NOTRE OUVRAGE “FROM TENDA TO AJAMAAT”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Socio-anthropologue
Matar Ndour, Photographe

Il a la gueule déjà et aborde les processus initiatiques des cultures du centre (Sérères), du Sud (Bassaris, Bediks, Ajamaat). Il est préfacé par le Pr. Abdou Salam Fall, sociologue et chercheur à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Il regroupe des articles rédigés par plusieurs chercheurs. Sa parution est prévue pour bientôt.

© Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Matar Ndour et ANKN

“KOLEE” DU ROYAUME D’OUSSOUYE

Abdou Ndukur Kacc Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Photographe
www.ndukur.com

Le Kolee bat son plein en ce dimanche 12 juin 2016 dans le royaume de Oussouye, le Kassa en Basse Casamance. Littéralement, en jolaa d’Oussouye, le Kolee signifie un récipient de 60 litres. Pour sa célébration, tous les quartiers de Oussouye doivent offrir chacun 60 litres de vin de palme en l’honneur du Roi Sibiloumbaye Diédhiou.

Le Kolee est la fête qui prépare l’autre grande fête royale qui s’appelle le Hùmabal. Les deux fêtes se tiennent en règle générale entre les mois de mai et octobre. L’organisation du Kolee est intimement et strictement liée à l’intronisation d’un Roi. Sans un Roi, pas de Kolee. Cependant, à l’origine, le Kolee était une fête des amoureux, une sorte de Saint Valentin judéo-chrétien.

Depuis 5 heures du matin, le royaume vit aux rythmes des danses et luttes entre les 17 villages du royaume de Oussouye. Un cérémonial rituel précis accompagne ces combats matinaux avec notamment la disponibilité dès 5 heures de mêts traditionnels ajamaat pour les lutteurs : souvent une sauce feuille à base de noix de palmiste et du poisson, le kong. On reconnaît le bamaxene en jolaa Oussouye plus connue sous le nom de fitafou en basse casamance.

Les anciens lutteront contre les plus jeunes dans le but pédagogique de leur apprendre les techniques de combat. Il ne s’agit pas de combat classique de compétition mais bien d’une cérémonie initiatique d’apprentissage pour maîtriser les clefs des luttes sans frappe.

Entre 17h et 18 h, tous les quartiers du royaume vont se rencontrer dans une place publique strictement interdite à ceux dont les pères ne sont pas originaires de Oussouye. Une belle occasion mystique pour détecter les potentiels meilleurs lutteurs qui pourront recevoir des pouvoirs mystiques de sages détecteurs de futurs champions.

Entre 17 h 30 et 18 h, la procession qui ira vers la place publique sera accompagnée par le Etonaat. Le Etonnat est une musique royale jouée à partir de tams-tams sacrés. Cette musique royale sera jouée de la place publique de Batefousse (quartier qui gère le royaume) au Kàii. Là où se trouve le royaume proprement dit. Voilà pourquoi le Roi s’appelle aussi en Joola d’Oussouye Àii. Le kàii symbolisant le royaume. Il est aussi connu sous le titre de maan.

Le Kassa tout comme la Basse Casamance, un réservoir de traditions strictement codifiées. A y voire de près, on comprend mieux que ces processus initiatiques n’ont rien à envier aux autres formes de socialisation formatrices des hommes et des femmes. Bien au contraire. Mais puisque nous sommes si autistes à parler plus de Halooween que de Kolee.

Texte : ANKN
Photo : Matar Ndour

@Projet ethno photographique, juin 2016. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour & ANKN

FROM TENDA TO AJAMAAT
MOFAMATI TENDA BÉÉ MOFAMATI AJAMAAT ( JOOLA )
GËR ANGOL AND TENDA XANI GËR AJAMAAT ( BASSARI )

EMISSION RADIO SUD FM SUR LES IDENTITÉS CULTURELLES AVEC NDUKUR ET MATAR

PROJET ETHNO-PHOTOGRAPHIQUE SUR LES IDENTITÉS CULTURELLES : FROM TENDA TO AJAMAAT

Abdou Ndukur Kacc Ndao (Socio-anthropologue) et Matar Ndour (Photographe)

Une émission de la journaliste Régina Sambou portant sur le projet ethno-photographique d’un socio-anthropologue (Abdou Ndukur Kacc Ndao) et d’un photographe (Matar Ndour). Une explication par la radio des cultures des peuples Tenda (Bassari, Bedik, Cognagui) et Ajamaat (Diola). Sans compter le Sine (Serere). Un projet innovant qui combine la socio-anthropologie, la photographie et la caméra pour comprendre les tréfonds culturels des cultures invisibles du Sénégal.