LA DOCTRINE DE LA CALEBASSE : FERRER LES CHÈVRES ET FAIRE TAIRE LES LOUPS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Mendoza avait lancé sa bombe. En homme de gauche averti il l’avait fait exprès. Tant mieux. Au moins ça avait le mérite d’être clair. Mamadou Ndoye symbolisait une certaine idée du combat politique quand même. C’est l’indécence des gens qui révolte. Les deniers sont distribués dans une sorte de tontine nationale. La doctrine de la calebasse pleine. Pour ferrer les chèvres et faire taire les loups. Mais le système a toujours fonctionné comme ça. Wade a assumé ses prébendes et privilèges induits. Diouf était plus regardant. Maky a installé un système plus pernicieux sur fond de leurre en matière de gestion. Le cancer est là.

Les largesses de Macky à Tivaouane, Camberene, Touba, Kaolack…viennent des deniers publics tout comme l’argent distribué dans la coalition présidentielle. C’est un jeu dangereux. Ce jeu est aussi accepté ! C’est là le drame. Cette forme de “redistribution” est légitimée. Ce que met sur la balance Macky est claire. Être  ministre ou recevoir des espèces sonnantes et trébuchantes. C’est pareil. L’accès direct et l’accès indirect. La poche avant le pays rek.

L’échec social c’est ne pas être récipiendaire des “largesses “. Ce n’est pas du cynisme. Ce magma autour du président n’est rien d’autre qu’une meute qui bouffe le Sénégal. Plus de 50 alliés rétribués sur nos derniers. Sans compter les institutions politiciennes budgetivores. Il faut y rajouter la rétribution des fesses qui a fini de saper l’autorité morale d’une république de courtiers.

Ce qui se joue plus fondamentalement au-delà des secrets de polichinelle transformés en «secrets d’Etat», c’est que cette classe politique dirigeante est entrain de saper ce qui doit faire un pays moderne. Le culte du travail, la  reddition de comptes et la transparence. C’est un crime. On verra les impacts dans une génération. Une société qui dit à ses enfants que voler c’est non seulement  correct mais c’est la voie royale. Tout le monde demande et chacun est preneur. La nouvelle “intelligence” c’est la capacité à chaparder et la duplicité qui permet de s’accrocher à tous les trains qui traversent l’histoire du Sénégal.

Mendoza avait sorti sa «vérité révolutionnaire». On peut lui rétorquer l’interrogation léniniste que faire ? Est ce la demande sociale exige aussi la fin de la doctrine de la calebasse ? Nous ne sommes pas des chèvres et des loups. Nous voulons que nos ressources soient gérées de manière transparente et efficace. On vivra à la sueur de notre front. À Macky de garantir la transparence et un système équitable basé sur le mérite. Est ce si difficile pour Macky ? Le bonhomme est décidément un sacré joueur d’échecs. Tôt ou tard il sera victime d’un échec et mat.

NKEN

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