ETHNO-PHOTOGRAPHIE DE LA COMPLEXITÉ

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Ethno-Photographe

Un fait est observable dans l’analyse comparative des peuples africains de façon générale. Ils présentent beaucoup de similitudes. Mais aussi de spécificités entre eux. En parcourant le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau, nos données ethnographiques et photographiques confirment ce fait anthropologique. Dans une série d’articles, nous reviendrons sur ces continuités et discontinuités culturelles qui ont traversé les rites, rituels de certains d’entre eux. 

Nos données permettent des comparaisons satisfaisantes. Elles cherchent à produire du sens. Elles ne sont dans le sillage d’une anthropologie manichéenne de l’évolutionnisme darwiniste et ses dérivés. Elles ne sont dans l’essentialisme désincarné et caricatural de nos peuples en perpétuel mouvement. Ni dans la carte postale. Ni dans des formes simplifiées du diffusionnisme anthropologique. Encore moins dans les catégories du fonctionnalisme et du structuralisme réducteur.

Notre travail qui entre dans une seconde phase conceptuelle plus systématique visera à éviter les écueils d’une socio anthropologie de l’exotisme et de la carte postale. Nous verrons que signifie comparer dans le contexte d’une anthropologie de la suspicion et de l’irrévérence. Comment par la photographie, le stylisme, l’anthropologie, nous pouvons rendre compte des diversités et des spécificités. De l’unité culturelle africaine chère à Cheikh Anta. Mais aussi comment il faut dépasser cet «unicisme anthropologique» tout aussi réducteur. 

Notre projet épistémologique cherchera à valoriser dans une cohérence d’ensemble les deux versants de l’unité et de la diversité. Ils nous semblent refléter mieux la complexité des faits sociaux. Ils sont producteurs de sens. Ils évitent les mimétismes doctrinaires qui ont tant discrédité la belle ouverture d’une discipline comme la socio-anthropologie.

Combinée à la photographie, au stylisme, la socio-anthropologie dans notre perspective reste une discipline d’avenir. A charge pour nous de lui donner du SENS et de la SIGNIFICATION. Nous voulons à travers cette nouvelle perspective de notre cheminement, apporter notre contribution. Voilà le cadre épistémologique. Voici les nouveaux challenges qui dépassent la simple description des cultures étudiées. Nous voulons désormais promouvoir l’ethno-photographie de la COMPLEXITÉ comme approche mais aussi comme outil d’analyse de nos peuples.

Le prochain article traitera des rapports entre les bijagos de la Guinée-Bissau et les ajamaat.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. Octobre 2018

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