“LA CHARTE DU GAINDE” POUR UNE VRAIE CONSTITUTION ALTERNATIVE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le pays est dans un buzz permanent qui occulte souvent les débats de fond. La campagne électorale précoce a installé la pays dans des contrariétés qui ont fini d’exploser les partis qui se disputent des leadership contestés. A l’image d’un parti historique comme le PDS de Me Wade. Et le pays est en pleine métastase à l’image d’un Madické qui  fait parti de ce cancer. Les cellules corruptogènes sont partout. Avec une réelle alternance, les prédateurs issus du PS, du PDS seraient soient en prison ou tout au moins mis sur la touche. Aujourd’hui ces “microbes” gangrènent notre vie politique. De Madické à Pape Diop en passant par Tanor, Fada, Aliou Sow et tous ces petits monstres. C’est un vaste front de vampires (politiciens professionnels marabouts affairistes, presse de laudateurs et hauts fonctionnaires corrompus).

Hier quelqu’un me parlait de l’enrichissement des patrons de presse et des petits animateurs de la bande FM et des télévisions. Au moment où les professeurs, les médecins et fonctionnaires croupissent dans la misère. Les “gorgorlus” n’en parlons pas. Eux deviennent de plus en plus riches. Alors c’est normal qu’on nous installe dans le buzz. Ces scories servent de diversion. Ces “microbes’ ont encore plus peur que mackycron. Un Sénégal transparent et géré sur la base de la méritocratie serait un écosystème hostile pour le front affairiste qui peut être le seul parti. Elire c’est se choisir. Pour eux, que l’écosystème corruptogène demeure. Peu importe le president s’il coopère.

Si on analyse le contexte sous l’angle de Macky seulement on va faire fausse route. D’ailleurs l’nstinct grégaire des fossoyeurs opère en ce moment. De gré ou de force (epée de Damoclès de la CREI) ils de retrouvent pour chasser en meute. Sous la bannière de l’APR mais aussi à travers des candidatures de contributions. Brouiller les pistes, installer la cacophonie mais avec le dessein de garder le statut quo, au forceps si nécessaire. La société civile aurait pu exiger des “candidats” un pacte minimal de rupture. 5 points importants que tout le monde s’engage à faire respecter ou appliquer et qui consacre la rupture avec les pratiques de prévarication en cours depuis 1960. Une réflexion à approfondir. 1. Je pense au tripatouillage de la constitution. 2. La séparation des pouvoirs. 3. L’organisation des élections. 4. Un cadre de transparence dans la gestion des fonds publics. 5. La “dépolitisation” de la haute administration

On aurait pu avoir cette plate forme minimale. Mais oui l’expérience des assises a montré que quelqu’un peut briser le pacte. Mais si on arrive à bâtir une constitution si solide que même le plus grand bandit qui arrivera au pouvoir en 2078 ne peut tripatouiller, ce serait un grand pas. La société pourrait proposer une constitution alternative. “La charte du Gaindé”. Pour faire référence à celle du Mandé. Il faut des idées novatrices et utiles si on veut élever le débat. Le vrai silence de la société civile et des élites, ce serait cela. Décrire savamment les stratégies de maintien du statut quo ou dénoncer les dérives ne suffisent pas. Pour paraphraser Martin Luther King, on retiendra le silence. On ne peut pas laisser Sonko “entretenir” la révolte. Si les gens aspirent à une “révolution”.

Sans doute pouvons nous “consulter” nos amis du groupe Refondation sur les 5 aspects abordés plus haut. Mais avec des actes concrets dont on peut faire le suivi autour de ce projet de constitution alternative qui doit être infalsifiable et verrouillé pour les 100 prochaines années. Imaginons aux USA si Trump pouvait tripatouiller la constitution américaine. Imaginons si Macron pouvait mettre en prison ceux qui démissionnent de son gouvernement. Imaginons si Niasse et Tanor sont capables de coacher Macky et de lui filer des stratégies “préda – fascistes”. Dans ce cas, pourquoi notre intelligence collective ne devrait pas sortir des réponses. Un pacte anti “vire capot” (transhumant pour parler comme les canadiens) qu’aucun “candidat téléguidé” n’osera signer. C’est je crois cela l’urgence d’un pays qui a tant besoin d’une plateforme politique minimale de rupture.

NKEN

 

FRANCOPHONIE, UN LEURRE ET UNE DISTRACTION DE LA FRANÇAFRIQUE

 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

La francophonie est dans un nouvel élan historique. Elle va vraisemblablement larguer Madame Jean,  la canadienne,  au profit de la Rwandaise, l’anglophone. Curieuse organisation mais somme toute cohérente. Le Quatar y était admis sous Diouf. Sans compter le Ghana, le Mexique. Le Sénégal sous Macky fidèle à son père socialiste mercenaire fait le lobbying pour faire admettre cet abominable régime des Saoud qui tue des milliers d’enfants au Yemen. La France observe un silence gêné même si elle est derrière cette supercherie.

Certains intellectuels africains ne s’y sont pas trompés à l’image de Mabanckou et Kako. Alain Mabanckou avait refusé de participer au projet francophone d’Emmanuel Macron. Le président Emmanuel Macron avait proposé à Alain Mabanckou de collaborer avec Leïla Slimani pour «contribuer aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie». L’auteur de Petit Piment lui répondait acerbe, dans une lettre ouverte publiée sur BibliObs. http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/01/16/37002-20180116ARTFIG00149-alain-mabanckou-refuse-de-participer-au-projet-francophone-d-emmanuel-macron.php

Kako depuis fort longtemps aussi tire sur cette francophonie. Il pose le débat sur les contradictions historiques de la francophonie et offre des pistes de recentrage de son action. https://www.jeuneafrique.com/641724/politique/tribune-a-quand-la-francophonie-des-peuples/. https://www.financialafrik.com/2018/09/21/pour-une-francophonie-de-laction/amp/. On se rappelle du même Kako qui tirait aussi sur le  CFA.

Ce même Kako Nubukpo le Directeur de la Francophonie Économique et Numérique avait été viré pour avoir osé tirer sur Macron. Ancien ministre de la prospective du Togo, le gars est un anti-CFA qui a toujours gardé sa liberté de ton. Il avait sorti en octoblhttp://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/franc-cfa-m-macron-il-ne-faut-pas-dormir-sur-la-natte-des-autres_5221951_3212.html.    un ouvrage intitulé : Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ? Il avait déjà  tiré violemment sur Macky puis Alassane Ouattara. Les gens avaient grincé les dents mais cette fois c’était Macron. Face à cette témérité, il a été dénesfestré avec violence. Le mot n’est pas fort. On lui avait demandé de remballer bagages en 48 heures. L’économiste avait décidé de poursuivre son combat jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête clairement. http://www.liberation.fr/debats/2017/12/05/quand-macron-occulte-la-question-du-franc-cfa_1614619. http://www.jeuneafrique.com/500602/politique/francophonie-comment-kako-nubukpo-sest-retrouve-sur-la-sellette-a-loif/. http://news.icilome.com/?idnews=841798&t=oif–kako-nubukpo-ejecte. https://www.financialafrik.com/2017/12/08/kako-nubukpo-brutalement-limoge-de-loif/

Cela nous montre les contradictions autour de la francophonie actuellement. Il y a beaucoup de confusions autour du rôle de la France. Elle donne 35% du budget. Et c’est le pays qui défend le moins la langue française. Même au sein de l’UE elle ne fait rien. Une étude a montré qu’en 1998, 37% des documents de la commission européenne étaient en français. Il n’était que de 3,6 % en 2015. Pourtant l’UE compte 114 millions de francophones et 16 millions d’apprenants en français et 17 de ses états sont membres de l’OIF. La France ne fait rien pour que le français soit une langue de travail ni a l’UE ni aux Nations-Unies.  Aujourd’hui tous les pays francophones d’Afrique sont obligés de rédiger et de soumettre leurs projets au fonds vert climat en anglais. Ce qui les paralyse totalement pour l’accès aux financements par rapport aux pays anglophones.

Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’en réalité la francophonie sert de leurre. C’est une distraction par rapport à la vraie Françafrique. Je suis étonné que des intellectuels de haut vol ne puissent pas comprendre cela. La France a ses propres stratégies en Afrique et ses instruments de “coopération” à travers ses réseaux dormants, l’AFD, ses entreprises, etc. Ils maintiennent une présence symbolique dans la francophonie sans d’ailleurs y mettre beaucoup de ressources : Autour de 35%. D’ailleurs la défense de la langue française n’est même plus le combat de la France. Ce sont les pays et provinces à enjeux linguistiques comme le Québec, la Wallonie, etc. qui se battent pour cela. Je suis désolé. On leur offre un punching-ball pour se défouler et être endormis. C’est l’écrivaine  Leïla Slimani qui représente Macron pour la Francophonie. C’est une stratégie de communication. La France a pendant longtemps contrôlé la cellule gouvernance et droits de l’homme de la Francophonie. Pour symboliquement les communiqués de presse pour les atteintes aux “droits de l’homme” et les observations des élections. Maintenant c’est un canadien qui est à ce poste. Leila est certes une bonne écrivaine (prix Goncourt 2016) et a des origines maghrébines mais son rôle est totalement bénévole. Alors que chez nous on a un Penda Mbow. Elle a rang de ministre !

Pourtant, nos “experts” sont censés comprendre ces ressorts. Ils prennent des vessies pour des lanternes. Même sur l’esclavage en Lybie. On est tombé dans le panneau. En offrant la meilleure communication possible à l’Union européenne. Une fuite savamment organisée et l’émotion prend le dessus. On marche, on tweet, etc. Pour dissuader les migrants et les ramener à la case départ,  ce que tous les programmes de surveillance des frontières payés par l’UE n’ont pu faire. Deux, on nous fait “découvrir ” un secret de polichinelle, la déliquescence de la Lybie et les trafics de personnes et d’armes légères. Trois on en profite pour “phagocyter ” l’épineuse question de la jeunesse africaine qui symbolise à elle seule la faillite de nos régimes et on le “simplifie ” en une question migratoire. Pour éviter de faire face à ceux qui “restent” et pour qui on a aucune solution depuis 1960. On occulte l’ingéniosité des jeunes africains qui sont entrepreneurs, créateurs, diplômés et qui sont en exil dans leurs pays. Et on orchestre la venue de Macron qui vient parler aux jeunes africains. Le père de famille défaillant qui appelle un étranger à venir raisonner ses enfants. Et pour couronner le tout on convoque un 5e sommet Union africaine-UE pour parler de l’investissement ” dans la jeunesse africaine. Alors que aucun de ces pays n’est capable de brandir une stratégie jeunesse cohérente, centrée sur les priorités des jeunes et démontrer que des ressources nationales sont consacrées à cela. En dehors du clientélisme politique. La preuve il faut regarder le profil de nos ministres de la jeunesse.

Je ne sais si les gens se rendent compte du symbolisme de ces africains qui l’année  dernière “marchent” contre l’esclavage dans toutes les villes africaines et européennes. Ou étions nous quand la Lybie se faisait dépecer ? Nous sommes des lâches. Et puis on nous vend une sorte de césure entre une Afrique du nord (esclavagiste) et une africaine noire subsaharienne – peut être francophone aussi – qui est la victime. Le Cameroun qui est un des pays à commencer à rapatrier ses migrants est symbolique. Un ancien protectorat allemand, puis divisé encore entre les reliques de la colonie française et celle britannique . Bilingue (sous tension permanente ) et modèle de mal gouvernance. Qu’ a t-on fait depuis 1960 pour gérer et intégrer ce que j’appelle “les nord problématiques”. En Mauritanie, au Mali, au Niger, etc. l’Azawad, le conflit touareg, le problème au nord du Nigeria, etc. datent d’avant al Qaïda. Ces dernières années il y’a eu une sorte de “marchandisation” des migrations. Aidez nous sinon ils vont vous envahir et on ne pourra les retenir. Et on exhibe nos pauvres pour se faire aider. Comme le font nos mendiants sur les grandes artères et feux rouges de nos villes. Programmes de lutte contre la pauvreté. Ou maintenant les raccourcis de l’émergence avec des cibles minimalistes, de préférence très “visibles” et basées sur l’endettement et le bradage des ressources. Soyons clair. On ne dit pas qu’ il faut rester silencieux devant l’esclavage. Ou que la Francophonie est innocente (ce n’est pas vrai). Mais nous devrions faire plus d’efforts pour ne pas confondre l’accessoire de l’essentiel pour passer aux côtés des vrais enjeux manipulateurs d’un monde et d’un système de propagande et de manipulation internationales qui nous ont souvent fait perdre du temps. Ou juste faire perdre du SENS, ce qui est la défaite fondamentale d’un intellectuel.

NKEN

BRUNO, LE SILENCE N’EST PAS QUE D’OR. IL EST AUSSI CULPABILISANT

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Les obsèques de Bruno sont passées hier. L’homme mérite tous les hommages d’une république qu’il a servie dans la discrétion. Au-delà, des émotions et des postures, on peut s’interroger aussi sur le sens de cette mobilisation nationale qui, par moment, ressemblait plutôt à une sorte de théâtralisation obscène. Bruno c’est finalement l’iceberg dans un océan de “bavards maitres chanteurs”. Sa “normalité” est si “singuliere” dans le contexte d’un Eat à terre depuis plusieurs décennies.
Hier plus je regardais les “témoins” defiler plus j’avais la nausée. Comme s’ils venaient en intrus, souiller sa mémoire. Voire Moustapha Niasse dire “je ne lui connaissais pas de colère”. C’est juste terrible. Lui qui a traversé le siècle avec des coups de poings et ses sorties acides. Voir les témoins Aminata Tall ou Ndèné Ndiaye parler de sens de la république donne froid au dos. Bruno était dans son role. Et eux alors??? Il faisait son job. Ce qu’il faisait s’appelle le professionnalisme. Rien de plus. Ce qui est terrible, c’est que nous sommes dans un pays ou le déballage, la divulgation des secrets professionnels et la délation sont érigés en règle. Voilà qui fait que son attitude détonne. Mais le silence n’est pas que d’or. Il aussi culpabilisant. Qu’il repose en paix et nous inspire.
 
NKEN
 
 
 

DESTIN NATIONAL ET CACAPHONIE NAUSEABONDE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Notre pays est au carrefour de plusieurs enjeux géo-politiques. Il est toujours sous domination française. La mainmise de la France sur de larges secteurs stratégiques économiques date. Elle est aussi symptomatique de l’histoire toute singulière que nous entretenons avec cette ancienne puissance colonisatrice. Cependant, ce serait réducteur de réduire les mainmises sous le strict rapport de la France qui perd d’ailleurs du terrain de plus en plus. La Chine est là. Les USA aussi. Sans compter les petits poucets tout aussi efficaces tels que les marocains, les turcs. Pendant des décennies nos élites ont été formées aux écoles françaises. Maintenant elles le sont de plus en plus dans les écoles turques, marocaines, américaines. Quelque soit la nature de leur présence, ces pays sont aujourd’hui au coeur de nos dispositifs sécuritaires, économiques, éducatifs…
Ces “forces ” externes se donneront les moyens de maintenir le statut quo. Pour naturellement défendre leurs intérêts mais surtout parce que le Sénégal aura une contagion terrifiante pour d’autres pays de l’Afrique de l’ouest en cas de basculement. La seule solution c’est d’avoir au moins un front nationaliste qui se dresse pour inverser le cours des choses. Ce qui repose l’épineuse question des alliances nationalistes. Avant de discuter des “actions” parlons du projet politique. Si le projet c’est de mettre fin au pillage de nos ressources et de reprendre le guidon de notre destin alors il ne faut pas être naïf. Ce sera un combat à mort. Mais pas impossible. Car il faudra se battre et avec les valets et avec les maitres
Il y a cette tension entre des gens comme Sonko qui tentent d’élever le débat (sans tout le realpolitik necessaire) et cette cacophonie nauséabonde focalisée sur les “mercenaires” (souteneurs de tous bords) et tous les petits messies qui pensent détenir la clé. Pendant ce temps le peuple “attend”. C’est ubuesque mais c’est la situation objective aujourd’hui. Elle ne changera pas dans les 6 mois à venir. La question c’est comment en tenir compte. Personnellement, je ne crois pas à la possibilité d’une échappée solitaire. Il faut travailler en bloc ou chasser en meute en ayant le courage de séparer la bonne graine de l’ivraie si nous voulons reprendre notre destin en main. Ce ne sera pas facile. Et cela me fait peur.
Je suis outré par l’outrecuidance d’un Aliou Sow ou d’un Fada. Mais ces chiens de garde et tous les autres jouent un rôle précis. Celui de pollueurs. C’est le concert de casserole du pouvoir. Détourner l’attention vers le caniveau. De l’autre côté Sonko devient presque “intouchable”. Alors qu’il faut le “critiquer”, le pousser à s’ajuster, à s’allier. Sinon il servira juste de lièvre dans la course. J’espère qu’il le comprend.
NKEN

LA DOCTRINE DE LA CALEBASSE : FERRER LES CHÈVRES ET FAIRE TAIRE LES LOUPS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Mendoza avait lancé sa bombe. En homme de gauche averti il l’avait fait exprès. Tant mieux. Au moins ça avait le mérite d’être clair. Mamadou Ndoye symbolisait une certaine idée du combat politique quand même. C’est l’indécence des gens qui révolte. Les deniers sont distribués dans une sorte de tontine nationale. La doctrine de la calebasse pleine. Pour ferrer les chèvres et faire taire les loups. Mais le système a toujours fonctionné comme ça. Wade a assumé ses prébendes et privilèges induits. Diouf était plus regardant. Maky a installé un système plus pernicieux sur fond de leurre en matière de gestion. Le cancer est là.

Les largesses de Macky à Tivaouane, Camberene, Touba, Kaolack…viennent des deniers publics tout comme l’argent distribué dans la coalition présidentielle. C’est un jeu dangereux. Ce jeu est aussi accepté ! C’est là le drame. Cette forme de “redistribution” est légitimée. Ce que met sur la balance Macky est claire. Être  ministre ou recevoir des espèces sonnantes et trébuchantes. C’est pareil. L’accès direct et l’accès indirect. La poche avant le pays rek.

L’échec social c’est ne pas être récipiendaire des “largesses “. Ce n’est pas du cynisme. Ce magma autour du président n’est rien d’autre qu’une meute qui bouffe le Sénégal. Plus de 50 alliés rétribués sur nos derniers. Sans compter les institutions politiciennes budgetivores. Il faut y rajouter la rétribution des fesses qui a fini de saper l’autorité morale d’une république de courtiers.

Ce qui se joue plus fondamentalement au-delà des secrets de polichinelle transformés en «secrets d’Etat», c’est que cette classe politique dirigeante est entrain de saper ce qui doit faire un pays moderne. Le culte du travail, la  reddition de comptes et la transparence. C’est un crime. On verra les impacts dans une génération. Une société qui dit à ses enfants que voler c’est non seulement  correct mais c’est la voie royale. Tout le monde demande et chacun est preneur. La nouvelle “intelligence” c’est la capacité à chaparder et la duplicité qui permet de s’accrocher à tous les trains qui traversent l’histoire du Sénégal.

Mendoza avait sorti sa «vérité révolutionnaire». On peut lui rétorquer l’interrogation léniniste que faire ? Est ce la demande sociale exige aussi la fin de la doctrine de la calebasse ? Nous ne sommes pas des chèvres et des loups. Nous voulons que nos ressources soient gérées de manière transparente et efficace. On vivra à la sueur de notre front. À Macky de garantir la transparence et un système équitable basé sur le mérite. Est ce si difficile pour Macky ? Le bonhomme est décidément un sacré joueur d’échecs. Tôt ou tard il sera victime d’un échec et mat.

NKEN

QUESTIONS AUX ACTEURS POLITIQUES : ON DIT QUOI DES “MARGES” HOMOSEXUELLES ET MAÇONNIQUES ?

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Ce matin, avant de retourner dans le maquis culturel casamançais, j’ai envie de “hérisser” les politiques, chantres de la démocratie. Ils aiment y compris moi faire de gros discours sur les droits humains. Mais refusent tout débat de société. Ils feignent de ne voir l’évolution frontale et “fracturée” de nos sociétés et mettent des lignes rouges qu’il faut éviter de franchir. Sur la base de leurs priorités. Alors certains d’entre eux détestent les homosexuels et les francs maçons. Sans doute presque toute notre société. C’est un des consensus de façade comme aiment en construire nos “identités nationales”. On glose que ce sont des phénomènes extérieurs aliénants dangereux pour nos puritaines sociétés. Et des épiphénomènes qui ne méritent qu’on s’y attarde. Dans le même temps, nos enfants y sont enrôlés en “masse” et on se dit quelles sont les conséquences sociétales de ces évolutions ? Les homosexuels semble t-il étaient tolérés tant qu’ils ne franchissaient l’espace public. Curieux argumentaire car la marque de fabrique des homosexuels dans notre société était justement qu’ils ou qu’elles ou qu’ils-qu’ellles (tant pis) étaient au coeur des espaces publics : baptêmes, mariages, cérémonies de danse publique. ..Alors c’est quoi l’espace public?

Peut être que certains veulent dire qu’ils sont devenus trop (extrêmement) visibles. Ça c’est vrai. Mais nous sommes tous trop visibles maintenant. Le plus “minable” des facebookiens devient une star planétaire en postant ses lubies. Car les intériorités ont laissé place aux extériorités devenues exhibitionnistes à souhait. Même les francs maçons réputés dans la gestion du secret pour leurrer les esprits parfois fantasques s’y sont pas mis. Ils ont des sites internet et sont aussi dans le dévoilement calculé. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication dévoilent presque tout sauf lorsque les puritains boivent leur bière dans les espaces privés bankerisés ou lorsqu’ils draguent la femme des voisins ou des amis, s’ils ne jouent à la verticale avec la “bonne” dans la chambre de la femme devenue peu suspicieuse. Le secret prend une forme jouissive au nom de la perversion maîtrisée. On emportera les secrets de famille en enfer.

Mais au fait pourquoi ce petit billet matinal. Pour deux choses. 1. Notre société peut jouer à l’Autriche mais elle fera face à ses propres fractures. Si elle veut éviter d’être culturellement dépendante des autres, il faut qu’elle instaure les débats avec ses codes propres pour trouver des solutions endogènes. 2. Elle peut détester les marges mais puissantes homosexuelles et maçonniques, mais qu’elle ne les tue pas. Qu’elle leur donne des sépultures dignes. Car demain cette même société au nom de sa morale arrogante tuera les communistes et les animistes. C’est cela le subtile paradigme de classe qui se joue. L’histoire nous a suffisamment instruit de l’usage des rapports de force au service de la morale. Une morale tueuse de différence. Bien évidemment, les communistes et animistes ne peuvent tuer des gens parce qu’ils sont des barbus ou parce qu’ils portent une croix ou une thora. L’humanisme total se trouve dans l’acceptation de ces différences.

NKEN

LES ETHNIES : ENTRE MALENTENDUS, CHARMES ET MUTATIONS SOCIOLOGIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Le débat ethnique s’est installé subtilement mais surement au Sénégal. Un pays qui donnait l’impression d’être en dehors des logiques ethnicistes. Un narratif jugé dangereux voire implosif de notre État-nation. Un État paradoxalement qui a inscrit dans sa politique nationale de collecte des données nationales la variable “ETHNIE”. Une curieuse posture de renforcement des “ethnies institutionnelles” voire mécaniques. Une “ethnie patriarcale” qui gomme “l’ethnie métisse”. Une ethnie qu’il faut analyser sous le prisme des endon mies et des exonymies. Autant dire une pure construction qui surfe sur des logiques politiciennes. Heureusement que le voisinage ou cousinage à plaisanterie “déconstruit” la violence des chocs identitaires ainsi que les “matrimonialités” tout aussi métissées. Jusqu’à quand ? Alors vers où on va ? Nous sommes en réalité violemment projetés au contact des dénis de narratifs artificiellement gommés sur fond de contrôle des ressources. Nous avons créée nos propres bombes. Nous devrions nous débrouiller pour voir si elles éclateront en haute mer ou au coeur de nos concessions.
Cette question est grave mais elle est aussi posée de façon réductionniste. On peut même en avoir un lecture plus prosaïque. Elle nous met au coeur des préjugés, d’archétypes, de stéréotypes, de cousinage à plaisanterie…pour introduire un autre aspect qui a peut être une valeur sociale plus positive. Aucun peuple, aucune ethnie, aucun clan, aucune famille n’échappe à ces catégoriques judicatoires. Parfois sous le signe de la plaisanterie, de la moquerie, de la raillerie, de la caricature. Les zambiens appellent les guinéens et sénégalais des “westaf” très chargés symboliquement (stéréotypes). Nous appelons les ivoiriens parfois (i) vois-riens ou ñak. Ils nous le rendent bien avec gorgui (préjugés). Les casamançais appellent certains de leurs compatriotes des sudistes et inversement. Les sudistes qui ont une tendance à les appeler aussi des “laak kat” qui font référence à ceux qui ne parlent pas la langue wolof dominante (stéréotypes). Entre les Keïta et Diouarra, Ndao et Mbacké-Mbacké ou Sall, on peut se dire toutes incivilités (cousinage à plaisanterie). Les diolas appellent aussi les autres musulmans les “bamandingues”. Les Belges francophones et les Néerlandais, c’est le fou rire. Que dire du marseillais et du parisien…Ceci ne définit pas cela. Mais ces notions nous auraient permis de mieux comprendre que les logiques humaines sont consubstantiellement liées à ces formes complexes de préjugés, archétypes, stéréotypes…C’est un charme des sociétés et les violences symboliques judicatoires qui les charrient doivent être appréciées avec finesses. Même s’il faut reconnaître des formes qui peuvent être plus violentes parce qu’encrées dans les subconscients.
En réalité,  la question ethnique relève d’une pure construction en Afrique. Son essentialisation a donné naissance à des formes de revendications identitaires et communautaires qui ont plongé des pays dans des violences fracticides connues. Sur la base de profonds malentendus. Nos structures familiales sont complexes et on a voulu les subsumer dans des catégories statistiques réductionnistes. Sous prétexte de disposer de données pour les décideurs. Mais nous n’avons fait que copier des catégories statistiques venues d’ailleurs avec des référentiels qui ne sont pas les mêmes sous le double rapport de la complexité de nos systèmes matrimoniaux et de la fluidité de nos systèmes ethniques qui n’ont jamais été stables et immuables. C’est pourquoi je suis allé revisiter un classique de l’anthropologie qui dit des choses simples mais insuffisamment dites ou méconnues.
Il s’agit de l’ouvrage de Jean-Loup Amselle. Logiques métisses. 1990. Reprenons quelques interrogations ou déconstructions sur les rapports classiques établis entre ethnies et l’Afrique. Beaucoup ont estimé et estiment encore que les ethnies sont la cause des multiples conflits en Afrique. Amselle fut un des premiers anthropologues à introduire la notion de métissage. Il montre que contrairement à des préjugés tenaces, les “appartenances ethniques, culturelles et identitaires étaient extrêmement souples avant la colonisation et que, par exemple, on n’était pas peul, bambara ou malinké de toute éternité, mais qu’on le devenait. De nombreux changements d’identité ont ainsi été observés dans tous les domaines. Des peuls pouvaient devenir bambaras puis malinkés et inversement ; des païens, devenir musulmans puis retourner au paganisme ; des sociétés villageoises, devenir des royaumes puis retomber dans l’anarchie ; des sociétés produisant pour leurs stricts besoins, s’ouvrir au marché puis se replier sur l’autarcie”. Cet essai de Amselle est un plaidoyer contre les idées d’une Afrique figée, essentialisée dans la “tradition” et qui s’ouvrirait difficilement à la modernité coloniale et postcoloniale. Il existe un lien entre le métissage et le syncrétisme qui sont une des réponses à nos cultures, nos coutumes. C’est un thème intéressant contre les formes de racismes et d’ethnocentrisme.

Ce qui se passe au Sénégal comme phénomène ethniciste rampant n’est en réalité que le fait d’une modernité politique qui instrumentalise ce narratif subtilement ou explicitement dépendant des espaces, des acteurs, des moments et des fins poursuivies. D’un point de vue purement factuel, il est clair que l’actuel président de la république a surfé et surfe encore sur ce narratif ethnique. Sa prise de parole publique, ses nominations, la mobilisation de certains cercles pour le soutenir au nom de leur identité ethnique…ont fini de convaincre d’autres larges cercles sur les intentions et les instrumentalisations. Il est vrai que les revendications identitaires ne sont pas forcément identifiées à l’ethnie. Il peut arriver dans certains cas plutôt des revendications nationalistes.  Le débat ethnie/nationalité doit être approfondi. Mais globalement, on ne peut stigmatiser toute une communauté avec des cercles significatifs de tous bords “ethniques” qui refusent les instrumentalisations. Poser les dérives ethnicistes de façon globale c’est oublié les fractures qui traversent toutes les communautés et mésestimer dans l’évaluation la responsabilité première du président de la république depuis son accession au pouvoir.

En espérant que la “solidité” de nos cousinages à plaisanterie et des métissages viennent à bout des velléités politiciennes et nous préservent des chaos. Malheureusement, au plan des cousinages, on voit bien les remises  en cause de ces processus d’atténuation des conflits ethniques à l’image de ce qui se passe au Mali entre les cousins peuls et dogons qui s’entretuent avec la manipulation des forces politiques. En ce qui concerne les métissages, c’est sans doute une des chances du Sénégal abordée sous l’angle notamment de la transversalité des patronymies. C’est ainsi que tous les noms wolofs et certains sérères se retrouvent chez les peuls. Sans compter la correspondance des noms de famille au delà des frontières : des noms bambara et wolof  comme des Fall/Koulibaly, Diop/Traoré. De toute évidence l’espace ouest africain sahélien a développé des mécanismes de cohabitation qui sont aussi des vecteurs atténuants des chocs des violences ethniques. C’est peut être encore une des chances d’un Sénégal et d’une Afrique qui ont d’autres enjeux que de s’entretuer au nom de l’ethnie et des communautarismes.
NKEN

LES “BADOLO” ET LE “SYSTEME”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
Le Sénégal inquiète. Il était bon élève pas pour les autres mais d’abord pour nous mêmes. Des démocrates au péril de leur vie ont imposé la liberté de pensée et de parole. Ses dirigeants actuels emprisonnent leurs adversaires politiques en s’appuyant sur les leviers d’Etat. Des mises à mort d’Etat. Comme qui dirait des coup d’Etat. Alors on se demande si c’est le système ou les hommes ? Sans doute le système. Mais l’analyse serait biaisée si elle refusait de voir comment ce système est influencé par les hommes. Une vielle épistémologie fonctionnaliste ou systémique qui a traversé les sciences sociales et humaines. Les gens qui sont mal éduqués, “baadolo” et sans aucun sens éthique brisent tous les codes. Avant, nous n’avions pas de codes écrits mais la parole donnée et le “diom” faisaient foi. Si la parole de Macky n’est “stable ” il faut voir en lui. Tous ces milliardaires qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger qui sont ils. ? Pour la première fois, on a un ministre des finances foncièrement “policien”. C’est plus grave que d’avoir le ministre de l’intérieur politicien. Les ressources du pays sont détournées a des fins politiques. La détermination des investissements et de notre endettement à des fins électoralistes. Et cette classe politique de milliardaires riches par le “fait politique” ..Ces milliards qui percolent chez les juges mais pas seulement eux. On le voit dans la presse.
Aujourd’hui l’homme le plus malheureux au Sénégal, c’est peut-être Wade. Diouf est mieux traité que lui. Diouf, ce petit bourgeois bureaucratique et parasitaire qui continue au loin de régenter des mains invisibles insoupçonnées.  C’est très injuste. Ses “enfants” ont “dégénérés”. La triste prouesse de Macky, c’est de passer de “baadolo” (ce qui est très louable et devrait être un modèle de méritocratie ) à “baadolo” (sans pudeur, ni retenu, capable de tout, lui qui est parti de rien et à qui Dieu a offert un destin très singulier). Wade (qui n’est pas un saint) avait son fils qu’il a voulu faire passer avant. Ce gars noué au pied du lit (sa femme et sa belle famille), sa famille, les lobbies étrangers et je ne n’ose pas dire son ethnie (mais il a sur-joué avec cette bombe). Nous sommes en plein mélodrame avec ce narratif sensible qui crée plus qu’un malaise. Le temps de crevé le puant abcès.
Le débat actuel se focalise sur l’intensité des forfaitaires des uns et des autres (qui a fait pire ou moins pire depuis 1960). Jamais sur les principes à faire respecter. Jamais sur le “autrement”. Car les mêmes ne peuvent jamais faire autrement. C’est demander à des mammouths de voler dans les airs car ils ne savent que “voler ” ..les deniers. Oui les gens vont crier au nihilisme. Mais cette corporation est incapable de changer le pays. A coup sûr Idrissa Seck les mettra en prison…? Mais encore une fois choisir, c’est se choisir. Au-delà de la rhétorique “facebookienne” et des “professeurs ” on ne peut pas être en “avance ” sur notre peuple. Il choisira le candidat à son image à moins qu’une vraie révolution politique ou militaire ne vienne siffler la fin de la récréation.
Photo  : Matar Ndour
NKEN

PRÉSIDENTIELLE 2019 : ARISTOCRATIE MARABOUTIQUE ET LA LIBERTÉ DE CHOISIR

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Une question matinale me taraude l’esprit. Il s’agit du silence des familles maraboutiques face aux dérives démocratiques du pays. Les familles religieuses sont en guerre froide. Il est vrai que nous avons un rapport très ambivalent avec l’aristocratie maraboutique. Nous souhaitons parfois qu’elle intervienne dans les enjeux politiques. Nous les critiquons lorsqu’elles s’immiscent dans l’arène politique. Et nous semblons vouloir les confiner dans leurs rôles et statuts qui ont sociologiquement évolué au fil des siècles. Sans doute, il faut éviter l’anti maraboutisme primaire et contre-productif surtout que cette aristocratie est fortement traversée par des fractures internes et extérieures. Il reste qu’aujourd’hui, les vrais soufis, ascètes étaient les incarnations d’un détachement aux biens matériels. El hadji Omar entre 1794 et 1797, Cheikh Ahmadou Bamba est né en 1853, El Hadji Malick en 1855, Cheikh Ibrahim Niass en 1900. Ils ont selon des procédés différents pu étendre leur territoires confrériques avec les sobriétés qui les caractérisaient. Ces soufis ont laissé place aux sous-fifres qui se battent pour être députés, PCA, DG, détenteurs de passeports diplomatiques. Ils exercent de plus en plus un chantage systématique sur un Etat qui a fini d’accepter leurs caprices de classe. La capture de l’Etat par cette aristocratie est des plus manifestes et les décideurs eux mêmes sont parrainés comme s’il s’agit de loges maçonniques. Voila sans doute pourquoi ils ont des rapports quasiment messianiques s’ils ne sont devenus des démiurges.

Ils sont baroques à souhait. Ils sont à usages multiples. Ils vendent aux réfugiés et reclus sociaux les rêves ou les illusions que les politiciens ont volé aux jeunes. Ils servent de faire valoir aux politiques pour justifier les bourrages des urnes et pour légitimer la décision dite divine qui nomment les “borom reew” (président de la république). Ils se sentent démiurges face à une république de démissionnaires hors des sentiers d’équité et de responsabilité républicaines. Ils peuvent exhiber des milliers de pilons pour menacer d’autres milliers de sénégalais en présence du premier magistrat du pays. Ils peuvent défiler à l’effigie des grades militaires les plus solennels et sacrés d’une armée nationale qui dévie le regard. Lorsqu’on analyse les fonctionnements profonds des ressorts de notre société, on observe bien comment le messianisme a fini de prendre le dessus sur les responsabilités individuelles. De la politique à la religion, tout ou presque est délégué. Nous sommes devenus une société de délégataires. Les sénégalais délèguent leur ici et maintenant et leur au-delà. Voilà, sans doute, pourquoi les bandes Fm et les radios sont polluées par toutes sortes de courtiers. Et sans surprises, les mêmes tentes servent à faire et la religion et la politique.

La posture responsable serait de s’évertuer à bien connaître les rouages et fondement de sa religion (peu importe laquelle ou la confrérie) et de se mettre dans une posture de pratique humble sans prosélytisme ni exhibitionnisme et chercher une “cohérence” optimale entre sa foi vécue et ses actes dans toutes les sphères professionnelles, sociales, politiques. Il est évident que les humains courent plus la rue que les anges. Mais, ces postures nous auraient permis d’avoir moins de tintamarre. Souvent, la trame du discours religieux est infantilisante. Elle fonctionne comme des logiques de manipulation et d’accaparement. Une sorte de mise en scène de soi permanente. Pourtant le Coran nous interpelle directement. «Oh vous croyants…». Il nous met en face de nos responsabilités. Mais fondamentalement tout revient à la responsabilité individuelle pour tout être doté de raison. Et ces démiurges nous traitent d’incompétents et se proposent d’intercéder en notre faveur moyennant une soumission absolue. On peut observer, à l’image de la politique, la violence symbolique de tous les instants qui frappe les normes déviées religieuses. Les violences symboliques sont extraordinaires dans ce pays. Voilà pourquoi aussi ces démiurges arrivent à vendre du vent. Il reste qu’au delà de ces critiques,  il faut reconnaître que dans le fond du Ndoucoumane,  du Fouladou,  du Fouta. ..existent encore de vrais marabouts. Leurs mobilités se réduisent entre les daaras  et leurs champs. Pour apprendre le Coran et la Sunnah aux enfants musulmans. Loin de l’épicurisme maraboutique. Nous devons leur rendre hommage. Et éviter les généralisations abusives d’un système maraboutique qui est loin d’être homogène.

Voilà pourquoi face à la présidentielle qui se profile à l’horizon, nous sommes projetés individuellement et collectivement en face de nos responsabilités. On peut déjà observer même si l’analyse et les données doivent être affinées que les consignes de vote politiques des marabouts sont devenues inopérantes. Les fidèles peuvent mobiliser des milliards au service de la communauté et pour la communauté mais refusent des consignes de procuration de vote en faveur des candidats. Ils souhaitent plus entendre les guides religieux sur les menaces qui pèsent sur le pays que sur des partis-pris politiques qui ont déstabilisé des pans importants des grandes familles religieuses. Des khalifes généraux, détenteurs du principe unitaire de  celles ci, s’engagent de plus en plus et ouvertement à soutenir le président Macky Sall. Fait devenu anodin mais qui installe des malaises profonds au sein des confréries. L’église s’étant toujours abstenue de s’engager dans des consignes de vote.

Quelle est finalement  notre marge de manoeuvre à choisir en dehors de toute contrainte symbolique notre candidat à l’election présidentielle de 2019 ? Macky a investit des milliards dans la “modernisation des cités religieuses”, la construction ou refection de mosquées pour espérer profiter de la plus-value de cette aristocratie religieuse collaboratrice. On lui a jamais d’ailleurs donné ce mandat et il était sans doute plus profitable au développement du pays de construire des écoles, des universités et de recruter des enseignants. Les communautés confrériques étant parfois plus riches que l’Etat pour construire leurs propres lieux de culte. Personnellement,  je ne donnerai jamais cartes blanches à un marabout,  à un khalife général, à mes fétiches le droit de décider de la couleur  de ma carte électorale. L’imposture maraboutique à trop duré dans ce pays. Heureusement que dans leurs lignes de fractures existent encore des interstices de résistance pour continuer à porter le vrai message des soufis fondateurs vendangé par des sous-fifres aux commandes.

NKEN

HYPOCRISIE MONDIALE : ENTRE GÉNOCIDE ET “PÉDOCIDE”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Mais où est donc Macron pour gérer la farce de mauvais gout de Sarkozi ? Tripoli s’embrase. .. Les milices se battent depuis une semaine. La France, les USA, l’Angleterre…ont mis à sac ce pays. Pour tuer Khadafi. Pomper son pétrole et déstabiliser des territoires “tribaux” qui se sont construits difficilement au fil des siècles en un Etat unitaire. Mis en chômage des militaires aguerris qui ont appris l’art de tuer sans avoir raison. Pour des gains immédiats, ces gens attisent le feu constamment. Pareil sur le Yémen. Quand l’Arabie Saoudite tue des écoliers au Yémen silence radio même chez nous. Les chiffres de l’UNICEF sont terribles. Plus de 15.000 morts. En plus de l’impact sur les enfants. On parle de génocide. Mais il va falloir un jour inventer un néologisme : “Pedocide” pour caractériser tous ces crimes contre les enfants. Y compris ceux qui condamnent les générations futures par les actes qu’ils posent actuellement. Un article de The Indépendant UK disait que 130 enfants meurent chaque jour au Yémen. Entre la malnutrition et les bombes. La folie meurtrière a encore frappé Tripoli. Depuis des décennies, elle frappe en Asie, en Amérique, en Europe, en Afrique. Depuis des années, les hommes dans leur quête insatiable d’argent ont crée des industries d’armements pour alimenter des foyers de tensions. Ils ont entraîné des criminels pour atteindre leurs objectifs. Ils décident de faire la guerre au nom de leur propre morale. Au nom d’une volonté de puissance. Pour défendre “les intérêts” de leurs pays. Ils balancent des bombes sur des populations innocentes et s’étonnent hypocritement que les mêmes bombes ne tombent sur leurs populations tout aussi innocentes.

En réalité, ce que nous révèle notre modernité, et à sa tête, des dirigeants plus que jamais avides et cupides, c’est que cette folie meurtrière n’oppose pas le bon dieu au diable, le bon du méchant. Elle révèle la face hideuse du diable. Mais un diable qui aime l’argent et qui aime vendre ses armes. Qu’importe les morts drainées et les souffrances subies. La France qui est une des responsables de ce qui se passe sous nos yeux à Tripoli sait que tout ceci n’est que le début d’un commencement où les autres diables démontreront leur capacité à renvoyer en plein Paris les bombes lancées impunément dans les différents théâtres d’opérations. Tout le reste n’est qu’hypocrisie. Nous sommes en guerre parce que notre hydre impérialiste est un instrument de guerre porté et dirigé par des “gerrieros”. Comme toujours, ce sont les pauvres innocent(e)s qui payent le lourd tribut d’une conglomération de diables qui s’entendent bien souvent dans le secret de leurs tunnels, sur les logiques de déstabilisation. Pour reconfigurer le monde. Pour faire plus d’argent. Déjà, les stratèges du chaos ont fini de concocter des plans machiavéliques au moment ou les masses expriment leur désolation et leur colère. Pour eux, tout ceci n’est qu’un jeu pour expérimenter l’indécence de leurs théories et expérimentations. Au moment ou les familles innocentes pleurent leurs morts, ils en ont déjà fait une opportunité.

Si nous voulons être conséquents et justes avec nous mêmes, au delà des drames qui se jouent à travers le monde entre la Syrie et le Yémen, il faut aller chercher les véritables terroristes qui sont à la tête des USA, de la France, de l’Angleterre. Voila les véritables hydres d’une modernité qui leur permet de mentir à leur peuple au quotidien pour faire la guerre. En surfant sur des nationalismes grégaires. En accusant des “islamistes” qui tuent en leurs noms et non au nom de l’islam. Ils n’en ont pas le mandat en dépit des amalgames. Ils font partie de cette conglomération des diables en harmonie et en complicité avec les autres diables qui les financent et les entraînent souvent. Pouvons nous oublier ces vérités au nom des émotions qui nous tenaillent naturellement face aux innocent(e)s tomb(é)es à Paris, en Afghanistan, en Syrie, en Iraq, au Yémen, en Lybie ? Personnellement, la seule idée compatissante que j’ai va droit à ces innocent(e)s qui ne méritent pas la cupidité de leurs dirigeants qui savent faire la guerre à coup de milliards et qui sont impotents à trouver du travail à leur jeunesse désœuvrée. Pourtant on trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix (Albert Brie). De Paris à Washington, en passant par d’autres capitales du monde, les bombes continueront de crépiter tant que cette oligarchie mondiale fera la guerre au nom de sa morale et de sa volonté de puissance. La morale et les vociférations n’y feront rien.

NKEN