LES LIEUX DE CULTE DU BLOUF : ENTRE VIOLENCES ET INCONGRUITÉS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue 

Matar Ndour, Ethno-photographe

En parcourant le Blouf, on est fasciné par ses mosquées et ses églises. Mais aussi par ses autels. Un syncrétisme symptomatique de la configuration socio-religieuse du Sénégal. Pourtant, au-delà des apparentes cohabitations fraternelles entre religion,  se cache une histoire douloureuse faite de prosélytisme violent. À l’image d’une Casamance résistante et jalouse de ses bois sacrés et autels jusqu’à ce que le christianisme et l’islam ne viennent perturber ou redessiner une nouvelle carte des lieux de culte. 

Thionk Essyl dans le blouf à quelques encablures de Tendouck et de Mangagoulack donne une illustration historique de ces chocs de positionnement religieux. On sait qu’une grande partie du Fogny et du Blouf a été convertie à l’islam par le marabout diakhanké Fodé Kaba Doumbouya et le socé Kombo Sylla. À partir de Karabane le prosélytisme chrétien a pénétré les intérieurs du pays ajamaat  (au sens large) avant de se consolider définitivement.

On rappelle dans ce choc des religions, l’histoire de la grande mosquée de Thionck Essyl. En effet,  elle est construite sur un site qui s’appelait Bandjankoussor. C’était un bois sacré très touffu où le roi réunissait sa cour et les sages pour implorer Dieu de faire descendre la pluie. Le Roi, c’est le ” Ëyii” en Joola. Selon certaines versions receuillies auprès des anciens,  ceux qui participaient à cette procession rentraient chez eux sous une forte pluie. À l’image des cérémonies organisées par les reines Kuyito dans le Tendouck ou Aline Sitoé Diatta dans le Cabrousse ou Alonso Bassene dans le Moffi Eve ou Sibet de Siganaar dans le Kassa. ..

Après la conversion de la génération “efossé”, puisque c’est à partir de cette génération que la conversion à l’islamisme ou au christianisme fut effective et généralisée, qu’une mosquée est érigée à l’endroit où se tenaient les cérémonies animistes, c’est à dire à l’emplacement du bois sacré Bandjankoussor qui se trouve juste face de la gare routière de Thionck. Du sang a beaucoup coulé pendant la construction de la mosquée. Il y a eu une forte résistance des conservateurs principalement issus du quartier de Batine pour démolir à plusieurs reprises la construction en cours. Une très grave crise qui a plongé Thionck dans un chaos tragique. C’est certainement un cas qui contredit l’idée selon laquelle, en basse casamance, on ne touche jamais aux bois sacrés. Quelque soit le caractère anecdotique de la destruction de ce lieu mythique des animistes, on voit bien la violence des chocs sur fond de prosélytisme. 

Le blouf,  c’est aussi des sanctuaires chrétiens à l’image de celui de Mangagoulack. Ce sanctuaire construit par les missionnaires est aussi selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le culte protecteur du village. Mais aussi naturellement un lieu de prières. Sa structuration rend tout visiteur assez perplexe. En effet,  si la croix est bien mise en évidence ce qui est le symbole déterminant du christianisme, les 3 objets positionnés sur la tête et les bras sont plutôt des signes maçonniques. On aurait même pu penser que ce sont des signes de la croix de David. Mais après observation minutieuse,  il s’agit en effet de symboles maçonniques. La question est de savoir comment on a pu associer sur une croix chrétienne des identifiants maçonniques?  Ces missionnaires étaient ils des chrétiens maçons ?  Comment les fidèles et “pèlerins” interprètent ils ce syncrétisme christiano-maçonnique?  Des questions sur lesquelles nous reviendrons.

Copyright : Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018. 

TENDOUCK EN BASSE CASAMANCE ET SES DÉESSES DE LA PLUIE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Ethno-photographe
www.ndukur.com
www.ndourawaly.com
#TendoucKuyito2018
Au coeur du blouf, en basse casamance, Tendouck, ville historique de résistance (nous y reviendrons) déploie ses complexités culturelles réputées. Son Grand Bakin (fétiche) réputé pour protéger le village et pour recevoir des prières. Le tribunal traditionnel qui tranchait les contentieux entre tendouckois, la tombe de la Reine du blouf Niassilolo Diatta connue aussi sous le nom de Kuyoto. Des lieux de culte sur lequels nous reviendrons.
Kuyito, symbole de l’animisme tentaculaire dans une basse casamance qui a toujours sublimé ses reines. De Aline Sitoé Diatta à Alonso en passant par Sibet. ..Des reines dotées de puissants pouvoirs avec une centralité autour du secret de la pluie. Toutes savent “descendre” la pluie. Les témoignages pluri centenaires en attestent contre toutes les logiques d’un rationalisme matérialiste qui refuse les “irrationnalités”.
Kuyito décédée en 1967-1968 faisait partie de ces prêtresses reines capables d’implorer le ciel pour descendre la pluie même en saison sèche. Cette donnée factuelle nous a été démontrée lors de la séance d’exhibition de la troupe théâtrale Kapoumba, troupe entre le profane et le sacré. Lorsque par des procédures connues fondées sur des champs sacrés aux sons des kabyl, flûte à base d’une corne et d’autres accessoires, sans compter les danses et la pose des pagnes aux couleurs de bleu de nuit sur la tombe de la vieille Kuyito, la pluie s’est immédiatement invitée dans tout Tendouck et alentours. Depuis des décennies, ces séances se déroulent immanquablement sous la pluie. Même lorsque la cérémonie se déroule en saison sèche, la pluie est au rendez-vous. Une manière pour Kuyito de bénir ce village et de confirmer le secret inaltérable de la pluie qu’elle détient.
On a beau contesté, la factualité des faits prouve que l’animisme africain garde encore ses secrets qui auraient pu résoudre certains aspects de notre vie nationale. Ils sont de plus en plus évanescents sous la poussée tentaculaire et croisée des religions dites révélées. Heureusement que Tendouck, au coeur d’un blouf conquis par l’islam et le christianisme garde encore jalousement certains traits originaux de la puissance de la culture ajamaat.
Copyright. Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN, septembre 2018.

LE GROUPE ETHNIQUE DES PEPELS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

A l’instar des Balantes, des Mancagnes, des Manjaques…, les Pepels sont encore plus méconnus. Ce sont des populations qui vivent principalement en Guinée Bissau et au Sénégal, notamment à Ziguinchor (dans les quartiers de Santhiaba et Tiléne) et à Dakar (Grand Yoff). L’histoire renseigne que certains sont originaires de la région de Biombo en Guinée-Bissau.

Tout comme les Mancagnes, trois raisons principales expliquent leur mouvement vers le territoire qui deviendra le Sénégal. Ce sont d’abord les raisons sociales, puis les raisons économiques (du fait du déséquilibre économique qui existe entre les deux puissances colonisatrices après la signature de la convention franco-portugaise de mai 1886) et enfin les raisons politiques (guerre de libération des années 1970).

Regroupé sous la dénomination générique abusive de “langues minoritaires”, du fait de la faiblesse des locuteurs, le “pepel est une langue de l’ensemble Niger-Congo, de la branche ouest atlantique du groupe Bak” (Dame Ndao, 2010). Nous pouvons distinguer 5 sous-groupes linguistiques : biombo, prabis, safim, bigimita et tor qui se comprennent entre eux. Cependant, force est de constater que le statut linguistique des Pepels est très complexe du fait qu’ils (Pepels du Sénégal) ont délaissé leurs langues au profit du créole, utilisé comme langue inter-groupe et le wolof comme langue véhiculaire.

Au plan des ordres, les Pepels ont un roi qui se nomme Kasima Ko. Ils sont souvent tisserands et portent des noms comme Ko, Ka, Té, Sah, Indi, Nanky. En Guinée Bissau, les personnalités tels que João Bernardo Vieira, ancien président de Guinée-Bissau et le général Veríssimo Correia Seabra, ancien chef d’état-major sont membres de cette communauté. Au Sénégal, nous pouvons citer Jules Francois Bocandé, ancien international de Football.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018

LES BALANTAS EN ETHNONYME

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Ethno-photographe

Les balantas représentent le premier groupe ethnique avec 30% de la population bissau-guinéenne. Au Sénégal, ils sont moins de 1%. En Guinée Bissau les balantes vivent à Bissora et dans le Catio. Au Sénégal, ils sont dispersés entre la moyenne (majoritairement) et la basse Casamance le long des frontières et en Gambie. Les balantas ont fourni le plus gros contingent pour lutter contre l’occupation portugaise avec récemment le PAIGC d’Amilcar Cabral sans compter de fortes résistances des chefs balantes qui ont toujours donné du fil à retordre aux occupants portugais.

Leur ethnonyme est significatif de ce refus qui les caractérise. Balanta en effet vient de “i-balanta” qui signifie “ils ont refusé”. On se rappelle qu’au XVIé siècle, les balantas avaient refusé de suivre le roi Koly Tenghéla dans sa croisade et sa remontée vers le Fouta Toro. Une autre version nous est venue de Idy Bodbé Mané, anthropologue qui indique que “l’ethnonyme Balante n’a pas vraiment pour origine “i-balanta”. Cette interprétation est certainement une pure création des autres groupes comme les Mandingues qui ont été à la tête de l’empire du Gabou. Cette lecture a même évolué lorsque les Mandingues, devenus musulmans, disent que les Balantes sont appelés ainsi parce qu’ils ont refusé de se convertir à l’islam. La bonne piste vers laquelle il faut aller, s’il s’agit de faire l’histoire de l’ethnonyme, c’est rechercher dans la langue balante l’origine du nom. “L’homme” en balante se dit “alanté” et les “les hommes” “Bilanté”. Jusqu’à présent ces termes sont utilisés par les Balantes. Il y a donc plus de probabilité que l’ethnonyme vienne de là et que toutes les autres acceptions soient issu des des rapports interethniques dans l’histoire. D’ailleurs, les Balantes ne s’appellent pas eux-mêmes ainsi, ils utilisent le terme “adia” et pluriel “bidia” avec des déclinaisons suivant la sphère géographique. Par exemple, on a les “bidia lib”, “bidia bigandia”, “birassa”, etc”.

Peuple d’agriculteurs, les balante-Ganja ou Fjaa ou Fraase sont environ 96.000 locuteurs et sont localisés entre le Goudomp et le Tanaff au Sénégal (http://ndukur.com/cartographie-ethno-linguistique-du-seneg…/). Sans compter les balanta-kentohe avec plus de 400.000 locuteurs en Guinée Bissau (nous reviendrons sur une typologie plus fine des balantas). Ils parlent “balante” linguistiquement classé dans la division des langues nigéro-congolaises et sous la subdivision des langues bak à limage du Bandial, du Bayot, du Edjamat, du Gusiilaay, des Diolas Fogny, Kassa, Karone, du Keeraku, du Kuwaataay, du Mancagne, du Mlomp au Sénégal.

Leurs patronymes sont à consonance portugaise : Lopez, Marques, Preira, Sadio, Vieira, Da Sylva, Yalla, Diatta, Mansal, Mané.

Photo : Matar Ndour. Un balante de la Guinée Bissau avec son bonnet rouge, signe d’un initié.

Copyright : Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et Ndukur Kacc Essiluwa Ndao. Juin 2018.

INTERVIEW AUDIO EN WOLOF RFM XALAM MAG AVEC MME YADE RAMA CISSOKHO, MATAR NDOUR, NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO   

Au micro de Xalam Mag de la radio RFM, la styliste Mme Yade Rama Cissokho, le photographe Matar Ndour et l’anthropologue Ndukur Kacc Ndao. Comment concilier ces 3 approches pour saisir les expressions et complexités culturelles de nos peuples en mutations ? Quelle est la spécificité de chacune d’elle ?

Les 3 artistes exposent des points de vue croisés et démontrent comment les sciences humaines et sociales sont larges dans leurs domaines de définition. Une émission en version wolof avec Ndaté Diop de Radio Futurs Médias  (RFM) du Sénégal.

@ Projet ethno-photographique, Entre imaginaires et réalités. NKEN et Matar Ndour,  Septembre 2018

INTERVIEW AUDIO RFM XALAM MAG AVEC MME YADE RAMA CISSOKHO, MATAR NDOUR, NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO

Au micro de Xalam Mag de la radio RFM, la styliste Mme Yade Rama Cissokho, le photographe Matar Ndour et l’anthropologue Ndukur Kacc Ndao. Comment concilier ces 3 approches pour saisir les expressions et complexités culturelles de nos peuples en mutations ? Quelle est la spécificité de chacune d’elle ?

Les 3 artistes exposent des points de vue croisés et démontrent comment les sciences humaines et sociales sont larges dans leurs domaines de définition. Une émission en version française avec Ndaté Diop de Radio Futurs Médias  (RFM) du Sénégal.

@ Projet ethno-photographique, Entre imaginaires et réalités. NKEN et Matar Ndour,  Septembre 2018

[INSTRUMENT MUSIQUE] : KÂBISA ET EEMBELE : PERCUSSIONS AJAMAAT

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Un instrument ambivalent. Tantôt profane pour animer les cérémonies de danses et de lutte. Tantôt sacré pour annoncer des nouvelles mortuaires ou rituelles…Tantôt destiné exclusivement pour les hommes. Tantôt pour les femmes. Ce qui déconstruit des préjugés d’un kâbisa homme car il en existe qui sont destinés aux femmes. Sur ce registre, la société ajamaat est des plus démocratiques et inclusifs. Ce que possèdent les hommes. Les femmes les possèdent. La différence réside dans la nature des rituels même si tout le monde s’accorde sur la puissance des baachin (fétiches) des femmes sur ceux des hommes.

Le kâbisa est très similaire au eembele une autre variante. Les hommes et les femmes ont chacun son eembele raison pour laquelle le toucher est strictement interdit selon son sexe. Le Kâbisa a un son plus lourd que celui du eembele. Ils sont faits à partir du caïcédrat ou du fromager. Instruments mythiques, le kâbisa et le eembele sont sculptés dans la forêt. Ses techniques de fabrications et de mise en sonorité sont encore des secrets jalousement gardés. Lors de sa fabrication. Il est interdit à un non initié d’y participer.

Le kâbisa, un des instruments les plus populaires en société ajamaat. Il est un véritable instrument de communication sociale qui fédère ces peuples dans des cérémonies sacrées ou profanes. C’est cette ambivalence qui en fait un instrument connu et utilisé dans toute la Casamance. Il vient compléter un riche patrimoine culturel et musical. Son usage reste cependant bien codifié et un aspect de sa sacralité impose des limites connues à la musicologie moderne ajamaat obligée de se conformer aux interdits.

© Projet ethno photographique. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.

TAM-TAM BAÏNOUNK : LE ËINDUM

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Un ëindum (tam-tam) baïnounk encore jalousement gardé par notre ami Calixte Sagna de Djibonker près de Brin à la sortie du périmètre communal de Ziguinchor dans le Nyassia sur la route du Kassa.

Des percussions sacrées destinées à envoyer des messages connues des seuls initiés baïnounk et sans doute diola pour leur proximité rituelle. Akandijack Akinto Di-Jack avec qui nous partageons cette conviction montre dans un de ses travaux qu’il s’agit d’un même peuple (diola et baïnounk) mais qu’ils sont juste séparés par l’imagogie historique coloniale. Il est vrai que les violences symboliques entre les deux ethnies sont connues au plan matrimonial notamment avec les refus «intra-mariages». Mais la science historique pourra démontrer en définitive malgré les résistances identitaires qu’il s’agit d’un même peuple. Nous y reviendrons une autre fois.

Il faut être un initié pour taper ce tam-tam utilisé dans différentes cérémonies initiatiques et parfois festives ou pour des besoins de communication et d’information. Instruments percussionnistes pas très connus et presque pas utilisés dans la musicographie moderne baïnounk. A la différence du Kâbisa instrument mythique très connu avec plusieurs variantes et statuts (sacré et profane, kâbisa pour hommes et femmes..).

© Projet ethno linguistique. Signes et symboles. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.

POTERIE DES PEUPLES BEDIKS AU SUD-EST DU SÉNÉGAL

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Dans un atelier de poterie de Bandafassi dans le sud-est du pays à Kédougou. Un savoir-faire séculaire. Un moyen de subsistance face aux fortes vulnérabilités qui frappent ces minorités : chômage endémique, conditions agricoles difficiles du fait de la pédologie et de l’accessibilité des terres cultivables.

La poterie pratiquée par les femmes en particulier reste un puissant levier de gestion des économies domestiques. On peut être frappé par la similarité des techniques de poterie entre les ajamaat (diola du village de Senghalène dans le département d’Oussouye) et les bedik de Kédougou. Des techniques qui méritent une analyse comparée.

Les Bedik, un peuple venu de la Guinée, pourchassé par les marabouts peuls qui voulaient les convertir à l’islam. Un vrai génocide fut opéré les obligeant avec les bassaris, cognagui à se réfugier dans les montagnes et les grottes. Les Badiarankés, l’autre ethnie qui complète le peuple Tenda eux sont devenus des musulmans alors que les Bedik restent encore des animistes ou chrétiens.

Très peu de musulmans chez eux même s’ils vivent encore dans des zones parfois fortement dominées par les peuls. Les «gens de Allahu Akbar» comme ils les appellent ont créé un choc émotionnel puissant durant les grandes jihad islamiques pour convertir les peuples animistes de l’Afrique de l’Ouest.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018

INSTRUMENTS MUSICAUX AJAMAAT. EKONTING : XALAM DIOLA

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue

Matar Ndour, Photographe

Ceci est un «xalam» diola. Il est composé de 3 cordes dans cette partie du Kassa, département de Oussouye en Basse Casamance. En revanche dans le Balantacounda, département de Sedhiou en moyenne Casamance, on utilise la kora avec plus de cordes.

A l’origine, le ekonting était destiné pour magnifier la famille d’adoption. C’est aussi un instrument de «torture», de souvenirs des morts. C’est pourquoi en des circonstances précises, il est interdit de le jouer parce-que ça peut réveiller des morts. N’empêche qu’il n’est pas un instrument sacré.

Le ekonting est composé d’une calebasse, du bois appelé  hutanf en diola oussouye (bambou).

Louis Diatte de son nom d’artiste mais Diatta de Carabane est une des virtuoses de ekonting dans le Kassa (photo).

D’autres instruments musicaux ajamaat pour la prochaine.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Matar Ndour et NKEN. Septembre 2018.