LA POSTURE ET LA POSITION, ELITES PARTISANES ET JEUX DES OMBRES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le champ politique est en effervescence. Avec ses contradictions et ses conflits antagoniques. Se posent alors deux questions majeures. La posture et la position. Souvent les gens sont focalisés sur le leadership « positionnel ». S’il n’est pas au service de quelque chose de plus grand qui soit adossé à des competences, ce ne sera que de la vanité. On a ainsi enfanté des “monstres” dont l’existence se justifie par la “position” et vice versa. Les acteurs politiques se donnent des “coups de cornes” pour mieux se positionner dans l’abreuvoir. Mais ils n’ont pas de “dessein” à part “exister”, survivre, se faire réhabiliter par le prince du moment. Ils ne pensent qu’à l’instant fatidique ou leurs petits enfants, l’ange dans la tombe, ou leur conscience vont les interroger. Qu’as tu réalisé ? Une question terrible. Qu’as tu fais pour ton pays ? Qu’as tu fais tout simplement ?

Alors c’est là où le leadership joue. Va truquer les elections, car je suis le chef et je te le demande. Si tu ne truques pas ces elections tu iras en prison. Tu truques ces elections,, je te laisserais rempiler et tu auras 5 ans de plus pour te mettre à l’abri. Si tu n’organises pas bien ces elections, le peuple ne pourra pas s’exprimer légitimement et librement et cherchera un exutoire par la violence qui va retarder le pays. Je sais que tu n’as pas envie de bien organiser ces élections mais fais-le pour moi s’il te plaît. Je ne veux pas faire moins que Diouf et Wade.

Alors acquérir la position ou le pouvoir pourquoi en faire ? Le pouvoir légitime pour imposer et s’imposer ? Le pouvoir coercitif pour se servir de la force et des menaces pour arriver à ses fins ? Le pouvoir de la “carotte” qui détourne et donne toujours quelque chose en échange de l’obéissance, du silence et de la compromission ? Ou le pouvoir qui fait confiance à l’expertise ou la connaissance et qui urge à offrir des solutions ? Ou le pouvoir de référence qui a une haute idée de soi-même et qui veut laisser une empreinte positive.

Ce dernier pouvoir est celui de l’honneur qui a déserté notre société. Pourtant tous les référents culturels et historiques nous renvoient à cela . De nos résistants et nos chefs religieux, en passant pas les “combattants politiques” des années de braise. Mais c’était avant que le mot “politicien” ne soit inventé avant la mort de la honte. Of course nous savons qu’elle est l’essence de la decision politique. On sait tout qu’on n’est dans la configuration d’un acteur rationnel. Les états prennent des decisions “négociées” entre les différents acteurs en concurrence et ils se déterminent pas en fonction d’un seul problème mais d’une multitude de problèmes et d’enjeux locaux, nationaux internationaux et a court terme souvent. Mais le problème de fond c’est comment encadrer les “decisions” et mitiger les logiques “politiciennes”.

C’est là où il est important de “protéger ” les mécanismes d’aide à la décision et de créer une reddition des comptes. Pour que l’expertise puisse s’exprimer sur les questions majeures au-delà des positionnements politiques. Une élite compétente mais totalement partisane ne peut faire ce travail. Une administration “obligée” par le pouvoir légitime, coercitif ou de la “carotte” de maquiller les statistiques ou de déformer les rapports ne peut pas non plus faire ce boulot. Face aux jeux multiples des acteurs loin d’être neutres, il faut asseoir une gouvernance solide que personne ne peut tripatouiller. Sinon on va naviguer entre des expertises en “dormance”, des administrations de “contribution” et une quête obsessionnelle de leadership positionnel mais sans dessein national. Ce dernier explique la transhumance et le ballet des “vautours”. On ne peut pas demander à un charognard d’être l’aigle. Mais on peut réfléchir sur l’écosystème.

Comment tuer dans l’oeuf les cellules corruptogènes. Comment dissuader les gens de transformer l’assemblée en une arène nationale. Comment protéger le petit fonctionnaire contre les abus positionnels, contre le harcèlement politique. Beaucoup de gens qui nous demandent d’entrer en politique nous disent en filigrane de changer leurs sorts en les laissant “accéder” aux privilèges qui percolent. Et puis il y a le pouvoir des ego. On verra que dans quelques mois, Sonko va être combattu pas par Macky par une partie de l’opposition. Le ” new kid on the block” fera face aux “business as usual” qui n’ont pas envie de laisser la place de “dauphin” au petit venu avec son discours “simpliste” et “mains propres” qui va les envoyer la retraite.

Un retour sur l’essence de la decision…Petit, tu es inconsciemment incompétent. Tu ne lis pas encore les “jeux des ombres qui tirent les ficelles” sur la monnaie, sur le pétrole, sur les contrats. Tu ne comprends pas encore le “subtiles chantages” des conglomérats qui poussent à allonger la “carotte ” nuitamment. Nous sommes en plein dans une guerre de style…le temps que les électeurs impatients et le peuple souverain décident du personnage à qui on va confier les destinées d’un peuple désabusé par des politiciens professionnels qui bouffent la grande partie de  nos ressources nationales.

NKEN

LA POSTURE ET LA POSITION, ELITES PARTISANES ET LES JEUX DES OMBRES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le champ politique est en effervescence. Avec ses contradictions et ses conflits antagoniques. Se posent alors deux questions majeures. La posture et la position. Souvent les gens sont focalisés sur le leadership « positionnel ». S’il n’est pas au service de quelque chose de plus grand qui soit adossé à des competences, ce ne sera que de la vanité. On a ainsi enfanté des “monstres” dont l’existence se justifie par la “position” et vice versa. Les acteurs politiques se donnent des “coups de cornes” pour mieux se positionner dans l’abreuvoir. Mais ils n’ont pas de “dessein” à part “exister”, survivre, se faire réhabiliter par le prince du moment. Ils ne pensent qu’à l’instant fatidique ou leurs petits enfants, l’ange dans la tombe, ou leur conscience vont les interroger. Qu’as tu réalisé ? Une question terrible. Qu’as tu fais pour ton pays ? Qu’as tu fais tout simplement ?

Alors c’est là où le leadership joue. Va truquer les elections, car je suis le chef et je te le demande. Si tu ne truques pas ces elections tu iras en prison. Tu truques ces elections,, je te laisserais rempiler et tu auras 5 ans de plus pour te mettre à l’abri. Si tu n’organises pas bien ces elections, le peuple ne pourra pas s’exprimer légitimement et librement et cherchera un exutoire par la violence qui va retarder le pays. Je sais que tu n’as pas envie de bien organiser ces élections mais fais-le pour moi s’il te plaît. Je ne veux pas faire moins que Diouf et Wade.

Alors acquérir la position ou le pouvoir pourquoi en faire ? Le pouvoir légitime pour imposer et s’imposer ? Le pouvoir coercitif pour se servir de la force et des menaces pour arriver à ses fins ? Le pouvoir de la “carotte” qui détourne et donne toujours quelque chose en échange de l’obéissance, du silence et de la compromission ? Ou le pouvoir qui fait confiance à l’expertise ou la connaissance et qui urge à offrir des solutions ? Ou le pouvoir de référence qui a une haute idée de soi-même et qui veut laisser une empreinte positive.
Ce dernier pouvoir est celui de l’honneur qui a déserté notre société. Pourtant tous les référents culturels et historiques nous renvoient à cela . De nos résistants et nos chefs religieux, en passant pas les “combattants politiques” des années de braise. Mais c’était avant que le mot “politicien” ne soit inventé avant la mort de la honte. Of course nous savons qu’elle est l’essence de la decision politique. On sait tout qu’on n’est dans la configuration d’un acteur rationnel. Les états prennent des decisions “négociées” entre les différents acteurs en concurrence et ils se déterminent pas en fonction d’un seul problème mais d’une multitude de problèmes et d’enjeux locaux, nationaux internationaux et a court terme souvent. Mais le problème de fond c’est comment encadrer les “decisions” et mitiger les logiques “politiciennes”.
C‘est là où il est important de “protéger ” les mécanismes d’aide à la décision et de créer une reddition des comptes. Pour que l’expertise puisse s’exprimer sur les questions majeures au-delà des positionnements politiques. Une élite compétente mais totalement partisane ne peut faire ce travail. Une administration “obligée” par le pouvoir légitime, coercitif ou de la “carotte” de maquiller les statistiques ou de déformer les rapports ne peut pas non plus faire ce boulot. Face aux jeux multiples des acteurs loin d’être neutres, il faut asseoir une gouvernance solide que personne ne peut tripatouiller. Sinon on va naviguer entre des expertises en “dormance”, des administrations de “contribution” et une quête obsessionnelle de leadership positionnel mais sans dessein national. Ce dernier explique la transhumance et le ballet des “vautours”. On ne peut pas demander à un charognard d’être l’aigle. Mais on peut réfléchir sur l’écosystème.
Comment tuer dans l’oeuf les cellules corruptogènes. Comment dissuader les gens de transformer l’assemblée en une arène nationale. Comment protéger le petit fonctionnaire contre les abus positionnels, contre le harcèlement politique. Beaucoup de gens qui nous demandent d’entrer en politique nous disent en filigrane de changer leurs sorts en les laissant “accéder” aux privilèges qui percolent. Et puis il y a le pouvoir des ego. On verra que dans quelques mois, Sonko va être combattu pas par Macky par une partie de l’opposition. Le ” new kid on the block” fera face aux “business as usual” qui n’ont pas envie de laisser la place de “dauphin” au petit venu avec son discours “simpliste” et “mains propres” qui va les envoyer la retraite.
 
Un retour sur l’essence de la decision…Petit, tu es inconsciemment incompétent. Tu ne lis pas encore les “jeux des ombres qui tirent les ficelles” sur la monnaie, sur le pétrole, sur les contrats. Tu ne comprends pas encore le “subtiles chantages” des conglomérats qui poussent à allonger la “carotte ” nuitamment. Nous sommes en plein dans une guerre de style…le temps que les électeurs impatients et le peuple souverain décident du personnage à qui on va confier les destinées d’un peuple désabusé par des politiciens professionnels qui bouffent la grande partie de  nos ressources nationales.
NKEN
 
 
 
 

LA RÉPUBLIQUE, LES CARICATURISTES ET LES PÂLES DESSINATEURS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
www.ndukur.com

Janvier 2016 tirait sa révérence quand avant de mourir de sa belle mort, il nous léguait l’histoire douloureuse des sacs de Seck Waly. Le jeune Waly sortait avec un sac et notre vieille république tremblait dans un brouhaha de honte et d’invectives. Les branchés et fans du jeune artiste seront pourchassés et agressés comme de vulgaires homosexuels pour une société pourtant naguère tolérante voire complice de ces désorientations sexuelles hors normes admises. Il est vrai toutes proportions gardées. Fin 2018, Waly, toujours artiste perspicace redonne des sueurs froides à cette république des apparats et des apparences surveillée par des moralisateurs désincarnés et incapables de respecter la liberté d’expression des artistes. Il nous est revenu avec ses dentelles. Certains qui sont en check down en nous offrant l’image de slips troués reviennent lui faire la leçon. D’autres voient chez eux des filles sous leur responsabilité sortir les fesses et seins en l’air dans les rues érotisées de Dakar…Sans crier haro ! Nous sommes ainsi en pleine apothéose du désespoir …certains Sénégalais font feu de tout bois et se nourrissent de ces buzz.

Fin janvier 2016, c’etait aussi le grand péché de la caricature du Cheikh du mouridisme par Jeune Afrique. La mobilisation s’amplifia crescendo pour dénoncer des lobbies homosexuels derrière cette énième attaque contre l’islam et ses Cheikhs. D’ailleurs, le rectificatif de JA était juste subtile car, à y regarder de près, la caricature remplaçante n’avait fait que conceptualiser une image proche d’un imam. Sans doute cette nouvelle caricature avait t-elle échappé à plusieurs observateurs, la caricature étant un métier d’une redoutable et renversante subtilité. Tous les imams du monde devraient d’ailleurs battre le macadam dans toutes les villes pour se plaindre de la caricature de substitution. N’empêche, le plus important aussi est de lire la façon dont les adeptes du Cheikh ont perçu dans leur intériorité cette caricature satanique.

Cette caricature donne l’occasion de parler de nous-mêmes et de notre rapport à nos saints. En vérité, la véritable caricature originelle, dans ce Sénégal, c’est d’avoir fait de nos grands marabouts soufis des “icônes” qui sont associées à tout et très peu à l’essentiel …Nous louons leurs louanges sous les tentes et dans les cabarets aux lumières tamisées. Nous jurons en mentant souvent en leur nom. Nous les associons à toutes sortes de déviationnisme et de folklore. Et presque jamais, personne ne pipe mot ou très timidement ! Même lorsque les familles confrériques mettent en garde contre ces déviances, les violations symboliques se poursuivent.

Voilà pourquoi ce jeune garçon, Waly Seck, à peine sorti de la puberté, et qui comme par magie fait un “leapfrog”, grand saut pour entrer dans le monde nouveau du show-biz, met dans un seul registre et son sac mimétique et son statut de “Baye Fall” et cette trouvaille vestimentaire qui hérisse les poils à fleur de peau des parangons autoproclamés de leur ordre moral contre la créativité artistique du jeune homme. La vraie “rectification” aurait été de demander que nos cheikhs ne soient plus mêlés à des formes d’associationnisme non religieux, véritables gangrènes sur leur dos. Cette « rectification » tardera à arriver tant le contrôle social a enfanté une société d’une très vieille démagogie. Il y a la vérité des “salons feutrés” et la vérité du consensus public avec ses profondeurs démagogiques particulièrement à la sénégalaise à plusieurs variables morales. Voilà le mal profond d’un pays qui manifeste contre des caricatures légitimement mais qui défie dans le mensonge et l’associationnisme quotidien ses cheikhs.

Au Sénégal, il y a des narratifs magico-religieux que personne n’ose questionner. Ils ont été distillés de la même manière : par le tapage et l’intimidation presque organisés tellement, ils sont réguliers. Notre pays continue d’entretenir le mythe du « doomu Soxna »Seigneur ! comme si nos braves mamans à nous qui prient avec leurs forces matinales au plus profond d’elles n’étaient pas aussi vertueuses, si dévouées, et totalement dignes de nous et pour nous … Au point que nous devons tous payer cette tare “congénitale ” par une “soumission ” à un ordre qui n’est pas celui du grand et unique maitre et juge incontestable de ses suiveurs. Pourquoi ce principe serait-il une exemption sénégalaise qui d’ailleurs ne saurait prétendre ni à la paternité berceau de l’islam ni à celle de la piété la plus sacrée de la umma ?

Cette sacrée « anomalie » aurait même traversé l’espace politique, avec en toile de fond, des logiques dépassées de castes enfouies dans les subconscients pour neutraliser des adversaires politiques. D’où le dilemme entre l’égalité et l’équité. Nous pouvons bien « manger » l’argent des «castés ». Mais nous rechignons à ce qu’ils nous dirigent au nom de nos factices positionnements sociaux d’une autre époque. Certaines castes l’ont bien compris d’ailleurs et utilisent leurs ressources pour « s’ennoblir ». Nous devrions un jour faire face à nous-mêmes et accepter de gérer ces contradictions qui ne grandissent pas notre nation.

Comment bâtir une république de “Nawlė” tout en reconnaissant nos différences héritées à notre insu ? Nous vivons au quotidien ces formes perverses de falsification historique et religieuse qui nous dispensent de nous regarder en face. Pourtant le discours de nos saints est sans équivoque sur l’urgence de retourner à Dieu et ses recommandations. Des minorités sociologiques efficaces dans la manipulation ont fini d’infiltrer tous nos espaces politiques et religieux pour dénaturer les véritables enseignements de nos respectés guides religieux qui sont au-dessus de tout soupçon matérialiste.

Nous pouvons continuer de feindre nos peurs et nos démagogies, la véritable caricature qui mérite une vraie mobilisation religieuse est de se battre contre tous ces pâles dessinateurs qui révisent et violent par caricatures et/ ou par mélodies endiablées au quotidien les enseignements exceptionnels de nos saints et guides religieux. Sous ce rapport, il nous faut exorciser toutes les caricatures et faire face à nos nous-mêmes sans honte et dans la dignité pour construire une République réconciliée avec des valeurs intrinsèques de foi et de principes émancipés.

NKEN

LE GROUPE ETHNIQUE DES PEPELS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Ethno—photographe
www.ndukur.com
www.ndourawaly.com
A l’instar des Balantes, des Mancagnes, des Manjaques…, les Pepels sont encore plus méconnus. Ce sont des populations qui vivent principalement en Guinée Bissau et au Sénégal, notamment à Ziguinchor (dans les quartiers de Santhiaba et Tiléne) et à Dakar (Grand Yoff). L’histoire renseigne que certains sont originaires de la région de Biombo en Guinée-Bissau.
Tout comme les Mancagnes, trois raisons principales expliquent leur mouvement vers le territoire qui deviendra le Sénégal. Ce sont d’abord les raisons sociales, puis les raisons économiques (du fait du déséquilibre économique qui existe entre les deux puissances colonisatrices après la signature de la convention franco-portugaise de mai 1886) et enfin les raisons politiques (guerre de libération des années 70s).
Regroupé sous la dénomination générique abusive de “langues minoritaires”, du fait de la faiblesse des locuteurs, le “pepel est une langue de l’ensemble Niger-Congo, de la branche ouest atlantique du groupe Bak” (Ndao, 2010). Nous pouvons distinguer 5 sous-groupes linguistiques : biombo, prabis, safim, bigimita et tor qui se comprennent entre eux. Cependant, force est de constater que le statut linguistique des Pepels est très complexe du fait qu’ils (Pepels du Sénégal) ont délaissé leurs langues au profit du créole, utilisé comme langue inter-groupe et le wolof comme langue véhiculaire.
Au plan des ordres, les Pepels ont un roi qui se nomme Kasima Ko. Ils sont souvent tisserands et portent des noms comme Ko, Ka, Té, Sah, Indi, Nanky. En Guinée Bissau, les personnalités tels que João Bernardo Vieira, ancien président de Guinée-Bissau et le général Veríssimo Correia Seabra, ancien chef d’état-major sont membres de cette communauté. Au Sénégal, nous pouvons citer Jules Francois Bocandé, ancien international de Football.
© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. Novembre 2018

ATTENTION, DANGER !

Le nouveau slogan de campagne du Gladiateur serait …. « Vaincre ou mourir ». Mais la démocratie peut-elle se réjouir d’une telle alternative guerrière porteuse de violence et de souffrances ? Ce cri de guerre n’apparait-il pas, plus comme un défi ou une menace, qu’une invitation au peuple à lui accorder sa confiance ? On peut se demander légitimement ce qui a amené cet « enfant du peuple » plus préparé à s’occuper des vaches et à labourer la terre, à qui la démocratie a permis d’atteindre les sommets de l’État, à épouser un esprit kamikaze pour garder les rênes du pouvoir. Cette posture suicidaire serait-elle motivée par un désir inassouvi de jouissance du pouvoir ou par la peur de devoir rendre des comptes après sept longues années de forfaits et de forfaitures ?

De tels propos, au moment où Ndoumbélaan se réjouit d’avoir résisté, grâce à sa maturité politique et citoyenne, aux démons de la violence qui hantent le sommeil de nos voisins, ne sont pas s’en rappeler un autre slogan qui a failli détruire un pays frère que nous chérissons : « On gagne, ou on gagne ».
Mais le Gladiateur est-il réellement prêt à mourir ou se prépare-t-il à semer la mort dans le royaume pour se maintenir au pouvoir ? Prions pour que les élections à venir soient autre chose qu’une épreuve de force où la kalache moins usuelle en démocratie prendrait la place des cartes d’électeurs. Il est en tout cas à craindre qu’il emporte des vies avant de partir, puisqu’il partira. Car il partira parce que le pouvoir éternel n’appartient qu’au Seigneur, et il n’est pas le Seigneur.

Ndoumbélaan a renié Le Gladiateur, condamné sa façon de gouverner, souffert de ses promesses non tenues, regretté la disqualification des mœurs politiques et même des valeurs morales tout court. Cette évidence, les citoyens l’ont exprimée en public et ruminée dans leur intimité. Et ce ne sont pas les théories moribondes d’un communiste flagorneur repu après soixante ans de disette, ou reconverti aux vertus du libéralisme qui vont convaincre Goorgorlu du contraire. On ne peut que s’étonner de l’acharnement de ce shériff sans étoile, peut être chasseur de prime, (mercenaire idéologique selon un journaliste de la place), à traquer sans répit « le despérado », des tropiques au Canada, en passant par les prairies du Far West.

En démocratie, il est souhaitable que le verdict des urnes soit le seul critère de sélection des dirigeants. Toute autre mesure en aval ou en amont de la libre expression des citoyens est suspecte. Comment exprimer sa préférence en démocratie ? Et surtout comment la traduire ? Idéalement par les urnes, à défaut par la rue, quand les instances de dialogue démocratique auront perdu leur côte de crédibilité ou alors lorsque le camp d’en face refusera de s’y soumettre en bandant les muscles. Le parrainage tel que conçu est une primaire à ciel ouvert avec des voix arrachées sous la menace à des subalternes ou achetées à des Goorgorlus tenaillés par la faim. Uniquement axée sur le nombre en ignorant la morale, alors qu’une simple obligation de déclaration de patrimoine obligerait tout ce petit monde qui s’agite à rentrer sa queue entre les pattes, le parrainage du Gladiateur est une mesure suspecte.
Après l’addition arithmétique des voix discordantes des « frères ennemis » et celles du peuple des Assises (abusé dans sa bonne foi), qui ont permis son accession au trône de Ndoumbélaan, le Gladiateur qui rêve du destin du sphinx, a sournoisement échafaudé un plan de liquidation des acquis démocratiques que beaucoup de pays africains nous envient et que nous croyions irréversibles.

Mise sous perfusion des dinosaures affectés au nettoyage de leurs propres écuries, y compris en décrétant une allégeance sans condition quand c’est possible (kenn du ma yaxal sama teraanga), ou en inventant des tentatives d’assassinat pour permettre à sa milice de faire le reste en appliquant « la loi » ;
Banalisation des Assises et de la CNRI ;
Déstructuration du processus de la décentralisation, puis neutralisation politique, économique et sociale des collectivités locales ;
Offre d’impunité aux prédateurs de deniers publics aussitôt incorporés dans la légion des intouchables ;
Chasse aux opposants politiques et aux simples citoyens coupables de refus de soumission à ses ordres ;
Mise en place d’un bataillon de transhumants politiques, et sociaux ;
Utilisation des moyens de l’Etat (toutes ressources confondues) pour confisquer au moins 50% des signatures des potentiels électeurs (« parrains»), alors que la loi ne lui en exige que 1%.
Tentative d’intimidation de la société civile accusée de prendre parti pour le parti de la démocratie.
Au lieu de travailler pour se faire accepter, le Gladiateur a plutôt choisi de détruire tous ceux qui pourraient se dresser devant lui et contre son second mandat. Son refus de combattre n’est pas seulement un manque d’élégance ou une peur de perdre. C’est surtout la hantise de l’expression démocratique du peuple à laquelle il ne survivrait pas.

C’est ce défaut qui fait de lui un danger national.

Il a politisé les dossiers criminels en accordant la liberté conditionnelle à des assassins contre un éventuel soutien électoral, criminalisé des dossiers politiques en incarcérant des militants coupables d’avoir des avis discordants avec leur secrétaire général en les accusant de « tentatives d’assassinat » d’un fidèle allié. Il a radié des fonctionnaires pour leurs opinions politiques et enrôlé l’ensemble des cadres de l’administration du royaume sous son joug plus que sous une idéologie. L’arrogance avec laquelle il les oblige selon ses humeurs à déserter les bureaux pour aller défendre ses intérêts est pitoyable.

Il a causé la mort ou blessé des apprenants qui réclamaient du pain, mis à la porte des milliers d’étudiants pour n’avoir pas honoré ses engagements vis-à-vis des privés venus au secours de l’école en proie à toutes les difficultés. Il continue malgré tout à clamer toujours que les contrats sur la cession nébuleuse des licences d’exploitations de nos ressources naturelles sont transparents. Et il rétorque à ceux qui l’écoutent encore, que ceux qui en parlent n’en savent rien, comme si les contrats étaient transcrits en latin ancien.

L’obsession du trône a enfanté chez le Gladiateur une mare de contradictions. Comme un vieux crocodile, il a pondu et enfoui sous le sable ses œufs de monstres dont l’éclosion prématurée infeste son territoire.
Il s’est résolu à mettre d’immenses ressources aux origines nébuleuses au service des « citoyens ordinaires» pour se faire pardonner du clergé musulman ;
Il a organisé nuitamment la fuite du célèbre « voleur de deniers publics » et menacé de « laisser la justice s’appliquer» si jamais il revenait avant son hypothétique réélection. Mais ne risque t-il d’être traduit comme complice pour l’avoir assisté en toute connaissance de cause à se soustraire de cette justice indépendante avec nos milliards ?
Après avoir défendu les bienfaits de la colonisation qui offrait des desserts aux tirailleurs, il a nié avoir délibérément bradé nos ressources aux étrangers. Maintenant, il revient pour défendre ses choix en déclarant : « Les Pays sont risqués : il y a les maladies, il y a les guerres. Donc ceux qui viennent, sont tellement courageux qu’il faut tout leur offrir» (sic). Donald Trump avait dit moins que çà en nous qualifiant de pays de merde.
Il déclare la justice indépendante et s’arroge le droit de traduire qui il veut et de « mettre sous le coude» les razzias discontinues de ses amis.

Aujourd’hui, le Gladiateur constate à ses dépens que sa volonté de « réduire l’opposition à sa plus simple expression » est un échec. Dans son entreprise de la terre brûlée, il a juste réussi à défolier de gros arbres sans réussir à les dessoucher. Et le vide qui en a résulté s’est transformé en terreau fertile ayant permis l’émergence de nouvelles pousses qui hantent son sommeil.

Jusqu’où ira-t-il ? Et surtout jusqu’à quand le laissera-t-on faire ? Ceuy Ndoubelaan !!!

Bandia, Novembre 2018

ÉCOLE DES SCIENCES SOCIALES APPLIQUÉES EN BASSE CASAMANCE (ESSABC) : NOUS Y SOMMES (VIDÉO)

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
www.essabc.com
www.ndukur.com

ESSABC est une école bâtie sur une vision de réinvention des sciences sociales en Afrique. Un projet ambitieux mais qui fait le lien entre les apprentissages et les demandes et exigences réelles. L’objectif de cette école est de rétablir ces décrochages et décalages entre un enseignement des sciences sociales bâti sur des connaissances livresques souvent extérieures à nos contextes et nos vraies réalités qui méritent d’être intégrées dans les curricula.
Ces parcours originaux sont inscrits dans une thématique générale qui rend hommage à la Casamance à travers ce parcours formatif intitulé : LA CASAMANCE AU PLURIEL. 11 parcours sont prévus à partir de décembre 2018. Des informations appropriées seront publiées bientôt pour les intéressé(e)s (conditions d’inscription, planification et lieux des parcours formatifs (Abéné et Oussouye dans la région de Ziguinchor).

Notre site www.essabc.com est entrain d’être mis à jour. Inscrivez vous sur le newsletter en vue de recevoir à temps réel toutes les informations. Merci infiniment à Oumar Sall administrateur et gérant de ESSABC pour le travail discret et efficace. Vos avis sont les bienvenus. ESSABC, une école pour diffuser des savoir au service de nos terroirs.

NKEN

LE TEMPS DE LA PAROLE. LE TEMPS DU SILENCE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Je n’avais pas suivi la déclaration et les commentaires relatifs à Sonko. L’exercice politique est des plus périlleux à l’image de la politique elle même. Un penseur disait que c’est une autre façon de faire la guerre. Il a je crois raison. Particulièrement dans nos contextes. Être opposant, c’est être en perpétuelle guerre contre les ordres dominants. Certains ont payé par le licenciement,  d’autres par la mort  si ce n’est la transhumance pour éviter le couperet. Subtilement ou explicitement. Ici ou ailleurs. Même les régimes politiques les plus réputés “démocrates” n’ont pu atténuer la violence symbolique de la politique comme prolongement cynique et subtile de guerre.

Je  crois que le mot fusiller est malheureux. Mais l’esprit c’est mettre fin aux pratiques politiciennes. Pourtant dans l’analyse des discours publics, beaucoup pensent la même chose que Sonko. Même si cela relève d’un usage langagier relâché pour exprimer des dégoûts et des dépits. Il n’y a pas une langue qui fourche. Il existe des sentiments profonds qui s’expriment et des imaginaires structurants. Il faut en assumer la quintessence et prendre le parti de l’expliquer voire de le justifier.

Je crois que Sonko est coincé dans triple contrainte qui impacte sur sa communication. 1. Il ne peut pas rester au front tous les jours. Faut savoir gérer les temps de présence et d’absence. Temps de parole et de silence. Idy le fait bien. Le Sénégal a besoin de gestionnaires vertueux et avertis pas d’un justicier. Et puis si les institutions marchent, la question des prévarications peut être réglée dans le cadre de nos lois et règlements. Faudrait il que les politiciens qui veulent diriger ce pays soient conséquents sur leur réelle volonté de rupture.

2. Je perçois une autre question très sérieuse. La plupart des gars de la diaspora ont une vision tronquée de la réalité. Sans doute toute proportion gardée. Ce n’est pas péjoratif bien au contraire. Je dis à certains de mes amis, restons pas seulement sur internet. N’essayons pas de transposer la gouvernance d’ailleurs. Context matters. Voilà un concept structurant qui doit être au fondement de nos évaluations politiques et de nos stratégies de communication. Comme tout pays,  le notre a sa sociologie spécifique que les sociologues enchâssés dans leurs bureaux et amphis n’arrivent pas toujours à nous expliquer. Ndukur peut parler des indépendantistes casamançais sans échos. Imaginons si c’est l’enfant de Bessire ou Bassire qui le dit. Les bien pensants nationalistes démagogues auront fini d’avoir sa peau.

3. Je peux me tromper mais j’ai le sentiment que Sonko est débordé sur ses flancs entre les ultra nationalistes, les ultra religieux, les non alignés…Comment gérer ces forces centrifuges et excentrées sans compter manifestement un travail d’infiltration pernicieux qui fonctionne efficacement. L’impasse discursive peut provenir aussi de la gestion de ces pluralités de postures qui cherchent démocratiquement à inclure les positions complexes d’une coalition. L’un dans l’autre dans un contexte de massification de son parti,  il devra réfléchir sérieusement sur la saturation communicationnelle de son discours politique. Organiser son parti.  Consolider son implantation de façon contrôlée mais souple. Certains pôles qui y sont déjà attendent la prochaine faute pour le “quitter”, prochaine étape organisée devant les caméras. Après tout c’est toujours le peuple souverain qui décide en dernière instance.

NKEN

“LA CHARTE DU GAINDE” POUR UNE VRAIE CONSTITUTION ALTERNATIVE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le pays est dans un buzz permanent qui occulte souvent les débats de fond. La campagne électorale précoce a installé la pays dans des contrariétés qui ont fini d’exploser les partis qui se disputent des leadership contestés. A l’image d’un parti historique comme le PDS de Me Wade. Et le pays est en pleine métastase à l’image d’un Madické qui  fait parti de ce cancer. Les cellules corruptogènes sont partout. Avec une réelle alternance, les prédateurs issus du PS, du PDS seraient soient en prison ou tout au moins mis sur la touche. Aujourd’hui ces “microbes” gangrènent notre vie politique. De Madické à Pape Diop en passant par Tanor, Fada, Aliou Sow et tous ces petits monstres. C’est un vaste front de vampires (politiciens professionnels marabouts affairistes, presse de laudateurs et hauts fonctionnaires corrompus).

Hier quelqu’un me parlait de l’enrichissement des patrons de presse et des petits animateurs de la bande FM et des télévisions. Au moment où les professeurs, les médecins et fonctionnaires croupissent dans la misère. Les “gorgorlus” n’en parlons pas. Eux deviennent de plus en plus riches. Alors c’est normal qu’on nous installe dans le buzz. Ces scories servent de diversion. Ces “microbes’ ont encore plus peur que mackycron. Un Sénégal transparent et géré sur la base de la méritocratie serait un écosystème hostile pour le front affairiste qui peut être le seul parti. Elire c’est se choisir. Pour eux, que l’écosystème corruptogène demeure. Peu importe le president s’il coopère.

Si on analyse le contexte sous l’angle de Macky seulement on va faire fausse route. D’ailleurs l’nstinct grégaire des fossoyeurs opère en ce moment. De gré ou de force (epée de Damoclès de la CREI) ils de retrouvent pour chasser en meute. Sous la bannière de l’APR mais aussi à travers des candidatures de contributions. Brouiller les pistes, installer la cacophonie mais avec le dessein de garder le statut quo, au forceps si nécessaire. La société civile aurait pu exiger des “candidats” un pacte minimal de rupture. 5 points importants que tout le monde s’engage à faire respecter ou appliquer et qui consacre la rupture avec les pratiques de prévarication en cours depuis 1960. Une réflexion à approfondir. 1. Je pense au tripatouillage de la constitution. 2. La séparation des pouvoirs. 3. L’organisation des élections. 4. Un cadre de transparence dans la gestion des fonds publics. 5. La “dépolitisation” de la haute administration

On aurait pu avoir cette plate forme minimale. Mais oui l’expérience des assises a montré que quelqu’un peut briser le pacte. Mais si on arrive à bâtir une constitution si solide que même le plus grand bandit qui arrivera au pouvoir en 2078 ne peut tripatouiller, ce serait un grand pas. La société pourrait proposer une constitution alternative. “La charte du Gaindé”. Pour faire référence à celle du Mandé. Il faut des idées novatrices et utiles si on veut élever le débat. Le vrai silence de la société civile et des élites, ce serait cela. Décrire savamment les stratégies de maintien du statut quo ou dénoncer les dérives ne suffisent pas. Pour paraphraser Martin Luther King, on retiendra le silence. On ne peut pas laisser Sonko “entretenir” la révolte. Si les gens aspirent à une “révolution”.

Sans doute pouvons nous “consulter” nos amis du groupe Refondation sur les 5 aspects abordés plus haut. Mais avec des actes concrets dont on peut faire le suivi autour de ce projet de constitution alternative qui doit être infalsifiable et verrouillé pour les 100 prochaines années. Imaginons aux USA si Trump pouvait tripatouiller la constitution américaine. Imaginons si Macron pouvait mettre en prison ceux qui démissionnent de son gouvernement. Imaginons si Niasse et Tanor sont capables de coacher Macky et de lui filer des stratégies “préda – fascistes”. Dans ce cas, pourquoi notre intelligence collective ne devrait pas sortir des réponses. Un pacte anti “vire capot” (transhumant pour parler comme les canadiens) qu’aucun “candidat téléguidé” n’osera signer. C’est je crois cela l’urgence d’un pays qui a tant besoin d’une plateforme politique minimale de rupture.

NKEN

 

SEXE,  RACE ET COLONIES DÉVOILE LES HORREURS SEXUELLES DANS LES COLONIES PENDANT SIX SIÈCLES 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Un grand événement scientifique de septembre dernier. Il porte la marque de de 97 chercheurs, anthropologues, historiens, sociologues, sous la direction de Pascal Blanchard. Un ouvrage collectif intitulé “Sexe, race et colonies”. Les auteurs y dévoilent le plus grand tabou de la colonisation. Six siècles de prédation, de  viol sexuels à l’échelle des territoires colonisés.

“Par l’accumulation des images sidérantes de corps exotisés, érotisés, chosifiés, «Sexe, race et colonies», (…) vient jeter une lumière crue sur un pan occulté de l’histoire des empires coloniaux, véritables «empires du vice» où la domination des corps va de pair avec la conquête des terres”.

https://mobile.lesinrocks.com/2018/10/08/actualite/les-auteurs-de-sexe-race-et-colonies-reviennent-sur-les-polemiques-111132351/ https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180928.OBS3132/sexe-race-et-colonies-un-viol-qui-a-dure-six-siecles.html

NKEN

 

FRANCOPHONIE, UN LEURRE ET UNE DISTRACTION DE LA FRANÇAFRIQUE

 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La francophonie est dans un nouvel élan historique. Elle va vraisemblablement larguer Madame Jean,  la canadienne,  au profit de la Rwandaise, l’anglophone. Curieuse organisation mais somme toute cohérente. Le Quatar y était admis sous Diouf. Sans compter le Ghana, le Mexique. Le Sénégal sous Macky fidèle à son père socialiste mercenaire fait le lobbying pour faire admettre cet abominable régime des Saoud qui tue des milliers d’enfants au Yemen. La France observe un silence gêné même si elle est derrière cette supercherie.

Certains intellectuels africains ne s’y sont pas trompés à l’image de Mabanckou et Kako. Alain Mabanckou avait refusé de participer au projet francophone d’Emmanuel Macron. Le président Emmanuel Macron avait proposé à Alain Mabanckou de collaborer avec Leïla Slimani pour «contribuer aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie». L’auteur de Petit Piment lui répondait acerbe, dans une lettre ouverte publiée sur BibliObs. http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/01/16/37002-20180116ARTFIG00149-alain-mabanckou-refuse-de-participer-au-projet-francophone-d-emmanuel-macron.php

Kako depuis fort longtemps aussi tire sur cette francophonie. Il pose le débat sur les contradictions historiques de la francophonie et offre des pistes de recentrage de son action. https://www.jeuneafrique.com/641724/politique/tribune-a-quand-la-francophonie-des-peuples/. https://www.financialafrik.com/2018/09/21/pour-une-francophonie-de-laction/amp/. On se rappelle du même Kako qui tirait aussi sur le  CFA.

Ce même Kako Nubukpo le Directeur de la Francophonie Économique et Numérique avait été viré pour avoir osé tirer sur Macron. Ancien ministre de la prospective du Togo, le gars est un anti-CFA qui a toujours gardé sa liberté de ton. Il avait sorti en octoblhttp://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/franc-cfa-m-macron-il-ne-faut-pas-dormir-sur-la-natte-des-autres_5221951_3212.html.    un ouvrage intitulé : Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ? Il avait déjà  tiré violemment sur Macky puis Alassane Ouattara. Les gens avaient grincé les dents mais cette fois c’était Macron. Face à cette témérité, il a été dénesfestré avec violence. Le mot n’est pas fort. On lui avait demandé de remballer bagages en 48 heures. L’économiste avait décidé de poursuivre son combat jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête clairement. http://www.liberation.fr/debats/2017/12/05/quand-macron-occulte-la-question-du-franc-cfa_1614619. http://www.jeuneafrique.com/500602/politique/francophonie-comment-kako-nubukpo-sest-retrouve-sur-la-sellette-a-loif/. http://news.icilome.com/?idnews=841798&t=oif–kako-nubukpo-ejecte. https://www.financialafrik.com/2017/12/08/kako-nubukpo-brutalement-limoge-de-loif/

Cela nous montre les contradictions autour de la francophonie actuellement. Il y a beaucoup de confusions autour du rôle de la France. Elle donne 35% du budget. Et c’est le pays qui défend le moins la langue française. Même au sein de l’UE elle ne fait rien. Une étude a montré qu’en 1998, 37% des documents de la commission européenne étaient en français. Il n’était que de 3,6 % en 2015. Pourtant l’UE compte 114 millions de francophones et 16 millions d’apprenants en français et 17 de ses états sont membres de l’OIF. La France ne fait rien pour que le français soit une langue de travail ni a l’UE ni aux Nations-Unies.  Aujourd’hui tous les pays francophones d’Afrique sont obligés de rédiger et de soumettre leurs projets au fonds vert climat en anglais. Ce qui les paralyse totalement pour l’accès aux financements par rapport aux pays anglophones.

Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’en réalité la francophonie sert de leurre. C’est une distraction par rapport à la vraie Françafrique. Je suis étonné que des intellectuels de haut vol ne puissent pas comprendre cela. La France a ses propres stratégies en Afrique et ses instruments de “coopération” à travers ses réseaux dormants, l’AFD, ses entreprises, etc. Ils maintiennent une présence symbolique dans la francophonie sans d’ailleurs y mettre beaucoup de ressources : Autour de 35%. D’ailleurs la défense de la langue française n’est même plus le combat de la France. Ce sont les pays et provinces à enjeux linguistiques comme le Québec, la Wallonie, etc. qui se battent pour cela. Je suis désolé. On leur offre un punching-ball pour se défouler et être endormis. C’est l’écrivaine  Leïla Slimani qui représente Macron pour la Francophonie. C’est une stratégie de communication. La France a pendant longtemps contrôlé la cellule gouvernance et droits de l’homme de la Francophonie. Pour symboliquement les communiqués de presse pour les atteintes aux “droits de l’homme” et les observations des élections. Maintenant c’est un canadien qui est à ce poste. Leila est certes une bonne écrivaine (prix Goncourt 2016) et a des origines maghrébines mais son rôle est totalement bénévole. Alors que chez nous on a un Penda Mbow. Elle a rang de ministre !

Pourtant, nos “experts” sont censés comprendre ces ressorts. Ils prennent des vessies pour des lanternes. Même sur l’esclavage en Lybie. On est tombé dans le panneau. En offrant la meilleure communication possible à l’Union européenne. Une fuite savamment organisée et l’émotion prend le dessus. On marche, on tweet, etc. Pour dissuader les migrants et les ramener à la case départ,  ce que tous les programmes de surveillance des frontières payés par l’UE n’ont pu faire. Deux, on nous fait “découvrir ” un secret de polichinelle, la déliquescence de la Lybie et les trafics de personnes et d’armes légères. Trois on en profite pour “phagocyter ” l’épineuse question de la jeunesse africaine qui symbolise à elle seule la faillite de nos régimes et on le “simplifie ” en une question migratoire. Pour éviter de faire face à ceux qui “restent” et pour qui on a aucune solution depuis 1960. On occulte l’ingéniosité des jeunes africains qui sont entrepreneurs, créateurs, diplômés et qui sont en exil dans leurs pays. Et on orchestre la venue de Macron qui vient parler aux jeunes africains. Le père de famille défaillant qui appelle un étranger à venir raisonner ses enfants. Et pour couronner le tout on convoque un 5e sommet Union africaine-UE pour parler de l’investissement ” dans la jeunesse africaine. Alors que aucun de ces pays n’est capable de brandir une stratégie jeunesse cohérente, centrée sur les priorités des jeunes et démontrer que des ressources nationales sont consacrées à cela. En dehors du clientélisme politique. La preuve il faut regarder le profil de nos ministres de la jeunesse.

Je ne sais si les gens se rendent compte du symbolisme de ces africains qui l’année  dernière “marchent” contre l’esclavage dans toutes les villes africaines et européennes. Ou étions nous quand la Lybie se faisait dépecer ? Nous sommes des lâches. Et puis on nous vend une sorte de césure entre une Afrique du nord (esclavagiste) et une africaine noire subsaharienne – peut être francophone aussi – qui est la victime. Le Cameroun qui est un des pays à commencer à rapatrier ses migrants est symbolique. Un ancien protectorat allemand, puis divisé encore entre les reliques de la colonie française et celle britannique . Bilingue (sous tension permanente ) et modèle de mal gouvernance. Qu’ a t-on fait depuis 1960 pour gérer et intégrer ce que j’appelle “les nord problématiques”. En Mauritanie, au Mali, au Niger, etc. l’Azawad, le conflit touareg, le problème au nord du Nigeria, etc. datent d’avant al Qaïda. Ces dernières années il y’a eu une sorte de “marchandisation” des migrations. Aidez nous sinon ils vont vous envahir et on ne pourra les retenir. Et on exhibe nos pauvres pour se faire aider. Comme le font nos mendiants sur les grandes artères et feux rouges de nos villes. Programmes de lutte contre la pauvreté. Ou maintenant les raccourcis de l’émergence avec des cibles minimalistes, de préférence très “visibles” et basées sur l’endettement et le bradage des ressources. Soyons clair. On ne dit pas qu’ il faut rester silencieux devant l’esclavage. Ou que la Francophonie est innocente (ce n’est pas vrai). Mais nous devrions faire plus d’efforts pour ne pas confondre l’accessoire de l’essentiel pour passer aux côtés des vrais enjeux manipulateurs d’un monde et d’un système de propagande et de manipulation internationales qui nous ont souvent fait perdre du temps. Ou juste faire perdre du SENS, ce qui est la défaite fondamentale d’un intellectuel.

NKEN