KAPET DE BANA  : L’INTELLECTUEL BAMILÉKÉ DE L’AGIR ET DE LA PRISE DE PAROLE 

 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

“Il ne faut que l’on vous empêche d’agir. Faites les choses, on verra ensuite pourquoi il ne fallait pas les faire. Expérimentez, validez ou invalidez. Si vous invalidez, allez dans d’autres sens, ainsi de suite. Si cela n’aboutit pas aux résultats attendus, les générations suivantes verront que vous les aviez commencées, iront dans le sens, rénoveront, réformeront ou innoveront, mais il faut agir”. Professeur Kapet de Bana.

Partout en Afrique  – même si le vieux continent n’est pas heureusement que ça – prolifèrent des haines ethniques.  Ils vont s’entretuer en RDC et dans les Grands Lacs. En Guinée Conakry c’est toujours tendancieux entre malinke et peuls. Au Nigeria c’est le cas des Igbos, au Cameroun des bamileke, au Mali entre touareg et Peuls. ..Chacun d’entre eux sont considérés par les autres comme des étrangers. Sans parler de la Côte d’Ivoire. Au Maroc ce sont les berbères, etc.

Apprendre aux africains leur l’histoire a toujours été voulu par certains intellectuels africains. Parmi ceux ci, on peut citer le professeur et grand intellectuel bamileke Kapet de Bana. Vous trouverez ses enseignements dans son site : http://africa.smol.org/. Il fait partie de ceux qui nous ont montré la voie de l’engagement, celui de notre devoir de prendre la parole. Professeur Kapet est né en 1938 et nous a quitté en 2015. Je vous recommande la lecture de ses travaux.

NKEN

[OUVRAGE] DIAMNIADIO. NAISSANCE D’UNE NOUVELLE VILLE : ENJEUX ET DÉFIS D’UNE NOUVELLE GOUVERNANCE DURABLE

RESUME LIVRE DIAMNIADIO

Diamniadio. Naissance d’une nouvelle ville : enjeux et défis d’une gouvernance durable

Cet ouvrage de 223 pages, est rédigé par les Dr Djibril DIOP et Aly Sada TIMERA. Il est structuré en trois parties et onze chapitres.

Face à l’encombrement, les occupations anarchiques, les difficultés de mobilités et d’accès au logement, Dakar qui concentre le quart de la population, plus de 55% du Pib et plus de 80% de système de production du pays, était devenu un handicap dans son processus d’émergence. Afin de positionner la métropole sénégalaise comme acteur majeur dans la compétition que mènent les villes au niveau mondial pour mieux, sous la volonté du Président Macky SALL qui a donné corps à une vieille idée, le pôle urbain de Diamniadio a vu le jour dont l’ambition est d’allier fonction résidentielle et existence d’activités, pour plus de fonctionnalité. Mais le concept de ville nouvelle n’est pas une nouveauté, plusieurs expériences existent à travers le monde.

La première partie du livre aborde la problématique des nouvelles villes dans le monde face au fait urbain. En effet, officiellement, selon l’ONU, depuis le 23 mai 2007, l’humanité vit majoritairement  dans les zones urbaines. Désormais, plus d’un humain sur deux vits dans une ville et un septième de la population de la planète habite une agglomération urbaine millionnaire. D’ici à 2050, le nombre de citadins devrait doubler, selon Onu-Habitat (2008), soit une multiplication par 10 en un siècle, entre 1950 et 2050. C’est là l’une des mutations majeures de l’époque contemporaine.

Dans un monde qui s’urbanise à un tel rythme, les villes sont plus que jamais les moteurs de développement. Elles sont aussi le lieu d’une foule d’enjeux et de défis (transports, gestion des ressources, environnement, santé, sécurité publique, etc.). Comme premier défi, il y a la question de la maîtrise du territoire. Comme deuxième défi, il y’a la question de la gouvernance des aires métropolitaines. Et comme troisième défi, il y a la question du financement. Or, les villes sont les filles de la civilisation de leur époque. Chaque ville porte l’imaginaire de la société qui la porte et les atouts économiques dont celle-ci dispose. Par la création de nouvelles villes, on entend éviter les erreurs urbaines du passé, en particulier en imposant des normes strictes de construction et de planification de l’espace. A ce titre, les nouvelles villes visent l’aménagement de véritables espaces de vie et d’activités.

Par ailleurs, dans l’approche des nouvelles villes, le lien est établi entre urbanisation et lutte contre la pauvreté. Une des originalités conférée au projet de création de nouvelles villes est aussi de lutter contre la monocentrilité et la promotion de centres secondaires susceptibles de contrebalancer le poids tyrannique du centre principal. Ainsi, dès le départ, l’idée d’aménagement de la centralité régionale apparaissait au cśur d’un tel projet.

Pour structurer leurs propos, les auteurs du livre font le tour de plusieurs expériences de nouvelles villes à travers le monde et analysent les fonctions essentielles qui leur sont assignées ainsi que leurs caractéristiques. La fonction initialement assignée à une nouvelle ville conditionne fortement sa localisation, son organisation, les catégories socioprofessionnelles de ses habitants et usagers ainsi que sur son évolution dans le temps : pôle de croissance, comme cité scientifique, comme cité industrielle, comme moyen d’organiser des espaces neufs, comme aménagement de l’espace métropolitain entourant une grande agglomération pour éviter des extensions anarchiques de la périphérie ou comme moyen de favoriser la mixité fonctionnelle. Or, le plus souvent, on note un fossé entre le vśu et la réalité du terrain. Néanmoins, la politique de nouvelles villes constitue un enjeu majeur pour beaucoup de pays émergents pour mieux se positionner sur l’archipel métropolitain mondialisé (AMM).

Ainsi, il est important de mettre l’accent sur la durabilité de la nouvelle ville en prenant en compte le long terme qui se traduit par l’intégration d’une certaine souplesse dans l’aménagement et un potentiel d’adaptabilité dans la mise en place du projet. De même,  l’attractivité et la compétitivité de la nouvelle ville dépendent  son accessibilité par le biais de moyens transports et d’infrastructures routières adaptés. Egalement, la nouvelle ville ne doit pas être considérée comme une simple cité dortoir pour la métropole. Il est important aussi de favoriser l’émergence d’un noyau urbain capable de retenir ses habitants et d’en attirer d’autres à travers une multitude de fonctions et d’offres de services. Enfin, il est tout aussi nécessaire de mettre l’accent sur les règles urbanistiques et architecturales pour mieux impacter par l’attractivité du projet au travers de l’image qu’il véhicule.

La deuxième partie de l’ouvrage présente la genèse de la naissance de la nouvelle ville de Diamniadio ainsi que ses caractéristiques; depuis le projet de mise en place d’une plateforme. L’ouvrage met en relief la volonté politique du Président Macky Sall qui donna corps à cette nouvelle ville dotée de toutes les infrastructures et commodités d’usage cumulées à une Zone Économique Spéciale Intégrée (ZESI) pour en faire faire un vrai centre attractif en profitant de la position stratégique de Diamniadio sur  l’échiquier national. Les auteurs présentent aussi dans cette partie les justifications qui sous-tendent la réalisation de cette vielle idée ainsi que la composition et le modèle d’aménagement conçu pour cette nouvelle ville, notamment le volet résidentiel comme catalyseur, et qui représente 30% de sa superficie compte tenu des défis liés à la problématique du logement dans la région de Dakar. Les auteurs mettent aussi l’accent sur le volet création d’emplois qui structure le projet avec l’édification d’un parc industriel et le projet de délocalisation sur le site d’une dizaine de ministère techniques et la création de nombreuses infrastructures et équipements (écoles, universités, hôtels, centres commerciaux, etc.) qui généreront également de nombreux emplois directs et indirects.

L’édification de la nouvelle ville de Diamniadio est aussi présentée comme le pendant opérationnel du Plan Sénégal émergent (PSE) qui constitue désormais l’orientation stratégique du Gouvernement sénégalais pour conduire le pays vers l’émergence économique à l’horizon 2035, en stimulant la croissance et en favorisant un développement social, solidaire et inclusif pour l’accès à l’habitat de toutes les catégories sociales.

L’édification de la nouvelle ville de Diamniadio qui repose sur la mobilisation de moyens financiers innovants est aussi présentée comme une magnification du partenariat public privé, tant au niveau national qu’international.

La troisième partie du livre aborde les défis et les enjeux liés à la gouvernance de la nouvelle ville. Combinant démarche industrielle, préoccupations socioéconomiques et harmonisation territoriale, la nouvelle ville de Diamniadio suscite de nombreuses attentes. Parmi les défis les plus-en vue, il y a la question foncière dopée par la nouvelle dynamique urbaine. Le développement de ce pôle urbain a fini par être au cśur de toutes les convoitises en matière foncière. Comme autre défi posé par les auteurs du livre, il y a aussi, la problématique sécuritaire dans un contexte d’insécurité globale; ce qui pose l’impératif pour l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour en faire une ville  sûre et inclusive. En effet, il est supposé un  lien évident entre la violence, la pauvreté et les inégalités en milieu urbain. L’essentiel étant de déterminer les facteurs qui mènent aux situations de violence et de mettre en place des moyens d’endiguement pour une meilleure sécurité urbaine pour les résidents et les usagers de la nouvelle ville. Dans le même ordre d’idées, les auteurs abordent la problématique de la durabilité de la nouvelle ville de Diamniadio. En effet, depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, il y a une prise de conscience sur les liens entre Population/Environnement et Développement. Ainsi, les villes sont au cśur de la problématique du développement durable. Pour cela, il est important, selon eux, de placer l’édification de cette nouvelle ville dans un contexte de réchauffement climatique en accordant l’importance qui sied aux aménagements naturels et aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) pour en faire une ville intelligente et résiliente. Les activités visées pour promouvoir cette nouvelle ville sont fortement créatrices de valeur ajoutée, notamment dans les secteurs industriels, commerciaux et des services. Or, ces secteurs modernes ne s’inscrivent pas dans une logique de consolidation des activités économiques traditionnelles locales mais plutôt dans une dynamique d’édification d’un tissu économique concurrentiel excluant ceux-ci du système nouveau. La question est également de savoir si la nouvelle dynamique urbaine favorisera la mixité sociale telle que projetée dans la volonté politique. N’entrainera-t-elle pas  un processus de gentrification malgré cette mixité sociale recherchée? Ce qui en ferait une ville d’exclusions au lieu d’une ville inclusive. Sans remettre en cause leurs pertinences, les auteurs s’interrogent également sur l’efficacité des options présentées pour favoriser la mobilité urbaine et l’accessibilité à la nouvelle ville.

Pour toutes ces  raisons, les auteurs s’interrogent sur le modèle de gouvernance prévu pour la nouvelle cité à la lumière de l’expérience française en la matière et des dispositions prévues dans le cadre du transfert de compétences aux collectivités locales. En effet, à la lumière de l’expérience française avec la nouvelle ville de Cergy Pontoise en banlieue parisienne, ils pensent que ces options peuvent ne pas répondre aux attentes.

En conclusion, selon les auteurs, si le projet de nouvelle ville à Diamniadio est pertinent dans le positionnement du Sénégal comme pays émergent en 2035, il est tout aussi important de définir un programme de planification urbaine à l’échelle du pays pour assurer un aménagement cohérent du territoire et ainsi favoriser un développement équilibré du pays. Autrement dit, la stratégie gagnante ne serait-elle pas de miser sur le dynamisme économique des régions périphériques qui, en renforçant leur attractivité soulagera naturellement la pression sur la métropole sénégalaise qui ne sera plus le seul pôle d’activités et d’emplois. Car c’est bien le constat lié à l’absence de relais et l’incapacité des villes secondaires à offrir des conditions de vie adéquates à leurs résidents- eux-même en proie à un fort déficit en terme d’accès aux services urbains de base- qui a conduit à la concentration et à la complexité des problèmes de gestion de l’aire métropolitaine dakaroise.

PRÉSENTATION DES AUTEURS

Djibril Diop est titulaire d’un doctorat en géographie de l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, d’un DEA de l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail et d’une maîtrise en géographie (Environnement) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dr Diop est aussi titulaire d’un master en Stratégies et politiques de défense de HEI-Paris. Il est auteur de plusieurs livres et articles sur la décentralisation et la gestion municipale au Sénégal. Dr Diop enseigne à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal (Canada) et intervient à l’École supérieure d’économie appliquée (ESEA, ex ENEA). Le Dr Diop est membre fondateur du Réseau stratégique pour une Afrique urbaine durable (RESAUD) – Université de Montréal.

Aly Sada Timéra est titulaire d’un doctorat en sociologie urbaine de l’Université Paris VII Diderot, d’un DESS de l’Institut français d’urbanisme et d’un DEA en urbanisme et aménagement de l’Institut français d’urbanisme et de l’école nationale des Ponts et chaussées de Paris (Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et Paris VIII). Dr Timéra est également titulaire d’une maîtrise en géographie (Aménagement) de l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail et d’un diplôme d’ingénieur en Aménagement du territoire de l’École nationale d’économie appliquée ENEA). Dr Timéra enseigne à l’École supérieure d’économie appliquée (ESEA, ex ENEA). Il est co-directeur de RESAUD-Sénégal.

LES BALANTAS EN ETHNONYME

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Ethno-photographe

Les balantas représentent le premier groupe ethnique avec 30% de la population bissau-guinéenne. Au Sénégal, ils sont moins de 1%. En Guinée Bissau les balantes vivent à Bissora et dans le Catio. Au Sénégal, ils sont dispersés entre la moyenne (majoritairement) et la basse Casamance le long des frontières et en Gambie. Les balantas ont fourni le plus gros contingent pour lutter contre l’occupation portugaise avec récemment le PAIGC d’Amilcar Cabral sans compter de fortes résistances des chefs balantes qui ont toujours donné du fil à retordre aux occupants portugais.

Leur ethnonyme est significatif de ce refus qui les caractérise. Balanta en effet vient de “i-balanta” qui signifie “ils ont refusé”. On se rappelle qu’au XVIé siècle, les balantas avaient refusé de suivre le roi Koly Tenghéla dans sa croisade et sa remontée vers le Fouta Toro. Une autre version nous est venue de Idy Bodbé Mané, anthropologue qui indique que “l’ethnonyme Balante n’a pas vraiment pour origine “i-balanta”. Cette interprétation est certainement une pure création des autres groupes comme les Mandingues qui ont été à la tête de l’empire du Gabou. Cette lecture a même évolué lorsque les Mandingues, devenus musulmans, disent que les Balantes sont appelés ainsi parce qu’ils ont refusé de se convertir à l’islam. La bonne piste vers laquelle il faut aller, s’il s’agit de faire l’histoire de l’ethnonyme, c’est rechercher dans la langue balante l’origine du nom. “L’homme” en balante se dit “alanté” et les “les hommes” “Bilanté”. Jusqu’à présent ces termes sont utilisés par les Balantes. Il y a donc plus de probabilité que l’ethnonyme vienne de là et que toutes les autres acceptions soient issu des des rapports interethniques dans l’histoire. D’ailleurs, les Balantes ne s’appellent pas eux-mêmes ainsi, ils utilisent le terme “adia” et pluriel “bidia” avec des déclinaisons suivant la sphère géographique. Par exemple, on a les “bidia lib”, “bidia bigandia”, “birassa”, etc”.

Peuple d’agriculteurs, les balante-Ganja ou Fjaa ou Fraase sont environ 96.000 locuteurs et sont localisés entre le Goudomp et le Tanaff au Sénégal (http://ndukur.com/cartographie-ethno-linguistique-du-seneg…/). Sans compter les balanta-kentohe avec plus de 400.000 locuteurs en Guinée Bissau (nous reviendrons sur une typologie plus fine des balantas). Ils parlent “balante” linguistiquement classé dans la division des langues nigéro-congolaises et sous la subdivision des langues bak à limage du Bandial, du Bayot, du Edjamat, du Gusiilaay, des Diolas Fogny, Kassa, Karone, du Keeraku, du Kuwaataay, du Mancagne, du Mlomp au Sénégal.

Leurs patronymes sont à consonance portugaise : Lopez, Marques, Preira, Sadio, Vieira, Da Sylva, Yalla, Diatta, Mansal, Mané.

Photo : Matar Ndour. Un balante de la Guinée Bissau avec son bonnet rouge, signe d’un initié.

Copyright : Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et Ndukur Kacc Essiluwa Ndao. Juin 2018.

ARABES OU AFRICAINS : QUI A AGRESSE LE PREMIER ? REPONSE A TIDIANE NDIAYE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Dans cette vidéo, ce “lugubre” historien s’attaque à l’ouvrage de l’anthropologue Tidiane Ndiaye, Le génocide voilé et à certaines thèses de l’historien Cheikh Anta Diop. Sa thèse principale est de s’interroger sur qui entre Arabes ou Africains a agressé le premier ? Après un long développement sur des aspects linguistiques pour démontrer que Tidiane n’a aucune maitrise de la langue arabe et signaler les erreurs qui en découlent, il pose l’idée que ce sont plutôt les africains qui le premier ont agressé les arabes à travers les éthiopiens qui avaient agressé la Kaaba et versé le premier sang arabe. Mieux pour lui, ce sont les africains qui sont les premiers à coloniser les arabes et ont été les premiers à attaquer les lieux de culte de l’islam.
Il insiste sur des concepts arabes, accuse Tidiane et Cheikh d’être des musulmans ou de culture arabe sur la base de leurs patronymes après avoir accusé CAD de franc maçon et contesté le fait qu’il est un panafricain. On voit bien d’ailleurs comment des thèses arabo-musulmans comme cette vidéo s’attaquent à celles de Cheikh Anta en considérant que les africains ne font que s’agripper à une brillante civilisation égyptienne et sont incapables de bâtir leur propre historicité. Voilà pourquoi, certaines thèses de Cheikh Anta Diop leur sert d’angle d’attaque pour détruire les chercheurs africains en ramènent tout à un arabisme primitif.
Finalement, il critique tout sauf l’essentiel en travestissant les faits et en confondant systématiquement les musulmans et les arabes. Il ne dit rien sur le détestable système d’esclavage arabe depuis le 6e siècle jusqu’à nos jours. Et toutes les agressions systématiques des arabes qui ont institué les eunuques (castration) au fil des siècles et décimé des millions d’africains soit pour les réduire en esclavage (y compris leurs co-religionnaires africains) soit pour leur imposer l’islam. En considérant que ce sont les africains qui sont aussi des esclavagistes. Il a absolument raison. Mais sous estimer la traite arabe, c’est un grave falsificationnisme historique pour des arabes qui ont massacré des millions d’africains au nom de leur suprématie arabe.

Bonne écoute pour vous faire votre propre idée.

INTERVIEW AUDIO EN WOLOF RFM XALAM MAG AVEC MME YADE RAMA CISSOKHO, MATAR NDOUR, NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO   

Au micro de Xalam Mag de la radio RFM, la styliste Mme Yade Rama Cissokho, le photographe Matar Ndour et l’anthropologue Ndukur Kacc Ndao. Comment concilier ces 3 approches pour saisir les expressions et complexités culturelles de nos peuples en mutations ? Quelle est la spécificité de chacune d’elle ?

Les 3 artistes exposent des points de vue croisés et démontrent comment les sciences humaines et sociales sont larges dans leurs domaines de définition. Une émission en version wolof avec Ndaté Diop de Radio Futurs Médias  (RFM) du Sénégal.

@ Projet ethno-photographique, Entre imaginaires et réalités. NKEN et Matar Ndour,  Septembre 2018

LES FORCES DE L’ORDRE ET LES CITOYENS : AU – DELÀ DECROIX

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le pays s’émeut de la violente policière. La vidéo montrant Decroix traînée comme un pauvre chien enragé est d’une telle tristesse. On ne peut pas comprendre cela. Il a y a l’esprit et la lettre face aux ordres de la hiérarchie policière qui méritent questionnement. Ce corps est malade. Immanquablement un jour un policier se fera violenter par des manifestants. C’est déjà arrivé parfois dans des conditions tout aussi détestables à l’image du meurtre du policier de Colobone sous Wade. Les gens se taisent devant ces “faits divers “. Que Decroix soit humilié laisse indifférent. Peu importe son parcours, peu importe qu’on soit d’accord avec lui ou pas. Lui au “moins” il se bat depuis des décennies.

Les jeunes policiers sont de plus en plus mal formés, arrogants et violents. Ils ont de plus en plus un rapport de violence jouissive sur de pauvres citoyens. Cette gifle est de trop parce qu’elle est faite devant les caméras. Elle cache mal la profondeur de la violence gratuite dans les commissariats, les autres lieux de détention, dans la rue ou à l’occasion de marches pacifiques. Notre police nationale est de plus en plus mal préparée à faire face aux techniques de maintien de l’ordre. Et les gauchistes anarcho les appelaient souvent force de “désordre” tant les ripostes sont disproportionnées.

Il faut voir dans les lieux de détention comment les “délinquants” sont cuisinés. Une vraie foire de torture. Les procureurs à défaut de pouvoir les ramener à l’ordre, ont implicitement laissé passer ces formes puériles d’extorsion d’aveux. Il faut observer comment dans les commissariats les réponses désinvoltes sont fournies aux citoyens. Il faut voir comment dans les rues, ils harcèlent et menacent voire violentent des conducteurs s’ils ne les arnaquent au quotidien. Il faut subir parfois l’outrecuidance de policiers lors de contrôle dans la rue ou dans un bar restaurant qui demandent à votre épouse ou votre compagne son carnet de santé. Et vous embarquent à la moindre protestation.

Mais notre police nationale, ce n’est pas que ça. Elle compte aussi, tous grades confondus, des agents irréprochables conscients des droits des citoyens. Dans une de ses thèses centrales, le  Parti de l’indépendance et du Travail  (PIT -Sénégal) écrivait à juste titre que ces forces de sécurité et de défense ne sont pas homogènes et que nous devrions éviter les généralisations abusives sur leur nature de classe. Mais le déficit de formation enfonce la gangrène. La solidarité de corps faisant bloc, les impunités se sont poursuivies et se sont aggravées.

Se posent alors des questions de fond. A t’on préparé ces pauvres policiers à  une meilleure protection des citoyens en veillant au respect de leurs droits et libertés ? Que dit le code de déontologie de la police  en la matière ? Il faut partir de là. Par exemple au Canada – à défaut de disposer du code sénégalais – le code de déontologie de la police dit clairement ceci :

” Le policier ne doit pas :

avoir recours à une force plus grande que celle nécessaire pour accomplir ce qui lui est enjoint ou permis de faire;faire des menaces, de l’intimidation ou du harcèlement;porter sciemment une accusation contre une personne sans justification;abuser de son autorité en vue d’obtenir une déclaration;détenir, aux fins de l’interroger, une personne qui n’est pas en état d’arrestation”. Il me semble que ce même code régit notre police nationale? Le principe général est limpide. Si la société a voulu que le policier ait une place si privilégiée en son sein et une autorité morale incontestable, elle n’accepte toutefois pas que les policiers s’en servent à d’autres fins que celles prévues par la loi. Eux aussi sont affectés par le déficit de formation, la culture rampante du rapport de force, le déficits  criards de personnels, des commissariats architecturalement inadaptés,

La culture de l’impunité a tout gangrené. Bien évidemment, la police n’y échappe pas. Ces jeunes policiers sont aussi parfois des victimes du système . Qui sont-ils ? Comment sont ils devenus policiers  (par défaut ?), quelle formation ont-ils reçus, comment sont -ils encadrés ? Comment sont -ils armés psychologiquement pour éviter que les “usagers ” ne servent d’exutoire à leurs propres frustrations, etc. Et on se demande quelle réforme pour notre police nationale ? De façon plus générale pour nos forces de sécurité. Une réflexion qui mérite d’être engagée.

NKEN

INTERVIEW AUDIO RFM XALAM MAG AVEC MME YADE RAMA CISSOKHO, MATAR NDOUR, NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO

Au micro de Xalam Mag de la radio RFM, la styliste Mme Yade Rama Cissokho, le photographe Matar Ndour et l’anthropologue Ndukur Kacc Ndao. Comment concilier ces 3 approches pour saisir les expressions et complexités culturelles de nos peuples en mutations ? Quelle est la spécificité de chacune d’elle ?

Les 3 artistes exposent des points de vue croisés et démontrent comment les sciences humaines et sociales sont larges dans leurs domaines de définition. Une émission en version française avec Ndaté Diop de Radio Futurs Médias  (RFM) du Sénégal.

@ Projet ethno-photographique, Entre imaginaires et réalités. NKEN et Matar Ndour,  Septembre 2018

[INSTRUMENT MUSIQUE] : KÂBISA ET EEMBELE : PERCUSSIONS AJAMAAT

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Un instrument ambivalent. Tantôt profane pour animer les cérémonies de danses et de lutte. Tantôt sacré pour annoncer des nouvelles mortuaires ou rituelles…Tantôt destiné exclusivement pour les hommes. Tantôt pour les femmes. Ce qui déconstruit des préjugés d’un kâbisa homme car il en existe qui sont destinés aux femmes. Sur ce registre, la société ajamaat est des plus démocratiques et inclusifs. Ce que possèdent les hommes. Les femmes les possèdent. La différence réside dans la nature des rituels même si tout le monde s’accorde sur la puissance des baachin (fétiches) des femmes sur ceux des hommes.

Le kâbisa est très similaire au eembele une autre variante. Les hommes et les femmes ont chacun son eembele raison pour laquelle le toucher est strictement interdit selon son sexe. Le Kâbisa a un son plus lourd que celui du eembele. Ils sont faits à partir du caïcédrat ou du fromager. Instruments mythiques, le kâbisa et le eembele sont sculptés dans la forêt. Ses techniques de fabrications et de mise en sonorité sont encore des secrets jalousement gardés. Lors de sa fabrication. Il est interdit à un non initié d’y participer.

Le kâbisa, un des instruments les plus populaires en société ajamaat. Il est un véritable instrument de communication sociale qui fédère ces peuples dans des cérémonies sacrées ou profanes. C’est cette ambivalence qui en fait un instrument connu et utilisé dans toute la Casamance. Il vient compléter un riche patrimoine culturel et musical. Son usage reste cependant bien codifié et un aspect de sa sacralité impose des limites connues à la musicologie moderne ajamaat obligée de se conformer aux interdits.

© Projet ethno photographique. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.

LES “BADOLO” ET LE “SYSTEME”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Le Sénégal inquiète. Il était bon élève pas pour les autres mais d’abord pour nous mêmes. Des démocrates au péril de leur vie ont imposé la liberté de pensée et de parole. Ses dirigeants actuels emprisonnent leurs adversaires politiques en s’appuyant sur les leviers d’Etat. Des mises à mort d’Etat. Comme qui dirait des coup d’Etat. Alors on se demande si c’est le système ou les hommes ? Sans doute le système. Mais l’analyse serait biaisée si elle refusait de voir comment ce système est influencé par les hommes. Une vielle épistémologie fonctionnaliste ou systémique qui a traversé les sciences sociales et humaines. Les gens qui sont mal éduqués, “baadolo” et sans aucun sens éthique brisent tous les codes. Avant, nous n’avions pas de codes écrits mais la parole donnée et le “diom” faisaient foi. Si la parole de Macky n’est “stable ” il faut voir en lui. Tous ces milliardaires qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger qui sont ils. ? Pour la première fois, on a un ministre des finances foncièrement “policien”. C’est plus grave que d’avoir le ministre de l’intérieur politicien. Les ressources du pays sont détournées a des fins politiques. La détermination des investissements et de notre endettement à des fins électoralistes. Et cette classe politique de milliardaires riches par le “fait politique” ..Ces milliards qui percolent chez les juges mais pas seulement eux. On le voit dans la presse.
Aujourd’hui l’homme le plus malheureux au Sénégal, c’est peut-être Wade. Diouf est mieux traité que lui. Diouf, ce petit bourgeois bureaucratique et parasitaire qui continue au loin de régenter des mains invisibles insoupçonnées.  C’est très injuste. Ses “enfants” ont “dégénérés”. La triste prouesse de Macky, c’est de passer de “baadolo” (ce qui est très louable et devrait être un modèle de méritocratie ) à “baadolo” (sans pudeur, ni retenu, capable de tout, lui qui est parti de rien et à qui Dieu a offert un destin très singulier). Wade (qui n’est pas un saint) avait son fils qu’il a voulu faire passer avant. Ce gars noué au pied du lit (sa femme et sa belle famille), sa famille, les lobbies étrangers et je ne n’ose pas dire son ethnie (mais il a sur-joué avec cette bombe). Nous sommes en plein mélodrame avec ce narratif sensible qui crée plus qu’un malaise. Le temps de crevé le puant abcès.
Le débat actuel se focalise sur l’intensité des forfaitaires des uns et des autres (qui a fait pire ou moins pire depuis 1960). Jamais sur les principes à faire respecter. Jamais sur le “autrement”. Car les mêmes ne peuvent jamais faire autrement. C’est demander à des mammouths de voler dans les airs car ils ne savent que “voler ” ..les deniers. Oui les gens vont crier au nihilisme. Mais cette corporation est incapable de changer le pays. A coup sûr Idrissa Seck les mettra en prison…? Mais encore une fois choisir, c’est se choisir. Au-delà de la rhétorique “facebookienne” et des “professeurs ” on ne peut pas être en “avance ” sur notre peuple. Il choisira le candidat à son image à moins qu’une vraie révolution politique ou militaire ne vienne siffler la fin de la récréation.
Photo  : Matar Ndour
NKEN

TAM-TAM BAÏNOUNK : LE ËINDUM

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Un ëindum (tam-tam) baïnounk encore jalousement gardé par notre ami Calixte Sagna de Djibonker près de Brin à la sortie du périmètre communal de Ziguinchor dans le Nyassia sur la route du Kassa.

Des percussions sacrées destinées à envoyer des messages connues des seuls initiés baïnounk et sans doute diola pour leur proximité rituelle. Akandijack Akinto Di-Jack avec qui nous partageons cette conviction montre dans un de ses travaux qu’il s’agit d’un même peuple (diola et baïnounk) mais qu’ils sont juste séparés par l’imagogie historique coloniale. Il est vrai que les violences symboliques entre les deux ethnies sont connues au plan matrimonial notamment avec les refus «intra-mariages». Mais la science historique pourra démontrer en définitive malgré les résistances identitaires qu’il s’agit d’un même peuple. Nous y reviendrons une autre fois.

Il faut être un initié pour taper ce tam-tam utilisé dans différentes cérémonies initiatiques et parfois festives ou pour des besoins de communication et d’information. Instruments percussionnistes pas très connus et presque pas utilisés dans la musicographie moderne baïnounk. A la différence du Kâbisa instrument mythique très connu avec plusieurs variantes et statuts (sacré et profane, kâbisa pour hommes et femmes..).

© Projet ethno linguistique. Signes et symboles. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.