CASAMANCE : FAUT IL UNE COMMISSION VERITE ET RECONCILIATION ?

Abdou Ndukur Kacc Ndao

ww.ndukur.com et www.essabc.com

Xavier Diatta dans son magnifique ouvrage Fuji Di Terra le suggère ouvertement. Le fond de cette proposition est très pertinente car je vois mal comment résoudre cette question sans se parler. Nous avons tout fait pour faire de cette crise une opposition entre l’Etat du Sénégal et le MDFC. Nous avons beaucoup parlé avec le MFDC en tant qu’entité politique et militaire dans ses différentes composantes. Nous avons très peu parlé aux casamancais qu’ils soient dans la rebellion formellement, qu’ils soient en dehors mais épousant les idéaux de la rebellion (indépendance ou plus de justice et de considération pour la Casamance).

Rebelles ou pas rebelles. Indépendantistes ou républicains. Partisans d’un statut spécial ou du statu quo administratif actuel. Tous et toutes ont subit cette guerre dans leurs chairs. Chacun a perdu un frère ou une sœur. Chacun a eu une sœur ou une parente violée Chacun a eu un frère ou une sœur disparu(e) dans les forêts casamancaises. Chacun a eu un frère ou une sœur injustement arrêtée sur la base d’un système de délation incroyable avec ses exactions et crimes. Chacun a un frère ou une sœur victime des mines en se rendant dans les champs ou les bolongs.

Ils sont encore des milliers de casamancais qui ont quitté définitivement leurs villages et qui n’osent plus y retourner car menacés de mort par leurs propres frères parce que considérés comme des collabos. Les coupables sont connus. L’Etat du Sénégal et le MFDC, tous les deux incapables de protéger les casamancais si ce ne sont des officiers de la hiérarchie militaire et politique de ces deux entités qui se sucrent et pavanent dans le monde au nom du peuple casamancais.

Jamais la paix n’a été aussi proche et jamais une accalmie si réelle et prolongée. Mais, comme le suggère Xavier Diatta il faut se parler. Parler de ces crimes même si c’est dans un esprit de dépassement mais pas d’impunité. Il faut faire le point sur cette jeune fille violée sur le pont de Ndiambalang dit il. Il a raison. Les crises de fond doivent se résoudre par des approches de fond.

La Casamance a toujours été en résistance permanente contre tous les ordres qui dépassent la matérialité administrative actuelle du Sénégal. Elle s’est battue contre les impôts de capitation de Faidherbe aux prix que nous connaissons. Elle s’est entre-déchirée pour le contrôle des rizières. Elle a résisté face aux razzias et conversions islamiques et chrétiennes. Elle est une des rares a conservé encore ses systèmes initiatiques, son mode d’organisation socio-politique même s’il est édulcoré par les réformes coloniales et post coloniales. Elle est rebelle la Casamance. Contre des systèmes qui ne veulent pas respectés sa spécificité. D’où l’urgence de se parler au lieu de croire qu’avec la force et la peur on va résoudre ces questions difficiles.

Voilà qui fonde, le temps de réfléchir sur les modalités, ma conviction tout comme Xavier Diatta d’aller vers une réconciliation-pardon. Dans la dignité mais pas dans l’impunité.

NKEN

HOMMAGE A ABOUBACKRY MBODJ : UNE SOCIETE POSTHUME

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

Aboubackry nous a quitté. Un homme engagé. Discret et qui savait souffrir dans sa chair. On oublie souvent qu’il fut aussi avant son engagement auprès des droits humains, un brillant anthropologue qui a travaillé sur les représentations des maladies en pays sérères. Toujours présent, Mbodj savait partager et se rendre disponible pour faire face aux injustices multiformes. Sa disparition au-delà de l’émotion pose l’épineuse question des limites de l’engagement par procuration. Les vrais militants sont devenus de vraies victimes expiatoires des régimes successifs. Soit on les laisse à la merci des bailleurs qui les instrumentalisent. Soit ils finissent entre les mains de quelques personnes qui détournent la mission pour monnayer d’autres choses. Soit ce sont des gens qui payent de leur personne pour porter les causes.

Dieu sait ce qu’ils endurent dans le secret de leur conscience militante. On les voit prendre l’avion. Participer à des forums mondiaux, mais souvent on imagine mal le mal être de ces incompris militants qui payent le prix cher de leur engagement. Certains meurent dans la misère et le dénuement. Oui parce les autres ont transhumé littéralement. Laissant des gens comme lui souvent esseulé malgré les apparences. Ils font légion dans ce pays de messianisme contre productif. C’est trop injuste, mais cela met la lumière sur le sort réservé  nos “militants”. Et quand ils passent dans l’autre camp on les traite de traîtres. Pire, on est même plus intolérant vis à vis d’eux que des gens qui ont leur vie dans le camp qui règne. C’est très révoltant.

Il y a une forme d’engagement qui n’est pas récompensé. Au point que dans l’opinion populaire, entrer en politique veut dire joindre le camp du pouvoir ou s’y préparer. Et nos militants de continuer à mourir comme des chiens. Il faut qu’il meure pour que les témoignages fleurissent. C’est obscène. On a vu ces dernières semaines les appels pour évacuer Mbodji. Au moment où certains sont systématiquement et discrètement envoyés à Pitié salpêtrière en France. Au frais souvent des contribuables. Nous sommes devenus depuis très longtemps, une société posthume.

Au delà des émotions. Il y a des faits qui renseignent sur la mentalité sénégalaise. Il faut aussi admettre que presque personne d’autres ne mobilisent pour cela non plus. Y compris tous les défenseurs de grands principes. “Mort pour rien ” ?  Et cela devient une corrida sans fin.  On leur dit allez affronter les barricades. On est derrière. Oui on aime laisser les fous du village aller au combat et on s’en délecte. Ou est Sonko et tous ces gens qui avaient juré qu’ils allaient le défendre, le protéger et l’aider financièrement. Ils sont peu vraiment à respecter leurs engagements moraux. Le pays se contentera de lui octroyer une misérable et fausse distinction. L’homme de l’année pour se faire bonne conscience.

Repose en paix Mbodj. Tout comme ces milliers de militants oubliés dans les mémoires collectives alors qu’ils ont tant donné pour nos libertés individuelles et collectives. Mbodj fut simplement un homme bien. Il mérite sans doute nos hommages. Mais quand est ce qu’on va arrêter aussi de célébrer nos héros souvent dans le dénuement crasseux que quand ils nous quittent ? Une vraie société obscène.

ANKN

 

LA GUERRE EN GAMBIE : PAS EN NOTRE NOM

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

Grand Adama Gaye, j’ai lu ton post relatif au mien sur la présence supposée de Yaya à Conackry. Je comprends que tu confirmes tes sources. J’ai aussi les miennes et je peux t’assurer amicalement, j’en ai au moins une dizaine croisées de haut niveau aussi. Je m’excuse alors auprès de toi pour avoir écrit que les tiennes sont fausses. Car je ne saurai les discréditer avec autant de désinvolture. En revanche, je continue encore de considérer que les miennes sont très crédibles. Le plus important aussi est de faire attention et c’était l’objet de ce post car tes ennemis pilulent et ils rêvent de te faire la fête. Tu auras toujours notre soutien et nos amitiés dans ce combat difficile que tu portes avec passion et patriotisme.

Tu sais que je ne suis plus sur Facebook et je préfère publier sur mes blogs pour des raisons personnelles. Le blog s’appelle Opinions ndukuristes (http://ndukur.com/category/blog-ndukuriste/). Je crois que le plus important à ce stade est que Yaya est sur ses bottes et attend fermement une intervention militaire imminente. Il gère encore la Gambie. Je disais il y’a quelques jours que des Généraux comme Badji lui sont fidèles. Pour des pactes culturels très complexes qu’il est long d’expliquer ici. On a eu hier la confirmation. Nous risquons de perdre la bataille la plus décisive. C’est celle de voir les gambiens toutes tendances confondues nous prendre pour des colons. Nous aurions tout perdu. Et cela dépendra de la compétence des gens qui entourent le Président Macky Sall sur cette épineuse question de haute portée tactique et stratégique.

Les Gambiens n’accepteront pas une invasion du Sénégal. De même que tous les démocrates sénégalais et du monde qui se sont battus et qui se battent encore pour le peuple palestinien, sahraoui et d’autres qui luttent ou ont lutté pour leur auto détermination et indépendance nationale. L’enjeu n’est pas de gagner cette guerre même si Yaya à ce stade et le responsable écrasant de toute cette instabilité et forfaiture. C’est de ne pas s’enliser dans une gestion post Yaya qui installerait nos Forces Armées Sénégalaises (FAS) au cœur de la Gambie car nous n’aurions pas d’autres choix. Nos ressources sont maigres pour qu’on s’autorise ces décisions inopportunes. Nous n’avons pas voulu faire le pari de la négociation. Le pari de la guerre nous coûtera cher. A court, moyen et long termes. Co-gérer la crise au Sud et celle post crise gambienne est trop lourd symboliquement, financièrement et militairement pour notre pays. Nos frontières avec la Gambie, c’est aussi au-delà de la basse Casamance, une partie de Tamba, de Kolda, du Saloum…Autant dire une boucle humaine où vivent en ce moment des milliers de sénégalais.

Alors réfléchissons bien à nos illusions de pouvoir et de domination. Il est vrai que le Sénégal est et a toujours été menacé par la Gambie pour des raisons liées aussi à la sécurité interne de ce pays incrusté au sein de notre pays. Les logiques coloniales sont passées par là. Il reste que la Gambie est définitivement un pays indépendant. Souverain qu’il faut traiter avec respect. Faisons le pari difficile de la paix et de la négociation. Laissons au peuple gambien le soin de résoudre sa crise politique post électorale. Créons des investissements structurants pour désengorger la partie sud du pays très dépendante de la Gambie. Nous réalisons des TER qui coûtent plus de 500 milliards de CFA. Nous sommes incapables depuis plus de 50 ans de créer des routes qui nous sortent des chantages des gouvernements gambiens, gages de notre propre sécurité nationale. La Gambie dépend de nous sur plusieurs aspects. Nous oublions de dire que nous dépendons aussi de la Gambie qui joue fort tactiquement sur ces vulnérabilités. Si le gouvernement veut faire sa guerre à la Gambie. Qu’il le fasse en son nom propre. Mais pas en notre nom. La guerre, une vraie hérésie humaine pour des pays si mal fagotés comme les nôtres.

ANKN

2016 : ANNÉE DE DÉFIANCE, DE LÂCHETÉ ET DE VIOLENCE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com
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Quelles sont les grandes tendances de 2016 ? On dirait comme le journal Le Monde, une année de défiance. Avec beaucoup de remise en cause des systèmes dits établis. On a vu l’arrivée sur la scène d’acteurs inattendus et des configurations “surprises”. Avec Trump, le brexit. Un vrai « un legui doyna » (maintenant ça suffit) qui se profile un peu partout mais aussi un manque de clarté sur l’alternative qui a conduit à des choix parfois bizarres à priori ; mais qui traduit une volonté de “reprise en main”. Les discours axés sur la peur (de l’immigration, du terrorisme, etc.), et la stigmatisation des appareils ont pris le dessus. On a vu la montée des euro-sceptiques en Europe, l’arrivée des iconoclastes politiques comme Trump, le Président du Philippines, etc.

Chez nous, au Sénégal, on a eu nos « tubes d’été » avec Sonko, Abdoul Mbaye qui traduisent une certaine quête de point d’ancrage pour “sonner la révolte” mais sans une vision et un engagement clairs sur la “révolution attendue”. Alors on navigue entre le soutien presque émotionnel apporté aux lanceurs d’alerte et la quête d’un parrain (Wade à joué ce rôle pendant longtemps).

On est ainsi entre les velléités de rester dans la maison du père pour en tirer les acquis électoraux (Khalifa Sall, la multi-céphalie du PDS devenue une Armée mexicaine) ou de créer une “chapelle ” différente (mais en ayant recours aux mêmes méthodes, opposition intellectualiste détachée de la base et des vraies réalités (à travers les belles résolutions et les indignations ego-narcissiques sur Facebook et dans les salles de presse), les “mouvements de soutiens ” qui sont des appels du pied. Et puis on eu la confirmation du pragmatisme politicien de Macky qui est foncièrement électoraliste. La fin justifie les moyens.

Se servir, faire taire les ‘faux lions” et chercher et monnayer des soutiens partout. D’où le retour en grâce de la France ou les soutiens nauséabonds a l’Arabie saoudite, etc. C’est aussi la mort du Parti politique. Ils sont tous devenus de GIE gérés par une gérontocratie qui a fini par faire leur « come out » (les intérêts crypto personnels, un asservissement total, etc. et des jeunes loups (dont la plupart cherche des raccourcis et dont certains n’ont même par le courage physique des anciens, encore moins de vrais projets alternatifs à porter).Donc c’est une année de défiance.

2016, c’est aussi année de violence et de lâcheté. Les attentats suicides un peu partout y compris à Ouagadougou, a Bassam, en Europe, en Turquie, en Tunisie. Et toujours les formes d’indignation sélective ….Un mort au sud n’est pas égal à un mort au nord. Cela illustre aussi la faillite collective des gendarmes de ce monde. Alep, le Yémen, la Libye, la déliquescence partout sur la bande Saharo-saharienne (entre boko haram, les prises d’otage au Niger, au Tchad, etc.). Il y a eu cette conspiration du silence partout.

2016 à été très violente au propre mais aussi symboliquement. En effet, on aurait pu parler de la mort de Mohamed Ali, Shimon Pères ou Castro. Pour déplorer la fin des leaders charismatiques. Partout les gens ont des problèmes à élire l’homme de l’année. C’est un peu la fin des utopies …Aujourd’hui, Poutine devient une figure centrale et pas pour des raisons idéologiques. Mais pour son audace face aux autres forces en présence.

En Afrique de l’ouest c’est Idris Deby qui mène la danse. Cela veut tout dire. Sur fond de viols électoraux au Gabon (très flagrant et grossier) mais le Gabon n’est pas la Gambie. On va arrondir les angles. L’Afrique centrale est aussi en pleine tourmente sous l’arbitrage des vautours avec Kabila, Sassou.

Heureusement que le panorama n’est pas partout négatif. Il faudra à ce propos lire le Rapport économique sur l’Afrique 2016. Il donne quelques espoirs. On peut aussi aimer les centrales solaires au Maroc, au Sénégal et en Ouganda. Même si c’est paradoxal, la victoire du peuple gambien sur la dictature de Jammeh et la défaite at least de tous les dictateurs donnent de l’espoir. On ne sais pas si le prix Mo Ibrahim sera décerné cette fois…

Je lisais un papier sur les ouvrages structurants qui vont changer l’Afrique dans les années à venir. J’étais surpris de voir la part des financements chinois sur le Continent et l’absence de l’Afrique de l’ouest. Par exemple Tanzanie Bagamoyo Port sera le plus grand port d’Afrique avec 20 millions containers par an avec un financement chinois. La nouvelle ville de Modderfontein près de Johanesbourg, la “prochain Silicon Vallée de la savane” au Kenya (Konza Technology City). Ce dernier va coûter $14.5 milliards. On peut aussi citer le projet urbain marocain de 420 millions de dollars dans la vallée de Bouregreg entre Rabat et Sale, ou le chemin de fer côtier Lagos-Calabar qui sera long de presque 900 km (financement des chinois aussi). Les projets de cimenterie de Dangote ou le barrage de la renaissance en Ethiopie, etc. Ca décolle ailleurs sans tambours ni trompettes. C’est juste pour dire que notre nombrilisme nous fait croire que le monde s’arrête à Diamniadio.

Il est possible de bâtir des projets structurants et de faire des sauts technologiques pour changer le cours de choses. Nous on se contente de sucettes. Mais le message d’espoir c’est qu’il ne faut pas désespérer des peuples et de leur capacité de réponses. C’est une des leçons de 2016, je crois. Cela va au au-delà des erreurs de sondage. Tous les politiques jouent à ce “bal masqué” sauf qu’ils oublient qu’ils sont démasqués par le “public ” qui parfois et trop souvent joue le jeu aussi.

2016, une année de défiance et de violence sur fond de lacheté. Il se termine au moment ou notre pays envisage sérieusement de faire la guerre à la Gambie. Un pari risqué d’embrasement. Au moment ou nous avons aussi des urgences fondamentales. Les vautours rodent aussi dans notre sous région et ils sont installés confortablement au cœur de notre système étatique. On espère qu’au seuil de 2017, la lucidité l’emportera sur les va-t-en-guerre qui risquent de nous installer durablement dans des convulsions permanentes. Car gagner la bataille est facile. Mais gagner la guerre est une autre paire de manche. Neutraliser une armée peut être facile. Mais avoir le dessus sur les logiques de guérilla et de rébellion est plus difficile. Depuis plus de 30 ans, nous sommes en tant que Sénégal instruits de cette vérité sur nos flancs sud. A quoi sert l’expérience ?

Excellente année 2017 à toutes et tous.

VOISINAGE : REVISITER L’HISTOIRE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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2017 se profile à l’horizon. Une occasion pour faire le point de nos relations de voisinage dans un contexte attendu de confrontration militaire avec la Gambie. Comme en pareilles circonstances, les imaginaires se renforcent ainsi que les exagérations. On parle de coup d’Etat et de beaucoup d’informations fantasmagoriques. Par exemple, on prête beaucoup à Ousmane Badji. Jammeh a essayé plusieurs systèmes et plusieurs hommes pour gérer son armée. Il a à la fin choisi deux Joola comme lui, importés pour conduire les affaires militaires. Il s’agit bien sur du chef d état major Ousmane Badji et Saul Jatta le CET de la garde prétorienne qui ont un sort lié à l’enfant de Kanilaï. Il est peu probable que ces deux alliés fassent un coup tordu à Yaya.

Tout compte fait, Yaya risque de connaitre une fin tragique. Il sait que les rapports de force ne lui sont pas favorables. Alors pourquoi il se radicalise ? Sans doute sa mise à mort va arranger plein de gens. Voilà pourquoi des forces travaillent à le radicaliser. Les vautours sont là et ont toujours rodé autour du festin sénégambien. La Gambie a été pendant longtemps laissé à elle même. On l’a souventes fois traitée avec condescendance et on continue de la piller. Nous avons été pendant longtemps injustes vis-à-vis de la Gambie. Quoi qu’on puisse dire, sur certaines questions majeures relatives à la CPI, au Commonwealth, à l’homosexualité, Yaya a incarné le front du refus. Face à l’indifférence sénégalaise. “J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence ” disait Anatole France.

La posture guerrière est facile mais elle cache une faillite d’un Etat qui n’a jamais assumé sa géographie. C’est un échec politique et diplomatique. Au- delà de la Gambie, nous devons réfléchir sur nos relations avec les voisins. On a toujours navigué entre lâcheté, compromissions et extorsion. Il en est ainsi avec tous les “failed states” qui nous entourent. De la Mauritanie qui nous impose un rapport de force sur la gestion de l’eau, la gestion des barrages, les migrations de pêcheurs…

La Guinée Bissau avec ses frontières poreuses et ses lobbies de narco, le pétrole à la frontière. La Guinée avec nos alliances contre nature (transfert d’électeurs ), notre silence sur les bavures et forfaitures électorales. Le Mali avec qui on était le plus lié sur le plan colonial. Le fameux soudan. Nous leur avons tourné le dos au figuré comme au propre. On ne parle pas de posture belliciste mais d’un voisinage assumé et libre. On a littéralement soit détourné les yeux sur les drames qui s’y jouent soit développé des formes d’implication sous l’injonction de la France. C’est une diplomatie “veule”. Mêmes les “victoires diplomatiques” tant vantées portent souvent le sceau d’une injonction étrangère. Ce n’est ni une ligne ou une posture de principe ni une constante.

On est toujours assis entre deux chaises. Le débat actuel sur la Gambie ne doit pas se limiter à ces aspects événementiels. On entend déjà les analystes bondir à chaque dépêches et se fendre en recommandations (solution militaire finale, médiation, laissez faire etc). Pourquoi avons-nous eu aujourd’hui tous ces maillons faibles qui nous entourent ?. Sommes nous finalement le “ventre mou” d’une périphérie pourrie ? Par des plaies séculaires ou se mêlent des décolonisations mal achevées, des formes d’extrativismes néo-coloniales, des alliances entre des gouvernements peu démocratiques et toujours pillards, et la lâcheté de la communauté internationale et africaine qui laisse des appendices comme la Gambie à son sort depuis toujours. Il faut revenir à l’histoire pour comprendre pourquoi on cohabite avec Yaya après Douada Diawara. Pourquoi on a un régime esclavagiste au nord, en Mauritanie. Pourquoi Condé fait son apartheid éthique dans le château d’eau de l’Afrique de l’ouest qui par ironie a voué ses enfants à l’exil ? Pourquoi la Guinée “portugaise” se dresse sur nos flancs et règle ses contradictoires à coups de machettes ou de baillionnettes ?

Les gens vont rétorquer que la paix et l’équilibre régionale est à ce prix. Mais pouvons nous contraindre au silence et même la compression sur la question çasamanacaise ? Pourquoi sur le Mali on est juste le prolongement de la France ? Ce sont des questions qui fâchent. Pour aller plus loin, on observe comment nos contrées périphériques à la lisière de ces pays sont traitées. Comment nous gérons nos voisins et nos territoires transfrontaliers nous renseignent sur la nature de notre pays. Il y a à écrire un beau livre sur ces frontières insaisissables. On devrait peut-être aller re-visiter les rapports entre le Trarza et le Walo. Barthurst et la fondation de Faecfbanjul, le Dwebou, etc. pour redessiner nos rapports aux voisins.

Jean Gottmann (géographe) disait que la frontière est une manifestation du cloisonnement du monde ; elle est un lieu de friction entre des identités et représentations différentes, des iconographies au sens d’appartenance et de reconnaissance dans des symboles distincts. Avons-nous souvent pris le temps de réfléchir avec sagesse sur notre indifférence face à nos voisins ? Cette folie de l’indifférence risque de nous perdre un jour.

Kololi, Gambie.

ADAMA GAYE : EVITER LES PIÈGES DES FORTS HOMMES DE L’OMBRE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

J’aime beaucoup Adama Gaye, journaliste émérite. On peut ne pas partager ses vues mais il reste un fervent patriote. J’ai suivi avec une pointe de regret fautif sa publication sur la présence de Yaya à Conackry. J’avais le profond sentiment que cette information n’était pas crédible. Au fil de mes investigations croisées, il est apparu en effet que c’est un canular. Adama est un journaliste professionnel qui sait ce que signifie recouper une information.

Mais il a sans doute sous estimé le contexte actuel marqué à la fois par une guerre de désinformation entre la Gambie et le Sénégal, mais aussi par la guéguerre légitime qu’il mène contre Bolloré et tout ce système financier très puissant. Il peut s’agir d un piège qu’un service spécial chevronné lui a tendu pour le discréditer. Adama a de grands et puissants ennemis qui font partie des meilleurs dans tous les domaines de la désinformation et de la manipulation. Et un des meilleurs journalistes qu’il est peut toujours tomber dans les filets d’une manipulation par des professionnels aguéris et rompus à la tâche.

Alors encourageons et soutenons Adama dans son travail difficile et plein d’épines. Cet impaire ne saurait constituer un discrédit sur ses qualités morales et professionnelles. Juste qu’un homme peut se tromper. Il s’est trompé mais nous le soutenons plus que jamais dans ses objectifs d’éveil et de défense des intérêts de notre pays. Alors Adama, la prochaine fois, fais attention !!!

Nos amitiés renouvelées

ANKN

 

VAUTOURS POLITICO-AFFAIRISTES ET « GORGORLUS »

Abdou Ndukur Kacc Ndao

www.ndukur. com

Notre pays est encore engagé dans ses petites querelles de bornes-fontaines. Loin des vraies préoccupations d’un peuple qui regarde avec délectation et tristesse une classe politique d’agitation. Son président sait faire de la politique. Mais il ne sait pas travailler à imprimer au pays une trajectoire captive centrée sur son développement économique et social. Entre la double nationalité agitée et Sonko, le pays donne l’image de la radio des milles collines. Dans les conditions actuelles, tout porte à croire que Macky va rempiler car en face nous avons souvent des tombeaux vides coincés entre les réseaux sociaux et des discussions de salon autour d’une chéchia si ce n’est une bouteille de whisky qui équivaut au revenu moyen annuel d’un pauvre paysan sénégalais.

Entre Sonko et la double nationalité, face aux forces d’inertie qui ont gagné les forces les plus avancées, se jouent des logiques intelligentes de divertissement, de pare-feux. Il est quand même facile pour nous sénégalais de se “réfugier” derrière Sonko ou Abdoul Mbaye. Certains avaient juré de défendre l’Inspecteur des impôts à tous prix. Pour lutter contre ce régime de Macky de plus en plus violent et arrogant. Très peu de ceux qui faisaient feu de tous bois dans la dénonciation organiseront une marche pour Sonko. Le messianisme est passé par là. Soit Sonko est le messie, soit il est le fou du village.

En réalité, il y’a deux pays qui cohabitent en même temps. Le panier à crabes des “vautours politico affairistes” et les “goorgoolus”. Lorsqu’on analyse des discours publics ou privés, on constate bien que la plupart des gens sont indignés mais sont attentistes. C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas besoin de Sonko pour voir les dérives du régime de Macky. Ils les vivent au quotidien. Mais en attendant, chacun attend une «offre» politique. Cette offre n’exclut pas celle de Macky et ils sont aussi disposés à coopérer car mangeurs de tous les râteliers. Et plein de sénégalais raisonnent ainsi. Ils voudraient y être ou avoir un proche dedans pour leur propre survie individuelle. Le discours est clair et net : « Grand ne soyez pas égoïste, il faut vous investir pour nous tendre la perche nous aussi ». Il y’a comme une sorte de désespérance généralisée qui a finit de discréditer presque toutes les forces y compris « patriotiques ». Voila aussi ce qui démontre la profondeur du problème. C’est malheureusement la situation réelle du pays.

Il ne faut pas se voiler la face car ce pays est dans le déni permanent de sa réalité. Si on ne sort pas de ce bal masqué la solution ne va être facile à trouver. Sonko symbolise la faillite de l’Etat républicain, l’incurie des corps de contrôle et la débandade des contre pouvoirs. Ce garçon est courageux, mais n’aurait pas dû exister. Il est un iceberg dans le silence …Ce qui est terrible, c’est que peu de gens bougeront pour le soutenir réellement. Ils vont se fendre en communiqués de presse. Il pourra engranger de la sympathie politique peu convertissable en majorités sociologiques électoralement actives. Car chacun restera dans sa zone de confort. Avant Sonko, nous avons eu les Mamadou Lamine Diallo, etc. Jusqu’à présent, tous les porteurs de discours de type “mains propres” “orthodoxie” ont été attirés des “sympathies” mais disqualifiés par l’électorat. Car le vrai paradigme de fonctionnement de ce pays est que les discours ne correspondent pas aux pratiques. Nos compatriotes sont forts à vous encenser mais peu mobilisables à vous défendre lorsque l’épée de Damoclès vous tombe dessus. Voilà nos lâchetés permanentes et nos zones de confort que nous défendons avec autant de duplicités.

ANKN

AFRICANISATION DES SPIRITUALITÉS ? SORTIR DES SCORIES

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com

Le débat sur la laïcité se poursuit. Il semble que globalement nous sommes favorables à l’idée qu’elle est d’emprunt et que nous devrions encore réfléchir sur des lieux communs pour sortir des impasses identitaires dans lesquelles notre société semble s’enchâsser. En lisant progressivement les autres contributions, il est apparu une autre exigence religieuse identitaire : l’africanisation des spiritualités africaines. Il est vrai que les chocs entre ces spiritualités et les religions révélées sont profonds et ont remodelé une Afrique qui se cherche.

Posée telle quelle, cette question est sans doute mal formulée car elle postule de manière péremptoire que l’Afrique n’a pas une spiritualité propre. Ce qui n’est pas défendable au regard des trajectoires d’une Afrique, « berceau de l’humanité ». Les questions de fond qui se posent à nous sont de savoir pourquoi ces spiritualités «exogènes » ont trouvé un terreau fertile chez nous ? Pourquoi avons-nous encore cette propension à vouloir juste arrimer l’islam à son contexte géographique de naissance et de le circonscrire a des référents culturels arabes ? Car, en réalité, nous y trouvons l’islam (les reliques) mais les musulmans sont ailleurs. Ils sont en Indonésie, en Malaisie, etc.

En quoi est-il gênant d’être musulman et africain ? Il n’y a rien qui fait que ces deux réalités soient opposables. En effet, les valeurs prônées par l’islam ne sont pas l’apanage des arabes. De même elles ne sont pas opposées à nos valeurs africaines. L’unité du divin n’exclut pas la pluralité du sacré. L’enjeu sans doute est de se réconcilier avec nous-mêmes. Faut-il encourager le retour aux religions pharaoniques ? Pas nécessairement pour ne pas dire question mal formulée. En fait, tout ceci suppose qu’il existe une case de départ. Une sorte d’obsession métaphysique à convoquer en permanence une origine. C’est un anachronisme et une simplification de nos trajectoires africaines sur lesquels nous reviendrons une autre fois.

Si l’Islam était parti d’un peuple bon, gentil et intègre, nous aurions attribué son développement uniquement au prosélytisme de ces gens. Nous avons ainsi tout intérêt à faire notre propre exégèse et sortir de la pensée islamique beaucoup de scories. Pourquoi Bilal le premier muezzin de l’islam n’est pas traité dans les traditions et on ne lui rapporte aucun hadith ? Pourquoi Bilal est retourné vivre à Damas où il est enterré après la mort du prophète ? Tout le monde sait qu’il a subi le racisme et la maltraitance. D’ailleurs une histoire touchante raconte quand il est revenu 9 ans après pour se rendre sur la tombe du prophète où il fit l’appel à la prière une dernière fois. Et les scories sont nombreuses et nous n’avons pas pris suffisamment de temps de les extirper d’une histoire islamique constamment référée à l’arabisme.

C’est parce qu’aussi nos Oustaz sont encore plus acculturés que les élites issues de l’école française qu’ils brocardent sous le qualificatif d’intellectuels «français ». Ces Oustaz charrient cette “arabisation” de l’islam et confondent l’esprit et la lettre. Il suffit de les écouter lire le Coran ou dire des hadiths pour se convaincre notamment de leur niveau d’acculturation qui les empêche aussi de s’interroger sur les vraies scories de l’islam. Ils raillent les « français » qui roulent les « r » et oublient qu’ils ont font autant avec l’arabe. Ils confondent souvent culte et culture et la liste est loin d’être exhaustive. Nous sommes par conséquent en face d’une double aliénation «orientale » et «occidentale » qui s’accusent mutuellement mais qui charrient des scories et complexes identitaires. Un peu du genre le dispensaire qui critique l’hôpital. Cette orientation vers les débuts géographiques ne doit pas dissiper l’essence de cette religion. Un historien américain l’appelle le parti pris arabiste. D’autres parlent de forme d’acculturation déterritorialisée pour ce qui concerne tous ces musulmans en Europe et en Afrique qui n’arrivent pas à se déterminer par rapport à leur culture et leur religion. Tout ceci crée toutes ces tensions.

Une des grandes questions qui se pose à nous est que nous n’arrivons pas à démêler les marqueurs culturels et les marqueurs religieux. Nous sommes presque définitivement installés dans un narratif qui nous oblige au suicide culturel. Pourquoi les “Wolof ” disent parfois ” Ni mon « ngor (dignité) Ni mon « dinė (religion) » ne me le permettent est très parlant comme parallélisme. Le problème pour nous vient du fait qu’on veut nous faire avaler cette notion de “culture musulmane” monolithique. Si on la confronte aux référents anthropologiques, sociologiques et civilisationnels qui sont pluriels, nous nous heurtons à nos propres contradictions. Alors certains prônent un retour aux sources ou un suicide culturel qui ne sont pas en phase avec leur trajectoire et leurs psychés. Alors, nous tombons dans les religions pharaoniques ou dans l’islam noir. C’est une vraie impasse.

A notre avis, les premiers soufis comme Cheikh Ahmadou Bamba, El hadji, Malick Sy, Baye Niass, etc. avaient mieux saisi ces subtilités. Ces questions de fond interpellent aussi à notre avis nos intellos de tout bord. Il faut dire que « le parti pris arabe » obéit à des logiques internes de maintien de la dépendance. C’est parce que l’ésotérisme qui entoure tout cela a le mérite de cantonner le pouvoir symbolique chez les lettrés religieux. Africanisation des spiritualités africaines ? Les impasses sont loin d’être bouchées.

ANKN

ARABIE SAOUDITE : VERS L’IMPLOSION D’UN RÉGIME DE TERREUR

Abdou Ndukur Kacc Ndao
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L’Arabie Saoudite, une monarchie en pleine transition qui décapitera bientôt notre concitoyenne, cette bonne sénégalaise qui a tué sa patronne. C’est le lot quotidien des pratiques de ce régime qui déteste les étrangers. Ces derniers venus servir le pays au même titre que leurs dromadaires. Voilà ce qu’ils disent. Pourtant, les expatriés représentent le 1/3 de la population en Arabie particulièrement maltraités. Sauf bien évidemment les européens et leurs rois les américains. L’Arabie Saoudite, un royaume qui se dirige inexorablement vers une implosion certaine. Plusieurs facteurs peuvent être mis en exergue pour fonder cette prévisible implosion. .

D’abord le changement de mode de gouvernance et de distribution du pouvoir depuis l’arrivée du roi Salman a créé des tensions profondes. Il a concentré le pouvoir entre les mains de sa propre famille. Salmane Ben Abdel Aziz est le demi-frère du roi Abdallah mort l’année dernière. Le premier roi Aziz Al-Saoud avait 45 fils issus de nombreuses unions et Salman est le 25eme des 45. Il doit gérer une famille royale qui compte plus 25 000 membres, dont plus de 300 princes (avec des groupes conservateurs et des libéraux , etc). Autant dire une configuration familiale extrêmement complexe avec ses guerres de clans qui traversent le pays. Salman est du clan des Soudayris qui sont l’aile dure du régime. Pourtant, le roi Abdallah avait verrouillé en plaçant son demi-frère Muqrin comme prince héritier avec l’aval des membres du Conseil d’allégeance composé de 34 membres dont 7 princes. Mais lui sa mère est yéménite !

Salman a tout cassé et est revenu dans une logique de famille presque nucléaire. Du coup, aujourd’hui c’est un gamin de 30 sans expérience et belliciste qui dirige le pays en réalité. Le jeune Mohamed Ibn Salman, ministre de La Défense ! Le fils cadet du roi. La guerre au Yémen c’est lui. Salman a fait un coup d’état interne. Il a déposé son demi frère au profit de son neveu à lui Mohamed Ibn Nayef et il nomme son fils cadet Mohamed ibn Salman vice-prince héritier. Évidemment l’autre camp qui a des attaches dans la région ne se laisse pas faire. Et son “Karim ” accumule les bourdes. En réalité, Salman est entrain de basculer la monarchie dynamiste vers une monarchie absolue gérée par lui même, son groupe et des alliés en dehors du cercle de la famille saoud. Par exemple l’actuel ministre des affaires étrangères Adel ben Ahmed al-Joubeir est un roturier qui n’est pas du cercle. Voilà une jurisprudence qui va entraîner des rivalités sérieuses porteuses d’implosion.

Ensuite, il y a le facteur économique. La baisse du prix du baril et la perte de revenus les oblige à changer d’approche. Le budget du royaume a enregistré un déficit record de 98 milliards de dollars l’année dernière et on parle de 87 milliards de dollars en 2016. Pour la 1ère fois depuis 15 ans, ils ont lancé un emprunt sur le marché de 10 milliards d’euros, remboursables en cinq ans. Un signal fort. Déjà ils sont entrain de prendre des mesures inédites comme l’augmentation des prix du carburant et la réduction des subventions pour l’électricité, etc. Ces mesures ont un impact social qui pèsera sur la stabilité de ce régime.

Enfin, nous avons le retour de l’Iran sur la scène internationale qui va rééquilibrer les forces dans la région. Les saoudiens se sentent lâchés par leur protecteur américain et font tout pour maintenir la tension devant la menace qu’ils appellent la création d’un arc persan qui s’étendrait jusqu’à la Méditerranée. Donc ils attisent le feu au Yémen (enlisement total et bilan humain effroyable), exécute par provocation le cheikh Nimr Baqer Al-Nimr (pour déclencher une contestation chiite, déplacer le problème sur le terrain religieux et isoler l’Iran. Bahrain et Soudan ont suivi comme des moutons de Panurge, mais pas les autres pays.

La guerre au Yémen a fait plus de 8000 morts et certaines sources disent qu’elle engloutit jusqu’a 200 millions de dollars par jour par la folie de quelques petits princes bellicistes et sans expérience. Le réchauffement des relations avec l’Iran et l’accord sur le nucléaire inquiètent les saoudiens qui souhaitent vivement la fin du mandat de Obama. Il y a en plus les menaces de déclassifier le rapport secret du Sénat américain consacré aux possibles complicités saoudiennes dans les attentats du 11 septembre 2000. Et ils font actuellement un terrible lobby pour que le nom de l’Arabie Saoudite ne soit plus mentionné dans un rapport des Nations Unies sur les violations des droits des enfants. Malgré les crimes au Yémen notamment.

On voit bien dans quels pétrins se trouve ce régime aux abois qui renforce sa répression intérieure et une monarchie éclatée de fait en différents pôles antagoniques. Les américains, leurs dieux vivants ne sauveront pas ce régime qui devra payer ses crimes et son arrogance. Sans être dans le secret des dieux, je crois que même Dieu n’arrivera pas à sauver ce régime qui a détruit tous les symboles identitaires de l’islam qui a quitté l’Arabie depuis fort longtemps. Il ne reste que le souffle et l’essoufflement des dromadaires (hommes et animaux) et le business, nouveau prophète au pays de Mohamet.

ANKN

LE PRIX DU SANG NÈGRE SELON LA JURISPRUDENCE SAOUDIENNE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com

Mina a déjà enseveli ses milliers de morts. La trégédie fut grande d’autant qu’elle relève de la responsabilité directe de Ryad et de sa cupidité. On peut imaginer si les morts étaient des américains ou des européens. Le traitement ne serait pas le même et Ryad se montrerait plus magnanime et plus respectueux. Tout ceci est triste et scandaleux. Dans cette omerta de lâcheté, seul l’IRAN a décidé de prendre ses responsabilités. A juste titre, il boycottera le haj qui est un lieu de pèlerinage, pas de massacres humains. La vie de nos concitoyens vaut mieux que le pèlerinage. Le reste relevant d’obscurantisme servi sélectivement. Car nous sommes peu à accepter que nos papas et mamans meurent à la Mecque. Soyons juste et ramenons la religion à ses proportions humanistes. Personne ne peut justifier ces carnages indignes d’un Etat saoudien qui n’en est pas à ses premiers coups d’essai et de négligence meurtrière. D’autant que ce sont les africains notamment qui payent le plus lourd tribut de ces accidents structurels au nom de l’argent.

Un million pour nos morts; c’est le prix du sang comme diraient les Souadiens. Le “prix du sang” est proportionnel à la valeur qu’ils accordent à la vie de ces Nègres. C’est la jurisprudence saoudienne. Tout crime ou accident a son prix de sang. Pour s’en convaincre voila un exemple de ce que représente le prix du sang. Un prêcheur saoudien qui viole, tue sa propre fille et rachète sa liberté pour 40.000 euros.http://www.wikistrike.com/article-arabie-saoudite-il-viole-…. Voila bien le problème idéologico-religieux qui se pose. Même si Ryad avait donné 1 milliard par famille, cela ne “ramènera” pas nos morts. Le vrai problème est qu’au nom de cette jurisprudence abominable, nous les nègres, nous valons 1 million de FCFA. Donc, il faut bien repositionner le contexte idéologico-religieux de saoudiens qui qui n’ont aucun respect pour les nègres. Et c’est peu dire.

En réalité, l’Arabie souadite c’est juste un Daesh qui a réussi Voila une boutade de Kamel Daoud qui résume bien le visage réel de ce regime des Saoud : “Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh”. (Extrait)

Ici personne ne bronchera. Avec tous ces gens qui prennent l’argent des Saoud, ces derniers sont surs de leur fait. Car les intérêts ont pris le dessus. Souvent pour des miettes que l’Arabie Saoudite nous donne lorsqu’on regarde leurs contributions au développement Nous y reviendrons en chiffres et en détails. Tout ce que sait faire ce régime, c’est corrompre nos dirigeants et nous envoyer des carcasses de moutons et de dattes. Sinon exporter leur “rectification wahhabite” rigoriste qui a finit d’en faire le vrai Daesch.

Pourquoi sommes nous si lâches à et si désinvoltes quand des dizaines de sénégalais meurent dans les conditions de Mina ? Cette désinvolture est le signe évident d’une perte d’estime de soi fatalement installé au cœur de notre vision du monde. J’espère un jour qu’un autre régime plus respectueux des droits de l’homme et des nègres viendra balayer cette pourriture saoudienne qui a cloué le bec à tous ces prêcheurs corrompus par Ryad prompts à nous tailler un toit en enfer.

ANKN