TIMOTHY SNYDER, PROFESSEUR D’HISTOIRE A L’UNIVERSITÉ DE YALE ET LE MONDE DE TRUMP 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Dans cette réflexion, Timothy Snyder, Professeur d’histoire à l’université de Yale, Etats-Unis, publie vingt leçons pour résister au monde de Trump. Il s’agit d’une sorte de kit de survie à partir des enseignements tirés du XXe siècle, pour sortir du désastre du magnat de l’immobilier selon Snyder. Revisitons ses propositions qui sont d’ailleurs adaptables dans plusieurs autres pays que les USA.

“Les Américains ne sont pas plus avisés que les Européens, qui ont vu la démocratie succomber au fascisme, au nazisme ou au communisme. Notre seul avantage est que nous pouvons apprendre de leur expérience. C’est le bon moment pour le faire. Voici vingt leçons du XXe siècle adaptées aux circonstances du jour”.

1. N’obéissez pas à l’avance. L’autoritarisme reçoit l’essentiel de son pouvoir de plein gré. Dans des moments comme ceux-ci, les individus prédisent ce qu’un gouvernement répressif attend d’eux et commencent à le faire de leur propre initiative. Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Arrêtez. L’obéissance anticipée renseigne les autorités sur l’étendue du possible et accroît la restriction des libertés.

2. Protégez les institutions. Respectez la justice ou les médias, ou bien un tribunal ou un journal en particulier. Ne parlez pas des « institutions » en général, mais de celles que vous faites vôtres en agissant en leur nom. Les institutions ne se protègent pas elles-mêmes. Elles tombent comme des dominos si elles ne sont pas défendues dès l’origine.

3. Souvenez-vous de la déontologie professionnelle. Lorsque des gouvernants montrent le mauvais exemple, les engagements professionnels envers des pratiques justes deviennent très importants. Si les avocats font leur travail, il sera difficile de détruire l’Etat de droit, et si les juges font le leur, de tenir des procès spectacles.

Résumons le reste des leçons déclinées dans cet article publié dans Le Monde du 19/11/2016.

4. Quand vous écoutez les discours politiques, faites attention aux mots…

5. Gardez votre calme quand arrive l’inconcevable…

6. Soignez votre langage…

7. Démarquez-vous….

8. Croyez en la vérité…

9. Enquêtez

10. Pratiquez une politique corporelle…

11. Échangez des regards, dites des banalités…

12. …Sentez-vous responsable du monde…

13. Refusez l’Etat à parti unique…

14. Dans la mesure de vos moyens, faites des dons aux bonnes causes…

15. Protégez votre vie privée…

16. Apprenez des autres et des autres pays…

17. Prenez garde aux paramilitaires…

18. Réfléchissez bien avant de vous armer…

19. Soyez aussi courageux que vous le pouvez…

Et la leçon 20 qui tombe comme un impératif : Soyez patriote. Le président entrant ne l’est pas. Donnez l’exemple de ce que l’Amérique pourrait signifier pour les générations à venir. Elles en auront besoin.

Fin de leçons. De belles leçons de Snyder sans doute pour Trump, mais aussi pour nous tous.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/19/les-vingt-lecons-de-timothy-snyder-pour-resister-au-monde-de-trump_5033962_3232.html#v5aiQRpUriH6TpPv.99

NKEN

PRESIDENTIELLE 2019 : LEURRES ET LUEURS DES ALTERNANCES ET ALTERNATIVES MANQUEES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
La présidentielle de 2019 est à nos portes. La frénésie gagne du terrain. La surenchère s’amplifie. Les candidatures exponentielles. Ainsi que les propositions dignes d’être prises en compte. Samuel Sarr a lancé 7 propositions faites au Président Macky Sall. 1. Nous demandons la declassification du rapport de l’IGE comprenant la réponse écrite du Président Samuel Sarr (16 pages avec 100 pages d’annexes prouvant l’ineptie de ces accusations fallacieuses). 2. La dé classification du rapport de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) sur l’audition de la gestion de Khalifa Sall. 3. La déclassification du rapport sur l’enquête de l’OFNAC sur l’affaire PetroTim. 4. La déclassification du rapport de l’Ige sur le sommet de la Francophonie de 2014. 5. La déclassification du rapport de l’Ige sur les transactions de l’immeuble du Sénégal à New York, édifier les Sénégalais sur le rôle d’un proche de Macky Sall et les conséquences financières désastreuses pour le Gouvernement du Sénégal. 6. La déclassification du rapport d’audit sur la gestion calamiteuse du Port Autonome de Dakar de 2012 à 2018. 7. La publication de la liste des permis de recherche et d’exploitation de Pétrole et de gaz depuis 2012.
On va vers un déballage. Mais Macky n’autorisera jamais ces déclassifications. A coup sur, nous allons vers des élections “violentes”. Le PDS a déjà donné le tempo en menaçant d’empêcher la tenue de l’élection si le pouvoir invalidait la candidature de Karim Wade. En réalité, Macky est prêt à tout. Mais il est nu. Il a peur aussi avec raison. L’épée de Damocles, il la fera poser sur ses sous fifres. Sortez du bois et défendez moi sinon vous allez en prison ou je vous décapite. On aura une mobilisation de “survie”. Le comportement de Macky ne laisse pas d’autres choix d’ailleurs que d’aller vers l’escalade. Car on se demande bien que peut faire le PDS. Macky veut les mener à l’abattoir et ils le savent. Peut être que le pds devrait se trouver maintenant un candidat car Karim ou rien est suicidaire aussi. C’est une stratégie vouée à l’echec. Au delà des “fausses “?? accusations et de l’exil forcé Karim représente quand même un modèle de tentative de dévolution familiale du pouvoir. Un garçon qui doit tout à son patronyme. Ce n’est sûrement pas lui qui va installer au Sénégal une meritocratie et la transparence partout. En fait c’est le dernier ciment qui empêche le PDS d’imploser. S’ils pouvaient encore présenter le vieux Wade ils l’auraient fait. Si Wade lui même n’était pas frappé par la limite d’âge, il se serait présenté et il aurait mis sous le boisseau son projet de dévolution familiale du pouvoir majoritairement rejeté par les sénégalais.
Il est vrai que le PDS ne pendra Jamais au sérieux Macky. Mais le drame c’est qu’il est né après la honte et la classe. Il va foncer jusqu’à ce qu’on le bloque. Il peut parfaitement reproduire les modèles des élections en Afrique centrale chez nous. C’est un président béni oui-oui qui a donné les gages majeures à l’impérialisme français et d’autres pour piller nos ressources. Une bonne raison pour se taire face aux violations démocratiques et électorales qui ont commencé. A l’image de l’autre fanfaron-larbin IBK au Mali. C’est pourquoi l’envie d’en découdre avec lui ne doit pas créer une euphorie mal placée et la multiplication des candidats.  Il faut que l’opposition s’accorde sur une plate-forme minimale et consensuelle d’exigences : le déclassement des dossiers dont parle Samuel, la question des cartes et de la logistique autour du vote, le rôle que pourrait jouer Aly Ngouille Ndiaye et ces organes qui vont invalider des candidatures. Cela tout de suite. Ce serait une illusion de penser que le pouvoir est aux abois et qu’il va tomber. Ce n’est pas vrai. Macky peut tout violer et passer comme Mobutu à l’époque ou Bongo. Tout dépendra de la nature des rapports de force et de l’inertie des démocrates. Macky est adossé à un “front” très large et très diffus. Les lobby étrangers qu’il sert et la bande de “paresseux ” qui depuis très longtemps refusent de travailler à la sueur de leurs fronts.
Ce n’est pas tant changer Macky mais basculer vers un autre système. Si on perd cela de vue on sera déçu. La tâche est immense. In fine les sénégalais éliront quelqu’un qui leur ressemble. C’est peut être cela la partie la plus coriace. Qui ose dire au peuple je vais aussi vous amener à changer. Votre rapport à l’ordre à la discipline au travail. Mettre fin à recherche de passe droits et de parrains. Vous remettre au travail. Ensuite on va ensemble défendre notre pays contre les rapaces. Voilà les vrais enjeux. Quand on écoute l’offre politique de part et d’autre c’est vraiment la langue de bois.
C’est très imprécis et parfois avec des contorsions terribles pour plaire à tout le monde et rassurer les “grands électeurs”.
NKEN

LOGIQUES FÉODALES ET MESSIANIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La tabaski est derrière nous. Avec ses sempiternelles divisions qui frisent le désarroi des fidèles. Puisque Dakar est une enclave islamique et une zone grise pour les fuseaux horaires et l’astronomie. Les musulmans du Sénégal ont fait leur bamboula. Du coup, ce pays était paralysé pendant plusieurs jours. Bien évidemment, il y’en aura toujours qui penseront que chômer des jours  et être payé est à la limite bénéfique pour ce pays ne serait ce que sous l’angle de «la dimension économique de la spiritualité». Pas étonnant que nous soyons parmi les pays les moins développés du monde. En réalité on cherche à légitimer les “sénégalaiseries”.

Nous sommes un peuple nombriliste qui refuse de s’aligner. La question est de savoir d’où nous tirons cette arrogance ? Parce que les référents sont  féodaux et messianiques. Pourtant nous ne sommes ni les plus intelligents, ni les plus guerriers ni les plus riches non plus. C’est une forme de mystification permanente et les gens adhèrent. Ils y trouvent leurs comptes. Les marabouts l’ont compris et ils évitent les sujets qui fâchent. Ils ne demandent pas aux talibés d’aller travailler et d’arrêter le folklore et ne demandent pas non plus au gouvernement d’être juste et de s’occuper des plus pauvres. Au grand théâtre c’est pas grave si on y chante les domi sokhna. Et les intellos de confrérie font désormais boucliers.

Le discours devient sophistiqué mais sa finalité est la même : légitimer et s’attirer des sympathies. En attendant le retour de l’ascenseur. Se rattacher à un “roi, un prince ” qui porte le turban qui se nomme Sy, Mbacke,  Laye ou Niasse ou Ndao. Et qui est capable d’intercéder. ..ici bas. Il suffit d’écouter le discours des lutteurs, des chanteurs. Cela commence par affirmer leur ancrage à un serigne. Puis ils convoquent leur ethnie pour les soutenir. Puis le politicien du coin qui a payé pour la préparation.

Ce discours mérite d’être analysé. Il nous renseigne sur le positionnement des gens. On a pas besoin d’un think tank pour comprendre les logiques d’influence. On est tous devenus des “opportunistes “. Voilà pourquoi le pays surfe sur cette logique féodale et messianique qui ne peut donner du vrai sens à la marche du pays. Mais on le nie. Et il ne sert à rien d’essayer de réveiller celui fait semblant.

NKEN

“BROUILLARD DE GUERRE” : TRANSITIONS/RUPTURES POLITIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

 Brouillard de guerre!!! Une belle expression. Elle est de Clausewitz, un brillant stratège militaire qui nous a laissé des travaux stratégiques sur la guerre. L’expression renvoie à l’incertitude qui entoure toute guerre. Les protagonistes sont incertains par rapport à leurs propres capacités et les forces et positionnements des autres. Du coup, ce seront les périodes de transition qui sont troubles. Cette approche descriptive et très réaliste des champs de bataille est sans doute très conforme à la situation de notre pays. Voila avec Clausewitz comment nous pouvons appliquer la stratégie militaire à l’amateurisme politicien de l’homo senegalensis. Chaque soldat fait quelque part sa “bataille” et connait ses propres faits de “bataille” et s’en glorifie. Mais on avance à l’aveugle dans l’incertitude la plus totale. On ne sait pas qui sont les autres protagonistes. C’est quoi la guerre. Ni le pourquoi. Ni pour quel projet ou quelle vision. Et puis, c’est l’incertitude. On crée nos espaces de solitudes, on se recroqueville où on tire dans le noir.

Les anglais ont fait le « brexit » par paranoïa et pour refuser de se faire bouffer. Les américains doivent choisir entre la peste et le choléra. Le monde arabo musulman se déchire. Et l’Afrique de se laisser gentiment bernée. Ceux qui résistent passent devant les pelotons d’exécution des Shérifs du nouveau «far west ». Ou ont leur invente des guerres et des “printemps ” de toutes couleurs. Le temps est souvent convoqué à travers les COP. On y  parle à nouveau de changements climatiques. Les politiques viennent parader. Les sociétés civiles. Les scientifiques aussi. Le constat sera toujours amère.  Toutes les discussions scientifiques aboutissent aux mécanismes de marchés, à la domination des lobbies, au manque d’équité.  Alors comment faire pour inverser ces tendances ? En réalité, la réponse n’est pas technique. Elle est politique.

Dans une réflexion récente  (Septembre : 2016), on se posait une question toute simple.  Pourquoi les politiciens notamment disent toujours qu’ils sont surpris par tout ce qui arrive chez eux ? Les inondations, ébola, érosion côtière alors que l’information existe. Aujourd’hui, incontestablement, il n’existe presque plus de catastrophes naturelles mais des catastrophes aggravées ou accélérées par leurs actions. Ce sont nos régimes politiques qui bouffent le domaine littoral, vendent leurs forêts, mettent de l’asphalte partout. comblent les bassins naturels et érigent des stades et des arènes dans les zones humides, créent de fausses villes mal assainies.

Et c’est une question qui se pose à tout le monde. Dans tous les domaines de la vie nationale. Les grandes avancées historiques se sont déroulées chaque fois qu’il y a eu la découverte de paquet technologique (civilisation égyptienne, révolution industrielle , néolithique , etc.). Cette fois on a des paquets technologiques dans tous les domaines mais il manque des leaders pour les porter. L’association du “philosophe ” (en sens dès grands penseurs qui nous permettent de lier le bois et le bois), des savants (scientifiques pour apporter des solutions), des artistes (d’écrire un monde sous tous ses prismes, nous faire rêver (et oui) , et des religieux (apathie, sens de la solidarité et l’équité ) a été un levier important. Aujourd’hui tous ces groupes nous vendent la même chose. ” la guerre” (apologie des différences, repli , pornographie de la pauvreté et de l’opulence, exploitation) et le ” jeu” (olympique, foot, Batman v Superman ou David contre Goliath, spéculation, politique. Oui nous sommes en face d’une vraie comédie ! Sur fond de déni permanent. La faute c’est l’autre ou le système financier dit mondial.

Brouillard de guerre sur fond d’inéquité environnementale mondiale,  notre monde a de sérieuses raisons de s’inquiéter de son sort peu enviable. Ici, chez nous, le peuple désabusé regarde toujours avec malice les singeries des politiciens. Il arrivera un moment où les périodes troubles des transitions soient transformées en de véritables révolutions. Le temps qu’ils comprennent,  les vrais soldats auront fini de prendre les tranchées. Et de débusquer tous les mauvais soldats qui tirent dans le noir et qui sont en réelle position d’incertitude. Un tableau très politique. De toute façon, la politique n’a jamais été loin de la guerre. Voilà qui fait dire à Carl Von Clausewitz dans sa citation la plus célèbre que : “La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens…”.

NKEN

LE PÈLERINAGE AU ROYAUME DES SAOUD : « FROM CAMEL TO CADILLAC » 

Ndukur Kacc Ndao

Le pèlerinage à la Mecque a pris fin. De sources concordantes, il n’a pas connu de graves problèmes. Les autorités saoudiennes ont même communiqué sur un virus qui avait frappé plus de 2000 personnes dont près de 800 morts. Et pour cause, le hadjj est aussi soumis à une relative surveillance épidémiologie mondiale avec l’OMS depuis 1865. Un foyer de choléra parti des Lieux Saints avait fait 60.000 morts. Nous reviendrons dans un autre article sur l’histoire sanitaire du hajj de 1865 à nos jours. Le pèlerinage,  c’est aussi des accidents meurtriers qui frappent nos pays. Le décompte macabre fait état de plus 700 morts en 2015. Notre pays avait payé un lourd tribut. Des dizaines de morts. N’oublions pas le 23 mai 1994 avec ses 270 morts. Le 9 avril 1998, 180 morts. Le 1er février 2004, 244 morts. Le 12 janvier 2006, 364. Le must étant arrivé le 2 juillet 1990 avec ses 1426 morts. Le bilan est très lourd. Sans doute, leur statut de martyrs qui iront au paradis, a fini d’apaiser les cœurs meurtris et impuissants des familles des victimes.

Ce qui se passe en Arabie Saoudite n’est pas une surprise. Au contraire, c’est l’aboutissement d’une politique saoudienne mêlée de cupidité, d’amateurisme et d’un accaparement exclusif de l’organisation du hadj. En réalité, le hadji est devenu pour les Saoudiens une opération diplomatique et un moyen de se faire de l’argent et d’en redistribuer aux familles qui sont dans le cercle royal. Il n’est pas sérieux de réunir plus de deux millions de personnes et de les faire souvent encadrer par des policiers zélés et surtout idiots, qui de manière unilatérale, peuvent bloquer des voies d’accès. Qui sont les policiers qui encadrent les 2 millions de pèlerins? Ils ont été formés à la répression et ne savent qu’aboyer des ordres, à longueur de journées, en arabe (criant à tue-tête “tarikh haj tarikh haj” (céder le passage). Un Etat organisé aurait mis sur le terrain des encadreurs, parlant la plupart des langues des pays du monde musulman, capables de guider les pèlerins, et de les rassurer. Car, la plupart de ces pèlerins n’ont jamais voyagé de leur vie et sont perdus dans cette marée humaine. D’ailleurs, il n’est pas étonnant que dans certains pays comme l’Indonésie, les futurs pèlerins attendent des années leur tour pour partir. Ils passent des simulations de pèlerinage avant de partir. Ils sont éduqués à faire la queue, à rester grouper lors des rites.

Il faut l’affirmer avec force, l’organisation du pèlerinage, est devenue au fil des années, une véritable mafia avec ses injustices criardes. A Mina, par exemple, sur les tentes, on peut aussi voir une représentation de la division du monde. Le quartier des africains mal logé et insalubre. Le camp européen bien organisé, climatisé parfois. Ces pèlerins sont bien organisés et encadrés, avec des personnes bilingues. Ils ont leur camp juste à côté des Jamarat. Les arabes du golfe disposaient même de leur train pour s’y rendre. Il n’est pas étonnant, à la publication de la liste de morts, d’y retrouver majoritairement des Iraniens, Asiatiques et Africains, surtout des Nigérians. On observe bien sur très peu de victimes des pays du Golf. Voila entre autres raisons qui fondent les accusations grotesques contre les africains jugés responsables par les autorités saoudiennes comme en 2015. Ils n’ont juste pas de Cadillac. Pour noyer leur incurie. En analysant l’accident de 2015 par exemple (grue), on peut observer toute la cupidité de cette mafia royale et de ses allégeances qui ne peuvent même pas arrêter les travaux le temps du hadjj. Dans un article publié en 2013, le Guardian avait sévèrement critiqué le Royaume. Article jugé – de mauvaise foi – comme relevant de l’anti islamisme primaire pour noyer le poisson. http://www.theguardian.com/artanddesign/2013/oct/14/as-the-hajj-begins-the-destruction-of-meccas-heritage-continues

Face à ces forfaitures organisationnelles, le seul pays qui ose élever la voix est l’Iran. On ne verra pas un communiqué de l’Organisation de la Conférence Islamique. Ou de ISESCO (qui est le pendant de l’UNESCO pour les musulmans). Ou de notre pays. Personne n’ose dire que les lieux saints sont un bien public commun. Que toute la Umah devrait avoir son mot à dire sur la gestion. Les saoudiens se sont lancés dans des projets pharaoniques d’extension de la mosquée avec son agrandissement, ce qui constitue une bonne chose. Sans compter la construction d’hôtels de luxe tout autour. Le bilan est déjà lourd : les sites archéologiques ont été détruits ainsi que le patrimoine historique de l’Islam avec notamment “la demeure d’Abou Bakr Al-Siddîq, dit « le véridique», premier converti et calife de l’Islam en un hôtel de luxe et transformer la maison de Khadija, première épouse du prophète Mohamed en des toilettes publiques.

Des milliers de Saoudiens déplacés, les pèlerins africains notamment relégués très loin de la Kaaba, faute d’argent. La maison où est né le prophète a été transformée en une petite bibliothèque. Pour éviter toute forme d’adoration. Conformément à la « rectification wahhabite ».

Le fonds du problème en Arabie Saoudite – peu ose en parler – reste la corruption. Chaque année, les Saoudiens ouvrent la kaaba a nos dirigeants et organisent la parade des “hôtes du roi” qui bénéficient d’un hadj royal. Aucune voix ne se lève pour exiger des conditions décentes pour leurs pèlerins. Des quotas nous sont octroyés, chaque année, comme si c’est de la charité. Au nom d’ailleurs de cette charité, ils nous enverront sous peu leurs carcasses de moutons. Le roi Fahd avait adopté officiellement en 1986 le titre du Gardien des Deux Saintes Mosquées ou  Serviteur des Lieux saints. MBS ne s’est pas fait prié. Voila un titre et une posture bien politiques face aux contestations internes et externes qui demandent de plus en plus, la tête des Saoud.

Au moment où la corruption a encore de beaux jours au royaume des Saoud, notre pays, le Sénégal, par laxisme, a fini de “sandagaliser ” le hadj. Les opérateurs privés sont partout. L’Etat laisse faire. Des cellules étatiques et partisanes de plus en plus politisées, distribuent des billets. Ces pèlerins «recommandés» sont d’ailleurs souvent les plus difficiles à encadrer. En attendant, le hadji transformé en une véritable mafia, continue son décompte macabre et la construction de ses travaux pharaoniques. Au nom du business et rien que pour le business. Au nom de la famille royale et de ses allégeances.

NKEN

PHYLOGÉNIE DU MENSONGE ET DU RENIEMENT 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La révolution générationnelle de la transition bat son plein. Le matérialisme historique et dialectique reste en principe le fondement (théologique ?) théorique du communisme. Il est vrai que les partisans de Marx ne courent plus les rues même s’il existe encore des bolchévick téméraires et tenaces. En revanche, le matérialisme mystique qui (re)inverse ou renverse doublement celui de Marx et Engels continue d’irradier de sa superbe nos intériorités, nos invisibilités tuées par peur ou par honte. Nos consciences intérieures veulent encore les confiner dans nos psychologies des profondeurs. Le combat ne peut être que brutal et sera destructif. Les réactions et appréciations sont bien timides. Elles sont d’une grave gravité. Les individualités secrètes sont-elles atteintes ? La psychanalyse Jungienne avait raison de noter que “La Genèse représente l’acquisition de la conscience comme la violation d’un tabou, et tout se passe, comme si, par la connaissance, l’homme avait outre-passé frauduleusement une limite sacrée”.

Je crois que la Genèse à raison, en ce sens que toute démarche vers une plus grande conscience est une sorte de culpabilité “prométhéenne”. Tout le monde sait pourquoi croyons-nous en Dieu sans lui faire confiance. Jung, en dépit de son passé controversé au nazi reste un penseur exceptionnel qui nous a révélé nos profondeurs cachées. Nos prêtresses du Sine, de Yoff, de Bargny, du Kassa aussi. Pour ressusciter des intériorités malades. Nous devrions mieux les valoriser en évitant de les classer dans les marges d’un savoir-faire psychanalytique capté par des universitaires ou praticiens à l’efficacité sans audace. Nous ne faisons pas confiance en Dieu. Pourquoi devrions-nous le faire pour des mortels ? Notre rapport à nous-mêmes a souvent été un rapport de duplicité de ce que, nous ne sommes pas. Il tire sa complexité et son existence au cœur de nos socialisations enfantines. Les cellules familiales de base en sont les pépinières exportatrices et irradiantes d’une société de justifications et d’explications. En permanence. Dans toutes ses sphères, nos individualités nous deviennent étrangères. Nous nous dérobons devant l’obstacle dans le refus de faire notre révolution de maturité sociale.

Trop de forces féodales nous tiennent en laisse et nous obligent à s’opposer au mouvement historique. Voilà la cause profonde du rassemblement des forces obscures du passé contre notre futur. Mais on ne remontera pas le cours de l’Histoire ! Voilà pourquoi, nous avons pris, entre Wade et Macky, pris autant d’années à disserter d’un mandat. Même lorsque le mensonge était cousu de fil blanc, nous avons convoqué les doctes rhéteurs du pouvoir et de l’opposition pour légitimer ou délégitimer nos “pharisaïsmes”. Lorsque le vieux avait été pris en flagrance, il nous avait servi son “wax waxet” ironique qui avait mobilisé encore les débatteurs justificateurs de toutes les “escobarderies”. Et Macky nous sert ses “cautèles”, il nous revient encore des hâbleurs explicatifs de ses “scélératesses”. Ainsi sera la vie d’un Sénégal qui aurait pu rédiger son dictionnaire homologué sur la phylogénie des reniements et des mensonges.

Le réveil brutal de l’élite politique avec son réflexe de sauvegarde de position socialement individuelle sera brutal et définitif pour sa dernière génération décadente. Même lorsque le Président, il y’a naguère quelques mois, se décide à proposer un texte constitutionnel qui a confirmé les 5 ans, les malignités ont pris plumes et ont investis radios et télés pour féliciter le partisan des “rosseries”. Comme s’il s’agissait d’une vérité qui doit apprendre à marcher. Pendant ce temps, nous déléguons aux dieux et aux invisibles esprits saouls d’espiègleries politiciennes nos vrais débats de sociétés. Le problème de fond n’est pas stricto-sensu tels ou tels responsables politiques qui nous servent depuis plus de 50 ans les mêmes couardises. Toutes proportions gardées. Mais bien d’une classe politique et d’une culture politique de “palinodies ” qui n’est que la pointe avancée de notre tragédie collective.

C’est parce qu’une fois élus, aux différentes “stations”, nos hommes politiques se considèrent comme des démiurges. Ils essayent d’installer un rapport quasi prophétique avec leurs concitoyens. Dans une société de courtisans, de lèche-bottes, de flagorneurs à couper le souffle. Ainsi les lumières seront abattues pour le Sénégal et dans nos accusations, nos reconnaissances définitivement terrassées.

NKEN

LE “CONTRISME” TRUMPIEN ET LA PAIX FROIDE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Les cartes se redessinent au moyen-orient et dans le reste d’un monde désenchanté notamment par l’arrogance de Trump et la lâcheté des autres sur fond de business mondial. Au moyen orient, face à la posture actuelle du fou de Washington, l’Europe va résister et essayer de sauver l’accord sur le nucléaire iranien pour les raisons économiques évidentes. Il s’agit pour l’Europe de défendre les entreprises européennes. Ils l’ont dit récemment en marge d’un sommet Europe – pays balkans à Sofia. Mais Trump est un voyou. Il a entamé une guerre commerciale avec l’Europe. L’expression utilisée c’est qu’il les fait négocier le pistolet sur la tempe. Car leurs entreprises sont les plus touchées. L’enjeu c’est d’éviter que les sanctions annoncées par Trump contre l’Iran ne s’appliquent pas. Même en cas d’application les européens vont activer leur propre banque pour soutenir les entreprises impactées. Donc ils n’ont pas le choix. Mais ils vont chasser en meute.

Le marché iranien est trop juteux. Les européens veulent commercer sans contrainte et là Trump touche à leur portefeuille. Maintenant, c’est contre le gendarme économique qu’ils vont se battre. Le président Rohani joue à fond cette carte. Il a dit aux européens révoltez-vous, c’est votre business qui est en jeu. Cette position sur le nucléaire iranien c’est aussi un autre cadeau pour Israël. On sait depuis longtemps que ce sont les intérêts économiques qui ont balayé la centralité de la question palestinienne. Plus personne pour porter la cause et la Palestine n’a plus de leader. Les palestiniens sont les nouveaux orphelins. Évidemment ils n’abiqueront pas. Et il n’est pas exclu que l’Amérique de Trump soit frappée à  un moment donné. C’est presque inscrit.

Et puis se pose finalement une question : quelle guerre a été remportée par les américains ? Une question sérieuse. Pas grand chose depuis toujours d’ailleurs si ce n’est de la mystification historique sur fond de chaos laissé sur les champs de bataille. On y réfléchit pas souvent mais les américains sont maîtres dans la manipulation historique et leurs défaites morales transformées en “victoires militaires”. La théorie du “Winning hearts and minds” n’a jamais été une réussite. Ni au Vietnam ni ailleurs. Il faut lire Fareed Zakaria qui dans son excellent ouvrage  “the post american world” indique fort opportunément que le XXIe ne sera pas anti – américain, mais post – américain.

Il va falloir théoriser la nouvelle doctrine mondiale  : le “contrisme”. Car le crétin de Washington est contre tout. Contre la paix, contre le climat, les arabes les shitholes countries, l’Europe, les mexicains, les baby boomers, les noirs. Il n’aime rien et ne propose rien car il est resté en campagne électorale depuis le début. Anarchiste  ? Dans un monde acéphale. Les USA vont perdre prise sur le monde. Déjà d’autres dynamiques se créent. Faire sans Trump deviendra le crédo. Au moyen-orient on va faire un jeu à somme nulle. Entre  Arabie saoudite, Turquie, Iran et Israël. La Chine et l’Inde finiront par trouver leur compromis régional. Celui qui a le plus à perdre c’est l’Europe. Divisée, très faible capacité de projection militaire  (toute seule) en dehors de la France (sur ses terres coloniales), l’euro compterait pour uniquement 20%  le marché des changes.

Va t’on vers une paix froide? Laissons la question aux politologues. Beaucoup de tensions entre les États, altération des relations mais pas d’engagement de forces directement. Chacun croque son bout de fromage dans son coin pendant que les oubliés et les frustrés brûlent des drapeaux,  font exploser des voitures dans le silence absolu des condamnations de formes… Ce sera la “nouvelle normalité ” ou juste la banalité infecte du nouveau monde qui si dessine. Acéphale et nombriliste /protectionniste.

On voit beaucoup de “ponts” (virtuel , numérique, homme augmenté, intelligence artificielle, distance abolie) mais en fait ce sont les “murs” qui régissent un monde “intégré ” mais “éclaté “!!! Un autre aurait dit un monde en perte ou quête de sens. Ou une reconfiguration. Je pense fondamentalement que nous assistons à une redistribution des cartes malgré les “soubresauts “. Et ce n’est pas nouveau si on se place dans une perspective longue. Quel sera l’impact du facteur démographique dans les territoires occupées d’ici 30 ans ? Aux États-Unis ? En Asie ? Même en Afrique ? Une question qui mérite un regard croisé et qui déterminera sans doute les nouvelles tendances du “contrisme” et de la paix froide sur fond d’intérêts économiques, nouvelle religion d’un monde sans foi ni loi.

Photo  : Matar Ndour

NKEN

LES INTELLECTUELS ET LA PRODUCTION DE SENS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La salve de désapprobation de large secteurs d’un pays qui n’a pas d’eau courante ou très déficitaire sans compter les autres services sociaux de base a fini de convaincre les sénégalais sur l’incompétence de ce régime. Le seul hic c’est la posture de Macky qui ne veut pas faire du Sénégal un état moderne et démocratique. Dans une administration moderne et transparente on ne parlerait plus de quotas éthnique. On resterait juste des parents à plaisanterie dans le respect des particularismes culturels. On parlait de “qui doit demander et qui doit donner” il faudra qu’on parle de qui doit parler ? Macky a trop touché le bouchon et les autres sous fifres qui occupent l’espace public ne sont que des épiphénomènes. L’application des épiphénomènes est un signe d’anatomie sociale. Macky a planifié tout cela. Et cela crée une situation “idéale. On se focalise sur les insulteurs et des groupes ethniques se cabrent et se solidarisent avec lui.

Dans ce pays où même la “parole” était “élitisée” et régulée on tombe dans le wakh sa xaalat. Macky à son club de grandes gueules. Les autres aussi. Finalement c’est la grande débandade. Cette cacophonie organisée brouille les repères. Et les intellos s’en mêlent. Je crois jamais les intellectuels n’ont été si tragiques et discrédités dans ce pays. On voit bien tous ces mecs qui convoquent toutes les théories pour répondre aux insulteurs de la république. La tour de Babel. Ils sont à leur image incapables de relever le débat. Ils préfèrent répondre à un  insulteur que de réfléchir sur le kit énergétique. Ou les questions de fond qui correspondent au moins à leurs compétences. Voilà les caniveaux et les “rivières ” se retrouvent.

L’excès de langage et les dérives viennent des deux côtés. La parole s’est libérée dans le mauvais sens et les discussions de “grand place” et de borne fontaine font irruption dans l’espace national. La nature a horreur du vide..et on se on se bat virtuellement sur les réseaux sociaux devenus le nouvel exutoire. Avant c’était les trois normaux entre chômeurs. Mais parallèlement les intellos sont devenus “oisifs”  et mettent à utiliser leurs marteaux pour écraser des mouches plutôt que nous aider à donner du sens, apporter des “solutions ” et dessiner une trajectoire pour ce pays. Une sorte de nivellement par le bas. La parole des intellos devient “intéressée”.

C’est vraiment un magma diffus. Je vois parfois des “avis d’experts ” dans les médias. Ce sont de plus en plus des “lieux communs ” que n’importe quel sénégalais peut débiter. Cela n’a aucun fondement ! Ce n’est pas le fruit d’une recherche. Ce sont juste des contorsions. C’est un grand problème. Comment documenter nos interventions pour produire du SENS. Beaucoup vivent sur leur “gloire ” passée. Les élites ne peuvent pas payer le luxe de chercher des buzz comme les autres. Malheureusement elles sont comme tétanisées par un environnement qui leur facilite pas cette hauteur de parole et de pensée ou juste la paresse. Cette “incapacité ” collective  à rester dans son rôle est le plus grand défi. Une élite à réaction. Sarkozy, Macron ou Trump nous toise on se fend en blogs savants. Ceux qui sortent des bois on les fusille illico presto. Les plus “éclairés” tentent de poser un débat sur le bradage des ressources halieutiques…juste quelques commentaires. D’autres parlent des marabouts ou de l’histoire tumultueuse des religions, on crie au blasphème, etc.

Il y a vraiment des introspections à faire. C’est comme ces “maîtres” dont le niveau finit par se rapprocher de celui des «élèves». On ne parle pas ici d’une attitude de condescendance ou de rester “aérien”. Mais donner du SENS a l’orientation du pays. Les plus hypocrites vont rétorquer : qui sommes nous pour le faire? Avons nous ce mandat ? L’irruption de nouveaux “acteurs ” et la paupérisation laissent peu de place. Alors beaucoup décident d’aller singer les “nouveaux venus ” pour faire eux aussi leur place au “soleil “. Ils sont souvent rattrapés aussi par les rigueurs d’un révolutionnisme peu valorisé s’ils ne risquent de mourir dans la misère et l’oubli.

Parce ce que le révolutionnisme n’a jamais “cliqué” avec le peuple. Incapacité à comprendre l’écosystème sénégalais et à  lui faire une “offre taillée sur mesure “. Ou la faute du “bouc émissaire ” éternel. Le capital, le colon, la bourgeoisie, les marabouts. Nous serons encore enchâssés pour longtemps dans nos impasses et nos refus de produire du Sens dans une société réfractaire à la critique et partisane de la calinographie.

NKEN

ARABIE SAOUDITE : LE WAHABISME ET L’EXTREMISME ISLAMIQUE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Au fil de nos précédentes contributions, nous avions montré le caractère sectaire, rigoriste du Wahabisme. Si nos chefs religieux devraient rendre aux Saoudiens la pareille, ils ne soutiendraient jamais un Royaume moyenâgeux qui interdit le Zikr, le Mawlud, la Wazifa, les confréries et qui tue des chérifs sauf à faire acte d’allégeance au Roi.

EXTRÉMISME ISLAMIQUE. Le Wahabisme est devenu aujourd’hui le principal responsable de la montée de l’extrémisme islamique. Sous ce rapport les faits sont têtus. Quinze des 19 pirates de l’air du 9/11 étaient des citoyens saoudiens. Il y’a un peu mois de 2 ans, une intéressante sortie du Général anglais Jonathan Shaw, qui a pris sa retraite en tant que Chef d’Etat-Major Adjoint de la Défense en 2012 , a déclaré au Telegraph que “le Qatar et l’Arabie Saoudite étaient principalement responsables de la montée de l’islam extrémiste qui inspire les terroristes de l’Etat islamique”. Depuis des décennies, les Saoudiens ont toléré, et même discrètement, appuyé cette présence terroriste. Cependant, la règle était ” ne pissez pas dans la tante, il faut pisser dehors” pour reprendre la boutade d’un professeur américain. On se rappelle aussi des citations de Hillary Clinton dans les fameux WikiLeaks qui les accuse sans détour d’être au cœur du terrorisme islamique international.

100 MILLIARDS DE DOLLARS. Pour soutenir l’exportation du wahabisme fanatique, l’Arabie Saoudite ne lésine pas sur les moyens. Dr. Yousaf Butt un chercheur au British American Security Information Council et Directeur au Cultural Intelligence Institute estime dans un article paru le 20/01/2015 dans le journal Huffingtonpost estime pour sa part que plus de 100 milliards de dollars US, soit 58,747,867,888,142.10 XOF, ont été dépensés pour l’exportation du wahhabisme fanatique à diverses Nations musulmanes les plus pauvres du monde, au cours des trois dernières décennies. De l’avis de plusieurs experts, cette estimation pourrait bien être deux fois supérieure à ce nombre. A titre comparatif, notons que les Soviétiques ont dépensé 7 milliards de dollars, soit  4,112,789,073,360.55 XOF, dans le monde pour la propagation du communisme dans les années de 1921 à 1991. http://www.huffingtonpost.com/dr-yousaf-butt-/saudi-wahhabism-islam-terrorism_b_6501916.html.

ARGUMENT RIDICULE. Des chiffres qui donnent le tournis et qui renseignent sur les motivations réelles du royaume terroriste Saoudien qui accuse son voisin Yéménite d’être une base du terrorisme international. Quelle supercherie ! L’argument de la lutte contre le terrorisme est sans doute le plus ridicule que nous devrions éviter de brandir pour justifier l’envoi de nos troupes en Arabie Saoudite il y’a plus d’un. En réalité, notre monde et sa géo-politique et sa géo-stratégie est devenu un immense champ de tromperies et de manipulations, pour capter par tous les moyens, le nouveau dieu-capital. Les principes démocratiques peuvent être sous le boisseau le temps de pomper l’argent des Saoudiens dirigés par une caste royale qui alterne hypocritement le wahabisme fanatique et les mondanités bien arrosées entre l’Espagne, la France…

EGO SAOUDIEN ET GROS CONTRAT. Les Américains et Européens l’ont bien compris d’ailleurs. Eux qui sont devenus des experts pour flatter l’ego mal placé et la fascination pour l’Occident des Saoudiens. Ils les courtisent pour les gros contrats et ferment les yeux sur les atteintes aux droits de l’ homme. Si lutter contre le terrorisme est une des missions de nos troupes, nous devrions les envoyer pour envahir une Arabie Saoudite qui dépense 100 milliards de USD (les estimations les plus crédibles multiplient par deux) au moment où le Fonds Saoudien de Développement n’a injecté au Sénégal que 2,556,366.50 USD en 39 ans.

MOUCHER LA CHANDELLE. L’Arabie Saoudite a engraissé pendant des décennies ces fous de Dieu au nom de leur idéologie radicale, sectaire et moyenâgeuse. Ces derniers se sont retournés contre le Royaume. Ils sentent les pulsions du royaume des saoud qui se dérobent sous ses pieds. Plus que des fous de Dieu instrumentalisés par la CIA et les saoudiens, ils veulent devenir monarques aussi. La manne pétrolière et les gratifications qui s’y rattachent en valent sans doute la chandelle. Il ont décidé de moucher la chandelle. MBS le nouveau Dieu de l’Arabie aura fort à faire pour contrer ces convoitises. Même s’il est soutenu par les américains qui ont trouvé chez lui un collaborateur docile pour pomper encore leur pétrole et aider à réformer progressivement les relents rigoristes d’un islam qui a besoin d’un père fouettard humaniste et respectueux de la dignité humaine. Réformes en marche d’ailleurs…Les prochaines étapes historiques seront palpitantes pour ce monde en plein désenchantement.

NKEN

ARABIE SAOUDITE : UN MONDE ANTHROPOCÈNE (RUINE COMMUNE)

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

En Arabie Saoudite, âgé de 31 ans, Mohamed Ben Salman (MBS) devenait le nouveau jeune prince héritier. Le vieux et défunt roi avait écarté son neveu Ben Nayef. En réalité, MBS était déjà au pouvoir et le roi avait à l’époque l’aval de presque 31 des 34 membres du conseil royal. Il avait viré Nayef de son poste de ministre de l’intérieur. Une manière de verrouiller le pouvoir aussi : les renseignements, les dossiers criminels…Depuis 2015 toutes les velléités guerrières et les tensions c’est ce gosse qui l’avait orchestrées : la guerre au Yemen. La visite de Trump. N’oublions pas qu’à  cette époque, le roi avait 81 ans avant de mourir. Et cette décision venait d’être officialisée avec la réalité du pouvoir en Arabie Saoudite. Et puis MBS conduisait déjà le Saudi Vision 2030 qui est leur plan de développement …Autant dire c’était déjà le le bosse parce qu’aussi c’est une affaire clanique. Avant de mourir, le roi avait aussitôt nommé un Saud au poste de ministre de l’intérieur le prince Abdulaziz bin Saud qui est aussi très jeune. Toujours dans le sillage du contexte de l’époque avant que MBS ne prenne définitivement les rênes du pouvoir, rappelons que le défunt roi avait levé les spéculations sur la succession royale et avait rassuré les alliés que la continuité sera garantie. La preuve le stock market aussitôt avait fait un bond de 3.5% pour l’Arabie saoudite.

Le défunt roi avait peur de l’instabilité. Il avait  aussi levé les restrictions de bénéfices et avantages pour les fonctionnaires. Ils étaient gelés depuis quelques temps à cause des mesures d’austérité pour faire face à la crise économique dans le pays. Il avait aussi donner plus de jours de congé pour la korité. En réalité la rivalité entre les 2 Mohamed avait commencé à créer un malaise. Salman et Nayef, deux caïmans ne pouvaient pas cohabiter au sommet du royaume. Et puis il y a les jeux des frères du roi qui ne sont pas au devant la scène (âge, maladie, etc.). Mais on leur avait prêté des intentions de torpiller le vieux défunt roi Salman. Il s’agit des princes Ahmad et Talal. En 2018, MBS s’est bien installé au coeur du pouvoir. Comme il est tradition dans cette Arabie, les purges ont commencé de façon violente. En juin 2017, plusieurs princes et pontes du royaume arrêtés ou mis en résidence pour fait de corruption. Et les intrigues de palais de se poursuivre avec l’approche clanique de MBS qui est revenu à une famille plus nucléaire et qui a fait basse sur ce royaume de terreur et de génocide.

Nous sommes donc en face d’une grosse intrigue royale. Le positionnement des princes de seconde génération est un vrai problème. Car il y a aussi les fils des anciens rois, les demi-frères du roi actuel. Mitab, le fils du roi Abdullag, Aziz, le fils de l’ancien roi Fahd qui sont parfois très critiqués vis à vis du jeune Nayef et des orientations bellicistes et des frasques. Comme l’achat de yatch en France, ses propositions de cadeau à Kanye West ou Kim Kardassian, etc. MBS s’est bien sûr rapproché de Trump du point de vue symbolique. Les saoudiens ont un seul Dieu, l’Amérique. La boulimie de l’argent, le goût du pouvoir et l’immixtion de la famille proche dans la gestion des affaires font désordre. MBS est un gosse dangereux. Il en est presque à deux guerres régionales en l’espace de deux ans. Yemen et Qatar. Au Yemen plus de 10000 morts et plus de 40000 blessés en janvier 2017 selon des sources officielles des Nations unies. En 2018, nous frôlons les 15.000 morts dont des jeunes et enfants. Dans l’indifférence générale d’un monde sélectivement démocratique.

Tout cela est triste. Nous sommes dans l’ère des lâches. Les gens refusent de trouver des solutions. Ils édifient des tranchées “numériques “. On crie, on gesticule on fait le buzz sur tout ou rien cela fait effet placebo. On a le sentiment d’être connecté aux réalités du monde et d’avoir de l’apathie. Mais c’est juste du “bougisme”. On ne fout rien. Les intrigues des saoudiens, ou qu’un jeune prince de 31 ans devenu roi sème le trouble et tue des milliers de femmes et d’enfants dans cette partie du monde ou qu’un milliardaire bipolaire règne sur les USA ne sont que des épiphénomènes. Mais jamais la théorie de l’anthropocène ne s’est révélée aussi pertinente. Elle est qualifiée par certains de “ruine commune “. Mais à y regarder de plus prêt il faudra trouver une à nouveau terme pour caractériser la jonction inédite entre les corporations et toutes les autres sphères. Une conspiration pour juste faire de l’argent. Avec l’anthropocène la Nature ne commande plus sur la Terre. C’est l’homme. Le puissant Sapiens de Harrari devenu le vrai Dieu qui commande. Avec cet animal pensant, la cupidité n’est jamais loin.

Photo : Moussa Sene Absa

NKEN