REACTION DU DR. AHMED APAKENA DIEME DU MFDC AUX REPONSES DE IBRAHIMA SENE

N.B : Il faut certainement un chapeau pour remercier et reconnaître le bénéfice d’un tel échange…

(En retrait les parties de la réponse de M. Sène, suivent les réactions de M. Diémé)

Ma réponse à Docteur Diémé

Docteur, permettez-moi d’exprimer d’abord mon admiration devant l’étendue de votre savoir à propos des questions que j’ai soulevées. Rares sont les Sénégalais avec qui j’ai eu à débattre sur des questions essentielles pour notre Nation, à voir fait preuve d’autant d’érudition. Vous avez réagi en expert avisé, certes, mais aussi en partisan, sans équivoque, d’une cause et d’un camp.’

Merci des compliments ; je suis content que vous soyez sensible à certaines idées. Je ne pense pas être érudit, vraiment. J’ai juste eu 10 ans de consulting dans le Sahel notamment sur le salafisme, puis ma petite culture en philosophie et autres confèrent parfois un caractère d’érudition à mes écrits.

“Je remarquerai, d’abord, qu’il est tentant de considérer comme « amalgame » , comme vous l’avez fait, le traitement contextualisé de deux phénomènes apparemment différents, à savoir, « l’arrestation de présumés djihadistes » et la « reprise des violences » par le MFDC.”

Oui, vous avez raison, du moins je suis, sur ce point un peu incompris. La structure de votre argumentaire est la suivante : problématique de déstabilisation d’une région de l’Afrique par les puissances occidentales citées- la question de la Casamance, notamment les derniers évènements servant plus de prétexte d’actualité pour tirer la sonnette d’alarme – puis le supposé lien entre les occidentaux et la déstabilisation via le terrorisme ou l’islamisme militant et politique. Si cette structure n’est pas juste, dites le moi.

Partant d’elle, mon propos a été,  en fait de nous distinguer de par notre cause, notre méthode, nos rêves politiques, nos projets de sociétés non déclinés ici, de ce qui pourrait apparaitre dans la structure argumentaire de votre texte, comme de l’assimilation, de la confusion et du rôle de marionnette nourri d’une certaine naïveté du Mfdc politique, que cette organisation pourrait jouer, dans les tactiques de déstabilisation.

“Vous ne voulez pas y voir un « lien », et avez réfuté celui que j’ai cité et qui met en cause les USA et la France dans leur politique d’instrumentalisation de « mouvements rebelles et/ou djihadistes » à leurs fins géostratégiques. “

Oui, c’est vrai, mais pour le Mfdc, il n’en n’est rien justement. Nous ne sommes instrumentalisés par personne contre le Sénégal.

Par contre, pour les Occidentaux, c’est vrai qu’ils instrumentalisent des salafistes ou des rebelles.  (Presque tous les jeunes terroristes qui ont mené depuis quelques années y compris dans l’affaire Charlie, des attentats, étaient au fond au service de la DGSE, puis se sont retournés contre elle, la conviction religieuses pesant plus lourd dans la balance)

Mais cela n’enlève en rien la problématique des crises interprétatives sur les Textes au sein du monde islamique. Les enjeux géostratégiques qui éclatent dans les rapports de forces entre puissances, (comme le contrôle de l’énergie poumons du système capitaliste et financier du monde, comme l’alliance judéo chrétienne contre l’Islam rebelle insurgé, sur fond de soutien irrationnel à Israël, comme l’alliance entre les monarchies arabo musulmanes et les formes politiques pourtant républicaines : toutes les monarchies arabo musulmanes, ainsi que les conservatismes de l’Islam confrérique ou des Tarika dans le Sahel sont des alliés de l’Occident.

Si vous observez bien, les chancelleries occidentales en Afrique courtisent les tenants d’un islam dit cool, pacifiste, confrérique. J’en veux pour preuve les visites des ambassadeurs des USA et de France aux familles confrériques dominantes au Sénégal et les séances dialogue dans la communauté musulmane lors du Ramadan dans les pays comme le Niger, le Nord Nigeria, etc.

C’est toutefois un paradoxe pour un Occident des Lumières allié des monarchies conservatrices contre d’autres musulmans, pourtant proches de certaines idées républicaines.

L’attitude de l’Occident face à la problématique salafiste ne doit pas être seulement analysée en termes d’instrumentalisation pour les intérêts matériels. C’est certes vrai, mais le terrain sur lequel je voudrais vous inviter, c’est de sortir de l’approche néomarxiste qui réduit les choses à l’économique et ne voit pas que des enjeux idéologiques et politiques au sein des musulmans existent.  On nous a souvent rabâché les oreilles en nous faisant croire que le salafisme ou le fondamentalisme serait né de la pauvreté, comme en pays haussa ou Kanuri de l’Etat de Borno, ou encore au Nord Mali.

Il y a un aspect important qui est facilement décelable dans le discours des salafiste : le purisme contre la souillure ou le Bidda propres aux tenants des Tarika, le retour aux pratiques purement Mohammadiennes au 7 siècle, la réaffirmation de l’islam sans associationnisme ou cheikh à vénérer, etc.

Une anecdote si vous avez le temps. J’ai assisté à Gombe State dans le Nord Nigeria à des séances de Zikr ou de louanges au prophète chez les talibes Niassène de cette ville capitale du même état, et dans la foule, subitement un mot d’ordre circula et vint des militants de Boko haram qui étaient dans la foule, ordonnant de cesser cette manière de faire des louange en jouant des tambour et en se mouvant.

Pour ne pas être encore perçu par les néomarxistes comme idéalistes froid, je vous invite à lire les écrits de Régis Debray, l’inventeur de la médiologie, qui s’applique à montrer que Dieu est action, se matérialise dans une logique qui rend caduque la dichotomie  infrastructure structure, c’est-à-dire matérialité et superstructure qui serait une distorsion de la réalité.

“Je comprends qu’un tel « lien » peut vous déranger en tant que « Cadre du MFDC » fortement attaché à l’implication des USA dans la crise Casamançaise.
Cependant, je vous mets au défi de produire un seul cas, dans le monde, où cette implication a apporté la paix, la stabilité et la réconciliation dans un pays quelconque.”

Là vous vous trompez sur ma personne. Je voudrais être plus secret que cela, et donc je serais moins prolixe. Je veux dire au sujet des USA que ce sont eux pour le moment qui constituent notre opportunité diplomatique pour s’appuyer quelque part en vue d’ouvrir des négociations politiques entre le Mfdc et le gouvernement.

La France n’a eu de réponse que de nous envoyer Charpy, qui n’a fait que reproduire un plagiat (le livre de Christian Roche conquêtes et résistances en Casamance) Récemment, à travers l’argent que gère l’Amiral Sarr qui a loué les service du piètre consultant helvético comorien Saed Ahmed Adass pour le règlement de la crise en Casamance, saviez que le gouvernement avait demandé à l’union européenne donc à la France des moyens pour acheter des armes contre le Mfdc ? Et que la France avait dit niet comme elle l’a fait à travers Jospin, lorsque Wade partit dès son accession au pouvoir à la recherche d’armes contre nous aussi ?

Etes-vous informés des démarches actuellement en cours de la part du régime de Macky Sall en direction de la tenue de négociation ou d’approche des leaders exilés du Mfdc ? Apparemment non, sinon vous n’en seriez pas à me reprocher de tenir tant aux USA. Ma générosité en informations s’arrête là, dommage.

“Au contraire, même l’histoire la plus récente prouve que cette implication rime avec plus de déstabilisation, plus de violence, mais jamais la « paix ».

Vous voulez nous faire croire que la Casamance serait une exception ! Croyez cela si vous voulez, mais ne nous prenez pas pour demeurés ! 

De même, vous semblez me reprocher d’être contre le « Droit d’asile » dont bénéficient des cadres du MFDC en Europe et aux Amériques du Nord.
Vous vous trompez. Je respecte ce « Droit humanitaire » qui permet de sauver des vies d’une répression certaine.

Mais le « Droit d’asile » implique, selon les Nations Unies, un « Devoir » que devrait respecter scrupuleusement le bénéficiaire, sous peine de le perdre.
En effet, il est formellement interdit au bénéficiaire d’un « Droit d’asile », de mener ou de tenir des propos publics visant à déstabiliser et/ou à inciter des violences dans le pays qu’il a quitté.

Dans le cas échéant, les autorités du pays d’accueil ont le devoir d’y mettre fin, et en cas de récidive, d’expulser hors de leur territoire, le bénéficiaire du « Droit d‘asile ».

C’est dans ce cas de figure que se classent les agissements publics de certains cadres du MFDC en France, mais pas encore en Allemagne ou ailleurs.”

 Oui, nous savons tout cela. C’est bien de le rappeler, quand même. Les occidentaux savent aussi ce qu’est le droit de la guerre. (Si une organisation armée est en position de se défendre dans une situation conflictuelle, bien qu’elle ne soit pas reconnue par les puissances occidentales, selon le droit de la guerre, cela s’appelle self défense. Si votre armée a « casernisé » notre territoire, ce qui est la preuve d’une position de combat, comment appelez-vous cela ? Sécurisation ou guerre ? Ils savent aussi que le vrai problème n’est pas tant de respecter ou pas ces dispositions, mais ce qui fait que des leaders sont persécutés dans leurs idées et leur lutte politique. L’indépendantisme, dans  la culture démocratique occidentale, est une opinion politique constitutionnellement reconnue.

Au lieu de vous intéresser à ce qui a fait qu’ils se sont exilés ou à dénoncer la persécution d’une idée politique quelle qu’elle soit (pourvu qu’elle n’appelle pas au meurtre aveugle et fortuit)

Savez-vous que sous Diouf, Wade et Macky Sall, en ce qui me concerne, les ministres des affaires étrangères et les commissaires du renseignement ont demandé en vain mon extradition en inventant des chefs d’accusation farfelus. Je ne donnerai pas de détails, mais vous laisserez mener vos propres enquêtes sur ces réalités.

“A qui profite donc ce « crime » ? Pourquoi refusez que la France soit interpelée à prendre ses responsabilités pour faire appliquer la loi en matière d’asile politique dans son propre pays ?

L’impunité dont jouissent ces cadres du MFDC ne peut signifier d’un « acte d’hostilité » de la France vis à vis du Sénégal, que les Républicains et Démocrates de ce pays devraient dénoncer, et exiger de nos autorités qu’elles assument leur responsabilité vis à vis de la France sur ces agissements qui menacent notre sécurité.

L’attitude des USA et de la France vis à vis du MFDC, devrait interpeller tout patriote de ce pays.
Que vous ne puissiez pas le faire se comprend bien, mais de là à vouloir nous faire prendre des « vessies pour des lanternes », c’est vous méprendre profondément.

De même, vous tentez de nier l’instrumentalisation par les USA du « fondamentalisme islamique » à leurs fins géostratégiques, qui est pourtant, aujourd’hui, notoire.”

 Quel est le premier ennemi des salafistes ? Que vise le projet politique salafiste  dans le Sahel  (chez IYAD Ag Ali ou Shekau, par exemple) ? En quoi ces insurrections salafistes sont-elles un danger aux intérêts stratégiques des puissances dont vous parlez ?

En les combattant vous ne trouvez pas curieux que les alliés dans le monde arabe soient les monarchies et pour le Sahel les confréries organisées autour des marabouts : pourquoi chez les mourides seuls les descendants de Bamba sont des leaders religieux et pas un Talibé ? Sur ce point précis quel est le discours des Salafistes.

Pour le moment, sur ce passage de votre réponse, je me contenterai de cette question afin que nous réfléchissions ensemble ; et là résidera la réponse.

“Ces deux puissances ne sont, certes, pas à l’origine du « fondamentalisme islamique », mais son instrumentalisation au Moyen Orient et en Afrique Sahélienne par ces deux puissances ne fait plus l’ombre d’un doute.”

Là, je ne peux vraiment pas me laisser piéger par la théorie du complot, mais plutôt  par les calculs tactiques et stratégiques, par la théorie du chaos constructif, par la recherche du motif pour plus de présence militaire dont le but caché, c’est la protection d’Israël, etc.

On parle là de la gestion tactique et ironique parfois des crises, pas de leurs causes, de ce que j’ai nommé l’insurrection salafistes contre les monarchies ou contre ce qu’il considèrent comme des entreprise de souillures de l’islam.

S’il n’y avait pas la vieille rivalité entre les monothéismes abrahamiques, s’il n’y avait pas la question palestinienne, s’il n’y avait pas de conservatisme politico et économique et même religieux des monarchies arabo musulmanes ; s’il n’y avait pas d’obsession irrationnelle de protéger Israël, on n’aurait surement pas ces insurrections à tendance wahhabite puis salafistes.

Pour le Nigéria, n’eut été ce que j’appelé le verrouillage du jeu politique ainsi que dans la redistribution des ressources pétrolières et leur contrôle par les élites en relation incestueuse au nord Nigeria, n’eut été la persécution de Mohamed Yusuf ( dont les délires théologiques pouvaient se muer en lutte politique, puisque le cadre de Charia existait déjà au Nord Nigeria) n’eut été l’inculture des forces répression ignorant  la tradition sectaire du Nord Nigeria, on aurait pas produit des Boko Haram et Shekau.

“Et c’est curieux qu’un expert aussi averti que vous ne l’ayez pas remarqué.  Mais je comprends sans le partager, votre attachement à la politique interventionniste de ces deux grandes puissances, étant donné que vous êtes sous leurs ailes protectrices ! Les Sénégalais de Casamance et d’ailleurs ne vous pardonneront jamais de vous lier aux entreprises de déstabilisation, qui sont la marque de fabrique de la politique étrangère des USA et de la France dans notre sous-région. “

Monsieur Sene, ici je ne suis sous l’aile protectrice de personne. J’ai galéré et suis devenu ce que je suis devenu, bien que sortant d’une famille certes d’un érudit islamique, mais modeste. C’est valable pour tous les autres leaders. Détrompez-vous s’il vous plait. Informez-vous plus que cela en ce qui nous concerne, vous découvrirez des choses.

“Maintenant, quant à la légitimité de votre « lutte armée pour l’Indépendance de la Casamance », je suis resté sur ma faim, étant donné que vous n’avez produit aucun fait, ou document historique pouvant l’attester.”

Ce n’était pas mon propos, mais en d’autres lieux et un jour j’y reviendrai. Pourquoi ne pas organiser un débat sur les luttes historiographiques de légitimation de notre lutte opposée à vos postures unionistes dans vos médias, au lieu tout le temps de monologuer, comme si le Mfdc ne disposait pas d’une élite qui soit capable de défendre la cause nationaliste

“Ce qui est historiquement établi sans contestation possible, c’est que les dirigeants du MFDC ont participé à côté des dirigeants d’autres mouvements autonomes de la Colonie du Sénégal, au Premier Gouvernement Autonome, mis en place par le BDS qui a gagné les élections organisés en 1956 sur toute l’étendue de la colonie.

Mieux, ils ont participé, dans le cadre de l’UPS, à sillonner toute la colonie pour appeler à refuser l’Indépendance du Sénégal lors du Référendum de 1958.

Et c’est dans le cadre de ce gouvernement autonome qu’ils ont acquis, avec leurs compagnons, les attributs de l’Indépendance en 1960.

Comment après tout ce compagnonnage de nos peuples dans la lutte pour l’Indépendance nationale du Sénégal, peut-on légitimement, vingt ans après, poser la question de l’Indépendance de la Casamance, sous prétexte qu’elle ne faisait pas partie de la « colonie du Sénégal », et qu’elle est devenue « une colonie du Sénégal » ?

C’est cela qui fonde la non reconnaissance de la légitimité de cette revendication par la plus part des Sénégalais de Casamance et d’ailleurs

Que la Casamance, à l’instar des autres régions du Sénégal qualifiées de « périphéries », ait été victime du développement inégal du capitalisme sous la colonisation, est un fait historique indéniable que l’Indépendance du Sénégal aurait dû aider à rectifier.

C’est ce retard qui justifie le mécontentement ambiant des habitants de ces régions, mais qui ne peut aucunement justifier l’avènement d’un séparatisme.”

 Là aussi, je vais fournir une série de questions- débat : le Mfdc est né avant que le Sénégal n’existe comme Etat nation, car il a vu   le jour en 1947. Ce n’était donc pas un mouvement régionaliste puisqu’un Etat n’était encore né ? Si ce n’est pas régionaliste, n’est-ce pas un signe de nationalisme embryonnaire ? Lors du référendum de 1958, pourquoi c’est en Casamance que le Non à De Gaule a été seul majoritaire ?

Comment expliquez-vous, ne serait-ce que par respect pour nos figures de résistance 300 ans de lutte, de batailles de refus de la domination coloniale ? Avons-nous le droit de voir dans cette résistance la conscience même de notre réalité de peuple conscient de lui et désirant se prendre en charge ?

Comment comprenez-vous que jusqu’en 1962 deux ans après votre indépendance, qu’on appelle transfert de compétence, un maquis ait existé en Casamance ?

N’y avait-il pas là un nationalisme indépendantiste ? Dans l’alliance MFDC BDS, le but était-il pour l’indépendance du Sénégal ou pour consacrer son (la Casamance et le Mfdc) acceptation d’entrer dans la communauté française ?

Apparemment c’est pour cela. Du coup, pour reprendre Diamacoun sous forme de question n’avions-nous pas le droit de poser, notamment à la France la question de notre désir et droit et même continuum au moment voulu historique en vue de l’indépendance ?

D’où les courriers de ce leader historique adressés aux Présidents Français ? C’est logique que si l’alliance ne visait pas l’indépendance du Sénégal, que la Casamance pose la question de la sienne, non pas au Sénégal, mais à la France, du reste ?

“Les Sénégalais de Casamance qui en sont conscients, luttent à côté des Sénégalais de toutes les régions du pays dans des Partis politiques, syndicats et autres organisations de la Société civile sur des bases nationales, pour un développement équilibré et équitable de toutes les régions du pays.

C’est à ce combat que le MFDC est appelé à participer en acceptant de renoncer aux revendications séparatistes, et à accepter de participer à l’avènement de conditions politiques permettant le rétablissement de la paix et de la sécurité au Sénégal et dans les pays de son voisinage immédiat.

Les Conclusions des Assises nationales du Sénégal de 2008 en donnent les bases.

C’est donc aux patriotes Sénégalais de Casamance et d’ailleurs, d’en saisir l’opportunité, pour sortir nos peuples des difficultés qui les assaillent quotidiennement.” 

Dans vos propositions politiques en vue de la résolution du conflit vous ne tenez jamais compte de 33 ans de lutte, si ce n’est de dire que nous nous sommes trompés sur l’histoire ou encore que nous sommes des égarés. Vous nous demandez de rendre les armes et même dans les négociations vous refusez la problématique juridico politique, historique socioéconomique que nous posons.

Vous niez même la mise en crise du vivre en ensemble entre vous et nous. Du coup vous dépolitisez et à la place c’est du paternalisme, de la moralisation du développementalisme, etc.

Nous demandons quelque chose de simple : l’ouverture d’un vrai processus de négociations politiques en terrain  neutre, autour de la problématique, en vue de produire un texte d’accord contraignant tout le monde à la résolution du conflit : plusieurs formules peuvent sortir de ce processus, comme le référendum ou encore un statut spécial de la Casamance, que sais-je encore.

Je ne peux pas m’y prononcer ici, car seul un congrès de notre mouvement, ainsi qu’un processus digne de ce nom peuvent déterminer la formule définitive ou les formules définitives pour sortir du conflit.

Ainsi va le débat. Avec l’espoir que les médias lourds nous donnent l’occasion de le prolonger, je vous exprime tous mes égards. Comme Monsieur Diop le géographe a aussi réagi à ma contribution, je lui demande un peu de temps, car je dois souffler un peu. C’est douloureux d’écrire ; il le sait.

  Dr. Ahmed Apakena Diémé, consultant sur les questions de conflit et de développement dans le Sahel. Membre du cercle des intellectuels et universitaires du Mfdc.

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