ENVIRONNEMENT : METTRE LA QUÊTE DE LA DIGNITÉ AU CŒUR DU PROJET AFRICAIN 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Le pays bouge et il est en effervescence. Tant mieux. Le problème est qu’il bouge pour des ego surdimensionnés qui pour défendre des fils présumés coupables ou fautifs, qui pour être rois  à la place du roi. Et les surenchères vont bon train. Bien évidemment, les débats de fond souvent occultés. Tant que l’activité politique restera une rente il est impossible de bâtir un projet. Voilà sans doute pourquoi, on tourne en rond.

Ceux qui semblent tourner en rond aussi ce sont les négociateurs et décideurs politiques qui travaillent sur les questions environnementales depuis la COP de Paris. Il existe une incertitude à propos de la posture de Trump sur fond de divergence entre les pays développés et les pays en développement sur la question de la différenciation pour la mise en œuvre de l’accord de paris. A cela, il faudra ajouter les incohérences nationales qui empêchent un positionnement clair des pays au niveau international. Pourquoi ? Du fait d’une absence de vision cohérente.

La priorité pour les pays africains, c’est l’adaptation et la nécessité de trouver des ressources additionnelles pour faire face. Mais on leur propose un melting pot d’options et de guichets qui créent des conflits de compétences et des batailles pour accéder à des ressources financières. On parle d’adaptation, de gestion des catastrophes, de pertes et dommages, d’objectifs de développement durable. Certains éléments relèvent de la protection civile, d’autres de l’environnement, d’autres des secteurs comme l’eau, l’agriculture, énergie, etc. C’est la cacophonie et la guerre pour capter de l’argent.

Les africains qui ont eu l’opportunité de participer à ces COP ou autres foras environnementaux en sont sortis déçus voire dépités. Les pays du Nord se moquent de nous et on arrive pas de clarifier notre approche et nos priorités avant de leur faire face. Ils nous distraient avec des leurres et plusieurs calebasses vides. C’est parce que au cœur de ses processus, nous avons les “politiques”. Si on met en place un gouvernement qu’avec des militaires, on  l’appelle comment ? Une dictature. Et si on met en place un système avec que des politiciens rentiers et à l’horizon limité ? Une autre dictature. Avec des administrations à la solde ? Une autre dictature. Ainsi, on navigue entre les “dictatures”.

Et voilà pourquoi personne ne s’occupe de la cité et des questions nationales qui engagent le destin des gens. Nos «mecs» viennent négocier pour l’intérêt à court moyen et long termes de leur pays. Nos gars viennent dans le flou, sans autre mandat que le court terme de quelques chefs à la recherche de butin pour leurs ministères, leurs petites directions. A titre illustratif, la direction de l’environnement au Sénégal est en plein saucissonnage actuellement. Juste pour ajouter à la confusion et créer des cloisons.

La terrible réalité est que les africains cherchent encore des prêts à porter alors qu’ils peuvent se faire eux mêmes du sur mesure. Beaucoup de nos dirigeants africains pensent que les jeux sont faits. Voilà pourquoi il faut mettre la quête de la dignité au cœur du projet africain. C’est là le cœur du problème. Pourtant, c’est un des éléments fondateurs de notre éducation traditionnelle. Dès que tu acceptes tu as un prix et les lobbies vont s’évertuer à te payer de plus en plus moins comme pour le cacao ou l’arachide. Et si tu fais monter les enchères on t’accidente ou on te crée une dissidence. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que plusieurs projets environnementaux ont été marqués par des accusations de manipulation voire de corruption de la part de l’UE et de la France.

A titre d’exemple, on peut citer le responsable de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER) accuse l’Europe de “détournement”: https://www.euractiv.fr/section/energie/news/lue-et-la-france-accusees-de-manipuler-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables/ ou http://www.novethic.fr/breves/details/le-responsable-de-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables-iaer-accuse-leurope-de-detournement.html

L’initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) fait partie de ces programmes négociés en parallèle à l’Accord de Paris (avec la France mais d’autres partenaires ont décidé de le financer. Il y a aussi l’initiative africaine pour l’adaptation mais elle n’a pas connu autant d’intérêt pour les européens parce que la question de l’adaptation est une priorité africaine contrairement a l’atténuation.

Voilà à quoi ressemble parfois l’attitude de nos dirigeants sur des questions aussi sensibles que l’environnement. La quête de la dignité n’a jamais été aussi urgente si nous voulons au niveau international notamment bâtir un vrai projet africain.

NKEN

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