutoire. A part le Pape,  c’est actuellement le désert. Cela n’était plus arrivé depuis longtemps. Une macrocéphalie politicienne mais sans “tête pensante”. C’est peut être le drame qui se joue. La fameuse quête de sens. Le socle et la boussole.

Je pense que c’est Edgard Morin qui dit quelque part qui nous savons appréhender l’infiniment petit et l’infiniment grand mais pas encore l’infiniment complexe. Et si on était juste désarmé devant la “politique”. Au point où on est surpris par nos propres “décisions” citoyennes. Après chaque scrutin on se réveille avec la gueule de bois. Ah Trump, ah Macron, Poutine, ah Macky. Ah le peuple inculte et corrompu. Ah le PSE. Les “idiots”, les vessies que nous prenons pour des lanternes. La bougie de Diogène que chacun pense détenir.

NKEN

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *