AFRICANISATION DES SPIRITUALITÉS ? SORTIR DES SCORIES

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Le débat sur la laïcité se poursuit. Il semble que globalement nous sommes favorables à l’idée qu’elle est d’emprunt et que nous devrions encore réfléchir sur des lieux communs pour sortir des impasses identitaires dans lesquelles notre société semble s’enchâsser. En lisant progressivement les autres contributions, il est apparu une autre exigence religieuse identitaire : l’africanisation des spiritualités africaines. Il est vrai que les chocs entre ces spiritualités et les religions révélées sont profonds et ont remodelé une Afrique qui se cherche.

Posée telle quelle, cette question est sans doute mal formulée car elle postule de manière péremptoire que l’Afrique n’a pas une spiritualité propre. Ce qui n’est pas défendable au regard des trajectoires d’une Afrique, « berceau de l’humanité ». Les questions de fond qui se posent à nous sont de savoir pourquoi ces spiritualités «exogènes » ont trouvé un terreau fertile chez nous ? Pourquoi avons-nous encore cette propension à vouloir juste arrimer l’islam à son contexte géographique de naissance et de le circonscrire a des référents culturels arabes ? Car, en réalité, nous y trouvons l’islam (les reliques) mais les musulmans sont ailleurs. Ils sont en Indonésie, en Malaisie, etc.

En quoi est-il gênant d’être musulman et africain ? Il n’y a rien qui fait que ces deux réalités soient opposables. En effet, les valeurs prônées par l’islam ne sont pas l’apanage des arabes. De même elles ne sont pas opposées à nos valeurs africaines. L’unité du divin n’exclut pas la pluralité du sacré. L’enjeu sans doute est de se réconcilier avec nous-mêmes. Faut-il encourager le retour aux religions pharaoniques ? Pas nécessairement pour ne pas dire question mal formulée. En fait, tout ceci suppose qu’il existe une case de départ. Une sorte d’obsession métaphysique à convoquer en permanence une origine. C’est un anachronisme et une simplification de nos trajectoires africaines sur lesquels nous reviendrons une autre fois.

Si l’Islam était parti d’un peuple bon, gentil et intègre, nous aurions attribué son développement uniquement au prosélytisme de ces gens. Nous avons ainsi tout intérêt à faire notre propre exégèse et sortir de la pensée islamique beaucoup de scories. Pourquoi Bilal le premier muezzin de l’islam n’est pas traité dans les traditions et on ne lui rapporte aucun hadith ? Pourquoi Bilal est retourné vivre à Damas où il est enterré après la mort du prophète ? Tout le monde sait qu’il a subi le racisme et la maltraitance. D’ailleurs une histoire touchante raconte quand il est revenu 9 ans après pour se rendre sur la tombe du prophète où il fit l’appel à la prière une dernière fois. Et les scories sont nombreuses et nous n’avons pas pris suffisamment de temps de les extirper d’une histoire islamique constamment référée à l’arabisme.

C’est parce qu’aussi nos Oustaz sont encore plus acculturés que les élites issues de l’école française qu’ils brocardent sous le qualificatif d’intellectuels «français ». Ces Oustaz charrient cette “arabisation” de l’islam et confondent l’esprit et la lettre. Il suffit de les écouter lire le Coran ou dire des hadiths pour se convaincre notamment de leur niveau d’acculturation qui les empêche aussi de s’interroger sur les vraies scories de l’islam. Ils raillent les « français » qui roulent les « r » et oublient qu’ils ont font autant avec l’arabe. Ils confondent souvent culte et culture et la liste est loin d’être exhaustive. Nous sommes par conséquent en face d’une double aliénation «orientale » et «occidentale » qui s’accusent mutuellement mais qui charrient des scories et complexes identitaires. Un peu du genre le dispensaire qui critique l’hôpital. Cette orientation vers les débuts géographiques ne doit pas dissiper l’essence de cette religion. Un historien américain l’appelle le parti pris arabiste. D’autres parlent de forme d’acculturation déterritorialisée pour ce qui concerne tous ces musulmans en Europe et en Afrique qui n’arrivent pas à se déterminer par rapport à leur culture et leur religion. Tout ceci crée toutes ces tensions.

Une des grandes questions qui se pose à nous est que nous n’arrivons pas à démêler les marqueurs culturels et les marqueurs religieux. Nous sommes presque définitivement installés dans un narratif qui nous oblige au suicide culturel. Pourquoi les “Wolof ” disent parfois ” Ni mon « ngor (dignité) Ni mon « dinė (religion) » ne me le permettent est très parlant comme parallélisme. Le problème pour nous vient du fait qu’on veut nous faire avaler cette notion de “culture musulmane” monolithique. Si on la confronte aux référents anthropologiques, sociologiques et civilisationnels qui sont pluriels, nous nous heurtons à nos propres contradictions. Alors certains prônent un retour aux sources ou un suicide culturel qui ne sont pas en phase avec leur trajectoire et leurs psychés. Alors, nous tombons dans les religions pharaoniques ou dans l’islam noir. C’est une vraie impasse.

A notre avis, les premiers soufis comme Cheikh Ahmadou Bamba, El hadji, Malick Sy, Baye Niass, etc. avaient mieux saisi ces subtilités. Ces questions de fond interpellent aussi à notre avis nos intellos de tout bord. Il faut dire que « le parti pris arabe » obéit à des logiques internes de maintien de la dépendance. C’est parce que l’ésotérisme qui entoure tout cela a le mérite de cantonner le pouvoir symbolique chez les lettrés religieux. Africanisation des spiritualités africaines ? Les impasses sont loin d’être bouchées.

ANKN

ARABIE SAOUDITE : VERS L’IMPLOSION D’UN RÉGIME DE TERREUR

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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L’Arabie Saoudite, une monarchie en pleine transition qui décapitera bientôt notre concitoyenne, cette bonne sénégalaise qui a tué sa patronne. C’est le lot quotidien des pratiques de ce régime qui déteste les étrangers. Ces derniers venus servir le pays au même titre que leurs dromadaires. Voilà ce qu’ils disent. Pourtant, les expatriés représentent le 1/3 de la population en Arabie particulièrement maltraités. Sauf bien évidemment les européens et leurs rois les américains. L’Arabie Saoudite, un royaume qui se dirige inexorablement vers une implosion certaine. Plusieurs facteurs peuvent être mis en exergue pour fonder cette prévisible implosion. .

D’abord le changement de mode de gouvernance et de distribution du pouvoir depuis l’arrivée du roi Salman a créé des tensions profondes. Il a concentré le pouvoir entre les mains de sa propre famille. Salmane Ben Abdel Aziz est le demi-frère du roi Abdallah mort l’année dernière. Le premier roi Aziz Al-Saoud avait 45 fils issus de nombreuses unions et Salman est le 25eme des 45. Il doit gérer une famille royale qui compte plus 25 000 membres, dont plus de 300 princes (avec des groupes conservateurs et des libéraux , etc). Autant dire une configuration familiale extrêmement complexe avec ses guerres de clans qui traversent le pays. Salman est du clan des Soudayris qui sont l’aile dure du régime. Pourtant, le roi Abdallah avait verrouillé en plaçant son demi-frère Muqrin comme prince héritier avec l’aval des membres du Conseil d’allégeance composé de 34 membres dont 7 princes. Mais lui sa mère est yéménite !

Salman a tout cassé et est revenu dans une logique de famille presque nucléaire. Du coup, aujourd’hui c’est un gamin de 30 sans expérience et belliciste qui dirige le pays en réalité. Le jeune Mohamed Ibn Salman, ministre de La Défense ! Le fils cadet du roi. La guerre au Yémen c’est lui. Salman a fait un coup d’état interne. Il a déposé son demi frère au profit de son neveu à lui Mohamed Ibn Nayef et il nomme son fils cadet Mohamed ibn Salman vice-prince héritier. Évidemment l’autre camp qui a des attaches dans la région ne se laisse pas faire. Et son “Karim ” accumule les bourdes. En réalité, Salman est entrain de basculer la monarchie dynamiste vers une monarchie absolue gérée par lui même, son groupe et des alliés en dehors du cercle de la famille saoud. Par exemple l’actuel ministre des affaires étrangères Adel ben Ahmed al-Joubeir est un roturier qui n’est pas du cercle. Voilà une jurisprudence qui va entraîner des rivalités sérieuses porteuses d’implosion.

Ensuite, il y a le facteur économique. La baisse du prix du baril et la perte de revenus les oblige à changer d’approche. Le budget du royaume a enregistré un déficit record de 98 milliards de dollars l’année dernière et on parle de 87 milliards de dollars en 2016. Pour la 1ère fois depuis 15 ans, ils ont lancé un emprunt sur le marché de 10 milliards d’euros, remboursables en cinq ans. Un signal fort. Déjà ils sont entrain de prendre des mesures inédites comme l’augmentation des prix du carburant et la réduction des subventions pour l’électricité, etc. Ces mesures ont un impact social qui pèsera sur la stabilité de ce régime.

Enfin, nous avons le retour de l’Iran sur la scène internationale qui va rééquilibrer les forces dans la région. Les saoudiens se sentent lâchés par leur protecteur américain et font tout pour maintenir la tension devant la menace qu’ils appellent la création d’un arc persan qui s’étendrait jusqu’à la Méditerranée. Donc ils attisent le feu au Yémen (enlisement total et bilan humain effroyable), exécute par provocation le cheikh Nimr Baqer Al-Nimr (pour déclencher une contestation chiite, déplacer le problème sur le terrain religieux et isoler l’Iran. Bahrain et Soudan ont suivi comme des moutons de Panurge, mais pas les autres pays.

La guerre au Yémen a fait plus de 8000 morts et certaines sources disent qu’elle engloutit jusqu’a 200 millions de dollars par jour par la folie de quelques petits princes bellicistes et sans expérience. Le réchauffement des relations avec l’Iran et l’accord sur le nucléaire inquiètent les saoudiens qui souhaitent vivement la fin du mandat de Obama. Il y a en plus les menaces de déclassifier le rapport secret du Sénat américain consacré aux possibles complicités saoudiennes dans les attentats du 11 septembre 2000. Et ils font actuellement un terrible lobby pour que le nom de l’Arabie Saoudite ne soit plus mentionné dans un rapport des Nations Unies sur les violations des droits des enfants. Malgré les crimes au Yémen notamment.

On voit bien dans quels pétrins se trouve ce régime aux abois qui renforce sa répression intérieure et une monarchie éclatée de fait en différents pôles antagoniques. Les américains, leurs dieux vivants ne sauveront pas ce régime qui devra payer ses crimes et son arrogance. Sans être dans le secret des dieux, je crois que même Dieu n’arrivera pas à sauver ce régime qui a détruit tous les symboles identitaires de l’islam qui a quitté l’Arabie depuis fort longtemps. Il ne reste que le souffle et l’essoufflement des dromadaires (hommes et animaux) et le business, nouveau prophète au pays de Mohamet.

ANKN

LE PRIX DU SANG NÈGRE SELON LA JURISPRUDENCE SAOUDIENNE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Mina a déjà enseveli ses milliers de morts. La trégédie fut grande d’autant qu’elle relève de la responsabilité directe de Ryad et de sa cupidité. On peut imaginer si les morts étaient des américains ou des européens. Le traitement ne serait pas le même et Ryad se montrerait plus magnanime et plus respectueux. Tout ceci est triste et scandaleux. Dans cette omerta de lâcheté, seul l’IRAN a décidé de prendre ses responsabilités. A juste titre, il boycottera le haj qui est un lieu de pèlerinage, pas de massacres humains. La vie de nos concitoyens vaut mieux que le pèlerinage. Le reste relevant d’obscurantisme servi sélectivement. Car nous sommes peu à accepter que nos papas et mamans meurent à la Mecque. Soyons juste et ramenons la religion à ses proportions humanistes. Personne ne peut justifier ces carnages indignes d’un Etat saoudien qui n’en est pas à ses premiers coups d’essai et de négligence meurtrière. D’autant que ce sont les africains notamment qui payent le plus lourd tribut de ces accidents structurels au nom de l’argent.

Un million pour nos morts; c’est le prix du sang comme diraient les Souadiens. Le “prix du sang” est proportionnel à la valeur qu’ils accordent à la vie de ces Nègres. C’est la jurisprudence saoudienne. Tout crime ou accident a son prix de sang. Pour s’en convaincre voila un exemple de ce que représente le prix du sang. Un prêcheur saoudien qui viole, tue sa propre fille et rachète sa liberté pour 40.000 euros.http://www.wikistrike.com/article-arabie-saoudite-il-viole-…. Voila bien le problème idéologico-religieux qui se pose. Même si Ryad avait donné 1 milliard par famille, cela ne “ramènera” pas nos morts. Le vrai problème est qu’au nom de cette jurisprudence abominable, nous les nègres, nous valons 1 million de FCFA. Donc, il faut bien repositionner le contexte idéologico-religieux de saoudiens qui qui n’ont aucun respect pour les nègres. Et c’est peu dire.

En réalité, l’Arabie souadite c’est juste un Daesh qui a réussi Voila une boutade de Kamel Daoud qui résume bien le visage réel de ce regime des Saoud : “Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh”. (Extrait)

Ici personne ne bronchera. Avec tous ces gens qui prennent l’argent des Saoud, ces derniers sont surs de leur fait. Car les intérêts ont pris le dessus. Souvent pour des miettes que l’Arabie Saoudite nous donne lorsqu’on regarde leurs contributions au développement Nous y reviendrons en chiffres et en détails. Tout ce que sait faire ce régime, c’est corrompre nos dirigeants et nous envoyer des carcasses de moutons et de dattes. Sinon exporter leur “rectification wahhabite” rigoriste qui a finit d’en faire le vrai Daesch.

Pourquoi sommes nous si lâches à et si désinvoltes quand des dizaines de sénégalais meurent dans les conditions de Mina ? Cette désinvolture est le signe évident d’une perte d’estime de soi fatalement installé au cœur de notre vision du monde. J’espère un jour qu’un autre régime plus respectueux des droits de l’homme et des nègres viendra balayer cette pourriture saoudienne qui a cloué le bec à tous ces prêcheurs corrompus par Ryad prompts à nous tailler un toit en enfer.

ANKN

RESPONSABILITÉ SOCIALE DES «MAL PENSANTS »

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Le débat sur notre laïcité se poursuit. Deux conclusions majeures peuvent être tirées. Nous n’avons pas encore les moyens de faire face à une école et une société laïques et qu’il faudra faire face aux « féroces compétitions » et confrontations avec les autres franges bien établies qui vont au-delà de nos seules identités religieuses. Les turcs sont déjà là…Notre laïcité est d’emprunt et nous avons tout intérêt à valoriser les lieux communs seuls gages crédibles pour faire face aux discours de haine et de suprématie religieuse observables dans les discours publics. Alors on verra bien vers ou nous irons avec la reconfiguration de ces différents pôles antagoniques. Une vaste question qui mérite une profonde réflexion car elle engage notre avenir et notre devenir.

Je crois que nous sommes en phase de transition. Du coup, plusieurs bastions vont tomber. Les reconfigurations familiales au sein des grandes familles maraboutiques ont déjà amoindri voire éclaté le noyau dur en plusieurs pôles concurrentiels. Nous sommes à l’ère du règne des petits fils qui ont commencé à montrer leurs limites face aux légitimités incontestables des fondateurs et de leurs fils. Au-delà des apparences et des consensus de façade, le jeu des conflits et des compétitions est féroce et les appétits de conquête d’espace de légitimité tout aussi « meurtriers ». Les sociologues notamment ont du travail pour mieux saisir les complexités en jeu pour une société en transition comme la nôtre avec ses peurs et ses incertitudes.

Force est de reconnaître qu’ils sont eux-mêmes enchâssés dans des partis-pris toujours au nom du parti et de la confrérie. Il est vrai que la surenchère et les intimidations empêchent un travail scientifique d’émerger dans un Sénégal où on interdit aux « penseurs » de toucher à certains narratifs magico-religieux. Nous écrivions ceci à ce propos : « Au Sénégal, il y a des narratifs magico-religieux que personne n’ose questionner. Ils ont été distillés de la même manière : par le tapage et l’intimidation presque organisés tellement, ils sont réguliers. Notre pays continue d’entretenir le mythe du « doomu Soxna »Seigneur ! Comme si nos braves mamans à nous qui prient avec leurs forces matinales au plus profond d’elles n’étaient pas aussi vertueuses, si dévouées, et totalement dignes de nous et pour nous … Au point que nous devons tous payer cette tare “congénitale ” par une “soumission ” à un ordre qui n’est pas celui du grand et unique maitre et juge incontestable de ses suiveurs. Pourquoi ce principe serait-il une exemption sénégalaise qui d’ailleurs ne saurait prétendre ni à la paternité berceau de l’islam ni à celle de la piété la plus sacrée de la umma ».http://ndukur.com/pour-une-republique-des-nawle-egaux/

De toute façon, cette société déteste ses génies cloués au pilori. Elle a ses nouvelles stars entre les bandes FM et les télévisions si ce ne sont les lutteurs qui tiennent le haut du pavé d’une société d’exhibitionnisme. Elle ne leur offre pas d’espace de créativité. Voilà pourquoi, nous disions ce qui suit : «Les vrais génies qui peuvent résoudre les équations mathématiques, trouver des solutions adaptatives pour nos variétés de riz, inventer des applications logicielles pour améliorer le fonctionnement de nos administrations, etc. eux sont méprisés, piétinés. Ils comprennent qu’il faut hélas souvent prendre les chemins sinueux de l’exile. Les sociétés modernes chantent, protègent et exaltent leurs génies pour faire face aux défis complexes et rapides des révolutions scientifiques et technologiques. La nôtre semble faire l’option de la valorisation généralisée de la médiocrité ». http://www.sen24heures.com/?SOCIETE-TUEUSE-DE-GENIES

Face aux contraintes culturelles tueuses de génie, quelle responsabilité sociale des chercheurs ? Pouvons-nous bâtir un dispositif de savoir et d’aide à la décision détaché de toute ces contingences qui minent notre créativité et qui refusent qu’on s’interroge sur les narratifs sociaux, politiques, magico-religieux ? Pourtant, les décideurs ont besoin de point de vue sans auto censure pour mieux orienter leurs choix. Sous ce rapport, les « vrais techniciens » paient un lourd tribut pour assumer leur indépendance au détriment de logiques larbinistes et carriéristes qui ont fini de gangrener durablement le système national d’aide à la décision. Nous attirions l’attention sur l’urgence d’une introspection en ces termes : «Il nous faut arrêter de nous “mentir” dans nos forums et cercles de réflexion presque par pudeur ou duplicité. Nous avons besoin tous d’une introspection. On appelle cela le génie ou l’exception. Il s’agit de cette capacité sénégalaise à faire du “masla ” jusqu’à faire du “massaale” en gommant les questions de fonds qui entravent toutes les alternatives vertueuses et porteuses de développement juste et équitable ».http://ndukur.com/les-parangons-de-la-refondation-nationale/

Reposons la question fondamentale de la responsabilité sociale des chercheurs, des « penseurs » dans un contexte d’hostilité, d’auto-censure et de censure permanentes ? Nous voulons des penseurs qui pensent. Des chercheurs qui trouvent. Seulement lorsque nous jetons des fleurs ou nous magnifions comme des griots inspirés les hauts faits de guerre des « princes » et des « guides ». A moins de faire face aux fatwas devenues une arme de soumission et de silence pour les « mal pensants ».

ANKN

LAÏCITÉ D’EMPRUNT

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Hier, nous discutions du voile musulman et de l’identité chrétienne. Une identité religieuse que nous refoulons alors qu’elle doit nécessairement assumer les inévitables confrontations qui se dressent sur son, chemin. Nous voulons des écoles et une société laïques sans se doter des moyens de faire face aux conséquences d’une laïcité.

C’est connu, notre pays est toujours enchâssé dans ses paradoxes presque ritualisés. Nous dénonçons les nombreuses fêtes catholiques. Pourtant les lobbies maintiennent les talibés dans la rue et personne ne broche. Il y’a des îlots d’analphabétisme dans plusieurs zones rurales. Dans d’autres, au nom d’interdits religieux, aucune école dite “française” n’y est admise. Au même moment, les enfants de ses “interdicteurs” sont dans ces mêmes écoles de L’aventure ambiguë. En quoi être à l’école française et coranique est-elle incompatible ? N’est-ce-pas le meilleur moyen de donner plus de chances à nos enfants d’acquérir plus de compétences sur les choses ? Ces analphabètes sont souvent maintenus en liesse comme des moutons de Panurge corvéables et taillables à souhait. C’est une des formes d’obscurantisme les plus subtiles mais aussi les plus pernicieuses pour une société qui a tant besoin de l’intelligence plurielle de ses enfants.

Nous savons calculer la vitesse de la lumière mais pas celle de l’obscurité. Nous nous battons sur les symboles identitaires mais pas sur notre identité de sénégalais. Nous n’avons pas d’autre choix raisonnable que d’accepter que nous sommes “fertilisés” par toutes ces influences séculaires. La laïcité à la sauce sénégalaise ? Les gens ont font un outil de propagande et de chantage à travers des formes d’indignation sélective et hypocrite. Nous devrions lâcher prise et assumer notre “moi” qui est plus même que cette laïcité d’emprunt. Et cette question mérite une sérieuse réflexion. Sinon, nous risquons d’aller vers le gouffre.

La preuve, même sous le voile ou le costume, le boubou ou la toge, se cachent les mêmes gris-gris, les mêmes bains mystiques. Dommage que nous laissons souvent les pyromanes nous distraire. Or, nous devons réfléchir sur nos lieux communs et essayer de cultiver le vivre ensemble. Même ces modes de contestations sont des artefacts. Au sein de nos dahiras, nous cultivons le culte de l’exclusivisme et chacun le drapeau en bandoulière revendique une majorité religieuse et sociologique. Les positionnements politiques se précisent et chacun tire de son côté en affirmant orbi et orbi que plus personne ne sera président de la république s’il n’est de ma confrérie. Tout ceci se joue sur le registre d’un silence démagogique dans les sphères publiques et d’une réaffirmation solennelle entre les quatre murs de nos dahiras et autres regroupements religieux.

Et nous continuons de prendre des vessies pour des lanternes. Le “griotisme” religieux a fini de redéfinir ce que ne devrait plus être notre laïcité d’emprunt et de ce que doit être notre Etat confrérique ou religieux. Pourquoi ces dérives ? C’est parce que le modèle soufi qui a fondé ces confréries a été happé par les logiques d’accaparement. Nous verrons bien vers quels types de confrontations tout cela va nous mener avec ces pôles antagoniques qui aiguisent de plus en plus un discours de haine et de suprématie religieuse.

ANKN

LE VOILE MUSULMAN ET L’IDENTITÉ CHRÉTIENNE ?

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Aujourd’hui, je n’ai pas très envie de parler de la libération programmée depuis plusieurs années de Karim Wade. Peut-être un autre jour. En profane juriste, je me suis toujours demandé pourquoi octroyer autant de pouvoirs constitutionnels à nos présidents qui en jouissent comme de minables politiciens. Les magistrats qui sont dans leur écrasante majorité debout pour défendre l’indépendance de la justice ont encore des sentiers à déchiffrer. Le discrédit est de trop.

J’ai plutôt envie de parler de notre laïcité et des rapports complexes entre les musulmans et les chrétiens. Sujet délicat. Mais les derniers développements nous y incitent. Sidy Lamine Niass s’est offusqué des multiples fêtes octroyées aux catholiques en convoquant notamment la loi du nombre. Le mollah de sacré cœur pose souvent des problèmes de fonds mais les pose assez mal. Il n’a pas sans doute encore compris les bases sur lesquelles notre jeune Etat s’est formé et qu’un peuple n’est pas une juxtaposition arithmétique d’individus. Il a sans doute oublié de signaler les centaines de manifestations religieuses musulmanes tout aussi paralysantes. Il a sans doute oublié de s’attaquer avec plus de violence à notre l’Etat, appendice de l’Etat français et de sa culture judéo-chrétienne. Je ne vois pas quelle est la faute des chrétiens dans cette dénonciation qui ne manque pas de sens si elle est transversale à une religion ou une confrérie.

A Saint-Louis, les écoles catholiques ont décidé d’interdire le port du voile. Une décision qui ne date pas de cette année. On se rappelle des protestations à l’école Thiandoum de Grand Yoff il y’a un peu plus de deux ans. Bon les esprits du moins certains se pointent vers la France qui applique le même principe. Du franco-tropisme exagéré de l’église sénégalaise ? Sans doute la question est plus profonde et ne saurait être réduite à une simple théorie du complot français.

Notre générations et tant d’autres ont grandi et vécu avec les chrétiens. Enfants, nous allions à la messe de cathédrale les dimanches et nos amis venaient les vendredis à la grande mosquée de Dakar. Dans une sympathique innocence juvénile qui a forgé nos ouvertures d’esprits. Au cœur de nos familles, les musulmans se marient avec les chrétiens configurant de fait leurs bases religieuses métissées. De Jaol Fadjout à Parkour dans le Vélingara en passant par Sibassor dans le Saloum, nos familles sont à la fois chrétiennes et musulmanes. Les nouveaux intégrismes de tous bords émergents n’ont pas encore réussi à casser ce solide socle de notre vivre-ensemble en commun.

Les écoles chrétiennes ont formé de générations entières de jeunes musulmans. Les Keur Sœurs en ont soigné des millions qui ne sont pas de confession chrétienne. Tous les coins chrétiens disposent d’une école, d’un poste de santé et Caritas y fait du bon boulot. Ils ont un meilleur taux de scolarisation et sont moins mêlés aux “affaires”. Et ils lavent leur linge sale en famille. Ils ont aussi habilement leurs quotas partout. Personnellement, je ne crois pas qu’on puisse faire un mauvais procès à l’église avec cette décision d’interdire le voile. Apres tout, peu de chrétiens seraient acceptés dans des écoles coraniques ou musulmanes la croix et la bible en bandoulière.

Pourquoi devrions-nous avoir peur de la pluralité de nos identités religieuses ? La laïcité sénégalaise est à l’épreuve des identités multiples et de notre configuration sociologique. Ceux dont les enfants fréquentent les écoles comme Yewuz Selim peuvent observer avec aisance l’influence turque. Pourquoi veut on bâtir une école ou une société laïque sans s’en donner les moyens et en assumant les “confrontations” que cela entraîne avec des fanges bien établies. Il faut accepter les règles du jeu. Ou se donner les moyens de son affirmation identitaire ou religieuse. Le reste n’est que mauvais procès contre des entités religieuses établies qui ont aussi leur philosophie de classe.

ANKN

LA RÉPUBLIQUE DES “HERDING CATS” ET DES CHEVALIERS MOURANTS

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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Il y’a quelques jours, j’entamais une réflexion critique sur les mises en scène de soi et les nouveaux dieux des réseaux sociaux. Les réactions semblent confirmer un fait : tout le monde n’est pas de même niveau et de même motivation pour parler du Sénégal en évitant les buzz et les épiphénomènes. Nous poursuivons dans la même veine cette réflexion critique sur nos mises en scène de soi.

Un constat s’impose à nous tous, particulièrement nous les refondatrices et refondateurs. Il nous faut beaucoup de patience. Pourtant nous recelons en notre sein des professeurs et chercheurs titulaires de nos universités, des cadres techniques et administratifs de haut rang, mais aussi des élèves, des étudiants, des paysans répartis entre les 4 points cardinaux. Autant dire que le potentiel est immense et que stricto sensu notre groupe devrait être au moins à la pointe d’une réflexion qui évite les buzz.

Lorsque nous attirons l’attention sur la gravité de la situation du pays, certains nous accusent toujours d’être des politiciens. Pourtant, ce qui se passe est aussi de notre responsabilité. Nous avons laissé notre pays en pâture. Et nous critiquons tout sans accepter de nous mouiller. Préférant les épistémologies aux praxis. Ici ou à l’étranger. Nous discutons souvent avec nos compatriotes qui évoluent dans le système international et d’autres qui occupent ici des fonctions hautement stratégiques au sein de notre appareil d’Etat. Il est affligeant d’observer leurs positions critiques vis-à-vis du système dans les salons huppés de Dakar ou Paris et leurs silences calculés pour le dire publiquement. Tout ne relève pas simplement des obligations de réserve. Mais souvent aussi de la lâcheté et d’une démission généralisée qui attendent un messianisme tout aussi dangereux et conservateur.

Nous avons souvent laissé prospérer les “mauvaises herbes” en pensant que les autres élites viendront faire notre bonheur à notre place. En regardant de près ce pays, nous nous disons qu’il y’a mal donne quelque part. Bien évidemment, la question dépasse les “sursauts individuels”. Sur nos différentes pages, on peut voir la lucidité de certains grands responsables qui ont été aux affaires mais qui ont montré des décalages entre leurs critiques d’aujourd’hui et leurs pratiques managériales d’hier.

Si nous ne réglons pas la question structurelle de la gouvernance, de la reddition des comptes, de la méritocratie..même si nous faisons venir les brillants sénégalais, ils seront happés par le système et les cellules corruptrices qui sont tapies partout dans notre système social et institutionnel à commencer par nos familles, nos quartiers, nos “guides” et tous les parasites qui ont gangrené insidieusement le tissu national. Il est vrai que d’un autre côté, on ne peut pas attendre que la table soit mise pour s’inviter au festin. Il faut une révolution tranquille qui exige plus d’engagement.

Car notre pays est dans une sorte de “herding cats”. Un expression anglaise qui est une sorte de tentative de rassembler des chats. Chacun va de son côté avec ses “multiples raisons”, son nombrilisme, ses calculs carriéristes ou opportunistes, son orgueil souvent mal placé ou simplement son manque de courage ou de générosité. Et de nos salons calfeutrés, on tire sur le Sénégal.

Regardons les gens qui applaudissent les sorties de l’inspecteur Ousmane Sonko. C’est très bien, mais on est malheureusement dans le registre du “fou singulier” ou du “messie” qui a le courage de dénoncer ou de faire des contre propositions. Les réactions de sympathie contre cet inspecteur dé-rangeur d’un pouvoir qui panique vite, sont symptomatiques du messianisme social qui a finit de s’installer dans notre pays. Dans ce registre là, presque personne ne dit oublions nos égos et défendons collectivement ce bien commun.

Nous avons beaucoup de respects pour certains anciens combattants du PAI , du PIT, etc. qui avaient le courage physique de leurs convictions et même de la plupart des hauts commis de l’Etat qui sont allés à la retraite juste après avoir fini de payer toute leur vie une seule maison bien modeste. Mais le Sénégal a changé et les repères ont bougé et nous faisons tous semblant d’ignorer la société d’accaparement qui ne laisse pas de place aux chevaliers.

Presque personne n’ose retourner dans son terroir prêcher la bonne parole politique sans disposer d’une force de frappe qui provient des caisses noires et du détournement de l’action sociale et ressources censées construire le pays. Et Nafy Ngom veut épingler le directeur du COUD qui applique ce principe tacite (servir les siens). S’Il déroge à cette règle, ‘ses proches’ seraient les premiers à le clouer au pilori. Et tout le monde parle de transparence comme si nous sommes aveugles face à la matérialité paralysante de ces traits majeurs voire dominants de notre culture politique d’accaparement, de partage du gâteau au profit d’abord des siens..

Ainsi, la notion “d’utilité ” s’est pernicieusement déplacée. Regardons le score aux élections des candidats dits “sévères” (véridiques) ou juste atypiques (pas sortis en dehors des “appareils”). Ils sont presque insignifiants. Pourquoi ? C’est parce que les sénégalais ne croient jamais à un discours de vérité comme le rappelait avec constance Cheikh Anta Diop. Tout ceci nous dédouane t’il ?

ANKN

LIGNE DE MIRE TERRORISTE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Il semble que les terroristes sont à nos portes. Un SMS qui a fini de faire le tour de la toile a semé le doute et l’angoisse. Sans doute du renseignement qui n’est pas faux en soi. Le pays et ses “amis” sont en alerte maximale pour dénicher les cellules dormantes. Le mal est très profond. Il doit interpeller toutes les couches sociales d’un pays qui est à quelques encablures de la Cote d’Ivoire, du Mali…Lorsque les bombes éclatent entre le moyen, le proche orient et l’Afrique en passant par l’Europe et les Amériques, les protestations, naturellement fusent de partout. Pour dénoncer la conglomération des barbares.

D’une manière générale, le monde doit sortir de cette forme de vertueuse indignation pour vraiment agir. Le comment donne à la question toute sa complexité. Aujourd’hui, on parle de la “naïveté” belge face au communautarisme. Ils auraient laissé Molenbeek devenir un bastion islamiste. La France n’a pas fait mieux avec ses ghettos. Le Sénégal avec ses pauvreté chroniques…

Partout dans le monde, ils mènent des guerres pour un changement de régime afin de piller les ressources. Et les hypocrisies ou calculs politiques de se révéler au grand jour. On a vu le rôle supposé de Hillary Clinton en Libye. La France parle de valeurs mais décerne la légion d’honneur au prince héritier d’Arabie saoudite, un régime abominable. Les gens s’échinent a dire qu’ils sont Bassam, Charlie, Belgique, Paris, etc. Mais presque personne ne demande un nouvel ordre mondial.

Une question taboue majeure se pose à notre pays. Comment on est arrivé à ce que le Sénégal, petit pays pauvre soit en ligne de mire des terroristes ? La raison principale, c’est qu’à force de prostituer notre intégrité, nous sommes allés très loin. C’est la marque d’un pays qui n’a pas d’estime de soi et qui passe son temps à monnayer des cautions. Nous sommes allés trop loin dans notre inféodation à la France et notre soutien injustifié à l’Arabie Saudite. Il faut pas se faire des illusions, les terroristes nous feront payer cher ces postures. Le Ghana est un des pôles économiques de l’Afrique de l’Ouest. Il n’est pas à genoux devant les maîtres

Au delà des terroristes devenus les nouveaux barbares du monde, il semble que presque personne ne parle de ces pays qui financent et fournissent toute la logistique aux terroristes. Les armes qu’ils utilisent ne tombent pas du ciel ! En réalité, l’hypocrisie ambiante mise à part, ce n’est pas le terrorisme qu’il faut démanteler, mais plutôt les complexes militaro affairistes. Voila le sens de cette “vertueuse indignation”.

Ce qui reste constant, ce que même la menace terroriste est une “opportunité” de prévarication. Tout comme l’immigration clandestine ou les inondations récurrentes à Dakar ou la guerre au Yémen. Naomie Klein, dans La Stratégie du choc a campé avec froideur et lucidité les enjeux de ces chaos qui sont tous des opportunités pour pomper les ressources et restreindre les libertés démocratiques. La France a suspendu la plupart des libertés depuis les attentats. Le 11 septembre a pu justifier des guerres de préemption de ressources. Le quartier de Fass paillote à Dakar a été délocalisé après l’incendie. L’Europe va ériger des barricades et durcir ses lois. Ce n’est pas du cynisme, mais de part et d’autre les logiques sont “violentes”.

En sommes nous réellement instruits ? Quand est ce que nous allons en débattre dans l’espace publique ? Nous ferions bien de sortir de nos concombres fatalistes et évaluer objectivement notre part de responsabilité pour s’être quasi volontairement mis dans la ligne de mire de la conglomération des barbares. Avant que Dieu ne sauve le Sénégal, nous devons nous sauver nous-mêmes.

ANKN

LA TRAGÉDIE PROFONDE DES RENEGATS

Abdou Ndukur Kacc Ndao
Abdou.Ndao@ndukur.com

Ce pays fait peur. De plus en plus. Les règles démocratiques de plus en plus bafouées. Dans une indifférence presque générale. Sous les magistères de Diouf (fermons la parenthèse de Senghor), Wade, Macky, nos institutions ont toujours été soumises aux caprices de présidents parés d’une constitution tout aussi monarchique.

Le présidentialisme fort associé à des présidents à l’élégance démocratique vicieuse est un des talons d’Achille de notre république. Il est vrai que sous Macky, notre pays fait de plus en plus peur. IL marche à reculons. Les libertés démocratiques de plus en plus piétinées. Sous le regard hagard et souvent complice des appareils politiques en pleine déliquescence.

Depuis 4 ans, ces appareils politiques de contre-pouvoirs se sont faits avoir sur toute la ligne. Macky a toujours eu sa stratégie d’endormissement et de guerre-éclair. Il a infiltré au travers de ses réseaux intérieurs et extérieurs, tous les contre-pouvoirs. Voilà pourquoi, au fil du temps, il a réussi, insidieusement, à éclater en pôles antagoniques aussi bien les partis de sa mouvance que ceux de l’opposition ?

La grande question est de savoir pourquoi les forces démocratiques n’ont pas (encore) réussi à endiguer les dérives de Macky et ses dérivatifs politiques comme Ousmane Ngom qui sont des espèces répugnantes et identifiées comme telles. La déclaration de Ousmane Ngom sur de supposés liens entre les partisans du non et des Jihadistes est un vrai scandale renversant. Au-delà de l’aspect anecdotique, c’est aussi une justification par anticipation d’une répression qui se prépare résolument et qui s’exercera. Que le Oui gagne. Que le non gagne. Ousmane Ngom pré-légitime le fait accompli dans un contexte de démission presque généralisée et d’inorganisation des forces démocratiques.

En vérité, l’impression qui se dégage est que l’écrasante majorité des sénégalais s’en fiche alors que c’est d’aujourd’hui que demain se fera dans toute sa cruauté aux retombées sociales irréversibles. À part les politiques de tous bords. Les sénégalais sont tenaillés par la cruauté du quotidien. Ils sont obnubilés par leur victoire de la journée et cherchent juste à ramener à bout de souffle le pain à la maison.

Du coup, ils cherchent des stratégies individuelles tordues et à court terme pour se faire “corrompre” par le courtier embusqué du coin. Ces sénégalais ne liront pas les blogs de nos intello, les élucubrations de Madior Fall ou les menaces des seconds couteaux aux individualités troublées. Dans ce registre, sans doute, Ousmane Ngom est seul à avoir “compris”. Lui qui a accepté de ne pas entrer au Panthéon de la dignité, mais qui aura tiré son épingle du jeu dans toutes les circonstances …Et il y a en d’autres…

C’est une véritable tragédie des communaux. Dans un contexte où on nous offre le choix entre Macky, Idy ou Khalifa ? Et les clignotants des marabouts viennent les dérouter encore plus dans un mouvement d’ensemble dégradant aux allures de OPA des plates passions. Et les sénégalais de se demander ” à quels saints se vouer” Pour eux, la seule constante c’est le pouvoir….Peu importe celui qui gère le trône ou la direction du navire.

Le marabout de Touba a interdit la ” politique ” dans sa ville religieuse. Mais sans doute, on doit interdire la “polotik” (de 1960 à 2016) dans notre pays. Elle n’a rien apporté. Sinon à produire des brigands qui ont fini de se transformer en démiurges. Toutes proportions gardées.

Et oui ce référendum va laisser des séquelles. Il a plongé notre pays dans de lourdes fractures. Il a confirmé une culture politique dont la permanence historique ne s’est pas encore dédite. Des politiques, anges et souvent démagogues dans l’opposition. Anti démocrates et démiurges une fois au pouvoir. Loin des galères d’un petit peuple préoccupé par sa survie quotidienne qui regarde du haut de sa lucidité et de son réalisme les guignoles de la “tragédie profonde des renégats”.

ANKN

IL FAUT BRÛLER CE TORCHON RÉFÉRENDAIRE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com

 

Les Sénégalais iront voter le 20 mars 2016. Sous le regard élégant d’un clergé qui a dû repousser ses légendaires JMJ (Journées mondiales de la Jeunesse). La réalité est qu’il ne viendrait jamais à l’esprit du président et sa pléthore de conseillers d’oublier les dates du Magal de Touba et des autres cérémonies religieuses musulmanes de Tivaoune, Médina Baye, Ndiassane…Cette date est une insulte à un clergé chrétien qui nous donne toujours des leçons d’élégance républicaine. Voilà à quoi ressemble le management d’une république avec ses légèretés renversantes. Ce vote nous coûtera plus de 3 milliards. Au moment où des abris provisoires essaiment entre MakaCoulibatang, Kafountine, Ninéfécha…

Les légèretés renversantes de Macky ont démarré dès qu’il a pris fonction. Il a gagné confortablement la présidentielle mais s’est mis dans une posture permanente de déresponsabilisation. Au nom des alliances agglutinées souvent autour du butin des hyènes. Le pays n’a pas vraiment senti la plus-value de ce conglomérat de politiciens professionnels qui ont pris en otage depuis plus de 3 ans notre pays. Au gré de leurs intérêts individualistes. Reproduisant depuis les indépendances le modèle carnassier de distribution et redistribution du butin des charognards, notre république est constamment renversée par des légèretés dévergondées ou des tentatives guerrières sans lendemains mais très gravement préjudiciables à l’économie. Soyons justes à ne pas généraliser cette caractérisation y compris au sein de l’actuel gouvernement qui regorgent de dignes fils et filles patriotes du pays qui trembleraient à l’idée de se servir et non servir.

Le vrai problème nous vient d’un Président vicieux et espérant être rusé. Comment sa jeunesse et sa base sociologique et politique incontestables qui lui auraient permis une compréhension des réels vrais enjeux démocratiques préférant lorgner le bout de son nez et avec sa meute de carnivore. Mises à part les observations légitimes de sénégalais qui sont par nature contre les Assises nationales ou certaines de ses postures institutionnelles (parlementaires ou non), qui peut soutenir qu’elles ne sont pas une base objective pour améliorer un système démocratique aux relents monarchiques au regard des énormes pouvoirs conférés au président de la République ? Quel est le démocrate qui peut véritablement soutenir que les conclusions de la CNRI n’améliorent pas notre système démocratique ? Y’a-t-il vraiment dans l’avant-projet de constitution et le rapport général soumis au Président des points régressifs pour notre démocratie ? Le président Macky peut-il faire fi des assises.

En réalité, le président outre sa jeunesse qui devrait en faire un homme audacieux logiquement et sa base sociologique d’alors, avait toutes les cartes en main pour s’appuyer sur les consensus forts issus de la classe politique et de la société civile et aller au-delà de Senghor, Diouf et Wade. Jamais un président n’a bénéficié de conditions sociologiques et politiques favorables pour bâtir une véritable alliance définitive de renforcement de notre système démocratique avec une ossature d’équité sociale achevée. En préférant se murer dans sa bulle avec souvent dédain et mépris, le président Macky Sall s’est disqualifié de lui-même. La fragilité de nos Etats impose que nos politiques aient un sens élevé du consensus ouvert . Et Macky semble de pas avoir cette vision cardinale. Il continue de penser avec ses thuriféraires que la nature des rapports de forces politiques lui permettra d’être le maitre du jeu politique absolu ? Chimère et c’est pourquoi, il pense amorcer des discussions sentant que ses rapports de forces ont fondamentalement changé ou se seront définitivement reconfigurés jusqu’aux élections de 2019.

Qu’il obtienne son oui ou son non plus rien de sera plus jamais comme avant. On ne peut jamais dans l’absolu soutenir qu’en politique la discussion est inutile. En l’occurrence malheureusement, elle l’est franchement dans le contexte actuel ou le président a taillé avant de mesurer les contours d’une si importante question la constitution en faussant l’esprit de son ciment et les structures de sa compréhension pour les générations futures . Décider seul d’un processus électoral et démocratique et solliciter ensuite un dialogue qui sera sourd de facto c’est encore amuser la gallérie avec la certitude tremblotante se sortir de cette impasse est d’une détestable inélégance démocratique. Ce n’est pas en soi les discussions qui sont dans l’absolu les véritables enjeux. Mais une posture présidentielle désincarnée de ses ruses et espiègleries. Il faut un projet pour discuter.

Or, Macky n’a qu’un projet vicieux et obscur mal ficelé dont le fondement tactique reste une grande diversion et une théâtralisation permanentes de son jeu politique. Il ne saisit pas le changement de base d’un monde et des peuples toujours plus exigeants en matière de droits humains et de démocratie. En jouant à ces jeux pervers d’un esprit hanté par la peur, l’angoisse d’une hypothétique reconduction, Macky n’est plus un interlocuteur crédible avec qui il est aisé voire souhaité de discuter. En se dédisant sur fond de subterfuges et de ruses juridiques, il s’est moralement mis hors-jeu de façon définitive. Il garde certes les leviers de l’Etat.

Cependant, il a perdu ceux de notre conscience morale meurtrie à peine sortie d’une renverse qui refusera un second mensonge présidentiel. Le fait que l’Homo senegalensis séducteur et rusé soit faussement à l’image de nos dirigeants ne peut l’absoudre. Il est élu pour veiller sur nos intégrités profondes et multiformes à condition d’en être l’incarnation et non le pâle reflet que le peuple sans trembler saura cirer pour notre refus et sans regret. Macky a eu trois ans pour prouver sa bonne foi démocratique. Chaque jour, il démontre au peuple souverain qu’il n’a pas la carrure et la culture d’un leader de rectitude.

C’est pourquoi, son texte qui fait moins que les assises et la CNRI n’est qu’un torchon qu’il faut brûler. Justifier son vote par le fait qu’il améliore certains aspects de notre démocratie, est d’un détestable minimalisme. La démocratie est un projet de société globale qui ne peut s’accommoder de la vision d’un seul homme fut-il président de la république. C’est un sérieux projet qui doit être fondé Seigneur ! sur de larges et forts consensus autour de l’essentiel qui lie tous les composants d’une nation qui devra rester debout. Donner des sucettes démocratiques, en attendant demain, voilà le sens de ce projet de référendum. Nos institutions ont du vécu. Notre peuple est mature et nous ne saurions permettre à quiconque de bafouer ce qui revient au Sénégal après plusieurs longues décennies de luttes intellectuelles et même physiques avec le seul rêve de le voir se tenir sur la rampe du progrès et de la justice sociale. Sans doute plus que les politiciens qui tiennent le pavé dans un mépris permanent de ses exigences.

Nous voulons une grande charte fondamentale qui traversera le temps sans altérer la dignité de notre peuple. La démocratie ne peut se construire avec de louches experts de palais qui peuvent avoir la légitimité scientifique mais non la crédibilité morale d’un peuple. Voilà notamment, pourquoi le 20 mars 2016, je voterai NON. Ce projet est minimaliste. Il est porté par un président moralement disqualifié. Le véritable référendum est de le voir définitivement quitter ce pouvoir qui lui permet de se jouer de nous au quotidien. Dans une indifférence qui frise le mépris. Le 20, j’irai voter NON pour refuser tout boycott. Mais, si j’avais le choix, je brûlerais ce torchon référendaire qui va nous coûter de la palabre futile et des sous dont nous avons tant besoin..

Une réforme démocratique n’est pas une juxtaposition d’articles ou de techniques rédactionnelles juridiques. Elle est la respiration profonde de la vision politique d’un peuple. Elle doit engager en amont et en aval les forces vives de notre nation qui lui donnent souffle et représentativité politique et sociologique. Malheureusement, les Sénégalais continuent de trimer du haut de leur conscience et dignité maintes fois bafouées par un président politicien qui avait tout pour réussir son véritable mandat : faire de notre pays une référence toujours plus forte de démocratie. C’est tout ce qu’on lui demande. Car, il serait incapable de faire du Sénégal un sucess story économique.