LE GROUPE ETHNIQUE DES PEPELS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

A l’instar des Balantes, des Mancagnes, des Manjaques…, les Pepels sont encore plus méconnus. Ce sont des populations qui vivent principalement en Guinée Bissau et au Sénégal, notamment à Ziguinchor (dans les quartiers de Santhiaba et Tiléne) et à Dakar (Grand Yoff). L’histoire renseigne que certains sont originaires de la région de Biombo en Guinée-Bissau.

Tout comme les Mancagnes, trois raisons principales expliquent leur mouvement vers le territoire qui deviendra le Sénégal. Ce sont d’abord les raisons sociales, puis les raisons économiques (du fait du déséquilibre économique qui existe entre les deux puissances colonisatrices après la signature de la convention franco-portugaise de mai 1886) et enfin les raisons politiques (guerre de libération des années 1970).

Regroupé sous la dénomination générique abusive de “langues minoritaires”, du fait de la faiblesse des locuteurs, le “pepel est une langue de l’ensemble Niger-Congo, de la branche ouest atlantique du groupe Bak” (Dame Ndao, 2010). Nous pouvons distinguer 5 sous-groupes linguistiques : biombo, prabis, safim, bigimita et tor qui se comprennent entre eux. Cependant, force est de constater que le statut linguistique des Pepels est très complexe du fait qu’ils (Pepels du Sénégal) ont délaissé leurs langues au profit du créole, utilisé comme langue inter-groupe et le wolof comme langue véhiculaire.

Au plan des ordres, les Pepels ont un roi qui se nomme Kasima Ko. Ils sont souvent tisserands et portent des noms comme Ko, Ka, Té, Sah, Indi, Nanky. En Guinée Bissau, les personnalités tels que João Bernardo Vieira, ancien président de Guinée-Bissau et le général Veríssimo Correia Seabra, ancien chef d’état-major sont membres de cette communauté. Au Sénégal, nous pouvons citer Jules Francois Bocandé, ancien international de Football.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018

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