HYPOCRISIE MONDIALE : ENTRE GÉNOCIDE ET “PÉDOCIDE”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Mais où est donc Macron pour gérer la farce de mauvais gout de Sarkozi ? Tripoli s’embrase. .. Les milices se battent depuis une semaine. La France, les USA, l’Angleterre…ont mis à sac ce pays. Pour tuer Khadafi. Pomper son pétrole et déstabiliser des territoires “tribaux” qui se sont construits difficilement au fil des siècles en un Etat unitaire. Mis en chômage des militaires aguerris qui ont appris l’art de tuer sans avoir raison. Pour des gains immédiats, ces gens attisent le feu constamment. Pareil sur le Yémen. Quand l’Arabie Saoudite tue des écoliers au Yémen silence radio même chez nous. Les chiffres de l’UNICEF sont terribles. Plus de 15.000 morts. En plus de l’impact sur les enfants. On parle de génocide. Mais il va falloir un jour inventer un néologisme : “Pedocide” pour caractériser tous ces crimes contre les enfants. Y compris ceux qui condamnent les générations futures par les actes qu’ils posent actuellement. Un article de The Indépendant UK disait que 130 enfants meurent chaque jour au Yémen. Entre la malnutrition et les bombes. La folie meurtrière a encore frappé Tripoli. Depuis des décennies, elle frappe en Asie, en Amérique, en Europe, en Afrique. Depuis des années, les hommes dans leur quête insatiable d’argent ont crée des industries d’armements pour alimenter des foyers de tensions. Ils ont entraîné des criminels pour atteindre leurs objectifs. Ils décident de faire la guerre au nom de leur propre morale. Au nom d’une volonté de puissance. Pour défendre “les intérêts” de leurs pays. Ils balancent des bombes sur des populations innocentes et s’étonnent hypocritement que les mêmes bombes ne tombent sur leurs populations tout aussi innocentes.

En réalité, ce que nous révèle notre modernité, et à sa tête, des dirigeants plus que jamais avides et cupides, c’est que cette folie meurtrière n’oppose pas le bon dieu au diable, le bon du méchant. Elle révèle la face hideuse du diable. Mais un diable qui aime l’argent et qui aime vendre ses armes. Qu’importe les morts drainées et les souffrances subies. La France qui est une des responsables de ce qui se passe sous nos yeux à Tripoli sait que tout ceci n’est que le début d’un commencement où les autres diables démontreront leur capacité à renvoyer en plein Paris les bombes lancées impunément dans les différents théâtres d’opérations. Tout le reste n’est qu’hypocrisie. Nous sommes en guerre parce que notre hydre impérialiste est un instrument de guerre porté et dirigé par des “gerrieros”. Comme toujours, ce sont les pauvres innocent(e)s qui payent le lourd tribut d’une conglomération de diables qui s’entendent bien souvent dans le secret de leurs tunnels, sur les logiques de déstabilisation. Pour reconfigurer le monde. Pour faire plus d’argent. Déjà, les stratèges du chaos ont fini de concocter des plans machiavéliques au moment ou les masses expriment leur désolation et leur colère. Pour eux, tout ceci n’est qu’un jeu pour expérimenter l’indécence de leurs théories et expérimentations. Au moment ou les familles innocentes pleurent leurs morts, ils en ont déjà fait une opportunité.

Si nous voulons être conséquents et justes avec nous mêmes, au delà des drames qui se jouent à travers le monde entre la Syrie et le Yémen, il faut aller chercher les véritables terroristes qui sont à la tête des USA, de la France, de l’Angleterre. Voila les véritables hydres d’une modernité qui leur permet de mentir à leur peuple au quotidien pour faire la guerre. En surfant sur des nationalismes grégaires. En accusant des “islamistes” qui tuent en leurs noms et non au nom de l’islam. Ils n’en ont pas le mandat en dépit des amalgames. Ils font partie de cette conglomération des diables en harmonie et en complicité avec les autres diables qui les financent et les entraînent souvent. Pouvons nous oublier ces vérités au nom des émotions qui nous tenaillent naturellement face aux innocent(e)s tomb(é)es à Paris, en Afghanistan, en Syrie, en Iraq, au Yémen, en Lybie ? Personnellement, la seule idée compatissante que j’ai va droit à ces innocent(e)s qui ne méritent pas la cupidité de leurs dirigeants qui savent faire la guerre à coup de milliards et qui sont impotents à trouver du travail à leur jeunesse désœuvrée. Pourtant on trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix (Albert Brie). De Paris à Washington, en passant par d’autres capitales du monde, les bombes continueront de crépiter tant que cette oligarchie mondiale fera la guerre au nom de sa morale et de sa volonté de puissance. La morale et les vociférations n’y feront rien.

NKEN

TRUMP, LA POLITIQUE “FAST-FOOD” ET LA BOUGIE DE DIOGÈNE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le livre sur Trump est sorti il y a quelques mois. Il est signé Micheal Wolff : FIRE AND FURRY. Autant dire qu’à la lecture des commentaires, Trump n’a pas apprécié. http://www.journaldemontreal.com/2018/01/06/un-portrait-devastateur-de-la-presidence-trump. Wolff affirme que Trump ne s’attendait pas à gagner. Cela nous rappelle certains? Ces accidents de parcours qui expliquent beaucoup de pilotage à vue. On peut y lire ce succulent extrait où le fils de Trump dit à quelqu’un qu’après les résultats, le visage de son père est comme celui de « quelqu’un qui a vu un fantôme ». Finalement l’improvisation et la stratégie du chaos ne sont pas une surprise. Mais au-delà des anecdotes il faut se demander comment le “fait démocratique ” fonctionne. Au point d’amener au pouvoir des gens sans “programme”. Des fantasques, des burlesque et beaucoup de dictateurs en puissance qui par la suite font leur coming out une fois au pouvoir. Cela veut il dire que “les détecteurs de mensonges” ne fonctionnent pas? C’est quand même extraordinaire que la fonction suprême soit celle la plus “accessible” sans qu’on soit obligé de justifier d’une expérience de gouvernance, une probité morale et un sens élevé de la démocratie. Un train qui n’annonce pas clairement sa destination et les gens embarquent.

J’ai vu l’autre jour Serigne Mbaye Thiam avoir du mal a expliquer le yonnu yokute et pourquoi la “croissance ” ne se traduit pas par une amélioration des conditions de vie. Il faut peut être réfléchir sur les stratégies de campagnes. Dans le cas du FN en France j’ai entendu quelqu’un dire que si Le Pen fille n’avait été trop polie et civilisée au départ avec Macron elle aurait un meilleur suffrage. Il fallait rester dans l’insulte et les attaques violentes. Alors que ses gourous lui demandaient d’adopter un ton police (contre nature ) pour démontrer que le FN avait changé. Alors que son électorat traditionnel kiffait le côté “sauvage et débridé  qui les différencie des autres. Finalement le “con” c’est qui dans ces élections ?

Macky portait les germes du président qu’il est devenu. Une ascension sociale par la grâce d’un seul homme. Quelques lapsus anti démocratiques. Comme à Fatick lors des élections. Des actions de services commandées comme dans le cas de Idy où il était monte au front. Et puis une “arrogance ” visible depuis longtemps. Mais il a pu passer le détecteur de mensonge avec le manteau de la victime. D’autres le passeront avec le  celui de Zorro. Ou du visage familier. Car le Sénégalais aime presque à dire “on ne le connaît pas”. Pour ne pas changer.

Il y a aussi une question technique qui se pose partout. La stratégie n’est jamais l’exécution. Comment combler ce gap? Pourquoi nos pays sont des “cimetières” de stratégies ? Pourquoi avons nous partout des armées mexicaines avec des gradés et très peu qui mettent les “mains dans le cambouis”. Est ce que notre “corps” ou corporation politique est à même capable de faire des “stratégies réelles? Sont ils plutôt des “tacticiens polotiques”. Je dis bien POLOTique pas politique. Ceux qui font la stratégie  (même la meilleure ) sont -ils ceux les plus a même de l’exécuter ?

Cela nous amène à la déliquescence et à la politisation à outrance de notre administration centrale et des corps de métiers et de contrôle. Cette macrocéphalie politique est peut être la gangrène. Si une faisait la revue des dépenses publiques affectées a la “politique ” on se rendrait compte qu’il ne reste rien a l’exécution. Lors des débats récents sur une chaine de téléphone, j’ai vu un médecin s’insurger contre la politisation de notre système de santé. Pour dire que l’allocation des ressources, la mise en place des équipements et même les “consultations gratuites” obéissent a cette logique. Et il proposait un haut conseil de la santé chargé de faire des recommandations et des arbitrages. C’est valable sûrement ailleurs.

Alors le “fait démocratique ” peut parfaitement confier le pilotage de l’appareil a un “idiot” intelligent politiquement. C’est ce qui explique peut être l’extinction des leaders en Afrique et dans le monde. Arriver au pouvoir était alors la consécration d’une lutte, d’un combat d’une personne certes mais aussi de force sociale. Aujourd’hui on tombe dans l’ère des fast food,. Des fake news et de fake président. Usurpateurs nés de la volonté populaire. Cela parait antinomique mais on ne sait pas comment l’exprimer autrement. Parce quelque part on nous a mis dans une sorte “d’urgence artificielle “. On veut du dioni dioni tous.

Donc personne ne se hasarde à présenter une vraie “stratégie” avec ses avancées graduelles, ses risques, ses coûts sociaux et ses implications comportementales (oui redresser l”homo senegalensis, le ramener au travail, diminuer ses passes droits pour certains, rendre des comptes, se tromper et l’assumer, serrer la ceinture pendant un moment, faire des priorités, punir et récompenser). On leur présente le “plan miracle” qui va “tout guérir”. Comme le ferait le charlatan de la gare routière. On nous dit que plus la probabilité est élevée pour la personne de ne pas te revoir plus il peut être enclin de te tromper sur la marchandise. Exemple le vendeur à la sauvette ou l’ambulant (en dehors des conditions éthiques bien sur). La politique échappe à cette règle chez nous. Le mec revient avec aplomb te fourguer la même chose et parfois dans le même paquet! Observons le mouvement des transhumants ce qu’ils sont en majorité dans cette macrocéphalie “poloticienne”. Là beaucoup ont certes une formation mais n’ont plus de métiers depuis 30 40 ans parfois.

Alors stratégie/exécution ? Peut on leur donner le guidon ? Je disais à une amie que l’exemple classique c’est le ministère de la jeunesse. On y place fréquemment quelqu’un sans métier et expérience avec la lourde tache de trouver du ..travail aux jeunes. Donc dans les “inconsciemment incompétents et les consciemment incompétents ” gangrènent le système où ils subsistent quand même quelques îlots de consciemment compétents qui aussi tirent les marrons du feu. Une pièce de théâtre burlesque. “La ronde des idiots”. De Trump à Kim en passant par les tropiques. Mais il y une forte “demande ” des idiots et de fous. Et parfois les “insulteurs ” arrivent durant l’entracte pour nous égayer ou nous servir d’exutoire. A part le Pape,  c’est actuellement le désert. Cela n’était plus arrivé depuis longtemps. Une macrocéphalie politicienne mais sans “tête pensante”. C’est peut être le drame qui se joue. La fameuse quête de sens. Le socle et la boussole.

Je pense que c’est Edgard Morin qui dit quelque part qui nous savons appréhender l’infiniment petit et l’infiniment grand mais pas encore l’infiniment complexe. Et si on était juste désarmé devant la “politique”. Au point où on est surpris par nos propres “décisions” citoyennes. Après chaque scrutin on se réveille avec la gueule de bois. Ah Trump, ah Macron, Poutine, ah Macky. Ah le peuple inculte et corrompu. Ah le PSE. Les “idiots”, les vessies que nous prenons pour des lanternes. La bougie de Diogène que chacun pense détenir.

NKEN

LA “SUBSTANCE” ET LA “FORME” DE LA DÉMOCRATIE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le Parlement chinois a  aboli la limitation des mandats présidentiels pour permettre à Xi Jinpinh de réaliser sa vision à long terme. 2958 voix pour, seulement 2 contre et 3 abstentions. Un vote “massif” qui confirme la mainmise du PCC sur le pays et une confiscation des libertés. De manière décalée j’ai pensé à la partie de l’argumentaire qui affirme que c’est pour réaliser la vision à long terme. C’est sûrement un “alibi” pour justifier la confiscation des libertés démocratiques. En réalité cette rengaine revient souvent sauf en Europe et et en Amérique du Nord.

Se pose la question de fond. Comment aujourd’hui en 2018, un pays peut avoir et mettre en oeuvre une vision à 15 -20 ans et en même temps avoir un rythme électoral infernal quand même ! D’un côté on a cette tension permanente entre des gens qui à peine élus par le processus “démocratique” (on le concède) sont obnubilés par les prochaines élections  (c’est leur long terme, 5 à 7 ans au max). De l’autre un champ démocratique en constante ébullition qui t’accorde une période de grace (de 100 jours symboliques) et qui s’évertue (avec les groupes d’intérêt, les réseaux sociaux, etc. ) à détruire et dégager celui qui est en place. Le seul consensus national porte sur des questions très graves de sécurité nationale ou sur les sujets tabous (comme certains groupes “intouchables”).

Alors les seuls “leaders” sont soit des autocrates ou des dictateurs qui confisquent les libertés. Xi, Poutine, Salam, Ergodan, Ben Zayed aux Émirats. Pendant ce temps les “democraties” imposent un “turn over” du personnel politique qui ne peut être efficaces que si les socles institutionnels sont très forts pour permettre de garder le cap malgré les “alternances”. Hollande, Macron, Obama, Trump, Merkel en constante négociation avec les autres forces ou des leaders populistes sortis des urnes. Sinon le modèle africain avec ses deux faces de la même monnaie. Des élections régulières sans vrai alternance dans un cas et des présidents à vie. Mais ils sont tous incapables de réaliser ce qui fait un pays fort.  Un passé, une ambition et une vision. En chine Xi dit que 5 -10 ans ce n’est pas assez. Entre ça et faire sauter la clause limitative il y a du surréaliste. La clé c’est de bâtir des institutions fortes et résilientes face aux “aléas démocratiques “. Aux USA , le président a parfois deux ans sur 4 pour mettre en oeuvre sa politique. Car la première année, il apprend le job et la dernière année il prépare la réélection. Chez nous il a 5 ou 7 ans pour …confisquer le pouvoir à jamais si possible !

Aujourd’hui le Maroc est entrain littéralement de bouffer l’Afrique subsaharienne. Comment ce pays, ce royaume parvient à cela ? Le roi est adossé à un pouvoir séculier qui lui offre la possibilité de se projeter et s’appuyer sur un socle tentaculaire au niveau national. Il peut imprimer une vision très nationaliste et à long terme. Mais le pays utilise les outils du management moderne. Beaucoup de ministères au Maroc ont recours au meilleurs cabinets internationaux pour dresser leur tableau de bord et mettre en place des formes de réddition de comptes. Le roi n’hésite pas à sanctionner et même à banir des ministres indélicats. Mais quand il voyage en Afrique il débarque toujours avec une “cargaison ” d’hommes d’affaires…marocains. Il leur offre l’environnement propice pour se déployer.  Quand Erdorgan arrive à Dakar, il vient avec dans ses valises les businessmen turcs qui arrivent à introduire pour gagner des marchés. Macron le fait avec les entreprises françaises en Afrique. Et nos dirigents alors  ? Ils tuent les entreprises et les entrepreneurs nationaux (non affiliés à eux) et ils les mettent à la merci de la concurrence déloyale des firmes étrangères et on leur demande d’être compétitifs.

Revenons à la Chine. La Belt and Road Initiative est très ambitieuse certes, mais elle ne peut justifier une confiscation du processus démocratique. En même temps au-delà de cela il y a une réflexion à faire sur la manière de concilier les exigences de développement sur le long terme et le “cycle démocratique”. Ce dernier n’a pas pour finalité de changer le leadership ou le faire alterner pour cliquer sur la case “élections organisées : Oui) mais bien de développer de manière durable et inclusive le pays. Il faut “requalifier” l’essence de la démocratie plutôt que sa forme. Quelqu’un disait qu’il faut désacraliser les élections en Afrique. Paul Collier en parle largement dans un de ses livres : “Wars, guns, and votes : Democracy in Dangerous Places”. C’est un amplificateur de risques de violence dans beaucoup de pays. Mais une des pistes qui ressort de toutes ces études c’est qu’il faut se battre pour consolider les contre-pouvoirs. L’érosion des contre-pouvoirs est la mère de toutes les dérives. Et paradoxalement tout le monde se bat pour le pouvoir et très peu pour ériger et préserver les contre-pouvoirs.

Qui se bat au Sénégal pour rendre la représentation parlementaire plus exigeante et moins lucrative ? Moins de députés et moins d’avantages ? Si les députés devaient recevoir justes des indemnités de session on verra moins de bataille. Pour rester en chômage payé pendant une législature. Si on leur assigne une prime de performance, nombre d’initiatives parlementaires seraient abouties, par exemple. Ils dormiraient moins à l’assemblée. Idem pour la séparation des pouvoirs, la limitation du nombre de partis, la régulation des médias de propagande publique, la démocratisation du droit de vote. Préserver la fonction publique des injonctions et du chantage politiques. Soumettre à la compétition tous les postes de direction et de chef d’agences. Réduire les mécanismes de distribution de carottes  politiques que l’Etat utilise à des fins partisanes. Voilà ce qui pourrait constituer les bases d’un programme politique alternatif.

Les acteurs de tous bords sont  obnubilés par les ‘formes” de la démocratie. Alors qu’il faut vider la démocratie de ses formes ! Pour bâtir une “substance”. Autrement cela devient un leurre avec ce cycle infernal. Surenchère pré électorale, transhumance préventive -élections chaotiques – désillusions et déceptions post électorales- transhumance post traumatique – recomposition politique – contestation – surenchère à  nouveau. Cette bande est usée. Elle se défile sous nos yeux depuis trop longtemps. La seule variante ce sont les formes de répression et la violence qui font des intrusions dans ce cycle.

NKEN

ENVIRONNEMENT : COMMENT EN FAIRE DURABLEMENT UN  LEVIER DE CROISSANCE ?   

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Il y’a quelques mois, Haidar postait sur internet les images d’un drone qui montre le pillage de nos forêts par les chinois. En réalité rien de nouveau sous le soleil. Depuis l’ancien régime, ces chinois disposent de concessions sur le bois, les mines…Le plus officiellement du monde. La question de la transparence dans la gestion des ressources naturelles et dans les industries extractives est un problème très sérieux.

Le problème avec ce ministère, c’est que si nous regardons les profils des ministres de l’environnement depuis bientôt 15 ans, ils sont devenus des bouche-trous. Bathily, Mor Ngom, Thierno Lo, Djibo Ka, Abdoulaye Baldé…Si l’environnement et la gestion des ressources sont si importants, quelle est leur place dans le PSE ? Je pense qu’il y a un axe important qui mérite un approfondissement : comment utiliser l’environnement comme un levier pour la croissance ? Comment renforcer le capital naturel national (qui a été bradé jusque-là), réduire la perte écologique, minimiser les risques environnementaux (les bombes écologiques sont partout sur la zone industrielle, dans la Niayes avec l’emprise foncière, l’arène nationale, en Casamance, au Sénégal oriental avec les mines et le pillage des forêts, dans la vallée du fleuve Sénégal).

Avons-nous fait une Évaluation stratégique environnementale pour évaluer nos options à court et long terme et faire des analyses coût-avantage pour éviter que nos décisions à court terme d’exploiter ou non les ressources ne portent pas atteintes aux autres secteurs (pêche, tourisme, agriculture). On ne demande pas si ce qu’on gagne à court terme vaut les verrous qu’on peut créer en compromettant la croissance durable et inclusive.

Même Diammadio aurait pu être une occasion de réfléchir sur la ville de demain (plus verte, plus durable, plus efficace et sobre sur le plan de sa consommation d’énergie, sa gestion des déchets, une ville plus « intelligente ») pour ne pas reproduire nos villes “coloniales”. A notre humble avis, les vraies questions sont là. On nous parle tout le temps de l’emploi des jeunes. Comment promouvoir la création d’emplois verts pour lutter contre à la dégradation de la nature et participer à l’éradication de la pauvreté au niveau local (en identifiant les filières prometteuses avec les experts, les centres de formation, les universités et promoteurs privés dans le domaine du bâtiment, eau, assainissement, électricité, énergies renouvelables, la gestion des déchets). Est-ce que la formation professionnelle et académique prépare aux emplois de demain dans le contexte d’un monde en transition énergétique (le Sénégal a signé l’accord de Paris).

A notre humble avis, un ministère de l’environnement doit être capable de créer des passerelles et de la valeur ajoutée avec l’économie réelle et tous les secteurs. Aujourd’hui beaucoup de pays investissent sur leur diplomatie environnementale. Parce que c’est devenu un levier économique. Pour attirer des financements innovants, des investissements, faire faire des bonds technologiques dans les secteurs prioritaires qui portent la croissance et les emplois, améliorer le bien-être et la santé (pensons à l’impact sanitaire de la pollution chez nos populations) et enfin cela améliore l’image du pays. Nous reviendrons plus amplement sur la diplomatie environnementale.

En attendant, formulons quelques propositions urgentes :

– Réviser les accords de pêche (pour respecter la capacité de charges des océans et le partage juste et équitable des retombées avec les pêcheurs),

– Aider les pêcheurs à mettre de la valeur ajoutée sur leurs produits («pêcher moins et gagner plus» et faciliter la reconversion des pêcheurs vers d’autres activités (création de centre de métiers dans les sites de pêche, aider les fils et filles de pêcheurs à rester à l’école, etc.) ;

– Mettre en œuvre les principes de l’initiative sur la transparence dans les industries extractives ;

– Réviser les contrats miniers en cours et s’assurer que les intérêts de l’Etat et des populations sont pris en compte ;

– La création d’un seul ministère des ressources naturelles (faune, forets, mines, ressources halieutiques, aménagement du territoire) : pour une meilleure intégration, plus de cohérence dans la prise en compte de l’environnement et la mise en œuvre des engagements du Sénégal en matière d’environnement, plus de transparence dans la gestion et de meilleure capacité de négociations au niveau international ;

– Mettre en place un Fonds national de l’environnement et du développement durable qui va mobiliser des fonds (fonds de l’Etat, produit des amendes de transaction telle que prévue par la loi sur l’environnement, contributions, des donateurs internationaux, etc.) ;

– Eviter la dispersion actuelle des ressources et financer de manière durable et dans la transparence les programmes prioritaires.

Nous reviendrons une autre fois sur la diplomatie environnementale. Comment en faire également un instrument de croissance ?

Photo  : Matar Ndour. Femme bedik dans les champs de maraîchage de Kédougou

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RECONNAISSANCE HISTORIQUE POUR NOS HÉROS DÉMOCRATIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Les réseaux sociaux donnent souvent l’impression que vous avez d’une part des révolutionnaires aguerris qui défendent le peuple et d’autre part ce dernier immobile et peu engagé pour de véritables transformations de la société. Cette posture est sans doute une des pires insultes qu’on peut adresser à un peuple qui a fini de ne croire ni aux politiciens ni aux autres.

C’est faire l’injure d’oublier le combat patriotique de sénégalais qui se sont battus contre les colons portugais, français…C’est oublier ces patriotes qui ont sacrifié leurs vies pour notre indépendance nationale formelle. C’est oublié que si nous faisons la grande gueule maintenant sans être inquiété par la mort, des combattants de la liberté se sont battus pour dire non à l’arbitraire. C’est oublié qu’il y’a quelques décennies la mort, la prison et les tortures te guettaient rien qu’en s’opposant aux régimes post coloniaux.

Aujourd’hui, on peut insulter le président de la république et être défendu par les meilleurs avocats qui vous tirent d’affaire. Par conséquent, nous devons être plus humbles dans nos prétentions révolutionnaires et ne jamais oublier dans notre évaluation ces martyrs de la liberté. D’ailleurs nous avons beaucoup à apprendre de leur altruisme, leur sincérité révolutionnaire, leur courage moral et physique.

Nous venons de loin. Et la liste loin d’être exhaustive : Lamine Senghor, Aline Sitoé Diatta, Omar Blondin Diop, Seydou Cissokho, Cheikh Anta Diop, Majhmout Diop…N’oublions pas de leur rendre hommage. N’oublions pas de dire au président Macky qui s’incrustait dans sa chambre quand les lacrymogènes tonnaient entre les pavillons A et B, qu’il n’a pas le droit de narguer notre démocratie.

NKEN

L’ENTRE SOI ET L’ESTIME DE SOI

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

VENDREDI.  La brise fluviale matinale est au rendez-vous. Du moins du côté d’une partie de la Basse Casamance. En ce moment précis. Les oiseaux et coq distillent leur solfège hermétique. Couverts par une forte pluie. Qu’on aimerait comprendre leur langage pour entrer en communication ou en transe avec eux. Leurs sifflements et chants sont inspirants et inspirateurs pour nos esprits mal réveillés. Victimes des rigueurs d’un voyage parfois chaotique. La nature est une si belle synchronie entre les hommes et animaux. Un bel équilibre mathématique avec ses codes et ses secrets. Certains ont réussi à décoder quelques uns. D’autres gardant jalousement les secrets d’une vie cachée qui fait courir les soufis et les invisibilités. Ainsi va la vie d’un monde que le positivisme n’arrive pas à enterrer. Pourquoi d’ailleurs. Le monde est infini dans le dévoilement de ses connus et inconnus. Pourquoi limiter cette richesse incommensurable dans des nœuds restrictifs  ?  Symboles achevés de nos propres limites humaines.

Ce vendredi. On peut observer mon penchant singulier vers la métaphysique. Mon esprit reste foncièrement spirituel. Sans doute boosté par la permanence des questionnements sans réponses qui m’entourent et me ceinturent. Minutes après minutes. Bon revenons sur terre. Je poursuivrai ce cheminement spirituel plus tard. En tant que “Ceddo”, animiste et monothéiste. Ouvert aux autres Traditions. Au nom d’un syncrétisme séculaire. Pour s’opposer à toute forme de prosélytisme dominateur. Balle à terre. Pas très reluisant. Comme d’habitude. Les hommes dans leurs cupidités infinies cherchent toujours le pouvoir. Normal, il permet d’accéder à des gratifications comme disent les socio anthropologues. Ici et ailleurs . Alors à chaque jour son scénario insipide d’un jeu des acteurs qui a fini de révéler la véritable nature de classe d’une partie de notre classe politique. Nature de classe  ? Certains détestent ces catégories conceptuelles rangées parmi les crimes analytiques d’un marxisme léninisme débonnaire. Alors ne fâchons pas les chiens de garde qui ne portent pas le communisme et les communistes  dans leur coeur. Il est vrai que les gars ne sont pas des enfants de coeur et n’ont pas souvent été ouverts à la critique de la critique pure. Mais enfin  !!!

Cupidité  ? Une partie de la classe politique poursuit ses guéguerres. A y regarder de plus près. Tout relève de l’entre soi. Toujours moi. Rien que moi. Les débats sur les parrainages, les emprisonnements politiques arbitraires, les cartes d’identités non récupérées, le manque d’ambition d’un président qui a déjà vendu notre pays aux multinationales…continuent d’occuper le pavé d’un Sénégal qui se cherche pour sortir de sa noyade collective. Quelle indécence ces querelles de borne fontaine !!! J’espère qu’avec ce temps si sympathique de ce vendredi, fortement arrosé par des pluies incessantes et généreuses, nous aurons de meilleures nouvelles pour un pays qui en a tant besoin pour se rassurer et améliorer son estime de soi. Pas l’entre soi.

NKEN

[ETHOLOGIE] BUBO AFRICANUS : OISEAUX DE LA CHANCE   

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

De la famille de strigadae et du genre bubo raison pour laquelle on l’appelle Bubo africanus ou chouette ou hibou même s’il existe des différences. En diola bandial et oussouye, on l’appelle Ekololang.

En pays ajamaat, il est réputé comme un oiseau de la chance. Il ne craint pas les peuplements humains et peut habiter dans une maison. L’ésotérisme ajamaat le considère comme un oiseau porte-bonheur qui ne vit que chez des gens chanceux. Il est recommandé de le garder et d’éviter de le chasser dans ce cas.

L’esthétique des oiseaux et les imaginaires sacrés des ajamaat révèle une sorte d’ambivalence qui mérite d’être analysée avec finesse et en profondeur. Le bel oiseau flamand rose porte malheur. Le hideux grand duc porte chance. Le statut manichéen de l’ésotérisme ajamaat est il proportionnellement lié à la laideur ou beauté des oiseaux ? 

En attendant beaucoup d’ajamaat souhaiteraient accueillir chez eux cet horrible oiseau carnacier et qui fait peur. C’est sans doute un des oiseaux qui hante le plus nos imaginaires mais qui porte bonheur dans la culture de ces peuples des rivières.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Matar Ndour. Août 2018. Read more

CLIMAT ET DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE : NOUS SAUVER NOUS-MÊMES OU DISPARAÎTRE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Si un président décide de mettre ses ressources pour assurer une transition énergétique, préserve ses ressources et les utilise à bon escient, révolutionne le secteur des transports pour le rendre efficient et au service de la mobilité, construit des villes où il fait bon vivre sans gaspillage de ressources et pollution, forme ses enfants pour les métiers de demain, nourrit sa population, les préserve des aléas autant que possible et est capable de répondre devant l’inévitable, les éclaire, tout cela dans la transparence, alors on aura gagner la vraie bataille qui n’est pas celle du climat mais du développement endogène.

On n’est l’otage de personne. Pourquoi le monde doit nous sauver ? On a décidé d’avoir des gens qui sont payés sans rien produire, des gens qui sont payés qu’il pleuve ou qu’il neige (les fonctionnaires et nous tous). Et des gens qui deviennent  affamés et démunis s’il y a une sécheresse ou un hivernage trop court ou tardif (les paysans qui nous nourrissent). On parle de long terme en ayant nos frigo remplis et nos salaires qui vont “tomber”. Alors que pour la majorité des gens, le long terme c’est ce soir ou demain matin. Vais je manger ? Et si j’ai le paludisme ? Comment aller à Sandaga demain?

La question climatique est juste une question de justice sociale. Bientôt on ne verra plus la mer à Dakar le long de la corniche. Le même Etat qui érige des hôtels et des résidences dans le domaine  maritime quémande pour ériger des digues de protection à Rufisque, Guet ndar, etc. avec les dons et de l’argent que nous allons repayer.

Voulons nous des ministres de l’environnement moribonds et de figuration ? Ou voulons nous que l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles soient un levier de croissance économique et d’inclusion sociale ? Voulons nous profiter du soleil, construire nos villes et nous bâtiments, nous déplacer autrement, différemment pour sortir de la dépendance énergétique et alléger nos factures ? Voulons nous disqualifier nos enfants avant même qu’ils entrent dans le marché du travail ou voulons nous les armer pour les métiers du 21eme siècle ?

Voila certaines des questions qui se posent. Aucun pays n’ a été “développé ” par la “communauté internationale “. Sinon Haiti et Somalie seraient riches by now.

Photo  : NKEN. Fromager coupé dans le fogny diabancounda, basse casamance,  Sénégal

NKEN

ENVIRONNEMENT : METTRE LA QUÊTE DE LA DIGNITÉ AU CŒUR DU PROJET AFRICAIN 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Le pays bouge et il est en effervescence. Tant mieux. Le problème est qu’il bouge pour des ego surdimensionnés qui pour défendre des fils présumés coupables ou fautifs, qui pour être rois  à la place du roi. Et les surenchères vont bon train. Bien évidemment, les débats de fond souvent occultés. Tant que l’activité politique restera une rente il est impossible de bâtir un projet. Voilà sans doute pourquoi, on tourne en rond.

Ceux qui semblent tourner en rond aussi ce sont les négociateurs et décideurs politiques qui travaillent sur les questions environnementales depuis la COP de Paris. Il existe une incertitude à propos de la posture de Trump sur fond de divergence entre les pays développés et les pays en développement sur la question de la différenciation pour la mise en œuvre de l’accord de paris. A cela, il faudra ajouter les incohérences nationales qui empêchent un positionnement clair des pays au niveau international. Pourquoi ? Du fait d’une absence de vision cohérente.

La priorité pour les pays africains, c’est l’adaptation et la nécessité de trouver des ressources additionnelles pour faire face. Mais on leur propose un melting pot d’options et de guichets qui créent des conflits de compétences et des batailles pour accéder à des ressources financières. On parle d’adaptation, de gestion des catastrophes, de pertes et dommages, d’objectifs de développement durable. Certains éléments relèvent de la protection civile, d’autres de l’environnement, d’autres des secteurs comme l’eau, l’agriculture, énergie, etc. C’est la cacophonie et la guerre pour capter de l’argent.

Les africains qui ont eu l’opportunité de participer à ces COP ou autres foras environnementaux en sont sortis déçus voire dépités. Les pays du Nord se moquent de nous et on arrive pas de clarifier notre approche et nos priorités avant de leur faire face. Ils nous distraient avec des leurres et plusieurs calebasses vides. C’est parce que au cœur de ses processus, nous avons les “politiques”. Si on met en place un gouvernement qu’avec des militaires, on  l’appelle comment ? Une dictature. Et si on met en place un système avec que des politiciens rentiers et à l’horizon limité ? Une autre dictature. Avec des administrations à la solde ? Une autre dictature. Ainsi, on navigue entre les “dictatures”.

Et voilà pourquoi personne ne s’occupe de la cité et des questions nationales qui engagent le destin des gens. Nos «mecs» viennent négocier pour l’intérêt à court moyen et long termes de leur pays. Nos gars viennent dans le flou, sans autre mandat que le court terme de quelques chefs à la recherche de butin pour leurs ministères, leurs petites directions. A titre illustratif, la direction de l’environnement au Sénégal est en plein saucissonnage actuellement. Juste pour ajouter à la confusion et créer des cloisons.

La terrible réalité est que les africains cherchent encore des prêts à porter alors qu’ils peuvent se faire eux mêmes du sur mesure. Beaucoup de nos dirigeants africains pensent que les jeux sont faits. Voilà pourquoi il faut mettre la quête de la dignité au cœur du projet africain. C’est là le cœur du problème. Pourtant, c’est un des éléments fondateurs de notre éducation traditionnelle. Dès que tu acceptes tu as un prix et les lobbies vont s’évertuer à te payer de plus en plus moins comme pour le cacao ou l’arachide. Et si tu fais monter les enchères on t’accidente ou on te crée une dissidence. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que plusieurs projets environnementaux ont été marqués par des accusations de manipulation voire de corruption de la part de l’UE et de la France.

A titre d’exemple, on peut citer le responsable de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER) accuse l’Europe de “détournement”: https://www.euractiv.fr/section/energie/news/lue-et-la-france-accusees-de-manipuler-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables/ ou http://www.novethic.fr/breves/details/le-responsable-de-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables-iaer-accuse-leurope-de-detournement.html

L’initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) fait partie de ces programmes négociés en parallèle à l’Accord de Paris (avec la France mais d’autres partenaires ont décidé de le financer. Il y a aussi l’initiative africaine pour l’adaptation mais elle n’a pas connu autant d’intérêt pour les européens parce que la question de l’adaptation est une priorité africaine contrairement a l’atténuation.

Voilà à quoi ressemble parfois l’attitude de nos dirigeants sur des questions aussi sensibles que l’environnement. La quête de la dignité n’a jamais été aussi urgente si nous voulons au niveau international notamment bâtir un vrai projet africain.

NKEN

LE SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE PLUS PERFORMANT QUE LE PÉTROLE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Des chercheurs du prestigieux Imperial College London ont publié l’année dernière, une méta-étude qui confirme ce que redoutaient les lobbies anti-solaires. Le solaire photovoltaïque est plus performant que le pétrole. Dans une chronique intitulée « Faire de l’écologie avec des données obsolètes« , Xavier De La Porte, journaliste à France-Culture, fait écho de cette méta-étude de Koppelaar qui analyse 29 autres études: « (…). Les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont fait un constat assez stupéfiant : ces études utilisent des données en moyenne vieilles de 7 ans, se réfèrent à des technologies qui ont été largement améliorées depuis. Résultat, elles sous-estiment largement les performances de l’énergie solaire. Car, selon les chercheurs, ce qui s’est passé entre 2009 et aujourd’hui, c’est que les performances de l’énergie solaire ont doublé (…)

Mais ce sont ces résultats qui servent aux décideurs politiques à définir leur politique énergétique pour les décennies à venir. Ce cas particulier illustre une question fondamentale : l’importance des données en matière environnementale. L’écologie est affaire de mentalité, elle est aussi affaire de chiffres et de calcul (…) ». Le solaire reste incontestablement la clef du futur. Et nous devrions nous y engager résolument. Mais la gestion par “action d’éclat” va créer des verrous. Comme nous le voyons hélas dans nos pays. On pose des actes qui vont nous laisser non seulement des gouffres financiers mais aussi nous enlever les options réelles dans le futur.

Les formes de planification à long terme ont laissé la place à des stratégies minimalistes d’abord comme les plans de lutte contre la pauvreté ou de croissance accélérée, puis à des chimères comme Yonu Yokute ou PSE, mais en réalité le seul vrai plan ce sont les décisions électorales du Président qui les prend au gré des “offres ” des courtiers et autres vautours qui rodent autour de toutes les républiques bananières. On ne cesse de louer les “idées lumineuses” du Président. Là aussi les cellules techniques et les cellules politiques ne sont désormais qu’une. Donc avec ce genre de découverte de premier plan, on ne verra presque personne dire que ce n’est pas la bonne option ou énoncer des principes de précaution. On préférera encore encenser les idées lumineuses d’un président qui a tant besoin des cadres avertis et impartiaux de son pays.

Le solaire photovoltaïque plus performant que le pétrole, une donnée scientifique majeure pour changer de cap énergétique avec le soutien politique de l’Etat. On n’ose rêver. Voilà aussi à quoi sert la science. Résoudre les problèmes de l’humanité et des humains.

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/solaire-photovoltaique-petrole-38798/

Photo  : Mamadou Gomis, FAAP

NKEN