SEXE,  RACE ET COLONIES DÉVOILE LES HORREURS SEXUELLES DANS LES COLONIES PENDANT SIX SIÈCLES 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Un grand événement scientifique de septembre dernier. Il porte la marque de de 97 chercheurs, anthropologues, historiens, sociologues, sous la direction de Pascal Blanchard. Un ouvrage collectif intitulé “Sexe, race et colonies”. Les auteurs y dévoilent le plus grand tabou de la colonisation. Six siècles de prédation, de  viol sexuels à l’échelle des territoires colonisés.

“Par l’accumulation des images sidérantes de corps exotisés, érotisés, chosifiés, «Sexe, race et colonies», (…) vient jeter une lumière crue sur un pan occulté de l’histoire des empires coloniaux, véritables «empires du vice» où la domination des corps va de pair avec la conquête des terres”.

https://mobile.lesinrocks.com/2018/10/08/actualite/les-auteurs-de-sexe-race-et-colonies-reviennent-sur-les-polemiques-111132351/ https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180928.OBS3132/sexe-race-et-colonies-un-viol-qui-a-dure-six-siecles.html

NKEN

 

POUR L’HONNEUR DE LA GENDARMERIE SÉNÉGALAISE TOME 1 ET 2

Tome 1 : “”Juin 2007 : un scandale, mon nom, la perte de mon commandement de major général de la gendarmerie… un des multiples scandales du régime dit de l’alternance. Un Président sourd à mon appel et des officiers qui usent de leur pouvoir et de leur autorité pour me salir. Un exil, un silence abasourdissant, le stress me retracent une carrière que j’ai voulue exemplaire, engagée et honorable. J’explique le sens de mon engagement et les principaux événements qui ont jalonné mes états de service.”

Tome 2 : “2005-2007: un homme, un général, sa femme, des officiers perdus sont aux commandes d’une des plus prestigieuses institutions militaires, la gendarmerie nationale. Comment pouvais-je échapper à ces officiers dont le seul but était de s’enrichir, et à qui un régime félon avait confié les rênes de la gendarmerie ? Pour que cette dernière survive à tant d’années de corruption, de concussion, de népotisme et de mensonges, j’ai écrit ce livre”.

 

 

L’AFRIQUE DES LAICITES : ETAT, RELIGION ET POUVOIRS AU SUD DU SAHARA

L’Afrique des laïcités : Etat, religion et pouvoirs au sud du Sahara
Année de publication 2014
Type de document Ouvrage
Auteurs Holder G. (dir.), Sow M. (dir.)
Source Marseille (FRA) ; Alger : IRD ; Ed. Tombouctou, 2014, 395 p. (L’Afrique se Raconte). ISBN 978-2-7099-1760-5
Résumé L’Afrique des laïcités, c’est d’abord quatorze pays qui célèbrent un demi-siècle d’indépendance, non sans avoir inscrit au préalable la laïcité de l’occupation coloniale française dans leur constitution. Quatorze pays qui sont en proie à un scepticisme croissant à l’égard d’une action publique incapable d’endiguer les processus de paupérisation, tandis que les acteurs religieux interviennent de plus en plus massivement au sein des économies morales et politiques nationales. Trente chercheurs africains et européens analysent les tensions et les accommodements entres les différents acteurs de ces économies, examinant les modalités suivant lesquelles se décline et se dit la laïcité au sein des différents contextes nationaux. Ils passent en revue les formations étatiques précoloniales qui ont pu opérer une séparation entre l’État et les cultes, avant d’aborder l’exercice d’une gouvernance coloniale fort peu laïque, puis les pouvoirs autoritaires africains qui se sont en partie déchargés sur les instances religieuses pour « développer » ou acculturer leur société. Ils pointent enfin la façon dont les différends qui s’articulent autour des débats actuels sur la laïcité croisent ou accentuent d’autres tensions sociales touchant notamment aux questions identitaires et de genre et, plus généralement, aux exigences de démocratisation et des modernités africaines.

Source : http://www.documentation.ird.fr/hor/fdi:010062940

DIWÂN. OEUVRE COMPLÈTE DE FEU EL HADJI ABDOUL AZIZ SY DABAKH

Pr Rawane Mbaye a publié les oeuvres complètes de feu Elhadji Abdoul Aziz Sy Dabakh intitulées Diwân (2016). Oeuvre en trois tomes : 1. Suppliques et Oraisons. 2. Panégyrique de la hiérarchie tidjane. 3. Exhortations et prêches.

Dans ce premier tome, Elhadji Abdoul Aziz Sy développe des “invocations aux contenus divers et profondément mystiques à travers lesquels le Sheikh implore la mansuétude et la compassion divines pour la santé et la paix. Il proclame son attachement à Dieu et à la souna du prophète  (psl)”.

Rawane Mbaye éditeur et traducteur de ce Diwân est professeur titulaire des universités. Il est auteur de plusieurs publications : La vie et l’oeuvre d’Elhadji Malick en trois tomes en 2003, 2128 pages. Il a traduit et publié en 2011,  Jawâhir al-ma’ani, 1634 pages. prix traduction  Ibn Khaldoun- Senghor en Sciences Humaines.

Prix  : 45.000 FCFA

[OUVRAGE] DIAMNIADIO. NAISSANCE D’UNE NOUVELLE VILLE : ENJEUX ET DÉFIS D’UNE NOUVELLE GOUVERNANCE DURABLE

RESUME LIVRE DIAMNIADIO

Diamniadio. Naissance d’une nouvelle ville : enjeux et défis d’une gouvernance durable

Cet ouvrage de 223 pages, est rédigé par les Dr Djibril DIOP et Aly Sada TIMERA. Il est structuré en trois parties et onze chapitres.

Face à l’encombrement, les occupations anarchiques, les difficultés de mobilités et d’accès au logement, Dakar qui concentre le quart de la population, plus de 55% du Pib et plus de 80% de système de production du pays, était devenu un handicap dans son processus d’émergence. Afin de positionner la métropole sénégalaise comme acteur majeur dans la compétition que mènent les villes au niveau mondial pour mieux, sous la volonté du Président Macky SALL qui a donné corps à une vieille idée, le pôle urbain de Diamniadio a vu le jour dont l’ambition est d’allier fonction résidentielle et existence d’activités, pour plus de fonctionnalité. Mais le concept de ville nouvelle n’est pas une nouveauté, plusieurs expériences existent à travers le monde.

La première partie du livre aborde la problématique des nouvelles villes dans le monde face au fait urbain. En effet, officiellement, selon l’ONU, depuis le 23 mai 2007, l’humanité vit majoritairement  dans les zones urbaines. Désormais, plus d’un humain sur deux vits dans une ville et un septième de la population de la planète habite une agglomération urbaine millionnaire. D’ici à 2050, le nombre de citadins devrait doubler, selon Onu-Habitat (2008), soit une multiplication par 10 en un siècle, entre 1950 et 2050. C’est là l’une des mutations majeures de l’époque contemporaine.

Dans un monde qui s’urbanise à un tel rythme, les villes sont plus que jamais les moteurs de développement. Elles sont aussi le lieu d’une foule d’enjeux et de défis (transports, gestion des ressources, environnement, santé, sécurité publique, etc.). Comme premier défi, il y a la question de la maîtrise du territoire. Comme deuxième défi, il y’a la question de la gouvernance des aires métropolitaines. Et comme troisième défi, il y a la question du financement. Or, les villes sont les filles de la civilisation de leur époque. Chaque ville porte l’imaginaire de la société qui la porte et les atouts économiques dont celle-ci dispose. Par la création de nouvelles villes, on entend éviter les erreurs urbaines du passé, en particulier en imposant des normes strictes de construction et de planification de l’espace. A ce titre, les nouvelles villes visent l’aménagement de véritables espaces de vie et d’activités.

Par ailleurs, dans l’approche des nouvelles villes, le lien est établi entre urbanisation et lutte contre la pauvreté. Une des originalités conférée au projet de création de nouvelles villes est aussi de lutter contre la monocentrilité et la promotion de centres secondaires susceptibles de contrebalancer le poids tyrannique du centre principal. Ainsi, dès le départ, l’idée d’aménagement de la centralité régionale apparaissait au cśur d’un tel projet.

Pour structurer leurs propos, les auteurs du livre font le tour de plusieurs expériences de nouvelles villes à travers le monde et analysent les fonctions essentielles qui leur sont assignées ainsi que leurs caractéristiques. La fonction initialement assignée à une nouvelle ville conditionne fortement sa localisation, son organisation, les catégories socioprofessionnelles de ses habitants et usagers ainsi que sur son évolution dans le temps : pôle de croissance, comme cité scientifique, comme cité industrielle, comme moyen d’organiser des espaces neufs, comme aménagement de l’espace métropolitain entourant une grande agglomération pour éviter des extensions anarchiques de la périphérie ou comme moyen de favoriser la mixité fonctionnelle. Or, le plus souvent, on note un fossé entre le vśu et la réalité du terrain. Néanmoins, la politique de nouvelles villes constitue un enjeu majeur pour beaucoup de pays émergents pour mieux se positionner sur l’archipel métropolitain mondialisé (AMM).

Ainsi, il est important de mettre l’accent sur la durabilité de la nouvelle ville en prenant en compte le long terme qui se traduit par l’intégration d’une certaine souplesse dans l’aménagement et un potentiel d’adaptabilité dans la mise en place du projet. De même,  l’attractivité et la compétitivité de la nouvelle ville dépendent  son accessibilité par le biais de moyens transports et d’infrastructures routières adaptés. Egalement, la nouvelle ville ne doit pas être considérée comme une simple cité dortoir pour la métropole. Il est important aussi de favoriser l’émergence d’un noyau urbain capable de retenir ses habitants et d’en attirer d’autres à travers une multitude de fonctions et d’offres de services. Enfin, il est tout aussi nécessaire de mettre l’accent sur les règles urbanistiques et architecturales pour mieux impacter par l’attractivité du projet au travers de l’image qu’il véhicule.

La deuxième partie de l’ouvrage présente la genèse de la naissance de la nouvelle ville de Diamniadio ainsi que ses caractéristiques; depuis le projet de mise en place d’une plateforme. L’ouvrage met en relief la volonté politique du Président Macky Sall qui donna corps à cette nouvelle ville dotée de toutes les infrastructures et commodités d’usage cumulées à une Zone Économique Spéciale Intégrée (ZESI) pour en faire faire un vrai centre attractif en profitant de la position stratégique de Diamniadio sur  l’échiquier national. Les auteurs présentent aussi dans cette partie les justifications qui sous-tendent la réalisation de cette vielle idée ainsi que la composition et le modèle d’aménagement conçu pour cette nouvelle ville, notamment le volet résidentiel comme catalyseur, et qui représente 30% de sa superficie compte tenu des défis liés à la problématique du logement dans la région de Dakar. Les auteurs mettent aussi l’accent sur le volet création d’emplois qui structure le projet avec l’édification d’un parc industriel et le projet de délocalisation sur le site d’une dizaine de ministère techniques et la création de nombreuses infrastructures et équipements (écoles, universités, hôtels, centres commerciaux, etc.) qui généreront également de nombreux emplois directs et indirects.

L’édification de la nouvelle ville de Diamniadio est aussi présentée comme le pendant opérationnel du Plan Sénégal émergent (PSE) qui constitue désormais l’orientation stratégique du Gouvernement sénégalais pour conduire le pays vers l’émergence économique à l’horizon 2035, en stimulant la croissance et en favorisant un développement social, solidaire et inclusif pour l’accès à l’habitat de toutes les catégories sociales.

L’édification de la nouvelle ville de Diamniadio qui repose sur la mobilisation de moyens financiers innovants est aussi présentée comme une magnification du partenariat public privé, tant au niveau national qu’international.

La troisième partie du livre aborde les défis et les enjeux liés à la gouvernance de la nouvelle ville. Combinant démarche industrielle, préoccupations socioéconomiques et harmonisation territoriale, la nouvelle ville de Diamniadio suscite de nombreuses attentes. Parmi les défis les plus-en vue, il y a la question foncière dopée par la nouvelle dynamique urbaine. Le développement de ce pôle urbain a fini par être au cśur de toutes les convoitises en matière foncière. Comme autre défi posé par les auteurs du livre, il y a aussi, la problématique sécuritaire dans un contexte d’insécurité globale; ce qui pose l’impératif pour l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour en faire une ville  sûre et inclusive. En effet, il est supposé un  lien évident entre la violence, la pauvreté et les inégalités en milieu urbain. L’essentiel étant de déterminer les facteurs qui mènent aux situations de violence et de mettre en place des moyens d’endiguement pour une meilleure sécurité urbaine pour les résidents et les usagers de la nouvelle ville. Dans le même ordre d’idées, les auteurs abordent la problématique de la durabilité de la nouvelle ville de Diamniadio. En effet, depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, il y a une prise de conscience sur les liens entre Population/Environnement et Développement. Ainsi, les villes sont au cśur de la problématique du développement durable. Pour cela, il est important, selon eux, de placer l’édification de cette nouvelle ville dans un contexte de réchauffement climatique en accordant l’importance qui sied aux aménagements naturels et aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) pour en faire une ville intelligente et résiliente. Les activités visées pour promouvoir cette nouvelle ville sont fortement créatrices de valeur ajoutée, notamment dans les secteurs industriels, commerciaux et des services. Or, ces secteurs modernes ne s’inscrivent pas dans une logique de consolidation des activités économiques traditionnelles locales mais plutôt dans une dynamique d’édification d’un tissu économique concurrentiel excluant ceux-ci du système nouveau. La question est également de savoir si la nouvelle dynamique urbaine favorisera la mixité sociale telle que projetée dans la volonté politique. N’entrainera-t-elle pas  un processus de gentrification malgré cette mixité sociale recherchée? Ce qui en ferait une ville d’exclusions au lieu d’une ville inclusive. Sans remettre en cause leurs pertinences, les auteurs s’interrogent également sur l’efficacité des options présentées pour favoriser la mobilité urbaine et l’accessibilité à la nouvelle ville.

Pour toutes ces  raisons, les auteurs s’interrogent sur le modèle de gouvernance prévu pour la nouvelle cité à la lumière de l’expérience française en la matière et des dispositions prévues dans le cadre du transfert de compétences aux collectivités locales. En effet, à la lumière de l’expérience française avec la nouvelle ville de Cergy Pontoise en banlieue parisienne, ils pensent que ces options peuvent ne pas répondre aux attentes.

En conclusion, selon les auteurs, si le projet de nouvelle ville à Diamniadio est pertinent dans le positionnement du Sénégal comme pays émergent en 2035, il est tout aussi important de définir un programme de planification urbaine à l’échelle du pays pour assurer un aménagement cohérent du territoire et ainsi favoriser un développement équilibré du pays. Autrement dit, la stratégie gagnante ne serait-elle pas de miser sur le dynamisme économique des régions périphériques qui, en renforçant leur attractivité soulagera naturellement la pression sur la métropole sénégalaise qui ne sera plus le seul pôle d’activités et d’emplois. Car c’est bien le constat lié à l’absence de relais et l’incapacité des villes secondaires à offrir des conditions de vie adéquates à leurs résidents- eux-même en proie à un fort déficit en terme d’accès aux services urbains de base- qui a conduit à la concentration et à la complexité des problèmes de gestion de l’aire métropolitaine dakaroise.

PRÉSENTATION DES AUTEURS

Djibril Diop est titulaire d’un doctorat en géographie de l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, d’un DEA de l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail et d’une maîtrise en géographie (Environnement) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dr Diop est aussi titulaire d’un master en Stratégies et politiques de défense de HEI-Paris. Il est auteur de plusieurs livres et articles sur la décentralisation et la gestion municipale au Sénégal. Dr Diop enseigne à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal (Canada) et intervient à l’École supérieure d’économie appliquée (ESEA, ex ENEA). Le Dr Diop est membre fondateur du Réseau stratégique pour une Afrique urbaine durable (RESAUD) – Université de Montréal.

Aly Sada Timéra est titulaire d’un doctorat en sociologie urbaine de l’Université Paris VII Diderot, d’un DESS de l’Institut français d’urbanisme et d’un DEA en urbanisme et aménagement de l’Institut français d’urbanisme et de l’école nationale des Ponts et chaussées de Paris (Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et Paris VIII). Dr Timéra est également titulaire d’une maîtrise en géographie (Aménagement) de l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail et d’un diplôme d’ingénieur en Aménagement du territoire de l’École nationale d’économie appliquée ENEA). Dr Timéra enseigne à l’École supérieure d’économie appliquée (ESEA, ex ENEA). Il est co-directeur de RESAUD-Sénégal.

ABBE DIAMACOUNE SENGHOR. HISTOIRE DE LA CASAMANCE (1645-1960)

 HISTOIRE DE LA CASAMANCE (1645-1960)

Augustin Diamacoune Senghor

HISTOIRE AFRIQUE SUBSAHARIENNE SÉNÉGAL 

L’Histoire de la Casamance débute au XVème siècle avec l’éphémère Empire Mandingue du Mali et fut ensuite une possession portugaise jusqu’en 1886. Les Français mettent fin au Royaume peulh de Haute-Casamance et absorbent le Comptoir de Ziguinchor. Ils se retrouvent au début du XXè siècle seuls maîtres d’un territoire dont ils délimitèrent les frontières avec les Portugais et les Anglais. Ainsi naquit la Casamance dont le peuplement et l’histoire, identiques à ceux de la Gambie et de la Guinée-Bissao, furent autoritairement annexés au Sénégal en 1960 par la décolonisation.

L’Abbé Augustin Diamacoune Senghor est né en 1928 à Oussouye-Senghalen. En 1942 à Ngasobil au Sénégal, il refusait d’être sénégalais et défendait sa casamencité devant le séminaire Libermann. Il est mort le 14 janvier 2007 à Paris.

Publication mai 2018,  Éditons Harmattan 

 

BOSSE NDOYE : L’ETAT DEBALLE TOUT !

“Souffrant d’un mal intérieur suscitant en lui beaucoup de remords, l’État prétexta une visite qu’il disait devoir rendre d’urgence au président français pour quitter son pays incognito afin de se faire ausculter discrètement par un médecin. Ce qui devait être une consultation médicale de routine se transforma alors en séances de confidences, voire de confessions. Ce fut dès lors l’occasion pour l’État de vider le fond de sa conscience et de faire des révélations allant de ses techniques de manipulation à sa gestion désastreuse du pouvoir dans son pays en passant par ses rapports de subordination à la France, le franc CFA et les APE. Dans un style limpide à cheval entre le roman et l’essai, l’auteur s’attaque entre autres à quelques-unes des relations pour le moins kafkaïennes entre un pays dit indépendant et son ancienne puissance colonisatrice encombrante. Un livre plein d’actualité”.

Bosse Ndoye; L’Eta déballe tout !

Paperback: 178 pages

Publisher: Editions Afrikana (Aug. 13 2018)

 

ESSAI DE NDEYE FATOU KANE. VOUS AVEZ DIT FEMINISTE ? SUIVI DE LA NOUVELLE (IN)CERTITUDES

Derrière le terme “féminisme” souvent utilisé en réaction à un traitement condamnable de la condition de la femme, se cachent des luttes sociales, des questionnements de sociétés entières sur le rôle qu’elles entendent faire jouer à la femme. Si les définitions et les approches sont diverses, une chose est certaine : la femme et son rapport au monde sont l’épicentre de la réflexion que chacun doit mener.
Le terme “féminisme” est entouré d’une forte connotation péjorative de nos jours. Chaque fois qu’il est prononcé, hommes comme femmes, chacun y va de sa propre appréciation, qui n’est pas souvent positive.
Comment en est-on arrivés là ? En remontant le cours de l’histoire, l’on se rend compte que des femmes se sont battues de par le monde pour que les droits de leurs congénères soient reconnus.
Chemin faisant, lesdits combats ont été quelque peu dénaturés et être féministe aujourd’hui, équivaut a être une femme acariâtre, frustrée, se battant contre tout et tout le monde. Ce qui s’éloigne de l’essence même du féminisme.
Simone De Beauvoir, Awa Thiam, Chimamanda Ngozi Adichie, Mariama Bâ, voilà quelques femmes qui ont eu à écrire des textes de qualité et se positionner face à des questions touchant la cause féminine.
Vous avez dit féministe? puise dans les écrits de ces quatre femmes de lettres, analysant les tenants et les aboutissants de leurs combats. De la France, en passant par le Nigeria pour arriver au Sénégal, la cause féministe a évolué.
Vous avez dit féministe? tout en reconnaissant ne pas être un ouvrage ayant fait le tour de la question, se veut une contribution à cette cause et entend montrer que le féminisme doit se redéployer.

CHRISTIAN ROCHE : HISTOIRE DE LA CASAMANCE. CONQUETE ET RESISTANCE : 1850-1920

 

ROCHE (Christian) : Histoire de la Casamance. Conquête et résistance : 1850-1920. — Paris, Karthala, 1985. — 24 cm, 402 p., cartes. — Réimpression de l’édition sénégalaise de 1976.

Afin de dissiper tout malentendu, il est nécessaire de préciser que, ni de près ni de loin, nous ne prétendons être un spécialiste de l’histoire sénégalaise. Nous n’abordons ce livre que par sa lisière méridionale en tant que spécialiste de l’Afrique lusophone et en particulier de la Guiné. Nous n’irons donc pas au cœur de la thèse, pour nous contenter de dire en quoi elle est utile et même importante pour connaître l’histoire luso-guinéenne. Premièrement, elle existe, alors que, sauf erreur, son équivalent pour la Guinée (dite Conakry) reste à paraître. jusqu’en 1886-1888, Ziguinchor et sa mouvance sont « portugais » et, à ce titre, cette Casamance est donc aussi « luso-guinéenne ». Troisièmement, en s ‘attachant à retracer aussi minutieusement que faire se peut les luttes des Africains du nord de la frontière de 1888, elle permet d’établir des comparaisons permanentes et pertinentes avec la situation « chez » les Portugais. A cet égard, ce qu’écrit Ch. Roche sur Mussa Molo est éclairant pour l’histoire de la Guinée. Il nous désenclave. En revanche, Roche, comme tous les francophones apparemment, ignore l’essentiel des sources portugaises pour le XIXe siècle. Pas uniquement les pièces d’archives, hors de sa portée avant 1974, mais également les textes imprimés. C’est ainsi que le voyage de Marques Geraldes en 1833 au Firdu est totalement ignoré. De même, la position de Mussa Molo, selon les traditions orales qu’il recueille, semble prépondérante immédiatement après la mort d’Alfa Molo. Or, les Portugais de l’époque ont une autre perception des choses. A une date aussi tardive que 1887, ils passent traité avec le roi in nomine du Firdu, Bakari Demba, qui signe à Farim, Mussa Molo qu’ils ont magistralement troussé en 1886 à Buaro et à Fanca, n’étant considéré alors que comme un chef de guerre accompagnant son suzerain chez les voisins. Par ailleurs, captif de ses sources françaises, l’auteur paraît pécher par un gallocentrisme qui a dû passer inaperçu de ses lecteurs, mais qui peut parfois irriter qui connaît le contexte portugais. Qualifier d’« intrigues » les tentatives de Bissau, puis de Bolama, pour élargir l’assise de Ziguinchor entre 1878 et 1884 nous paraît méconnaître les nombreux efforts déployés antérieurement par les autorités portugaises et lusitanisées pour ne pas laisser périr
l’antenne nordiste de Cacheu. « Sursaut » aurait été plus approprié. De même, une bonne vingtaine de livres, articles et opuscules portugais traitant accessoirement de Ziguinchor lui aurait peut-être permis de voir qu’avec ces spécialistes des enclaves il faut s’attendre, non seulement à des « intrigues », mais aussi à des foucades. La convention franco-portugaise du 12 mai 1886 a été un marché de dupes pour Lisbonne. Dernier point, nous eussions aimé savoir ce que devient la communauté métisse de Ziguinchor dans les premières années de la présence française. Tous n’étaient pas ces ignares malpropres et cauteleux dépeints par les sources françaises et, à côté de leur crioulo, un portugais correct était enseigné et utilisé. A quelle époque le portugais classique meurt-il en Casamance ? Pour autant que nous puissions en juger, Ch. Roche a fait un bon travail pour la (l’exploitation des sources orales est fréquente et souvent remarquable), mais il a peut- être eu tendance à oublier qu’il y avait un autre partenaire : les voisins du sud jusqu’en 1886- 1888. Quelques tableaux récapitulatifs et une chronologie auraient aidé le lecteur moyen, mais les cartes sont abondantes et le style agréable. Comment un périphérique comme nous pourrait-il en demander davantage ?

René PÉLISSIER

Roche (Christian) : Histoire de la Casamance. Conquête et résistance : 1850-1920; [compte-rendu]. Pélissier René. Outre-Mers, Revue d’histoire, année 1988. 279 pages. pp. 241-242