CARNETS DE ROUTES ETHNOGRAPHIQUES 6 : LES MODES DE TRANSPORTS VERSION PEULE 

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Jeudi 1er Mai 2014. Il est 16 heures à Mandat Douane, Vélingara. Connaissez-vous les modes de transports chez les peuls ? Et bien, ils ne sont pas nombreux et sont vraiment luxueux…Jugez en vous même. Un âne, version 2.0, une charrette version 11.5, une moto VIP version 5.1, et le must, le vélo-mobile version 8.0. Admirez quand même l’expo du parc vélo-mobile…

Vous avez le choix entre ces 4 modes particulièrement high tech qui font fureur au pays Fouladou.

Aux enchères!!! Donc à vos poches, si vous ne voulez pas rater ces nouvelles innovations technologiques appliquées aux modes de transport. La Banque mondiale a t’elle besoin, de soutenir un projet sectoriel d’amélioration de la mobilité rurale chez les peuls ? Assurément non !!! Si vous y joignez leurs spécialités favorites que constitue la marche, le tour est joué.

Après les spécialités culinaires avec le Niébé, revoilà nos amis peuls adeptes d’une nouvelle vision technologique qui a fini de charmer le monde entier. Décidément, mes amis peuls me surprendront toujours.

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CARNETS DE ROUTES ETHNOGRAPHIQUES 7 : PROMESSES ÉLECTRIQUES, RÉALITÉS SOLAIRES ET ÉMIGRATIONS

Abdou Ndukur Kacc Ndao 

Il y’à quelques jours, je signalais, à Sinthiang Koundara, l’existence d’une installation non rattachée au réseau électrique depuis plus de 10 ans. Hier, mercredi 1er Mai 2014, entre 11 heures et 16 heures, j’ai sillonné les villages de Mballocounda à Mandat Douane, pour observer que cet axe reste encore sous le coup de cette légendaire ruse politique connue des ruraux : mettre des poteaux électriques à l’approche des élections…

A cette tricherie politicienne, j’ai découvert, l’autre version des dynamiques rurales : l’auto-développement porté par les émigrés. En visitant le village mixte (Sarakholés et Peules) de Timindala, dans le Mandat Douane, j’ai vu que tout le village dispose de l’énergie…solaire. Je fus intrigué par ce village occupé sur la face gauche par les Sarakholés et la partie droite par les Peuls. Vivant en parfaite harmonie…

Mais je fus surtout content de constater une conscience aiguë de ces populations à se prendre en charge en électrifiant leur village au solaire.

Belle forme d’organisation communautaire et félicitations aux habitants de Tinindala et aux émigrés qui portent à bout de bras le développement local, loin des promesses mirobolantes et souvent peu respectées des autorités.

L’avenir est au Solaire…Heureusement que Timindala l’a compris !!!

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ANKN

CARNET DE ROUTE ETHNOGRAPHIQUE 5. MANGUES ET DÉFORESTATION A SINTHIANG MBALLOCOUNDA

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Hier, Mardi 29 Avril, 17h30, en rentrant à Vélingara Commune, halte à Sinthiang Mballocounda, pour acheter des mangues. Regardez ces belles mangues, produites ici au Sénégal qui mériteraient d’être mieux valorisées, mieux professionnalisées…

De l’autre côté, le versant scandaleux de la déforestation avec une carbonisation généralisée de nos ressources forestières. Quel scandale dans cette zone. Et si, les quotataires arrêtaient d’exploiter ces belles ressources avec la complicité des collectivités locales.

Ce matin, 30 Avril, en route, depuis 7:00, vers Sinthiang Koundara pour former nos enquêteurs et superviseurs, en vue de renseigner la cartographie des filières porteuses.

Excellente journée.

ANKN

CARNET DE VOYAGE ETHNOGRAPHIQUE 4. LE THE ET LE COURANT ENTRE REALITE ET FICTION

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Mardi 29 Avril 2014. Il est 12 :08. Vreuhhhhh !!!! Et de un pour le thé. Je viens de vreuuuhher mon « lëwël », entre une classe bondée de peuls adeptes de Niébé et une pause bien méritée. Au moins, le thé est visible et réel. Entre moi et le thé, on dirait un rapport entre un sujet épistémique et un objet épistémologique. En attendant, fonder la validité de cette formulation fort contestable. Alors, chers épistémologues, appliquez moi le principe de testabilité de Karl Popper !!!

En revanche, la réalité de ce thé contraste avec ces fils et poteaux de courant installés dans cette communauté rurale de Sinthiang Koundara répartie en 10 zones (Sinthiang Koundara, Sinthiang Samba Foula, Coumbaiouma, Gambissaré, Boyngel, Mballocounda, Timindala, Courbambeye,Saré Mamadou Egue, Darou Salam Manda) et 66 villages.

Ces fils et poteaux, figurez-vous sont là depuis 1999…mais non connectés au réseau électrique. En langage clair, Sinthiang Koundara ne dispose pas de courant. Cela nous renseigne sur les ruses diaboliques de nos politiques depuis le PS jusqu’à Macky, qui installent des poteaux et fils électriques à l’approche d’élections locales et présidentielle. Depuis 15 ans, ces braves villageois, à qui on a fait miroiter l’électricité, attendent, attendent encore, attendent toujours…

Quand est ce qu’on va arrêter de se foutre de ces braves ruraux ? Nous leur devons respect et considération quand même. En attendant, les communautés sont encore plongées, par défaut, dans les clameurs et joutes pré-électorales de politiques crédibles et de politichiens discrédités qui promettent ciel et terre pour diriger les communautés rurales.

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ANKN

CARNET DE ROUTE ETHNOGRAPHIQUE 3 : INDÉPENDANCE DE LA DÉPENDANCE

Abdou Ndukur Kacc Ndao
Lundi 28 Avril 2014. Voila trois images prises sur une même route : celle qui va de Vélingara commune à la communauté rurale de Sinthiang Koundaran. Une route où plutôt piste chaotique appelée par les chauffeurs route Macky Sall, sans blague), une bordure de route déboisée par de longues agressions humaines, un mode d’habitat rural archaïque. Ces trois faces d’une même réalité démontrent à l’évidence, le chemin qui reste à parcourir.Ces zones du Sud souffrent encore d’une déconnexion institutionnelle savamment entretenue par plus de 50 ans d’indépendance de la dépendance…On peut se demander si ceux et celles qui nous gouvernent prennent le temps de subir les supplices d’un voyage qui ressemble bien aux labyrinthes pharaoniques de la mort. Alors, on fait le parti pris développementaliste en investissant des milliards dans des prestiges urbains. Au diable, les galères rurales. Particulièrement celles du Sud.Dakar fait parti du Sénégal. Il n’est pas le Sénégal. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le Bassari de Moussa Sène Absa se demande quand est ce qu’il va sortir de l’indépendance du chef de Dakar.

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CARNET ETHNOGRAPHIQUE 2 : QUOI FAIRE DE CES VASTES ESPACES ?

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Regardez ces paysages pris vers Koungheul…Il sont simplement fabuleux. Au moment de les prendre, j’étais déjà en route vers cet escale spécialisé en cayaa forox-lologie. Ma tête turlipinait et mes sens totalement orientés vers ce bonheur culinaire. N’en déplaisent aux “Sallene”, Bëlëp David Ndéné Ndao. DE toute façon, ku mu neexul…

Le contraste psychologique est frappant : pourquoi cette faim subite face à ces paysages à perte de vue exploitables 3 mois l’année ? Pourquoi, nos projets de développement, n’ont pas encore réussi à dépasser la culture sous pluie qui confine nos braves paysans à cette exploitation artisanale de nos ressources foncières ? Certes, des expériences sont en cours depuis longtemps notamment dans la Valée du fleuve Sénégal.

Mais quel quel gâchis !!! J’ose espérer que ceux et celles qui veulent diriger ce pays, trouveront une solution à cette exigence de sécurité alimentaire, gage d’un développement durable.

Ce matin, depuis 8h30, en route vers Sinthiang Koundara et plus tard vers Paroumba, Némataba dans le Kolda, je vous souhaite une excellente journée.

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ANKN

CARNET DE ROUTE ETHNOGRAPHIQUE : LE FOROX CAYAA 1

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Au pays de Mindiss depuis 3 jours, j’ai rallié avec mon équipe de formateurs en GERME, chaines de valeurs et filières porteuses, Vélingara, au Sud du Sénégal. Nous avons quitté Fatick à 5h10 du matin pour arriver à 12h26. Prudence sur les routes…

A 8h40, nous décidâmes de nous arrêter, histoire de se détendre et de…manger du Forox Cayaa (intraduisible, toutes langues confondues). Alors l’idée nous est venue de nous foxox-cayaayiser. Mieux, de goûter au succulent et inimitable ñex du forox cayaa. La vigilance en berne pour éviter de ndawrabiniser, nous goûtâmes, comme des enfants pris en faute, cette délicieuse viande matinale, chaude, à l’emballage archaïque, mais combien succulent.

Attention, il ne faut pas que les Sall et Mbacké-Mbacké entendent le Ndawcounda, qui lui, a juste goutté le ñex….

Que ceux ou celles qui aiment forox-cayaayiser lèvent la main !!! Après tout, entre le modèle d’hygiène urbaine et la foxox-cayalogie, j’ai pris fait et cause pour cette innovation culinaire d’un genre particulier….

Décidément, les sciences sociales mènent à tout!!!

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ANKN