[INSTRUMENT MUSIQUE] : KÂBISA ET EEMBELE : PERCUSSIONS AJAMAAT

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Un instrument ambivalent. Tantôt profane pour animer les cérémonies de danses et de lutte. Tantôt sacré pour annoncer des nouvelles mortuaires ou rituelles…Tantôt destiné exclusivement pour les hommes. Tantôt pour les femmes. Ce qui déconstruit des préjugés d’un kâbisa homme car il en existe qui sont destinés aux femmes. Sur ce registre, la société ajamaat est des plus démocratiques et inclusifs. Ce que possèdent les hommes. Les femmes les possèdent. La différence réside dans la nature des rituels même si tout le monde s’accorde sur la puissance des baachin (fétiches) des femmes sur ceux des hommes.

Le kâbisa est très similaire au eembele une autre variante. Les hommes et les femmes ont chacun son eembele raison pour laquelle le toucher est strictement interdit selon son sexe. Le Kâbisa a un son plus lourd que celui du eembele. Ils sont faits à partir du caïcédrat ou du fromager. Instruments mythiques, le kâbisa et le eembele sont sculptés dans la forêt. Ses techniques de fabrications et de mise en sonorité sont encore des secrets jalousement gardés. Lors de sa fabrication. Il est interdit à un non initié d’y participer.

Le kâbisa, un des instruments les plus populaires en société ajamaat. Il est un véritable instrument de communication sociale qui fédère ces peuples dans des cérémonies sacrées ou profanes. C’est cette ambivalence qui en fait un instrument connu et utilisé dans toute la Casamance. Il vient compléter un riche patrimoine culturel et musical. Son usage reste cependant bien codifié et un aspect de sa sacralité impose des limites connues à la musicologie moderne ajamaat obligée de se conformer aux interdits.

© Projet ethno photographique. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.

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