LA POSTURE ET LA POSITION, ELITES PARTISANES ET JEUX DES OMBRES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le champ politique est en effervescence. Avec ses contradictions et ses conflits antagoniques. Se posent alors deux questions majeures. La posture et la position. Souvent les gens sont focalisés sur le leadership « positionnel ». S’il n’est pas au service de quelque chose de plus grand qui soit adossé à des competences, ce ne sera que de la vanité. On a ainsi enfanté des “monstres” dont l’existence se justifie par la “position” et vice versa. Les acteurs politiques se donnent des “coups de cornes” pour mieux se positionner dans l’abreuvoir. Mais ils n’ont pas de “dessein” à part “exister”, survivre, se faire réhabiliter par le prince du moment. Ils ne pensent qu’à l’instant fatidique ou leurs petits enfants, l’ange dans la tombe, ou leur conscience vont les interroger. Qu’as tu réalisé ? Une question terrible. Qu’as tu fais pour ton pays ? Qu’as tu fais tout simplement ?

Alors c’est là où le leadership joue. Va truquer les elections, car je suis le chef et je te le demande. Si tu ne truques pas ces elections tu iras en prison. Tu truques ces elections,, je te laisserais rempiler et tu auras 5 ans de plus pour te mettre à l’abri. Si tu n’organises pas bien ces elections, le peuple ne pourra pas s’exprimer légitimement et librement et cherchera un exutoire par la violence qui va retarder le pays. Je sais que tu n’as pas envie de bien organiser ces élections mais fais-le pour moi s’il te plaît. Je ne veux pas faire moins que Diouf et Wade.

Alors acquérir la position ou le pouvoir pourquoi en faire ? Le pouvoir légitime pour imposer et s’imposer ? Le pouvoir coercitif pour se servir de la force et des menaces pour arriver à ses fins ? Le pouvoir de la “carotte” qui détourne et donne toujours quelque chose en échange de l’obéissance, du silence et de la compromission ? Ou le pouvoir qui fait confiance à l’expertise ou la connaissance et qui urge à offrir des solutions ? Ou le pouvoir de référence qui a une haute idée de soi-même et qui veut laisser une empreinte positive.

Ce dernier pouvoir est celui de l’honneur qui a déserté notre société. Pourtant tous les référents culturels et historiques nous renvoient à cela . De nos résistants et nos chefs religieux, en passant pas les “combattants politiques” des années de braise. Mais c’était avant que le mot “politicien” ne soit inventé avant la mort de la honte. Of course nous savons qu’elle est l’essence de la decision politique. On sait tout qu’on n’est dans la configuration d’un acteur rationnel. Les états prennent des decisions “négociées” entre les différents acteurs en concurrence et ils se déterminent pas en fonction d’un seul problème mais d’une multitude de problèmes et d’enjeux locaux, nationaux internationaux et a court terme souvent. Mais le problème de fond c’est comment encadrer les “decisions” et mitiger les logiques “politiciennes”.

C’est là où il est important de “protéger ” les mécanismes d’aide à la décision et de créer une reddition des comptes. Pour que l’expertise puisse s’exprimer sur les questions majeures au-delà des positionnements politiques. Une élite compétente mais totalement partisane ne peut faire ce travail. Une administration “obligée” par le pouvoir légitime, coercitif ou de la “carotte” de maquiller les statistiques ou de déformer les rapports ne peut pas non plus faire ce boulot. Face aux jeux multiples des acteurs loin d’être neutres, il faut asseoir une gouvernance solide que personne ne peut tripatouiller. Sinon on va naviguer entre des expertises en “dormance”, des administrations de “contribution” et une quête obsessionnelle de leadership positionnel mais sans dessein national. Ce dernier explique la transhumance et le ballet des “vautours”. On ne peut pas demander à un charognard d’être l’aigle. Mais on peut réfléchir sur l’écosystème.

Comment tuer dans l’oeuf les cellules corruptogènes. Comment dissuader les gens de transformer l’assemblée en une arène nationale. Comment protéger le petit fonctionnaire contre les abus positionnels, contre le harcèlement politique. Beaucoup de gens qui nous demandent d’entrer en politique nous disent en filigrane de changer leurs sorts en les laissant “accéder” aux privilèges qui percolent. Et puis il y a le pouvoir des ego. On verra que dans quelques mois, Sonko va être combattu pas par Macky par une partie de l’opposition. Le ” new kid on the block” fera face aux “business as usual” qui n’ont pas envie de laisser la place de “dauphin” au petit venu avec son discours “simpliste” et “mains propres” qui va les envoyer la retraite.

Un retour sur l’essence de la decision…Petit, tu es inconsciemment incompétent. Tu ne lis pas encore les “jeux des ombres qui tirent les ficelles” sur la monnaie, sur le pétrole, sur les contrats. Tu ne comprends pas encore le “subtiles chantages” des conglomérats qui poussent à allonger la “carotte ” nuitamment. Nous sommes en plein dans une guerre de style…le temps que les électeurs impatients et le peuple souverain décident du personnage à qui on va confier les destinées d’un peuple désabusé par des politiciens professionnels qui bouffent la grande partie de  nos ressources nationales.

NKEN

LA POSTURE ET LA POSITION, ELITES PARTISANES ET LES JEUX DES OMBRES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le champ politique est en effervescence. Avec ses contradictions et ses conflits antagoniques. Se posent alors deux questions majeures. La posture et la position. Souvent les gens sont focalisés sur le leadership « positionnel ». S’il n’est pas au service de quelque chose de plus grand qui soit adossé à des competences, ce ne sera que de la vanité. On a ainsi enfanté des “monstres” dont l’existence se justifie par la “position” et vice versa. Les acteurs politiques se donnent des “coups de cornes” pour mieux se positionner dans l’abreuvoir. Mais ils n’ont pas de “dessein” à part “exister”, survivre, se faire réhabiliter par le prince du moment. Ils ne pensent qu’à l’instant fatidique ou leurs petits enfants, l’ange dans la tombe, ou leur conscience vont les interroger. Qu’as tu réalisé ? Une question terrible. Qu’as tu fais pour ton pays ? Qu’as tu fais tout simplement ?

Alors c’est là où le leadership joue. Va truquer les elections, car je suis le chef et je te le demande. Si tu ne truques pas ces elections tu iras en prison. Tu truques ces elections,, je te laisserais rempiler et tu auras 5 ans de plus pour te mettre à l’abri. Si tu n’organises pas bien ces elections, le peuple ne pourra pas s’exprimer légitimement et librement et cherchera un exutoire par la violence qui va retarder le pays. Je sais que tu n’as pas envie de bien organiser ces élections mais fais-le pour moi s’il te plaît. Je ne veux pas faire moins que Diouf et Wade.

Alors acquérir la position ou le pouvoir pourquoi en faire ? Le pouvoir légitime pour imposer et s’imposer ? Le pouvoir coercitif pour se servir de la force et des menaces pour arriver à ses fins ? Le pouvoir de la “carotte” qui détourne et donne toujours quelque chose en échange de l’obéissance, du silence et de la compromission ? Ou le pouvoir qui fait confiance à l’expertise ou la connaissance et qui urge à offrir des solutions ? Ou le pouvoir de référence qui a une haute idée de soi-même et qui veut laisser une empreinte positive.
Ce dernier pouvoir est celui de l’honneur qui a déserté notre société. Pourtant tous les référents culturels et historiques nous renvoient à cela . De nos résistants et nos chefs religieux, en passant pas les “combattants politiques” des années de braise. Mais c’était avant que le mot “politicien” ne soit inventé avant la mort de la honte. Of course nous savons qu’elle est l’essence de la decision politique. On sait tout qu’on n’est dans la configuration d’un acteur rationnel. Les états prennent des decisions “négociées” entre les différents acteurs en concurrence et ils se déterminent pas en fonction d’un seul problème mais d’une multitude de problèmes et d’enjeux locaux, nationaux internationaux et a court terme souvent. Mais le problème de fond c’est comment encadrer les “decisions” et mitiger les logiques “politiciennes”.
C‘est là où il est important de “protéger ” les mécanismes d’aide à la décision et de créer une reddition des comptes. Pour que l’expertise puisse s’exprimer sur les questions majeures au-delà des positionnements politiques. Une élite compétente mais totalement partisane ne peut faire ce travail. Une administration “obligée” par le pouvoir légitime, coercitif ou de la “carotte” de maquiller les statistiques ou de déformer les rapports ne peut pas non plus faire ce boulot. Face aux jeux multiples des acteurs loin d’être neutres, il faut asseoir une gouvernance solide que personne ne peut tripatouiller. Sinon on va naviguer entre des expertises en “dormance”, des administrations de “contribution” et une quête obsessionnelle de leadership positionnel mais sans dessein national. Ce dernier explique la transhumance et le ballet des “vautours”. On ne peut pas demander à un charognard d’être l’aigle. Mais on peut réfléchir sur l’écosystème.
Comment tuer dans l’oeuf les cellules corruptogènes. Comment dissuader les gens de transformer l’assemblée en une arène nationale. Comment protéger le petit fonctionnaire contre les abus positionnels, contre le harcèlement politique. Beaucoup de gens qui nous demandent d’entrer en politique nous disent en filigrane de changer leurs sorts en les laissant “accéder” aux privilèges qui percolent. Et puis il y a le pouvoir des ego. On verra que dans quelques mois, Sonko va être combattu pas par Macky par une partie de l’opposition. Le ” new kid on the block” fera face aux “business as usual” qui n’ont pas envie de laisser la place de “dauphin” au petit venu avec son discours “simpliste” et “mains propres” qui va les envoyer la retraite.
 
Un retour sur l’essence de la decision…Petit, tu es inconsciemment incompétent. Tu ne lis pas encore les “jeux des ombres qui tirent les ficelles” sur la monnaie, sur le pétrole, sur les contrats. Tu ne comprends pas encore le “subtiles chantages” des conglomérats qui poussent à allonger la “carotte ” nuitamment. Nous sommes en plein dans une guerre de style…le temps que les électeurs impatients et le peuple souverain décident du personnage à qui on va confier les destinées d’un peuple désabusé par des politiciens professionnels qui bouffent la grande partie de  nos ressources nationales.
NKEN
 
 
 
 

LA RÉPUBLIQUE, LES CARICATURISTES ET LES PÂLES DESSINATEURS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
www.ndukur.com

Janvier 2016 tirait sa révérence quand avant de mourir de sa belle mort, il nous léguait l’histoire douloureuse des sacs de Seck Waly. Le jeune Waly sortait avec un sac et notre vieille république tremblait dans un brouhaha de honte et d’invectives. Les branchés et fans du jeune artiste seront pourchassés et agressés comme de vulgaires homosexuels pour une société pourtant naguère tolérante voire complice de ces désorientations sexuelles hors normes admises. Il est vrai toutes proportions gardées. Fin 2018, Waly, toujours artiste perspicace redonne des sueurs froides à cette république des apparats et des apparences surveillée par des moralisateurs désincarnés et incapables de respecter la liberté d’expression des artistes. Il nous est revenu avec ses dentelles. Certains qui sont en check down en nous offrant l’image de slips troués reviennent lui faire la leçon. D’autres voient chez eux des filles sous leur responsabilité sortir les fesses et seins en l’air dans les rues érotisées de Dakar…Sans crier haro ! Nous sommes ainsi en pleine apothéose du désespoir …certains Sénégalais font feu de tout bois et se nourrissent de ces buzz.

Fin janvier 2016, c’etait aussi le grand péché de la caricature du Cheikh du mouridisme par Jeune Afrique. La mobilisation s’amplifia crescendo pour dénoncer des lobbies homosexuels derrière cette énième attaque contre l’islam et ses Cheikhs. D’ailleurs, le rectificatif de JA était juste subtile car, à y regarder de près, la caricature remplaçante n’avait fait que conceptualiser une image proche d’un imam. Sans doute cette nouvelle caricature avait t-elle échappé à plusieurs observateurs, la caricature étant un métier d’une redoutable et renversante subtilité. Tous les imams du monde devraient d’ailleurs battre le macadam dans toutes les villes pour se plaindre de la caricature de substitution. N’empêche, le plus important aussi est de lire la façon dont les adeptes du Cheikh ont perçu dans leur intériorité cette caricature satanique.

Cette caricature donne l’occasion de parler de nous-mêmes et de notre rapport à nos saints. En vérité, la véritable caricature originelle, dans ce Sénégal, c’est d’avoir fait de nos grands marabouts soufis des “icônes” qui sont associées à tout et très peu à l’essentiel …Nous louons leurs louanges sous les tentes et dans les cabarets aux lumières tamisées. Nous jurons en mentant souvent en leur nom. Nous les associons à toutes sortes de déviationnisme et de folklore. Et presque jamais, personne ne pipe mot ou très timidement ! Même lorsque les familles confrériques mettent en garde contre ces déviances, les violations symboliques se poursuivent.

Voilà pourquoi ce jeune garçon, Waly Seck, à peine sorti de la puberté, et qui comme par magie fait un “leapfrog”, grand saut pour entrer dans le monde nouveau du show-biz, met dans un seul registre et son sac mimétique et son statut de “Baye Fall” et cette trouvaille vestimentaire qui hérisse les poils à fleur de peau des parangons autoproclamés de leur ordre moral contre la créativité artistique du jeune homme. La vraie “rectification” aurait été de demander que nos cheikhs ne soient plus mêlés à des formes d’associationnisme non religieux, véritables gangrènes sur leur dos. Cette « rectification » tardera à arriver tant le contrôle social a enfanté une société d’une très vieille démagogie. Il y a la vérité des “salons feutrés” et la vérité du consensus public avec ses profondeurs démagogiques particulièrement à la sénégalaise à plusieurs variables morales. Voilà le mal profond d’un pays qui manifeste contre des caricatures légitimement mais qui défie dans le mensonge et l’associationnisme quotidien ses cheikhs.

Au Sénégal, il y a des narratifs magico-religieux que personne n’ose questionner. Ils ont été distillés de la même manière : par le tapage et l’intimidation presque organisés tellement, ils sont réguliers. Notre pays continue d’entretenir le mythe du « doomu Soxna »Seigneur ! comme si nos braves mamans à nous qui prient avec leurs forces matinales au plus profond d’elles n’étaient pas aussi vertueuses, si dévouées, et totalement dignes de nous et pour nous … Au point que nous devons tous payer cette tare “congénitale ” par une “soumission ” à un ordre qui n’est pas celui du grand et unique maitre et juge incontestable de ses suiveurs. Pourquoi ce principe serait-il une exemption sénégalaise qui d’ailleurs ne saurait prétendre ni à la paternité berceau de l’islam ni à celle de la piété la plus sacrée de la umma ?

Cette sacrée « anomalie » aurait même traversé l’espace politique, avec en toile de fond, des logiques dépassées de castes enfouies dans les subconscients pour neutraliser des adversaires politiques. D’où le dilemme entre l’égalité et l’équité. Nous pouvons bien « manger » l’argent des «castés ». Mais nous rechignons à ce qu’ils nous dirigent au nom de nos factices positionnements sociaux d’une autre époque. Certaines castes l’ont bien compris d’ailleurs et utilisent leurs ressources pour « s’ennoblir ». Nous devrions un jour faire face à nous-mêmes et accepter de gérer ces contradictions qui ne grandissent pas notre nation.

Comment bâtir une république de “Nawlė” tout en reconnaissant nos différences héritées à notre insu ? Nous vivons au quotidien ces formes perverses de falsification historique et religieuse qui nous dispensent de nous regarder en face. Pourtant le discours de nos saints est sans équivoque sur l’urgence de retourner à Dieu et ses recommandations. Des minorités sociologiques efficaces dans la manipulation ont fini d’infiltrer tous nos espaces politiques et religieux pour dénaturer les véritables enseignements de nos respectés guides religieux qui sont au-dessus de tout soupçon matérialiste.

Nous pouvons continuer de feindre nos peurs et nos démagogies, la véritable caricature qui mérite une vraie mobilisation religieuse est de se battre contre tous ces pâles dessinateurs qui révisent et violent par caricatures et/ ou par mélodies endiablées au quotidien les enseignements exceptionnels de nos saints et guides religieux. Sous ce rapport, il nous faut exorciser toutes les caricatures et faire face à nos nous-mêmes sans honte et dans la dignité pour construire une République réconciliée avec des valeurs intrinsèques de foi et de principes émancipés.

NKEN

LE COMMENT ET LE POURQUOI OU LA CESURE EPISTEMOLOGIQUE DU MENSONGE POLITIQUE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Bolsonaro arrive au Brésil. Le monde semble voter pour cette furie extrême-droitiste. Cela fait peur. Cependant, on est manifestement devant un vote de protestation. Comme partout ailleurs. Une faillite des systèmes classiques. Par la faute des élites politiques corrompues. Je crois qu’on démarre un cycle de protestation universelle. Le discours “messianique” et de “restauration de la place des déçus et indignés” trouve un terreau fertile qui nous mène vers les extrêmes. Les revers sont toujours plus violents mais la démagogie face aux limites des politiques va mettre le feu dans ce monde désenchanté. On se dit finalement quelle est la responsabilité des oppositions dans la construction des discours messianiques et quels sont les dangers subséquents qui construisent plus de radicalités. Celles-ci ouvrent des boulevards aux déçus et indignés souvent proches des extrêmes et qui se disent pourquoi ne pas essayer d’autres “systèmes” ? Tout porte à croire que c’est la revanche des indignés et déçus. Des USA au Brésil.
Ce discours messianique se focalise sur le POURQUOI il faut changer. Mais ne précise jamais COMMENT de manière réaliste et pragmatique. C‘est la grande césure épistémologique des modernités politiques fondée sur les légèretés des discours politiques qui vendent des rêves. Ce n’est pas loin d’ailleurs des rêves vendus par l’aristocratie religieuse aux reclus sociaux chez nous ou d’autres formes ailleurs. Les premiers pour un meilleur sort terrestre, les autres un paradis non terrestre. Ça aurait pu constituer d’ailleurs de vrais indicateurs d’un vrai bonheur terrestre et extra-terrestre. Pourtant le discours politique aurait pu élaborer des parties relatives à ses limites objectives : ce que nous pouvons pas faire. C’est aussi une posture éthique qui aurait permis d’atténuer la violence du chocs des mensonges politiques universels. Une sorte d’épistémologie de la médecine qui sait qu’elle peut retarder la mort mais ne peut irréversiblement l’empêcher. Les politiques ont besoin de ce petit brin de vérité qui revalorisera leur crédibilité.
Dans le cas du Brésil, derrière Jair Bolsonaro se trouve un mentor. Paulo Guedes issu de l’école de Chicago. Ce sera donc les recettes néo-libérales. Privation de plus 150 entreprises. Casser toutes les barrières. Laisser la place à l’agro business. Supprimer ou affaiblir le pouvoir de IBAMA (ministère l’environnement). Autant dire un Trump tropical. Mais aussi un Brésil qui entre de plein fouet dans les violences des politiques libérales. Homme de droite ou de gauche, l’histoire retient que les peuples n’aiment pas les dirigeants politiques corrompus. En attendant que Bolsonaro se confronte à la realpolitik brésilienne face à des intérêts multiformes qui vendront chèrement leur peau au nom de leur survie.
NKEN

LE TEMPS DE LA PAROLE. LE TEMPS DU SILENCE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Je n’avais pas suivi la déclaration et les commentaires relatifs à Sonko. L’exercice politique est des plus périlleux à l’image de la politique elle même. Un penseur disait que c’est une autre façon de faire la guerre. Il a je crois raison. Particulièrement dans nos contextes. Être opposant, c’est être en perpétuelle guerre contre les ordres dominants. Certains ont payé par le licenciement,  d’autres par la mort  si ce n’est la transhumance pour éviter le couperet. Subtilement ou explicitement. Ici ou ailleurs. Même les régimes politiques les plus réputés “démocrates” n’ont pu atténuer la violence symbolique de la politique comme prolongement cynique et subtile de guerre.

Je  crois que le mot fusiller est malheureux. Mais l’esprit c’est mettre fin aux pratiques politiciennes. Pourtant dans l’analyse des discours publics, beaucoup pensent la même chose que Sonko. Même si cela relève d’un usage langagier relâché pour exprimer des dégoûts et des dépits. Il n’y a pas une langue qui fourche. Il existe des sentiments profonds qui s’expriment et des imaginaires structurants. Il faut en assumer la quintessence et prendre le parti de l’expliquer voire de le justifier.

Je crois que Sonko est coincé dans triple contrainte qui impacte sur sa communication. 1. Il ne peut pas rester au front tous les jours. Faut savoir gérer les temps de présence et d’absence. Temps de parole et de silence. Idy le fait bien. Le Sénégal a besoin de gestionnaires vertueux et avertis pas d’un justicier. Et puis si les institutions marchent, la question des prévarications peut être réglée dans le cadre de nos lois et règlements. Faudrait il que les politiciens qui veulent diriger ce pays soient conséquents sur leur réelle volonté de rupture.

2. Je perçois une autre question très sérieuse. La plupart des gars de la diaspora ont une vision tronquée de la réalité. Sans doute toute proportion gardée. Ce n’est pas péjoratif bien au contraire. Je dis à certains de mes amis, restons pas seulement sur internet. N’essayons pas de transposer la gouvernance d’ailleurs. Context matters. Voilà un concept structurant qui doit être au fondement de nos évaluations politiques et de nos stratégies de communication. Comme tout pays,  le notre a sa sociologie spécifique que les sociologues enchâssés dans leurs bureaux et amphis n’arrivent pas toujours à nous expliquer. Ndukur peut parler des indépendantistes casamançais sans échos. Imaginons si c’est l’enfant de Bessire ou Bassire qui le dit. Les bien pensants nationalistes démagogues auront fini d’avoir sa peau.

3. Je peux me tromper mais j’ai le sentiment que Sonko est débordé sur ses flancs entre les ultra nationalistes, les ultra religieux, les non alignés…Comment gérer ces forces centrifuges et excentrées sans compter manifestement un travail d’infiltration pernicieux qui fonctionne efficacement. L’impasse discursive peut provenir aussi de la gestion de ces pluralités de postures qui cherchent démocratiquement à inclure les positions complexes d’une coalition. L’un dans l’autre dans un contexte de massification de son parti,  il devra réfléchir sérieusement sur la saturation communicationnelle de son discours politique. Organiser son parti.  Consolider son implantation de façon contrôlée mais souple. Certains pôles qui y sont déjà attendent la prochaine faute pour le “quitter”, prochaine étape organisée devant les caméras. Après tout c’est toujours le peuple souverain qui décide en dernière instance.

NKEN

“LA CHARTE DU GAINDE” POUR UNE VRAIE CONSTITUTION ALTERNATIVE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le pays est dans un buzz permanent qui occulte souvent les débats de fond. La campagne électorale précoce a installé la pays dans des contrariétés qui ont fini d’exploser les partis qui se disputent des leadership contestés. A l’image d’un parti historique comme le PDS de Me Wade. Et le pays est en pleine métastase à l’image d’un Madické qui  fait parti de ce cancer. Les cellules corruptogènes sont partout. Avec une réelle alternance, les prédateurs issus du PS, du PDS seraient soient en prison ou tout au moins mis sur la touche. Aujourd’hui ces “microbes” gangrènent notre vie politique. De Madické à Pape Diop en passant par Tanor, Fada, Aliou Sow et tous ces petits monstres. C’est un vaste front de vampires (politiciens professionnels marabouts affairistes, presse de laudateurs et hauts fonctionnaires corrompus).

Hier quelqu’un me parlait de l’enrichissement des patrons de presse et des petits animateurs de la bande FM et des télévisions. Au moment où les professeurs, les médecins et fonctionnaires croupissent dans la misère. Les “gorgorlus” n’en parlons pas. Eux deviennent de plus en plus riches. Alors c’est normal qu’on nous installe dans le buzz. Ces scories servent de diversion. Ces “microbes’ ont encore plus peur que mackycron. Un Sénégal transparent et géré sur la base de la méritocratie serait un écosystème hostile pour le front affairiste qui peut être le seul parti. Elire c’est se choisir. Pour eux, que l’écosystème corruptogène demeure. Peu importe le president s’il coopère.

Si on analyse le contexte sous l’angle de Macky seulement on va faire fausse route. D’ailleurs l’nstinct grégaire des fossoyeurs opère en ce moment. De gré ou de force (epée de Damoclès de la CREI) ils de retrouvent pour chasser en meute. Sous la bannière de l’APR mais aussi à travers des candidatures de contributions. Brouiller les pistes, installer la cacophonie mais avec le dessein de garder le statut quo, au forceps si nécessaire. La société civile aurait pu exiger des “candidats” un pacte minimal de rupture. 5 points importants que tout le monde s’engage à faire respecter ou appliquer et qui consacre la rupture avec les pratiques de prévarication en cours depuis 1960. Une réflexion à approfondir. 1. Je pense au tripatouillage de la constitution. 2. La séparation des pouvoirs. 3. L’organisation des élections. 4. Un cadre de transparence dans la gestion des fonds publics. 5. La “dépolitisation” de la haute administration

On aurait pu avoir cette plate forme minimale. Mais oui l’expérience des assises a montré que quelqu’un peut briser le pacte. Mais si on arrive à bâtir une constitution si solide que même le plus grand bandit qui arrivera au pouvoir en 2078 ne peut tripatouiller, ce serait un grand pas. La société pourrait proposer une constitution alternative. “La charte du Gaindé”. Pour faire référence à celle du Mandé. Il faut des idées novatrices et utiles si on veut élever le débat. Le vrai silence de la société civile et des élites, ce serait cela. Décrire savamment les stratégies de maintien du statut quo ou dénoncer les dérives ne suffisent pas. Pour paraphraser Martin Luther King, on retiendra le silence. On ne peut pas laisser Sonko “entretenir” la révolte. Si les gens aspirent à une “révolution”.

Sans doute pouvons nous “consulter” nos amis du groupe Refondation sur les 5 aspects abordés plus haut. Mais avec des actes concrets dont on peut faire le suivi autour de ce projet de constitution alternative qui doit être infalsifiable et verrouillé pour les 100 prochaines années. Imaginons aux USA si Trump pouvait tripatouiller la constitution américaine. Imaginons si Macron pouvait mettre en prison ceux qui démissionnent de son gouvernement. Imaginons si Niasse et Tanor sont capables de coacher Macky et de lui filer des stratégies “préda – fascistes”. Dans ce cas, pourquoi notre intelligence collective ne devrait pas sortir des réponses. Un pacte anti “vire capot” (transhumant pour parler comme les canadiens) qu’aucun “candidat téléguidé” n’osera signer. C’est je crois cela l’urgence d’un pays qui a tant besoin d’une plateforme politique minimale de rupture.

NKEN

 

FRANCOPHONIE, UN LEURRE ET UNE DISTRACTION DE LA FRANÇAFRIQUE

 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La francophonie est dans un nouvel élan historique. Elle va vraisemblablement larguer Madame Jean,  la canadienne,  au profit de la Rwandaise, l’anglophone. Curieuse organisation mais somme toute cohérente. Le Quatar y était admis sous Diouf. Sans compter le Ghana, le Mexique. Le Sénégal sous Macky fidèle à son père socialiste mercenaire fait le lobbying pour faire admettre cet abominable régime des Saoud qui tue des milliers d’enfants au Yemen. La France observe un silence gêné même si elle est derrière cette supercherie.

Certains intellectuels africains ne s’y sont pas trompés à l’image de Mabanckou et Kako. Alain Mabanckou avait refusé de participer au projet francophone d’Emmanuel Macron. Le président Emmanuel Macron avait proposé à Alain Mabanckou de collaborer avec Leïla Slimani pour «contribuer aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie». L’auteur de Petit Piment lui répondait acerbe, dans une lettre ouverte publiée sur BibliObs. http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/01/16/37002-20180116ARTFIG00149-alain-mabanckou-refuse-de-participer-au-projet-francophone-d-emmanuel-macron.php

Kako depuis fort longtemps aussi tire sur cette francophonie. Il pose le débat sur les contradictions historiques de la francophonie et offre des pistes de recentrage de son action. https://www.jeuneafrique.com/641724/politique/tribune-a-quand-la-francophonie-des-peuples/. https://www.financialafrik.com/2018/09/21/pour-une-francophonie-de-laction/amp/. On se rappelle du même Kako qui tirait aussi sur le  CFA.

Ce même Kako Nubukpo le Directeur de la Francophonie Économique et Numérique avait été viré pour avoir osé tirer sur Macron. Ancien ministre de la prospective du Togo, le gars est un anti-CFA qui a toujours gardé sa liberté de ton. Il avait sorti en octoblhttp://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/franc-cfa-m-macron-il-ne-faut-pas-dormir-sur-la-natte-des-autres_5221951_3212.html.    un ouvrage intitulé : Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ? Il avait déjà  tiré violemment sur Macky puis Alassane Ouattara. Les gens avaient grincé les dents mais cette fois c’était Macron. Face à cette témérité, il a été dénesfestré avec violence. Le mot n’est pas fort. On lui avait demandé de remballer bagages en 48 heures. L’économiste avait décidé de poursuivre son combat jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête clairement. http://www.liberation.fr/debats/2017/12/05/quand-macron-occulte-la-question-du-franc-cfa_1614619. http://www.jeuneafrique.com/500602/politique/francophonie-comment-kako-nubukpo-sest-retrouve-sur-la-sellette-a-loif/. http://news.icilome.com/?idnews=841798&t=oif–kako-nubukpo-ejecte. https://www.financialafrik.com/2017/12/08/kako-nubukpo-brutalement-limoge-de-loif/

Cela nous montre les contradictions autour de la francophonie actuellement. Il y a beaucoup de confusions autour du rôle de la France. Elle donne 35% du budget. Et c’est le pays qui défend le moins la langue française. Même au sein de l’UE elle ne fait rien. Une étude a montré qu’en 1998, 37% des documents de la commission européenne étaient en français. Il n’était que de 3,6 % en 2015. Pourtant l’UE compte 114 millions de francophones et 16 millions d’apprenants en français et 17 de ses états sont membres de l’OIF. La France ne fait rien pour que le français soit une langue de travail ni a l’UE ni aux Nations-Unies.  Aujourd’hui tous les pays francophones d’Afrique sont obligés de rédiger et de soumettre leurs projets au fonds vert climat en anglais. Ce qui les paralyse totalement pour l’accès aux financements par rapport aux pays anglophones.

Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’en réalité la francophonie sert de leurre. C’est une distraction par rapport à la vraie Françafrique. Je suis étonné que des intellectuels de haut vol ne puissent pas comprendre cela. La France a ses propres stratégies en Afrique et ses instruments de “coopération” à travers ses réseaux dormants, l’AFD, ses entreprises, etc. Ils maintiennent une présence symbolique dans la francophonie sans d’ailleurs y mettre beaucoup de ressources : Autour de 35%. D’ailleurs la défense de la langue française n’est même plus le combat de la France. Ce sont les pays et provinces à enjeux linguistiques comme le Québec, la Wallonie, etc. qui se battent pour cela. Je suis désolé. On leur offre un punching-ball pour se défouler et être endormis. C’est l’écrivaine  Leïla Slimani qui représente Macron pour la Francophonie. C’est une stratégie de communication. La France a pendant longtemps contrôlé la cellule gouvernance et droits de l’homme de la Francophonie. Pour symboliquement les communiqués de presse pour les atteintes aux “droits de l’homme” et les observations des élections. Maintenant c’est un canadien qui est à ce poste. Leila est certes une bonne écrivaine (prix Goncourt 2016) et a des origines maghrébines mais son rôle est totalement bénévole. Alors que chez nous on a un Penda Mbow. Elle a rang de ministre !

Pourtant, nos “experts” sont censés comprendre ces ressorts. Ils prennent des vessies pour des lanternes. Même sur l’esclavage en Lybie. On est tombé dans le panneau. En offrant la meilleure communication possible à l’Union européenne. Une fuite savamment organisée et l’émotion prend le dessus. On marche, on tweet, etc. Pour dissuader les migrants et les ramener à la case départ,  ce que tous les programmes de surveillance des frontières payés par l’UE n’ont pu faire. Deux, on nous fait “découvrir ” un secret de polichinelle, la déliquescence de la Lybie et les trafics de personnes et d’armes légères. Trois on en profite pour “phagocyter ” l’épineuse question de la jeunesse africaine qui symbolise à elle seule la faillite de nos régimes et on le “simplifie ” en une question migratoire. Pour éviter de faire face à ceux qui “restent” et pour qui on a aucune solution depuis 1960. On occulte l’ingéniosité des jeunes africains qui sont entrepreneurs, créateurs, diplômés et qui sont en exil dans leurs pays. Et on orchestre la venue de Macron qui vient parler aux jeunes africains. Le père de famille défaillant qui appelle un étranger à venir raisonner ses enfants. Et pour couronner le tout on convoque un 5e sommet Union africaine-UE pour parler de l’investissement ” dans la jeunesse africaine. Alors que aucun de ces pays n’est capable de brandir une stratégie jeunesse cohérente, centrée sur les priorités des jeunes et démontrer que des ressources nationales sont consacrées à cela. En dehors du clientélisme politique. La preuve il faut regarder le profil de nos ministres de la jeunesse.

Je ne sais si les gens se rendent compte du symbolisme de ces africains qui l’année  dernière “marchent” contre l’esclavage dans toutes les villes africaines et européennes. Ou étions nous quand la Lybie se faisait dépecer ? Nous sommes des lâches. Et puis on nous vend une sorte de césure entre une Afrique du nord (esclavagiste) et une africaine noire subsaharienne – peut être francophone aussi – qui est la victime. Le Cameroun qui est un des pays à commencer à rapatrier ses migrants est symbolique. Un ancien protectorat allemand, puis divisé encore entre les reliques de la colonie française et celle britannique . Bilingue (sous tension permanente ) et modèle de mal gouvernance. Qu’ a t-on fait depuis 1960 pour gérer et intégrer ce que j’appelle “les nord problématiques”. En Mauritanie, au Mali, au Niger, etc. l’Azawad, le conflit touareg, le problème au nord du Nigeria, etc. datent d’avant al Qaïda. Ces dernières années il y’a eu une sorte de “marchandisation” des migrations. Aidez nous sinon ils vont vous envahir et on ne pourra les retenir. Et on exhibe nos pauvres pour se faire aider. Comme le font nos mendiants sur les grandes artères et feux rouges de nos villes. Programmes de lutte contre la pauvreté. Ou maintenant les raccourcis de l’émergence avec des cibles minimalistes, de préférence très “visibles” et basées sur l’endettement et le bradage des ressources. Soyons clair. On ne dit pas qu’ il faut rester silencieux devant l’esclavage. Ou que la Francophonie est innocente (ce n’est pas vrai). Mais nous devrions faire plus d’efforts pour ne pas confondre l’accessoire de l’essentiel pour passer aux côtés des vrais enjeux manipulateurs d’un monde et d’un système de propagande et de manipulation internationales qui nous ont souvent fait perdre du temps. Ou juste faire perdre du SENS, ce qui est la défaite fondamentale d’un intellectuel.

NKEN

BRUNO, LE SILENCE N’EST PAS QUE D’OR. IL EST AUSSI CULPABILISANT

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Les obsèques de Bruno sont passées hier. L’homme mérite tous les hommages d’une république qu’il a servie dans la discrétion. Au-delà, des émotions et des postures, on peut s’interroger aussi sur le sens de cette mobilisation nationale qui, par moment, ressemblait plutôt à une sorte de théâtralisation obscène. Bruno c’est finalement l’iceberg dans un océan de “bavards maitres chanteurs”. Sa “normalité” est si “singuliere” dans le contexte d’un Eat à terre depuis plusieurs décennies.
Hier plus je regardais les “témoins” defiler plus j’avais la nausée. Comme s’ils venaient en intrus, souiller sa mémoire. Voire Moustapha Niasse dire “je ne lui connaissais pas de colère”. C’est juste terrible. Lui qui a traversé le siècle avec des coups de poings et ses sorties acides. Voir les témoins Aminata Tall ou Ndèné Ndiaye parler de sens de la république donne froid au dos. Bruno était dans son role. Et eux alors??? Il faisait son job. Ce qu’il faisait s’appelle le professionnalisme. Rien de plus. Ce qui est terrible, c’est que nous sommes dans un pays ou le déballage, la divulgation des secrets professionnels et la délation sont érigés en règle. Voilà qui fait que son attitude détonne. Mais le silence n’est pas que d’or. Il aussi culpabilisant. Qu’il repose en paix et nous inspire.
 
NKEN
 
 
 

DESTIN NATIONAL ET CACAPHONIE NAUSEABONDE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Notre pays est au carrefour de plusieurs enjeux géo-politiques. Il est toujours sous domination française. La mainmise de la France sur de larges secteurs stratégiques économiques date. Elle est aussi symptomatique de l’histoire toute singulière que nous entretenons avec cette ancienne puissance colonisatrice. Cependant, ce serait réducteur de réduire les mainmises sous le strict rapport de la France qui perd d’ailleurs du terrain de plus en plus. La Chine est là. Les USA aussi. Sans compter les petits poucets tout aussi efficaces tels que les marocains, les turcs. Pendant des décennies nos élites ont été formées aux écoles françaises. Maintenant elles le sont de plus en plus dans les écoles turques, marocaines, américaines. Quelque soit la nature de leur présence, ces pays sont aujourd’hui au coeur de nos dispositifs sécuritaires, économiques, éducatifs…
Ces “forces ” externes se donneront les moyens de maintenir le statut quo. Pour naturellement défendre leurs intérêts mais surtout parce que le Sénégal aura une contagion terrifiante pour d’autres pays de l’Afrique de l’ouest en cas de basculement. La seule solution c’est d’avoir au moins un front nationaliste qui se dresse pour inverser le cours des choses. Ce qui repose l’épineuse question des alliances nationalistes. Avant de discuter des “actions” parlons du projet politique. Si le projet c’est de mettre fin au pillage de nos ressources et de reprendre le guidon de notre destin alors il ne faut pas être naïf. Ce sera un combat à mort. Mais pas impossible. Car il faudra se battre et avec les valets et avec les maitres
Il y a cette tension entre des gens comme Sonko qui tentent d’élever le débat (sans tout le realpolitik necessaire) et cette cacophonie nauséabonde focalisée sur les “mercenaires” (souteneurs de tous bords) et tous les petits messies qui pensent détenir la clé. Pendant ce temps le peuple “attend”. C’est ubuesque mais c’est la situation objective aujourd’hui. Elle ne changera pas dans les 6 mois à venir. La question c’est comment en tenir compte. Personnellement, je ne crois pas à la possibilité d’une échappée solitaire. Il faut travailler en bloc ou chasser en meute en ayant le courage de séparer la bonne graine de l’ivraie si nous voulons reprendre notre destin en main. Ce ne sera pas facile. Et cela me fait peur.
Je suis outré par l’outrecuidance d’un Aliou Sow ou d’un Fada. Mais ces chiens de garde et tous les autres jouent un rôle précis. Celui de pollueurs. C’est le concert de casserole du pouvoir. Détourner l’attention vers le caniveau. De l’autre côté Sonko devient presque “intouchable”. Alors qu’il faut le “critiquer”, le pousser à s’ajuster, à s’allier. Sinon il servira juste de lièvre dans la course. J’espère qu’il le comprend.
NKEN

LA DOCTRINE DE LA CALEBASSE : FERRER LES CHÈVRES ET FAIRE TAIRE LES LOUPS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Mendoza avait lancé sa bombe. En homme de gauche averti il l’avait fait exprès. Tant mieux. Au moins ça avait le mérite d’être clair. Mamadou Ndoye symbolisait une certaine idée du combat politique quand même. C’est l’indécence des gens qui révolte. Les deniers sont distribués dans une sorte de tontine nationale. La doctrine de la calebasse pleine. Pour ferrer les chèvres et faire taire les loups. Mais le système a toujours fonctionné comme ça. Wade a assumé ses prébendes et privilèges induits. Diouf était plus regardant. Maky a installé un système plus pernicieux sur fond de leurre en matière de gestion. Le cancer est là.

Les largesses de Macky à Tivaouane, Camberene, Touba, Kaolack…viennent des deniers publics tout comme l’argent distribué dans la coalition présidentielle. C’est un jeu dangereux. Ce jeu est aussi accepté ! C’est là le drame. Cette forme de “redistribution” est légitimée. Ce que met sur la balance Macky est claire. Être  ministre ou recevoir des espèces sonnantes et trébuchantes. C’est pareil. L’accès direct et l’accès indirect. La poche avant le pays rek.

L’échec social c’est ne pas être récipiendaire des “largesses “. Ce n’est pas du cynisme. Ce magma autour du président n’est rien d’autre qu’une meute qui bouffe le Sénégal. Plus de 50 alliés rétribués sur nos derniers. Sans compter les institutions politiciennes budgetivores. Il faut y rajouter la rétribution des fesses qui a fini de saper l’autorité morale d’une république de courtiers.

Ce qui se joue plus fondamentalement au-delà des secrets de polichinelle transformés en «secrets d’Etat», c’est que cette classe politique dirigeante est entrain de saper ce qui doit faire un pays moderne. Le culte du travail, la  reddition de comptes et la transparence. C’est un crime. On verra les impacts dans une génération. Une société qui dit à ses enfants que voler c’est non seulement  correct mais c’est la voie royale. Tout le monde demande et chacun est preneur. La nouvelle “intelligence” c’est la capacité à chaparder et la duplicité qui permet de s’accrocher à tous les trains qui traversent l’histoire du Sénégal.

Mendoza avait sorti sa «vérité révolutionnaire». On peut lui rétorquer l’interrogation léniniste que faire ? Est ce la demande sociale exige aussi la fin de la doctrine de la calebasse ? Nous ne sommes pas des chèvres et des loups. Nous voulons que nos ressources soient gérées de manière transparente et efficace. On vivra à la sueur de notre front. À Macky de garantir la transparence et un système équitable basé sur le mérite. Est ce si difficile pour Macky ? Le bonhomme est décidément un sacré joueur d’échecs. Tôt ou tard il sera victime d’un échec et mat.

NKEN