LE COMMENT ET LE POURQUOI OU LA CESURE EPISTEMOLOGIQUE DU MENSONGE POLITIQUE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Bolsonaro arrive au Brésil. Le monde semble voter pour cette furie extrême-droitiste. Cela fait peur. Cependant, on est manifestement devant un vote de protestation. Comme partout ailleurs. Une faillite des systèmes classiques. Par la faute des élites politiques corrompues. Je crois qu’on démarre un cycle de protestation universelle. Le discours “messianique” et de “restauration de la place des déçus et indignés” trouve un terreau fertile qui nous mène vers les extrêmes. Les revers sont toujours plus violents mais la démagogie face aux limites des politiques va mettre le feu dans ce monde désenchanté. On se dit finalement quelle est la responsabilité des oppositions dans la construction des discours messianiques et quels sont les dangers subséquents qui construisent plus de radicalités. Celles-ci ouvrent des boulevards aux déçus et indignés souvent proches des extrêmes et qui se disent pourquoi ne pas essayer d’autres “systèmes” ? Tout porte à croire que c’est la revanche des indignés et déçus. Des USA au Brésil.
Ce discours messianique se focalise sur le POURQUOI il faut changer. Mais ne précise jamais COMMENT de manière réaliste et pragmatique. C‘est la grande césure épistémologique des modernités politiques fondée sur les légèretés des discours politiques qui vendent des rêves. Ce n’est pas loin d’ailleurs des rêves vendus par l’aristocratie religieuse aux reclus sociaux chez nous ou d’autres formes ailleurs. Les premiers pour un meilleur sort terrestre, les autres un paradis non terrestre. Ça aurait pu constituer d’ailleurs de vrais indicateurs d’un vrai bonheur terrestre et extra-terrestre. Pourtant le discours politique aurait pu élaborer des parties relatives à ses limites objectives : ce que nous pouvons pas faire. C’est aussi une posture éthique qui aurait permis d’atténuer la violence du chocs des mensonges politiques universels. Une sorte d’épistémologie de la médecine qui sait qu’elle peut retarder la mort mais ne peut irréversiblement l’empêcher. Les politiques ont besoin de ce petit brin de vérité qui revalorisera leur crédibilité.
Dans le cas du Brésil, derrière Jair Bolsonaro se trouve un mentor. Paulo Guedes issu de l’école de Chicago. Ce sera donc les recettes néo-libérales. Privation de plus 150 entreprises. Casser toutes les barrières. Laisser la place à l’agro business. Supprimer ou affaiblir le pouvoir de IBAMA (ministère l’environnement). Autant dire un Trump tropical. Mais aussi un Brésil qui entre de plein fouet dans les violences des politiques libérales. Homme de droite ou de gauche, l’histoire retient que les peuples n’aiment pas les dirigeants politiques corrompus. En attendant que Bolsonaro se confronte à la realpolitik brésilienne face à des intérêts multiformes qui vendront chèrement leur peau au nom de leur survie.
NKEN
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