LES PEULS (CHRÉTIENS) DU SÉNÉGAL ET DE L’AFRIQUE : HISTOIRE, SYNCRÉTISME ET MÉTISSAGE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Anthropologue

A une trentaine de km de Kabendou, ancien fort militaire vivent des peuls chrétiens. Ils sont 300 âmes et constituent presque 10% du village de Pakour Maoundé dans le département de Velingara, région de Kolda. Contrairement à des préjugés bien ancrés, il existe au Sénégal, des peuls d’obédience chrétienne. Le christianisme y est établi et il prend de l’ampleur avec un phénomène d’apostasie qui amplifie les effectifs. J’ai eu l’opportunité d’y avoir séjourné depuis bientôt plus de 10 ans et par curiosité d’avoir suivi plusieurs messes dominicales pour mes propres envies personnelles du temps de l’abbé Martin Ngom. J’ai pu observer que les prêches, chants se font en peul. Une vraie adaptation. Les peuls portent les noms connus des musulmans : Boiro, Balde, Kande, Gano, Diallo, Diao, Sabaly. Une vraie mosaïque culturelle et religieuse dans un contexte de grande tolérance religieuse et de dialogue islamo-chrétien. C’est aussi cela le Sénégal même si des mutations discrètes laissent penser que ce dialogue et cette tolérance subissent les contrecoups à évaluer avec finesses.

Amselle note dans Logiques métisses les dynamiques du syncrétisme ethnique. L’essentialisme ethnique est un construit et que l’histoire nous renseigne que des peuls sont devenus des malinkés ou inversement, des bambaras devenus des malinkés. ..Bastide parle aussi de ce syncrétisme religieux du côté du Cameroun ainsi que Amadou Hampathé Ba de ces peuples peuls du Macina. Les peuls, un groupe éthique fascinant qui est à la fois hébreux, chrétien, musulman, animiste. Un vrai arc-en-ciel culturel, géographique, religieux. C’est ainsi que nous trouvons encore en Afrique des rites Kabillistiques hébreux pratiqués par les peuls qui ont cheminé pendant longtemps avec ces derniers compte tenu de la proximité de leurs métiers de bergers.

Voici ce qu’en dit l’écrivain Thierno Diallo : “Les vrais éleveurs, ceux qui consacraient toute leur existence à l’élevage d’immenses troupeaux de bovins qui, aux yeux d’un profane, ne leur servaient à rien, appartenaient à une ethnie différente de la plupart des ethnies de l’Ouest africain. On les a désignés sous plusieurs noms (peul, poel, ful, fula, fellata, fulakunda, fulaani, fulga, fulle …) mais eux-mêmes se disaient pullo (plur. fulɓe) Population à vocation essentiellement pastorale, les Peuls ont suscité un intérêt certain dans le milieu savant au cours de ces cents dernières années, surtout depuis que l’intérieur de l’Afrique est connu.

Leur origine demeure encore énigmatique et leurs migrations incertaines. Qui étaient-ils ? D’où venaient-ils ? Maints anthropologues, géographes, ethnologues, historiens et explorateurs, ont tenté de donner une réponse à ces questions. De toutes ces hypothèses, les plus sérieuses, les plus cohérentes semblent être celles qui font venir les Peuls de la vallée du Nil. D’après elles, ils seraient des descendants d’anciens Egyptiens, Nubiens, Kouchites (du royaume de Kouch-Méroé) et de certaines tribus ou nations éthiopiennes, c’est-à-dire, issus des populations de l’ancienne Abyssinie. C’est sans doute dans cette direction qu’il convient d’orienter les recherches sur l’origine des Peuls nomades dispersés dans tout l’Ouest africain, de la vallée du Sénégal au bord du lac Tchad, présentant partout les mêmes traits, les mêmes caractères et le même genre de vie. On n’en compte aujourd’hui plus de 20 millions répartis aux quatre coins de l’Afrique. Une autre version sans doute plus mythique estime ceci “les peuls disent que leur origine remontent à “l’homme de Thor”, une ville du Sinaï d’où ils sont ensuite partis vers l’Égypte. À l’origine, il n’y avait que deux clans chez les Peuls, les Ba et les Ka. Les Ka ont donné les Kane, les Dia et les Diallo, un surnom de guerre qui veut dire “le résistant, l’indomptable “.

Quant à leurs migrations elles ont dû se produire à des époques différentes. On pourrait les diviser en deux phases :

La première aurait eu lieu à travers le Sahara, un Sahara humide qui n’était pas encore le désert. Partis de la vallée du Nil, les Peuls ou leurs ancêtres (les pasteurs à bovidés dont les traces subsistent sur les parois rocheuses du Tassili) seraient arrivés dans le Hodh de la Mauritanie actuelle, à une époque fort ancienne, “préhistorique”. La seconde, commencée dans le haut Moyen Age se prolonge encore en plein XXè siècle. Après avoir atteint les rives du Sénégal, les Peuls (incontestablement les mêmes que ceux d’aujourd’hui) commencèrent à reprendre le chemin inverse de l’ouest vers l’est, en direction du lac Tchad, comme pour rejoindre leur pays d’origine, les régions nilotiques ? Cette phase dite “historique” se déroula à travers la savane, beaucoup plus au sud du Sahara devenu entre temps un désert.

C’est au cours de leurs pérégrinations “historiques”, véritable odyssée, que les Peuls seraient arrivés dans le massif montagneux habité par les Jalonké. Peut-être que les premiers d’entre eux seraient venus en même temps que les Jalonké et constitueraient ainsi la plus ancienne vague de pénétration peule ? En tous cas les Jalonké ne semblent pas s’être trompés en les appelant pulli (ou puuli).

Crédit photo : Matar Ndour (www.ndourawaly.com)

NKEN

INTERVIEW NDUKUR. EXPOSITION PROJET ETHNO-PHOTOGRAPHIQUE MATAR NDOUR ET NDUKUR A ZIGUINCHOR

Du 15 au 31 mars 2017, le photographe Matar Ndour et le socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao ont exposé dans la galerie Zig Zag de l’Alliance française de Ziguinchor au Sénégal. Une exposition qui a pour thème les signes et symboles. Plusieurs cultures ont été exposées parmi lesquelles les bedik, bassaris, ajamaat, les sérères, peuls et lébous du Sénégal et les bijagos de la Guinée Bissau.
Dans cet entretien avec le Groupe Média du Sud, Mme Sankourou Tamba revient avec Ndukur Kacc Ndao sur les principales symboliques de cette exposition.
Entretiens…

 

ALLIANCE ENTRE POLITIQUE, PHILOSOPHE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Pourquoi les politiciens notamment disent toujours qu’ils sont surpris par tout ce qui arrive chez eux ? Les inondations, ébola, érosion côtière alors que l’information existe. Aujourd’hui, incontestablement, il n’existe presque plus de catastrophes naturelles mais des catastrophes aggravées  ou accélérées par leurs actions. Ce sont nos régimes politiques qui bouffent le domaine littoral, vendent leurs forêts, mettent de l’asphalte partout. comblent les bassins naturels et érigent des stades et des arènes dans les zones humides, créent de fausses villes mal assainies. Notre “nouvelle ville Diamniadio” en sera un des exemples illustratifs d’un mauvais aménagement qui risque de combiner habitats,  usines sans compter qu’elle aurait pu être une ville verte.

Et c’est une question qui se pose à tout le monde. Dans  tous les domaines de la vie nationale. Les grandes avancées historiques se sont déroulées chaque fois qu’il y a eu la découverte de paquet technologique (civilisation égyptienne, révolution industrielle , néolithique , etc.). Cette fois on a des paquets technologiques dans tous les domaines mais il manque des leaders pour les porter. L’association du “philosophe ” (en sens dès grands penseurs qui nous permettent de lier le bois et le bois), des savants (scientifiques pour apporter des solutions), des artistes (d’écrire un monde sous tous ses prismes, nous faire rêver (et oui) , et des religieux  (apathie, sens de la solidarité et l’équité ) a été un levier important. Aujourd’hui tous ces groupes nous vendent la même chose. ” la guerre” (apologie des différences, repli , pornographie de la pauvreté et de l’opulence, exploitation) et le ” jeu” (olympique, foot, Batman v Superman ou David contre Goliath, spéculation, politique. Oui nous sommes en face d’une vraie comédie ! Sur fond de déni permanent. La faute c’est l’autre ou le système financier dit mondial.

Mais comment réconcilier ce système de connaissances avec notamment les politiques pour qu’ils l’écoutent et en fassent un puissant levier de développement  ? Ils sont nombreux ces esprits lumineux qui veulent pas s’engager, laissant des vacuités et des impostures devenir des grands maîtres de nos incertaines destinées. En sommes, quel modus vivendi ?  On fait exactement ce qu’on leur reproche. Nous qui sommes dans une forme d’a-politisme désincarné et sans frais pour nos carrières et conforts consolidés. Notre modernité politique est entrain de bâtir des digues mais elle refuse de faire des passerelles. Ceci est un gros problème d’une modernité comique et de comédie.

Serait-il peut être plus facile de “taper” sur les pauvres politiciens ? C’est pourquoi il faut changer de discours. On devrait vendre un rêve, une aspiration réalistes. Montrer qu’un autre pays est possible. On est tout le temps dans le discours de l’otage. Et cela participe de l’infantilisation des citoyens. On assume qu’ils ne sont pas capables de décoder ce qui se passe. Bien sûr,  Ils le font avec leurs prismes et leurs outils. Par contre ils demandent des réponses qui sont souvent tardives car les porteurs légaux sont en déphasage et en décrochage permanents avec les porteurs légitimes. Dans ces conditions,  il  n’est pas étonnant qu’ils se délectent des “tubes de l’été” ou du prochain buzz d’un illustre artiste inconnu. ..

Photo  : Matar Ndour

NKEN

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LA CAVERNE D’ALI BABA

A la veille des importantes échéances législatives puis présidentielles, certains idéalistes en sont encore à regretter l’absence de programmes et de projets de société. Les discours des potentiels protagonistes vont rarement au-delà de dénonciations de l’adversaire, pour sa tête, son lignage, ses fonctions, ou ses pratiques pourtant légitimées par une constitution et des lois qui nous régissent. Est-il besoin de rappeler que notre royaume amorce un tournant historique à l’issue duquel plus rien ne sera plus comme avant. Les enjeux des consultations de 2017, puis celles de 2019 vont largement au-delà de simples querelles de chapelles. Et si certains cherchent à les gagner à tout prix, d’autres se refusent à les perdre quels qu’en soient les coûts.

Le vainqueur aura en effet la lourde charge de gérer un royaume pétrolier, en tout cas, de vendre le premier baril de pétrole et le premier mètre cube de gaz « made in Ndoumbélaan ». Centre d’intérêt de puissances financières, le royaume va bénéficier dune nouvelle tribune et de nouveaux partenaires dont l’influente OPEP capable de mettre à ses genoux les grandes puissances de ce monde. C’est pourquoi, les candidats ne peuvent pas s’abstenir de définir une ligne directrice de leur politique en matière de gestion de ce dossier. Malheureusement, le sujet reste tabou en dehors de critiques des scandales prématurés, annonciateurs d’autres scandales plus grands et plus pernicieux.

Autant les hydrocarbures peuvent être source de progrès, autant ils peuvent déstructurer et extravertir une économie nationale en étouffant des secteurs porteurs qui sont aujourd’hui à sa base, y compris le savoir-faire des ressources humaines qui s’y attachent. Il sera impossible de maintenir dans nos campagnes sans eau et sans électricité ceux qui nous nourrissent. L’éducation partira en lambeaux parce que, la valeur des têtes bien faites aura pris le dessus sur celle des têtes bien pleines. Le risque sera grand d’assister plus que jamais à l’exacerbation des tensions sociales, quand la misère se dressera contre l’opulence, quand l’arrogance et l’insouciance des rejetons de nouveaux riches fouleront du pieds nos valeurs et cracheront sur nos rites et sacrés.

Nous pensons donc que les recettes issues des hydrocarbures ne doivent pas être considérées comme une manne providentielle, laissée au bon vouloir dun gouvernement quelles que soient par ailleurs ses intentions et sa moralité. Il faut légiférer pour encadrer l’utilisation des recettes issues des hydrocarbures. La multiplication des organes de contrôle et de concertation ne serviront à rien dans un contexte où leurs membres nommés peuvent être relevés de leurs fonctions dès qu’ils se mettent au travail. L’histoire récente de Ndoumbélaan ne prouve-t-elle pas que l’exercice de contrôle est un métier à haut risque, et que les cadres de concertation, ne sont plus souvent que des prisons dorées pour les clients politiques à la recherche de sinécures ?

Élire sans légiférer sur la question des recettes issues des hydrocarbures, c’est donner le mot de passe de la caverne d’Ali Baba aux sept b. Et on voit mal de nouveaux élus s’atteler à dresser devant eux des instruments contraignants à leurs pouvoirs. C’est pourquoi, tous les candidats peuvent et doivent s’y engager. A coté des traditionnelles et éculées litanies d’approfondissement de la démocratie, ils doivent nous édifier sur leurs intentions, notamment leurs projets sur les questions comme :

– La part des recettes issues des hydrocarbures dans le budget de fonctionnement de l’État en termes de pourcentages,
– La répartitions de ces recettes dans les différents secteurs de l’économie nationale,
– Les mesures pour la défense de l’environnement y compris la réhabilitation des zones directement affectées par leur exploitation, ainsi que la restauration des autres écosystèmes,
– Les mesures de protection et d’indemnisation des populations directement touchées (autochtones et professionnels),
Etc.

Si la rumeur attribuant le différend entre le Gladiateur et un de ses compagnons venait à se confirmer, aucune loi ne pourrait les départager. Il n’existe en effet, aucun dispositif juridique efficient fixant les critères de choix pour octroyer ou refuser une licence à un tiers. Naturellement, le bon sens pencherait pour le plus offrant. Mais la constitution permet au Gladiateur de donner à qui il veut. On ne peut donc pas lui refuser cette prérogative sans remettre en cause des droits que lui confère une constitution, surtout si on a battu campagne à ses cotés pourquoi en soit ainsi. Demain aussi, il risque de n’y avoir aucune loi interdisant d’utiliser les recettes issues des hydrocarbures pour acheter des armes ou pour distribuer ouvertement des denrées à des populations affamées dans le but de gagner leur sympathie ou de calmer leur courroux.

Si de telles questions qui vont forcément nous rattraper à partir de la prochaine législature venaient à être éludées (inconsciemment ou à dessein), elles constitueraient une bombe à retardement qui va nous exploser à la figure. Les scrutins immédiats ne seront alors qu’une simple bataille localisée dont l’issue ne suffira pas à donner un verdict consensuel. Les résultats ne seront tout au plus qu’un verdict provisoire dun premier tour, induisant un second moins démocratique. L’éventuel verdict de ce second tour, lui-même d’être l’annonce dun troisième peut être sanglant. Astafirou lahi !

Ne soyons pas naïfs ! Il est impératif de nous préparer autrement que d’encourager une seconde coalition « supu kanja » sans lendemain parce quelle s’oppose simplement au Gladiateur considéré comme une grande désillusion pour ceux qui lavaient adopté sans vraiment le connaitre. Et ce n’est pas la qualité ou la crédibilité des membres de cette nouvelle coalition qui est en cause, mais bien l’impossible mariage de contraires et/ou d’intérêts antagoniques manifestes.

Dites nous la nature du royaume pour lequel vous militez, ou cherchez à nous engager à vous soutenir !
Dites nous pour quelle constitution vous vous battez : la république ou la monarchie ?
Dites nous ce que vous pensez des Assises Nationales et de la CNRI. Il est peut être important de rappeler que la coalition « supu kanja » actuellement au pouvoir les avait approuvées sans réserve même si le Gladiateur a fini par convaincre ses dirigeants d’oublier leurs engagements pour « en tirer ce qui est bon ».. pour lui.
Dites nous si l’Empereur revenant a renoncé à ses projets de dévolution monarchique pour être fréquentable et alternatif à la dynastie actuelle que vous combattez.

Nous dénonçons l’injustice qui a permis au Gladiateur de mettre derrière les barreaux certains d’entre vous au motif de « tentative d’assassinat » contre lun de ses plus fidèles souteneurs. Nous sommes unanimes à reconnaitre que l’acharnement contre lun de vos leaders est dicté par une volonté politique de nuire à son image et pourquoi pas d’enterrer ses ambitions politiques. Mais nous ne comprenons toujours pas que certains d’entre vous aient accepté (même dans un moment de faiblesse face à l’épreuve), le soutien matériel et financier du rejeton de l’Empereur déchu, dont la tentative de couronnement avorté, a couté autant de vies. Comment nous faire digérer ces témoignages éloquents et pathétiques à travers les médias, pour redorer limage du prédateur en exile ? En acceptant les « dons », dun voleur condamné et qui se refuse à restituer le produit de ses larcins, ne se sentent-ils pas comme des receleurs ?
Attention !!! La politique et les émotions personnelles et/ou personnalisées, ne font pas toujours bon ménage ! Vous ne pouvez pas argumenter aujourd’hui le contraire des raisons qui nous ont amenés à nous battre, sans souiller la mémoire de nos martyrs tombés sur le champ d’honneur. De toute façon Goorgorlu ne cherche pas à changer de roi ou de président-monarque. Il veut simplement changer de statut et c’est strictement sur ce terrain qu’il vous attend.

Chroniques de Bandia

ONOMASTIQUE SÉRÈRE : AU COEUR DES LIENS PATRONYMIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao Anthropologue
Matar Ndour, Photographe
www.ndukur.com
www.ndourawaly.com

Le constat est généralement fait et admis est que nous ne connaissons que très peu nos ethnies, nos sous-groupes et nos noms traditionnels. Le christianisme et l’islam auront sans doute joué un rôle prépondérant dans cette disparition presque irréversible de notre onomastique nationale. Outre les ethnies classiques connues tels que les Wolof, les Sérères, très peu savent que nous avons dans nos registres ethniques, les groupes et sous-groupes suivants avec leur localisation géographique.

DIVERSITÉ ETHNIQUE. Les Badiaranke (Tambacounda, Département de Kedougou), les Bainounk (Kolda, Ziguinchor), Balante (Kolda, Ziguinchor), les Bambara (Tambacounda), les Bassari (Tambacounda, Departement de Kedougou), les Bedik (Tambacounda, Département de Kedougou), les Boin (Tambacounda, Departement de Kedougou), les Cognagui (Tambacounda, Département de Kedougou), les Créoles (Ziguinchor), Diola (Kolda, Ziguinchor), les Lebou (Dakar), les Mankagne (Kolda, Ziguinchor), les Mandingue (Kolda, Sédhiou, Ziguinchor), les Manjaque (Kolda, Ziguinchor), les Manoj (Kolda), les Pépel (Ziguinchor), les Poular (Peulh et Toucouleur) : Kaolack, Kolda, Louga, Saint-Louis, Tambacounda), les Sérères (Dakar, Diourbel, Fatick, Kaolack, Thiès), les Soninké (Saint-Louis, Tambacounda), les Wolof (Dakar, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Louga,
Saint-Louis, Thiès, Ziguinchor).

DIVERSITÉS PATRONYMIQUES SERERES. Apres l’onomastique des noms des rois Diolas, abordons celle des Sérères très riches en enseignements. En Afrique, le nom revêt une signification particulière qui n’est pas nécessairement des occidentaux. En effet, une des fonctions essentielles “d’un nom est de traduire la personne, d’une manière ou d’une autre” (Agossou, M.J. Nom africain, baptême chrétien. Forets et savanes pp. 6-20 – n° 22, 1972-1973). Ceci est valable aussi chez les Séreres. Avant d’aborder plus spécifiquement les sens et significations des patronymes Séreres, observons ceux qui sont les plus connus : Ɓaaxum, Baas, Ɓooɓ, Siis, Jaaxam, Jegem, Jeen, Jeŋ, Jogoy, Joox, Joom, Jon, Joob, Juu, Fay, Gunjaam, Ñiŋ, Gomar, Kama, Kital, Lum, Maane, Maar, Maroon, Mbooj, Mbuum, Ndeene, Njaay, Ndiim, Njoon, Njoor, Ndoŋ, Nduur, Ngom, Ñaan, Ñangaan, Sañ, Saar, Saac, Seen, Seeŋoor, Candum, Caw, Careen, Coor, Cakaan, Tin, Top, Yum

ONOMASTIQUE ET PHILOLOGIE. L’onomastique Sérère révèle des prénoms qui correspondent à la personnalité et au statut du concerné. C’est ainsi que nous pouvons en citer quelques-uns. Felwiin signifie celui qui est aimé, Waag Gendum, celui qui est le plus fort parmi ses paires. Jegaan, un homme riche. Waagan, l’invincible. Jig-Naak, le détenteur d’un riche troupeau. Lamaan, le propriétaire des terres. On peut noter aussi des prénoms qui renvoient à quelqu’un qui perd souvent ses enfants tels que notamment Herame, Mbasa, Fata waasel. De même, le Sérère a des patronymes qui désignent des jumeaux : Ngoo-ndeɓ et Ngoo-maak. Jokel, celui qu’on aperçoit au loin. Simel signifie celui qu’on remercie. Ngoor, l’homme, Ndew, la femme. Jogoy, le lion. Mosaan, la plus belle. Ñoxor, bataille. Ndiig, un prénom qui renvoie à quelqu’un qui est né durant l’hivernage. Sonar, celui qui ne se fatigue jamais. Celem qui signifie le fer. Sedar, celui qui n’aura jamais honte.

Par ailleurs, en observant les prénoms féminins, on est frappé par les étymologies arabes qui renvoient souvent à des jours de la semaine. C’est ainsi que nous avons lundi qui signifie Altine en Arabe qui correspond en Sérere au nom de Tening. Mercredi, al larba en arabe revoie à Daba. Jeudi, al xemes correspond au nom Xemes, Vendredi qui signifie Al juma renvoie au nom Juma. Samedi nous donne Gaaw et dimanche Diber qui correspond au nom Diiboor. D’où proviennent ces proximités patronymiques liées notamment au jour de semaine et appliquées aux femmes ? Une analyse philologique plus fine devrait permettre de répondre de façon plus précise à cette question.

SAVOIRS ENDOGÈNES. Voilà qui devrait inciter à réfléchir sur la profondeur et la diversité exceptionnelles qui caractérisent notre peuple; diversité souvent ramenée, hélas, à nos urbanités dakaroises ou wolofophones. Cette pensée unilatérale voire essentialiste de nos diversités impacte très négativement sur la valorisation d’un patrimoine culturel riche mais souvent réduit à sa plus simple expression. Elle a souvent sclérosé nos modes de pensées, d’enseignements et de recherches encore arrimés – sous plusieurs rapports – à des épistémologies mimétiques. Combien sommes-nous à utiliser notre patrimoine culturel riche et varié dans nos enseignements, nos travaux de recherche, nos modèles éducatifs ? Sans doute très peu car happés encore par d’autres patrimoines – certes utiles et instructifs – mais souvent en décrochages profonds avec nos priorités. Il y’a là, sans sous-estimer le travail remarquable réalisé par certains de nos concitoyens, un challenge scientifique et culturel qu’il faut relever.

Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN, juillet 2018.

LES HEBREUX, PROFONDEUR HISTORIQUE AVEC L’AFRIQUE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
www.ndukur.com

L’histoire des hébreux d’Afrique renseigne sur la complexité des relations entre juifs et africains mais aussi leurs migrations multiformes à travers le monde. Déjà en 3500 av. JC, nous avions en Mésopotamie, dans la péninsule arabique et la corne de l’Afrique les premières migrations sémitiques avec ce qui est communément appelé les 12 tribus. Ils étaient déjà installé au VIe siècle av. JC au royaume de Koush réputé grâce à ses mines d’or et pierres précieuses. Évidement cette partie du monde connaîtra des événements très importants parmi lesquels l’exil en Égypte des 12 tribus (XVIII -XVII 12. JC ) avec Moise, la conquête de Canaan et la mise en place du royaume de David et Samomon respectivement aux XIIe et Xe siècles. Au Yemen et en Érythrée, dans cette même période, nous avons eu la Reine de Saba. Du côté de l’Éthiopie, le premier empereur juif avec Menelik en 950 av. JC…

Apparaît en 135 -1492 le royaume juif de Touat et du côté de Gao, Tombouctou (sur lequel nous reviendrons plus spécifiquement avec les manuscrits ), Djenné avec les juifs originaires du Yémen (Ie S. et 300 av. JC.). Tout ceci se déroule en Afrique saharienne.

En Afrique de l’ouest et la Sénégambie, de riches événements historiques peuvent être notés avec l’arrivée des blancs judéo syriens (Cyrenaïque ) et Peuls qui sont des éleveurs dans l’empire du Ghana entre Ie S. et VIII siècles ). Avec l’invasion almoravide au XI et XIIe siècles, on assista à la fuite et à la conversion des juifs avec les jihad. De l’empire du Mali aux marchands Radhanites, l’Afrique connaîtra d’intenses rapports commerciaux avec cette partie très riche en or et diamants à l’image à l’image de Soundiata Keïta.

En Afrique orientale et des grands lacs, entre le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda (XIVe siècles – 1972, on peut noter les descendants des rois pasteurs de Koush qui sont de la dynastie Salominide. A noter aussi le royaume de Shona en Afrique du Sud, au Zimbabwe sans compter le Madagascar.

Pour résumer, disons que les juifs à des périodes différentes ont toujours eu des relations fruits de leurs mobilité forte avec l’Éthiopie, le Yemen, l’Érythrée, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Cap vert , Sao Tomé, Mali, la Guinée, le Sénégal (nous reviendrons sur les relations du côté de Bakel ), le Ghana, le Nigeria, le Cameroun, le Congo, le Zimbabwe, le Lesotho, l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Madagascar.

NKEN

KÉDOUGOU, LA FIÈVRE “MALÉFIQUE” DE L’OR

Kédougou, c’est aussi la recherche de l’or qui y fait fureur. L’orpaillage traditionnel connu sous le nom de “jura” a reconfiguré cette région. Enseignants, élèves…de plus en plus préfèrent les trous mortels des juras aux classes. Kharékhana dans le Saraya accueille des centaines de milliers d’orpailleurs qui y vivent dans une sorte de république des huttes. Les “prostituées” de toute la région y sont établies. Entre des contrats signés et des passes, elles triment au chariot pour gagner leur vie. L’orpaillage mystiquement est lié à l’mpureté. Ce sont des imaginaires presque mondiaux Plus vous êtes “impurs” sexuellement, plus vous avez des chances de voir l’or selon les imaginaires établis ici. Plus des gens meurent dans ces trous à rats, plus ce métal précieux sera visible indiquent toujours les représentations populaires. Autant faire attention à ne pas subir un éboulement car vous risquez d’être l’agneau du sacrifice et les orpailleurs célébreront leur “victoire” sur cette richesse de la malédiction. Sans compter que dans certains jura il est implicitement interdit de prier. Ça porte malheur dit on dans ces puits et trous. La Gendarmerie peut se tenir à l’écart car la présence d’un homme de tenue est ce jour signe d’un or qui ne sortira point.
Au moment où ces “juramens” se tuent dans la centaine de juras répertoriée à Kédougou, les sociétés minières avec leurs contrats léonins, pillent notre or. Un vrai massacre et en parcourant la région, on se dit bon Dieu, où est l’argent qui sort de cette région ? L’ITIE, la publication des contrats…ne sont que les leurres de légitimation de ce pillage. Car le vrai paradigme serait de transformer nos bruts sur place à l’image du Botswana. Nous y gagnons dans tous les cas. Et la question est de savoir pourquoi nous sommes si minimalistes dans notre projet national. Alors si vous êtes paumés à Dakar, sans le sous, sans mégots et sans les trois normaux, venez voir dans les juras. Vous pourrez avoir la chance de décrocher des pépites d’or pour changer de statut de classe. Mais auparavant, faites un tour chez les sorciers qui pourront vous faire des gris gris. Ici, nous sommes en plein mysticisme et il faut être protégé pour attaquer les sous sols de la richesse. ..ou de la malédiction. De toute façon, chacun à sa manière a ses gris gris comme le soutient le psychologue Tobie Nathan dans le divan et le grigris http://www.ethnopsychiatrie.net/actu/divan.htm.
Photos : NKEN
NKEN

MATAR NDOUR, ETHNO-PHOTOGRAPHE ATYPIQUE DES EXPRESSIONS CULTURELLES

Matar Ndour, photographe sénégalais au parcours atypique, fait partie de ces artistes pour qui la photographie est avant tout l’art de transmettre une émotion, une rencontre, l’envie de capter plus qu’une image, un moment de vie. Personnage discret et sensible, il a fait de ce qui n’était à l’origine qu’une passion, son mode de vie et bénéficie aujourd’hui d’une belle reconnaissance internationale. Matar Ndour travaille et vit à Dakar en 1987 il débute par la photographie mondaine, au sport mécanique, à la mode, l’architecture et à la photographie industrielle.

En 1995 Matar ndour change d’approche pour la photographie artistique Il sera expose pour la première fois en 1996, au centre culturel français de Dakar, à la galerie 39 dans le cadre du Mois de la photo A partir de cette date Matar va participer à de nombreuses expositions et vivre de belles expériences autour de son art.

En 2000, il présente dans la gare de Dakar, des portraits réalisés lors d’un voyage en train entre Dakar et Bamako. En 2001, à la bibliothèque universitaire de Dakar UCAD.

En 2003 en Bretagne où il présente son travail à bord d’un bus parcourant la ville, la même année il participe aux rencontres africaines de la photographie de Bamako Privilégiant toujours l’échange et les rencontres au cadre élitiste des galeries, Matar participe en 2005 à un workshop de la photographie organisé par la fondation Jean Paul Blachére à joucas.

Puis en 2009 à un projet autour de la ville de Bagnolet. Il émergera de ses balades à travers la ville et de ses moments passés avec les habitants, des clichés très originaux, un regard inédit sur cette banlieue. A travers des portraits, des photographies d’architecture, d’ambiance et des éléments du quotidien tels que les tags ou les arrêts de bus, Matar met en relief la beauté là ou on ne l’attend pas. Une exposition lui est consacrée du 17/06/10 au 28/09/10, dans le cadre de l’Année de l’Afrique à la Factory d’Agen.

Toujours en quête de nouveau projet c’est sur sa terre natale au Sénégal que Matar travaille depuis plus de 5 ans avec un anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao avec qui il partage un projet innovant sur les terres sénégalaise, gambienne et bissau guinéenne. Un projet ethno-photographique intitulé signes et symboles. Entre imaginaires et réalités qui sillonne ces zones perdues à la recherche des impensés et des implicites des expressions culturelles de ces peuples.

NKEN

LES BEDIK : MYTHES ET ESSENTIALISME ANTHROPOLOGIQUES

Les Bediks, à l’image des Bassaris, Cognagui, Badiarankés constituent le peuple “Tanda” ? Sur ce plan d’ailleurs, un puissant travail de déconstruction conceptuelle mérite d’être faite. Tenda tout comme plusieurs classifications ethno linguistiques dominantes dans la littérature socio-anthropologique, linguistique…Le déficit de contact avec ces compatriotes a renforcé des imaginaires et représentations sociaux souvent caricaturaux voire totalement inexacts : les femmes bedik doivent être enceintes pour se marier ou qu’elles organisent des cérémonies durant lesquelles elles sont indistinctement dans une même chambre pour faire l’amour. Ces représentations ignorent totalement la nature des systèmes matrimoniaux bediks. Un petit effort d’investigations permet de se rendre compte de la fausseté de telles allégations.
Les Bedik, à l’image des autres “ethnies ” du pays, ne sont si homogènes qu’ils ne paraissent. Il existe des bediks Iwol (Ibel, Bandafassi…) et les bediks Panapasse (Ethiouar, Bantata…). Les Iwol étant plus proches de la langue malinkés (Kouronghoto, Manda Thies, Soucouta ) et les Panapasse linguistiquement plus proches des peuls. Il existe une troisième catégorie ethno linguistique bedik qui a presque disparu : le bedik Bapeng Bounongo. Les bediks, c’est aussi des différences dans les rites et célébrations : le nianthiourangal (fête des femmes mariées qui se tient par 4 ans ) est organisé seulement dans le Ethiouar et le Bantata. En revanche, le Iyambe (fête des jeunes filles non mariées et non enceintes organisé chaque 2 ans ) se tient dans le Iwol.
Les bediks ont un mode d’occupation des espaces assez particulier : ceux qui sont dans les montagnes (Iwol, Ethiouar, Ethies, Angail ) et ceux qui sont en bas (Damboukoye, Ninéfécha, Napnasse, Dindefelo tanda, Mamakono tanda, Alinguel, Kouronghoto, Manda Thies, Soucouta, Mangama, Bantata, Thiobo, Barafoulé, Tenkotoding, Inéré…Au plan patronymique, les Bediks ont comme noms Keita, Camara, Sadiakhou, Samoura, Kanté avec des cousinages à plaisanterie intra (Keita et Kanté ) et extra (Keita et Cissokho).
Considérer ainsi les bediks comme un peuple homogène aux plans linguistique, coutumier relève de construits sociaux que nous avons tendance à appliquer si paresseusement aux complexités de ce peuple Tanda. L’essentialisme et le fétichisme anthropologiques sur fond de cartes postales restent encore les pires ennemies pour saisir la complexité et la dynamique de nos cultures. C’est peut être pour cette raison que l’anthropologie reste encore une discipline suspecte.
Texte : NKEN
Photos : Matar Ndour
© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar et NKEN. Juillet 2018.

LA NUDITÉ FÉMININE AFRICAINE : REDOUTABLE ARME POLITIQUE ET MYSTIQUE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Photographe
essabc.com
ndukur.com

Léopold Sedar Senghor en a retracé des aspects poétiques qui donnent du ton et du verbe dans femme noire…:

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«Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle (…)».

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Durant ce carnaval de Bissau, la nudité des corps féminins particulièrement reste une de ses caractéristiques dominantes. Elles ont défilé dans l’allégresse, dans les rues du Secteur Autonome de Bissau. Fières d’allure. Aux rythmes des danses. Exhibant une corporéité différente des nudités érotiques et pornographiques des mondanités urbaines et commerciales. Ces nudités sont productrices de sens culturel. Elles renseignement les patterns culturels. Exposent des sens et des significations. Des signes et des symboles. Les regards qui ont fini totalement d’érotiser ces nudités enveloppées sous des chaires et des os, réduisent la portée anthropologique de la corporéité en Afrique.

La nudité africaine est avant tout une puissante arme politique et mystique. Politique car de Abeokuta dans le Ogun State du Nigeria à Ziguinchor au Sénégal en passant à Freetown en Sierra Leone, Parakou au nord du Bénin, Soweto en Afrique du Sud…les femmes utilisent encore leur nudité pour protester et porter leurs revendications politiques. Souvent en faveur de la paix. Pour la réconciliation nationale des peuples frappés par la cupidité des hommes politiques.

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Mystique. A travers tous ces pays et d’autres en Afrique, les nudités féminines sont aussi les expressions les plus mystiques. Le fétiche le plus redoutable en Afrique reste encore la nudité des femmes. Les rituels mystiques les plus redoutables se font sur fond de nudité dans les bois sacrés. Dans les ruelles. La nudité est ainsi une redoutable arme portée par les femmes africaines qui en ont fait une politique.

Au Carnaval de Bissau, balantes, mancagnes, manjaku, bijagos…ont défilé. Seins nus. Avec une claire conscience de la valeur culturelle intrinsèque de leur nudité. Blasées par les voyeurs du jour. L’érotisation des regards portés sur les nudités africaines, est une autre forme d’ignorance sociale qui renseigne sur les problèmes existentiels libidinaux des hommes.

© Projet -photographique. Signes et symboles. Matar Ndour & NKEN, février 2017