DE L’EXTRACTIVISME À LA DÉBANDADE

Et si Trump était un “cadeau ” pour l’Afrique ? Voilà que quelqu’un ose dire aux africains “allez au diable “. Si cela pouvait entraîner un déclic chez les africains, ce serait parfait. Trump est sur son agenda commercial. Bousculer les autres, faire preuve d’agressivité calculée pour arracher des deals et s’ouvrir de nouveaux marchés y compris en Asie. Aux africains de se réveiller et commencer à travailler sur un agenda africano-africain.
Un chinois m’a fait observer hier soir que le premier investisseur asiatique en Afrique, ce n’est pas la Chine, mais la Malaisie. Je dois aller regarder les chiffres. Mais cela me fait réfléchir. Ou sont les Dr Mahathir africains ? Je vois leur influence dans certains domaines mais je n’avais pensé à autant d’impacts. Une question pour notre ami Sow Harouna. Anyway. Ce chinois m’a troublé. Il me dit que les deux seuls leaders c’est Kagamé et l’ancien ministre éthiopien Zenawi. Et puis cette terrible question. Pourquoi le Maroc vient dans la CEDEAO ? Pensons nous qu’un seul pays subsaharien peut gagner des marchés en Afrique du nord ? Pourquoi acceptons nous que la Chine construise notre siège à l’Union africaine ? Pourquoi les africains vont dépenser leur argent à Dubaï ? Un petit village de pêcheurs, il y a pas longtemps.
Savez-vous que la Chine va encore construire le siège de la CEDEAO? Cela veut dire que tous nos pays réunis ne peuvent mobiliser 26 millions d’euros. On compte sur un geste de bonne volonté de la Chine. Les éthiopiens ont pu co-financer le barrage de la renaissance avec des contributions volontaires. Un espace économique qui a un PIB de 628 milliards de dollars et une population estimée par certains à près de 350 millions d’habitants doit quémander un siège ! On passe de l’extractivisme à la débandade. L’ami chinois m’a dit en rigolant qu’ils vont économiser sur les coûts de l’espionnage économique car il suffit de placer des micros dans les parois du bâtiment pour entendre les africains débattre. Ils nous construisaient déjà nos lieux de divertissement (stades, théâtres, etc.) Maintenant ils y ajoutent les sièges de nos institutions qui sont aussi des lieux de…divertissement. C’est à pleurer. ..

NKEN

COMMENT CRÉER NOTRE “MINDSET” ET DÉPASSER LE DISCOURS DE LA COLÈRE

Professeur Cherif Salif SY a lancé un débat il y a quelques mois sur l’urgence d’ouvrir au besoin une fenêtre sur les travaux croisés de Cheikh Anta Diop et de Tidiane N’Diaye. Mais bien plus évidemment. L’idée est séduisante pour certains. D’autres à l’image de Tidiane avait souhaité ne pas y prendre part jugeant ces aspects du débat dépassés. J’ai lu ce matin Tidiane N’Diaye qui faisait remarquer à juste titre pourquoi il n’est pas invité par nos universités et médias pour discuter de ses travaux. Même si je regrette le “ton un peu essentialiste” sur la posture des africains qui n’est pas homogène. Il reste que lorsque je regarde le fonctionnement des universités et des autres espaces de débats scientifiques, j’observe qu’ils sont encore des centaines à être snobés par un système qui refuse de “débattre” ou relativement faiblement. C’est donc un problème systémique qui va au delà des individualités qu’il faut regretter. Où est le problème avec cette proposition ? Quoi penser de tout cela ?
Personnellement, cette question n’est pas dépassée si on la place dans le cadre de la réaffirmation de l’identité africaine. Pour justement changer le narratif qui affecte notre système de pensée et la manière d’enseigner l’histoire à nos enfants. Et tout dépendra de la mise en contexte. On est bien d’accord que nous sommes plus dans une attitude de “contemplation “. Le drame avec les stéréotypes c’est qu’ils s’empilent sur plusieurs siècles. Ils faut arriver à les déconstruire pour répondre à une question simple : qui sommes nous ? Ensuite le reste cela plus facile. Aujourd’hui encore on a une identité trouble. Cela nous pousse à devoir tout le temps pour “justifier ” et nous “positionner”. Les thèses de Cheikh Anta Diop et les thèmes qu’il a abordés nous interpellent encore. Ce n’est pas de l’anachronisme. Le problème c’est que les gens s’arrêtent au factuel. On devrait se pencher sur le “pourquoi “. Oui la question de l’énergie se pose différemment aujourd’hui mais la question sur l’autonomie énergétique est une question de fond.
Les juifs ne sont pas restés dans l’auto flagellation. Mais ils ont su “recentrer leurs histoires ” et ils s’en servent. Leur histoire “tragique” est entrée dans le “mainsteam”. Elle s’impose littéralement. La manière, on peut en discuter et on peut même contester. Mais les faits sont là. Aujourd’hui c’est devenu difficile d”être antisémite ou de remettre en cause les camps ou de défaire la toile juive qui s’étend partout. Que peut on apprendre de cette “reconquête ” ? On ne peut naviguer entre “proclamation ” “victimisation” et “amnésie provoquée”. Il y a ce plafond de verre psychologique qu’il faut crever. On est trop épidermique en règle générale. Pourquoi les noirs en Europe ne sont pas devenus des blacks panthers. Que serions nous sans la traite négrière, la colonisation ? Comment déconstruire notre propre imaginaire ? Comment on se voit nous mêmes ? Comment on se parle intérieurement ? Pourquoi voulons nous que Dakar sois comme Paris ? Des questions de sens fondamentales. Le problème est que ces questions sur nos imaginaires sont laissées en rade.
Et cette sous estimation de la connaissance de nos imaginaires a un impact direct sur les contenus d’un enseignement national complètement extraverti. Les garçons peuvent citer Spencer, Durkheim mais ne connaissent pas Cheikh Anta ou Tidiane Ndiaye. Ils peuvent visualiser la photo d’un écossais mais ne peuvent faire la différence entre un bedik et un bassari. Je lisais encore le journaliste Ta-Nehisi Coates son livre sur la colère noire aux USA qui s’interroge sur les fondements de la violence contre les noirs. Nous on est encore là. Le discours de la colère. Pourquoi ils nous détestent ? Peut être que la question est de savoir pourquoi on SE déteste ? Comment casser cette propension à chercher et le modèle et la caution “ailleurs” ? On dit souvent que c’est le raciste qui a un problème. Mais peut être qu’il faut plutôt travailler sur notre carapace. Notre capacité à décider de la manière de recevoir les stimulus extérieurs.
J’ai lu récemment un universitaire chinois wang Yiwei) – China connects the World. Il dit quelque part que la force de la Chine a été de partir de ses propres paradigmes millénaires et de créer un “mindset” qui leur permet d’envisager le monde avec leurs propres prismes. Au moment où les autres tentent de les cerner à partir de grilles d’analyse et de “stéréotypes” qui ne les “touchent” pas. Il cite quelque part Voltaire. “The europeans’ grestest misfortune is that they cannot be chinese”!. Quelque part ailleurs il dit qu’il ne suffit pas de clamer une “confiance en soi” en se créant une identité. Cela leur permet de poursuivre leur route tout en restant ouverts. Nous en sommes où, nous africains ?
Dessin : Babacar Korjo

NKEN

LES CONS, LES IMBÉCILES ET LES SÉRIEUX !!!LA GRANDE MARCHANDISE DE L’AGE CONTEMPORAIN

Je suis tombé il y a quelques mois sur une chronique d’un philosophe italien Maurizio Ferraris. “La connerie est l’une des plus grandes marchandises de l’âge contemporain”. Et bien ça tombe bien car nous sommes depuis quelques temps assaillis par un “capharnaüm” de cons qui se défilent sous nos yeux. Maurizio parle des bêtises dans les médias. Et des bêtises des politiciens. Il dit que cette forme d’imbécilité prolifère en trouvant son moteur en chacun de nous. Il ajoute que le fossé entre le con et le non con se rétrécit. Que le Web n’accentue la bêtise mais la rend plus visible.
Avec la montée du populisme, l’imbécilité des masses inquiète les «élites». Ces dernières ont pourtant eu pendant longtemps le privilège de l’imbécilité documentée. Le choc vient du fait que les élites voient ou refusent de voir, dans la connerie de l’autre leur propre ineptie. Plus loin Ferraris dit qu’on ne peut plus à présent opposer les élites et les masses. Le discours à l’Assemblée n’est pas très différent des débats de grands places. Un con vaut un génie. On le voit bien d’ailleurs de Trump à Birima. Des déclarations cocasses voire burlesques de nos autres hommes politiques et religieux qui débitent à longueur de journée des nigauderies dignes d’un vrai con à défaut d’un imbécile.
C’est ainsi que la post vérité s’installe. Personne n’est donc à l’abri. Le “génie ” et l’expert en arrivent à faire les cons. Pour maquiller la vérité. Pour faire les saltimbanques dans les médias. Et puis ils se fâchent avec la presse qui sert à véhiculer leurs conneries. Nous sommes en plein capharnaüm médiatico -politique avec tous les profils de cons, de non cons et d’imbéciles qui tiennent haut le crachoir et qui irradient toutes les sphères de nos sociétés.
Et le peuple est friand de conneries! Maurizio de rajouter que c’est le fruit de l’atomisation sociale caractéristique des chambres d’écho de l’âge “documedial”. C’est le terme qu’il utilise pour définir l’union entre la force institutive des documents qu’on “poste” et le dynamisme des médias (Twitter Facebook ). Du coup les élites cultivent l’imbécilité pour entrer dans la communication de masse ! Alors la connerie devient un ciment de socialisation. Kouthia les reprend bien. Et un vecteur de communication politique. (Farba, Cissé Lo, Abdoul Aziz Diop, etc.).
Mais là où tout le monde se retrouve c’est que on se détend plus dans l’imbécilité que dans le sérieux. Point intéressant. “Imbécile” dérive de in-baculum, sans bâton, sans technique ! J’espère que je ne fais pas partie du lot des cons et des imbéciles. Car sur Facebook aussi chaque année, lorsqu’on pense qu’ils vont diminuer, les cons et les imbéciles prolifèrent contre les sérieux et les génies. Pas besoin de s’en offusquer, un con vaut maintenant un génie. Que vaut l’imbécile alors ? https://www.ledevoir.com/…/entrevue-la-connerie-est-l-une-d…
Quel succulent texte !!!

NKEN

LES ACTIVITÉS PÉTROLIÈRES ET GAZIÈRES EN RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE. COMMENT CAPITALISER LES EXPÉRIENCES RÉGIONALES ET INTERNATIONALES. LE CAS DU PANEL SCIENTIFIQUE INDÉPENDANT

En prélude à la plénière de l’Assemblée nationale prévue ce 1er juin, en vue d’examiner le projet de Loi autorisant le président de la République à ratifier l’accord de coopération inter-Etats portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs de GAZ entre le Sénégal et la Mauritanie je vous propose cette réflexion portant sur ces questions.
Dans son blog, Guiérgui Thiélo, polytechnicien de son état au Gabon mettait en garde contre les illusions du pétrole. Intitulé “Le pétrole sénégalais ou l’énigme de l’ours et du chasseur”, Thiélo notait dans une conclusion réaliste et pleine de visions et de pragmatisme ce qui suit : “L’histoire du pétrole africain a montré ses limites car tout simplement on a d’abord pensé aux revenus générés qui serviraient à des dépenses de prestige et oublié le débat sur la construction d’une économie appuyée sur ce nouveau levier, ce fameux pétrole mystificateur de consciences. En substance et pour finir, retenons qu’il ne faut pas vendre le baril de brut avant même de l’avoir produit car le chemin de son exploitation est loin d’être gagné .Le temps des émirats bâtis sur le pétrodollar touche inéluctablement à sa fin et il nous revient de réinventer notre futur en pluriel” (Thiélo : 2016).
Avec le pétrole et le gaz découverts récemment, le champ politique s’est mis en ébullition pour mettre en garde contre la malédiction du pétrole. Même si les réserves de pétrole sont là on devrait procéder à une évaluation environnementale stratégique pour soupeser les options et s’assurer qu’on gagne à long terme. Parfois mieux vaut le laisser dans le sous sol pour ne pas créer des verrous qui vont tuer tous les secteurs et créer des dommages incommensurables et irréversibles. Pour ce faire, on peut capitaliser les expériences de pays tels que la Mauritanie qui avait son panel international de pétrole.
Au regard des risques et conséquences sur la pêche, le tourisme, l’agriculture, la santé publique, la paix et la sécurité, il est urgent de réfléchir sur des solutions. Pourtant elles existent si nous prenons le soin comme la Mauritanie de mettre en place un panel international loin des invectives politiques. Ce panel avait identifié des contraintes majeures qui sont sans doute les mêmes dans notre pays. “Le panel scientifique indépendant sur les activités pétrolières et gazières en République Islamique de Mauritanie (Avril, 2009) avait identifié les contraintes suivantes :
– une grande diversité d’acteurs, – des écosystèmes à valeur et sensibilité environnementale très contrastée, – des règles d’opérations pétrolière et gazières incomplètes, – un chantier de transparence et de traçabilité à poursuivre pour améliorer les dépenses publiques, faire attention aux fonds dédiés, – des capacités de coordination interministérielle insuffisantes face aux enjeux, – un dialogue difficile entre société civile l firmes et l’Etat, – un réel besoin de formation. Après cette analyse situationnelle, le Panel a adressé des recommandations importantes qui méritent d’être capitalisées par le Sénégal :
– mieux sélectionner les opérateurs, – délimiter les zones d’opérations selon la sensibilité des milieux, – mettre en oeuvre un principe d’adoption des meilleurs standards et meilleures pratiques disponibles au niveau mondial, – améliorer les outils pour l’orientation et le suivi des dépenses publiques, – renforcer la coordination en stimulant le fonctionnement d’une plateforme nationale de dialogue sur les activités pétrolières et gazières, en organisant la réponse gouvernementale aux pollutions marines, en consolidant les procédures de permis, d’ études d’impact environnemental et de contrôle environnementale, -renforcer les capacités au double plan de la formation universitaire qui doit s’adapter à ce secteur et de la formation continue.
Notre environnement sous régional fournit aussi de bonnes pratiques qui méritent capitalisation. Le Nigeria avec sa politique anti corruption 2004 – 2009, a récupéré 5 milliards de dollars USD. Avec la Mauritanie les bonnes pratiques du Panel ont permis de bénéficier d’une compensation de 100.000.000 Euros. Au Liberia, avec International Senior Lawyers Projects (ISLP), 102 contrats ont été revus dont 52 acceptés, 36 annulés, 14 renégocies. Il existe aussi de bonnes pratiques avec le cas de la Norvège et le pétrole de la mer du Nord. La capitalisation peut aussi intégrer les expériences des autres pays et les pourcentages reçus par les gouvernements. Citons à titre d’exemple – le Cameroon = 11%, – la Mauritanie = 16% – Mexico = 31% – Canada = 35-50 % – Côte d’ivoire = 55% – Guinée équatoriale = 60% – Nigeria = 65% – Gabon onshore = 73% – Sudan = 77% – Norvège et Nigeria (onshore) = 84% – Iran = 93%
Pourquoi sommes nous à des taux si faibles associés à un régime fiscal et douanier si avantageux. Sans fétichisme, il faut poser sereinement ce débat et les options stratégiques à envisager. En attendant, il est important de disposer d’une analyse des cohérences et compatibilités entre le pétrole et toutes les autres stratégies sectorielles. Sous peine de créer des déséquilibres nuisibles à notre économie. Ce qui s’est passé avec Thierno Alassane Sall, ancien ministre de l’énergie doit nous inciter à réfléchir sur des mécanismes qui protègent nos ministres dans des secteurs aussi sensibles que l’énergie, la sécurité, les finances Le présidentialisme fort et excessif a définitivement installé des distorsions et anomalies aux antipodes d’une gestion transparente et inclusive. Mécanismes sur lesquels nous reviendrons dans un autre post

NKEN

S’AUTOPATATECHAUDISER

Un nouveau verbe à inscrire dans le Larousse. Se tirer une balle dans le pied. Alors apprenons à conjuguer ce nouveau verbe. Je me suis autopatatechaudisé. Macky et Idy se sont autopatatechaudisés. Les spécialistes comme Khayoba Abdoulaye Diop ou mon grand Issa Fayepeuvent nous aider à le conjuguer au subjonctif de l’indicatif ou du plus que parfait. Avec la faim qui guette, cet exercice risque d’être périlleux. Illustrons pour ceux qui détestent la langue française : Idy s’est autopatatechaudisé en parlant de Makka et Bakka. Il a à ses trousses tous les mollahs arabo-africains qui exigent des excuses. Ce qui fut fait. Malgré cette auto critique, l’atopatatechaudisation se poursuit. Et pour cause, la patate est bien chaude. Il lui faut du temps pour se dépatatechaudiser. Et revoilà Macky coutumier des faits, l’ingénieur historique, qui s’est mis à s’autopatatechaudiser. En plein ramadan, alors que les ventres pleurent, il nous a servi un dessert inconnu dans son village natal, Ndouloumadji Dembe. Je crois qu’au casier agricole de Ndouloumadji, ils produisent des patates. Voilà pourquoi peut être il préfère s’autopatatechaudiser. Tous les indignés de Fanon ou Césaire sont maintenant à ses trousses déjà que le kilo de patate n’est pas à la portée du sénégalais lamda. Mais qu’est ce qui les prend à s’autopatatechaudiser ? Seuil d’incompétence pour Macky. Seuil de méconnaissance pour Idy. Le fils parricide de Wade ne s’est pas encore excusé. Celui convoitant a quand à lui fini par se repentir pour se dépatatechaudiser. Ah les patates chaudes quand ça vous brûle. ..Alors éviter de vous autopatatechaudiser.

NKEN

POPULISME ET PLASTICITÉ IDÉOLOGIQUE : ” A BRAVE NEW WORLD” ?

Dans sa chronique du 22 mai dernier dans le journal français les Échos, le chroniqueur Vittoli confirme nos analyses sur un monde sans l’Amérique. Nous insistions sur l’approche ridicule de Trump et ses conséquences sur l’isolement des USA. https://www.lesechos.fr/…/0301694329461-le-monde-sans-lamer…. Mais il y a un élément terrible. Aujourd’hui, certains fonctionnaires américains des Nations unies sont obligés de communiquer moins sur le travail et de se cacher pour ne pas attirer l’attention de Trump. Car il peut leur couper fatalement plus de 30 % de leur budget. L’autre pendant de l’isolement, c’est que cela pourrait marquer la fin du système de Bretton Woods et installer le monde dans une nouvelle phase.
J’ai attentivement écouté Stephen Kevin Bannon, ancien conseiller du président Trump (pendant 6 mois et 29 jours) il ya trois jours. Il a utilisé un terme. “A brave new World”. Un splendide nouveau monde contrôlé par les populistes. Les “peuples” vont reprendre le contrôle et casser toutes ces institutions de merde. Il poursuit sur un ton plus provocateur. Martin Luther King serait fier de Trump. Car il aurait fait baisser le taux de chômage chez les noirs. Pour lui le mouvement “cinq étoiles ” anti-élite qui a pu s’allier à l’extrême droite en Italie sera le modèle qui va prospérer. En plein coeur de l’Europe des fachos prennent le pouvoir.
Comment on en arrive là ? Quelles sont les implications pour le monde ? On assiste à l’émergence de porte-voix, des politiciens idéologiquement très plastiques qui épousent les frustrations des ” masses” et qui prennent le pouvoir. Même de manière terre à terre imaginons un peu l’impact. Si en italie, cette coalition expulse 500.000 immigrants clandestins. On pense à nos freres modou modou. Au-delà du populisme qui n’est pas nouveau dans l’histoire il y a un vent de “degagisme” un peu partout. Cela nous parle non ? On pourrait un jour nous retrouver devant ces populistes si ce n’est déjà fait. Pas sur les contenus qui sont dans des contextes spécifiques et parfois révoltants. Mais ce sont les mécanismes qui sont intéressants.
Pourquoi “5 étoiles” a pu prospérer en Italie et pas Mélenchon en France ? Pourquoi et comment cela clique ? D’où la plasticité idéologique de tous ces gens qui font feu de tout. Évidemment, pas souvent pour les bonne cause. Mais ils ont la capacité de saisir les “besoins” des masses. On peut aussi peut être utiliser autrement une grille d’analyse de ce fameux livre très populaire,. The outliers de Malcom Gladwell. Il analyse les ingrédients de la réussite. Pourquoi certaines idées /projets prospèrent et d’autres pas ? Est ce une histoire de flair, de capacité à saisir le momentum ?
NKEN
Keur Ayib, frontière Sénégalo-gambienne

HOMMAGE A ABOUBACKRY MBODJ : UNE SOCIETE POSTHUME

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

Aboubackry nous a quitté. Un homme engagé. Discret et qui savait souffrir dans sa chair. On oublie souvent qu’il fut aussi avant son engagement auprès des droits humains, un brillant anthropologue qui a travaillé sur les représentations des maladies en pays sérères. Toujours présent, Mbodj savait partager et se rendre disponible pour faire face aux injustices multiformes. Sa disparition au-delà de l’émotion pose l’épineuse question des limites de l’engagement par procuration. Les vrais militants sont devenus de vraies victimes expiatoires des régimes successifs. Soit on les laisse à la merci des bailleurs qui les instrumentalisent. Soit ils finissent entre les mains de quelques personnes qui détournent la mission pour monnayer d’autres choses. Soit ce sont des gens qui payent de leur personne pour porter les causes.

Dieu sait ce qu’ils endurent dans le secret de leur conscience militante. On les voit prendre l’avion. Participer à des forums mondiaux, mais souvent on imagine mal le mal être de ces incompris militants qui payent le prix cher de leur engagement. Certains meurent dans la misère et le dénuement. Oui parce les autres ont transhumé littéralement. Laissant des gens comme lui souvent esseulé malgré les apparences. Ils font légion dans ce pays de messianisme contre productif. C’est trop injuste, mais cela met la lumière sur le sort réservé  nos “militants”. Et quand ils passent dans l’autre camp on les traite de traîtres. Pire, on est même plus intolérant vis à vis d’eux que des gens qui ont leur vie dans le camp qui règne. C’est très révoltant.

Il y a une forme d’engagement qui n’est pas récompensé. Au point que dans l’opinion populaire, entrer en politique veut dire joindre le camp du pouvoir ou s’y préparer. Et nos militants de continuer à mourir comme des chiens. Il faut qu’il meure pour que les témoignages fleurissent. C’est obscène. On a vu ces dernières semaines les appels pour évacuer Mbodji. Au moment où certains sont systématiquement et discrètement envoyés à Pitié salpêtrière en France. Au frais souvent des contribuables. Nous sommes devenus depuis très longtemps, une société posthume.

Au delà des émotions. Il y a des faits qui renseignent sur la mentalité sénégalaise. Il faut aussi admettre que presque personne d’autres ne mobilisent pour cela non plus. Y compris tous les défenseurs de grands principes. “Mort pour rien ” ?  Et cela devient une corrida sans fin.  On leur dit allez affronter les barricades. On est derrière. Oui on aime laisser les fous du village aller au combat et on s’en délecte. Ou est Sonko et tous ces gens qui avaient juré qu’ils allaient le défendre, le protéger et l’aider financièrement. Ils sont peu vraiment à respecter leurs engagements moraux. Le pays se contentera de lui octroyer une misérable et fausse distinction. L’homme de l’année pour se faire bonne conscience.

Repose en paix Mbodj. Tout comme ces milliers de militants oubliés dans les mémoires collectives alors qu’ils ont tant donné pour nos libertés individuelles et collectives. Mbodj fut simplement un homme bien. Il mérite sans doute nos hommages. Mais quand est ce qu’on va arrêter aussi de célébrer nos héros souvent dans le dénuement crasseux que quand ils nous quittent ? Une vraie société obscène.

ANKN

 

LA GUERRE EN GAMBIE : PAS EN NOTRE NOM

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

Grand Adama Gaye, j’ai lu ton post relatif au mien sur la présence supposée de Yaya à Conackry. Je comprends que tu confirmes tes sources. J’ai aussi les miennes et je peux t’assurer amicalement, j’en ai au moins une dizaine croisées de haut niveau aussi. Je m’excuse alors auprès de toi pour avoir écrit que les tiennes sont fausses. Car je ne saurai les discréditer avec autant de désinvolture. En revanche, je continue encore de considérer que les miennes sont très crédibles. Le plus important aussi est de faire attention et c’était l’objet de ce post car tes ennemis pilulent et ils rêvent de te faire la fête. Tu auras toujours notre soutien et nos amitiés dans ce combat difficile que tu portes avec passion et patriotisme.

Tu sais que je ne suis plus sur Facebook et je préfère publier sur mes blogs pour des raisons personnelles. Le blog s’appelle Opinions ndukuristes (http://ndukur.com/category/blog-ndukuriste/). Je crois que le plus important à ce stade est que Yaya est sur ses bottes et attend fermement une intervention militaire imminente. Il gère encore la Gambie. Je disais il y’a quelques jours que des Généraux comme Badji lui sont fidèles. Pour des pactes culturels très complexes qu’il est long d’expliquer ici. On a eu hier la confirmation. Nous risquons de perdre la bataille la plus décisive. C’est celle de voir les gambiens toutes tendances confondues nous prendre pour des colons. Nous aurions tout perdu. Et cela dépendra de la compétence des gens qui entourent le Président Macky Sall sur cette épineuse question de haute portée tactique et stratégique.

Les Gambiens n’accepteront pas une invasion du Sénégal. De même que tous les démocrates sénégalais et du monde qui se sont battus et qui se battent encore pour le peuple palestinien, sahraoui et d’autres qui luttent ou ont lutté pour leur auto détermination et indépendance nationale. L’enjeu n’est pas de gagner cette guerre même si Yaya à ce stade et le responsable écrasant de toute cette instabilité et forfaiture. C’est de ne pas s’enliser dans une gestion post Yaya qui installerait nos Forces Armées Sénégalaises (FAS) au cœur de la Gambie car nous n’aurions pas d’autres choix. Nos ressources sont maigres pour qu’on s’autorise ces décisions inopportunes. Nous n’avons pas voulu faire le pari de la négociation. Le pari de la guerre nous coûtera cher. A court, moyen et long termes. Co-gérer la crise au Sud et celle post crise gambienne est trop lourd symboliquement, financièrement et militairement pour notre pays. Nos frontières avec la Gambie, c’est aussi au-delà de la basse Casamance, une partie de Tamba, de Kolda, du Saloum…Autant dire une boucle humaine où vivent en ce moment des milliers de sénégalais.

Alors réfléchissons bien à nos illusions de pouvoir et de domination. Il est vrai que le Sénégal est et a toujours été menacé par la Gambie pour des raisons liées aussi à la sécurité interne de ce pays incrusté au sein de notre pays. Les logiques coloniales sont passées par là. Il reste que la Gambie est définitivement un pays indépendant. Souverain qu’il faut traiter avec respect. Faisons le pari difficile de la paix et de la négociation. Laissons au peuple gambien le soin de résoudre sa crise politique post électorale. Créons des investissements structurants pour désengorger la partie sud du pays très dépendante de la Gambie. Nous réalisons des TER qui coûtent plus de 500 milliards de CFA. Nous sommes incapables depuis plus de 50 ans de créer des routes qui nous sortent des chantages des gouvernements gambiens, gages de notre propre sécurité nationale. La Gambie dépend de nous sur plusieurs aspects. Nous oublions de dire que nous dépendons aussi de la Gambie qui joue fort tactiquement sur ces vulnérabilités. Si le gouvernement veut faire sa guerre à la Gambie. Qu’il le fasse en son nom propre. Mais pas en notre nom. La guerre, une vraie hérésie humaine pour des pays si mal fagotés comme les nôtres.

ANKN

ADAMA GAYE : EVITER LES PIÈGES DES FORTS HOMMES DE L’OMBRE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

J’aime beaucoup Adama Gaye, journaliste émérite. On peut ne pas partager ses vues mais il reste un fervent patriote. J’ai suivi avec une pointe de regret fautif sa publication sur la présence de Yaya à Conackry. J’avais le profond sentiment que cette information n’était pas crédible. Au fil de mes investigations croisées, il est apparu en effet que c’est un canular. Adama est un journaliste professionnel qui sait ce que signifie recouper une information.

Mais il a sans doute sous estimé le contexte actuel marqué à la fois par une guerre de désinformation entre la Gambie et le Sénégal, mais aussi par la guéguerre légitime qu’il mène contre Bolloré et tout ce système financier très puissant. Il peut s’agir d un piège qu’un service spécial chevronné lui a tendu pour le discréditer. Adama a de grands et puissants ennemis qui font partie des meilleurs dans tous les domaines de la désinformation et de la manipulation. Et un des meilleurs journalistes qu’il est peut toujours tomber dans les filets d’une manipulation par des professionnels aguéris et rompus à la tâche.

Alors encourageons et soutenons Adama dans son travail difficile et plein d’épines. Cet impaire ne saurait constituer un discrédit sur ses qualités morales et professionnelles. Juste qu’un homme peut se tromper. Il s’est trompé mais nous le soutenons plus que jamais dans ses objectifs d’éveil et de défense des intérêts de notre pays. Alors Adama, la prochaine fois, fais attention !!!

Nos amitiés renouvelées

ANKN

 

RAPPORT DE TIMBUKTU SUR LA RADICALISATION. LES PIÈGES MÉTHODOLOGIQUES DES SCIENCES SOCIALES ($)

($) : Ces remarques ont aussi une portée générale qui dépassent l’étude stricto sensu de Bakary et de son équipe.

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com

Il faut féliciter Dr Bakary Sambe pour son investissement personnel scientifique dans l’éclairage des phénomènes religieux en général et en particulier les processus de radicalisation, d’extrémisme religieux. Notre contexte géopolitique exige ce genre d’études croisées produites aussi par nos visions intellectuelles internes. Sur ce plan, Bakary mérite notre attention et notre respect. Son étude intitulée « Facteurs de radicalisation. Perception du terrorisme chez les jeunes dans la grande banlieue de Dakar (octobre 2016) soulève plusieurs interrogations partagées au sein de l’opinion publique et de la communauté universitaire. Nous ne pouvons poursuivre un discrédit généralisé de nos chercheurs sous prétexte d’un désaccord des conclusions issues de leurs recherches. En revanche, les productions de cette nature sont une occasion de débattre de méthodes, méthodologies, de résultats, etc. Cela dit reprenons ce qui constitue à mes yeux les limites de cette étude.

DES DÉLAIS DE « CONSULTANTS »

25 enquêteurs pour couvrir la banlieue pendant une semaine. Voila le premier piège auquel les « chercheurs » versus « consultants » sont souvent confrontes. C’est une logique propre aux commanditaires privés qui astreignent dans des limites temporelles qui discréditent les études. Il est vrai que le fil est tenu entre ces deux postures. Mais il faut affirmer avec force qu’en une semaine pour capter les complexités propres aux perceptions relève d’une vraie gageure. Malheureusement, nos études font de plus en plus les frais de ces contraintes de temps qui ne tiennent pas compte de la nature complexe des études de perceptions. Le niveau de licence des enquêteurs n’est pas en soi une condition de fiabilité et de crédibilité des données collectées. Ces enquêtes exigent des compétences particulières, un vécu interactif établi que nous ne trouvons pas nécessairement voire souvent chez des étudiants en licence. L’expérience locale prouve d’ailleurs que les meilleurs enquêteurs en sciences sociales sont les vrais professionnels que nous retrouvons auprès de l’ANSD et qui ne sont pas forcément des diplômés de l’enseignement supérieur. Je crois que les chercheurs doivent se battre contre ces délais superficiels qui les mettent sous pressions et conditions alors qu’ils ont besoin d’un temps minimal pour travailler en profondeur.

QUIPROQUO CONCEPTUEL

Le second piège que je décèle dans l’étude de Bakary est relatif à la formulation du sujet. Il est bien indiqué qu’il s’agit d’une étude de perception. Sans fétichisme méthodologique particulier, on peut se demander s’il existe une cohérence méthodologique entre cette formulation et les outils dits CAP utilisés durant cette étude. Si Bakary et son équipe avaient enlevé le concept de perception, nous aurions pu reconsidérer nos critiques sur les aspects méthodologiques. Les enquêtes CAP sont sans doute de puissants instruments pour saisir les comportements, attitudes et pratiques des acteurs. Je ne suis pas sur en revanche qu’ils puissent capter plus spécifiquement les perceptions.

PERCEPTIONS VERSUS STATISTIQUE

Le troisième piège qui est structurel a mon avis dans cette étude est relatif à l’usage inconsidéré de statistiques sans que nous ne percevions ce qui relève des contenus qualitatifs. Ce piège est très lié au premier car les bailleurs sont encore convaincus que la compréhension des phénomènes se fait à grand renforts de productions statistiques avec ces graphiques, ces dendrogrammes ces tableaux croisés, ces résultats cartographiés. On voit mal comment justifier méthodologiquement une approche par les conceptions à partir des critères d’échantillonnage statistique sur 400 enquêtés ramenés finalement à 300 pour des raisons expliquées dans le rapport. Il est vrai que toute enquête de nature sociale ou statistique s’appuie sur des enquêtes aux profils divers. Mais on ne peut prendre les approches statistiques pour celles qualitatives. On voit bien d’ailleurs que le justificatif des critères qualitatifs reste très faiblement documenté dans les préalables méthodologiques. Une note méthodologique circonstanciée sur ces chiffres et leurs fondements aurait permis de lever ces équivoques de représentativité qui ne sont pas à mon avis l’objet d’une étude de perception. A moins que nous ayons une perception différente de cette notion.

ANALYSE QUALITATIVE ET PRODUCTION DE SENS

Le quatrième piège décelable qui est transversal à plusieurs études réalisées concerne le non respect du statut épistémologique des sciences dites sociales. Beaucoup de chercheurs ne font pas la différence entre productions statistiques et production de sens. L’entrée par les sciences sociales est une entrée de production de sens à partir de corpus contradictoires, de profils particulièrement diversifiés. Sa base méthodologique ne peut pas être cette logique statistique qui subsume la complexité des faits sociaux sous des graphiques tout aussi caricaturales que désincarnées. Je comprends l’utilité des chiffres qui sont aussi un instrument de stratégie communicationnelle. J’observe aussi que le chiffre est un autre instrument de manipulation pour fonder des hypothèses. A mon avis, le chercheur doit bien définir le cadre conceptuel qui organise son approche en évitant les confusions de genre issues souvent de commandes privées peu scrupuleuses de la qualité de la démarche si ce n’est juste la mise ne exergue d’un résultat attendu. Ce risque est aujourd’hui le talon d’Achille de la recherche et qui a fini de discréditer une bonne partie des chercheurs utilisés comme des « négriers ».

COMPLEXITÉ DES MÉTHODES EN SCIENCES SOCIALES

Les méthodes des sciences sociales ont beaucoup évolué ces trente dernières années. Ceux qui l’ont toujours confiné dans des spéculations métaphysiques découvrent au quotidien les immenses progrès réalisés pour conforter son statut épistémologique. A la faveur notamment de l’informatique, de la statistique, des théories issues des sciences sociales, les méthodes en sciences sociales ont élargi leur horizon et ont consolidé leurs bases explicatives et compréhensives. L’informatique a permis d’aller au delà des corpus textuels d’intégrer des données non textuelles (photographies, vidéo, audio, internet, réseaux sociaux). L’étude de Bakary est encore restée dans ce spectre très réduit d’une analyse qualitative c’est vrai contestable fondé sur les textes. Les enjeux de cette étude exigent à mon avis d’aller au delà de simples questionnaires ou guides d’entretiens en élargissant le spectre de productions de sens en se fondant sur les nouveaux outils.

Les statistiques sont aujourd’hui utilisées dans l’analyse des perceptions mais juste comme instrument d’analyse et d’interprétations des données qualitatives. C’est ainsi que de plus en plus les tests et coefficients statistiques (Pearson, Jaccard, Sorenson, etc.) sont même intégrés dans des applications informatiques pour analyser et interpréter les données qualitatives. Il ne s’agit pas d’une sophistication informatique mais bien de l’usage multiforme d’autres apports disciplinaires.

De même dans les applications informatiques sont intégrés systématiquement des modules de théories des sciences sociales tels que les théories des graphes, des liens sans compter des modules de psychologie sociale, de dynamiques de groupe capables de renforcer la complexité des analyses et interprétations. Il est vrai que tout ceci n’est qu’instrument au service des sciences sociales mais la posture essentielle est que c’est le chercheur avec son cadre d’analyse conceptuel approprié qui fixe les règles du jeu. Nous voulons faire de l’analyse qualitative en étant encore frileux aux nouvelles opportunités qu’offrent la science et la technologie. Cette observation va au delà de Bakary qui a un intérêt particulier à systématiser dans ses travaux ces approches intéressantes. Même nos universités sont encore restées très réfractaires aux nouvelles évolutions des méthodes de l’analyse qualitative même s’il existe quelques ilots de résistance.

En conclusion, je crois que Bakary en postulant un cadre conceptuel autour de la notion de perception et en structurant sa collecte autour de données statistiques a renversé et a substitué son approche méthodologique. C’est un piège permanent dans un contexte ou les commandes privées sont insensibles aux approches qualitatives documentées. Sans jeter totalement les résultats de cette étude qui sont une base de travail intéressante qu’il faut lire au second degré aussi, il me parait utile que Bakary et son équipe se penchent sur une étude complémentaire qualitative plus centrée sur la production de sens que sur des statistiques souvent si contestables.

ANKN