CAMPS HERMETIQUES, PENSEE POLARISEE ET QUETE DE SENS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Houellebecq encore. L’écrivain, qui n’est pas à une provocation près, affirme dans le magazine américain « Harper’s » que « Donald Trump est un des meilleurs présidents américains » qu’il ait vu. Son désengagement met fin à l’impérialisme américain. «Les Américains nous lâchent la grappe. Ils nous laissent exister ».  https://www.lemonde.fr/culture/article/2018/12/14/quand-michel-houellebecq-livre-son-point-de-vue-sur-donald-trump_5397344_3246.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1544787440.« Il apporte une saine dose d’air frais » : Donald Trump vu par Michel Houellebecq. Comme d’habitude il veut encore faire du buzz “nationaliste”.

En quoi consiste aujourd’hui l’arithmétique politique ? Philippe Bouvard dans La belle vie après 70 ans (2002) nous donne une élégante définition de ce siècle : “On ne divise plus pour régner, on additionne pour nuire”. Les nouveaux chefs du monde  creusent des tranchées au moment où le monde a plus que jamais besoin de ponts, de passerelles. Malheureusement, certains théorisent les “camps hermétiques”. Mais cela correspond aussi à une idéologie des extrémismes. Le soubassement, c’est le rapport au monde. Et l’explication que l’on se donne ou que l’on accepte confortablement.

Devant le “danger” l’homme a trois choix. Combattre, accepter ou fuir. Le 1er et 3eme peuvent déboucher sur des engagements radicaux des idéologies extrêmes. Beaucoup de gens veulent en fait le renversement du modèle mortifère dominant. Mais échouent à cerner les mécanismes du système qui les brime. Alors les “boucs-émissaires” servent d’exutoires à défaut du “combat de fond” ou bien c’est la “fuite” : repli identitaire, protectionnisme, etc. Tout nous mène vers une pensée polarisée. Et le plus grand combat pour notre génération c’est peut être cela. Le combat de l’esprit. Contextualiser et nuancer à la fois. Un combat de sens. Quand on regarde tous ces écrits et aussi les actes posés ça et là , il y a des éléments qui apparaissent à mon avis.

D’abord la valorisation des formes de transgressions (on appelle cela “provocation” , barbarie , folie ) contre les symboles des modèles dominants. Le second élément, c’est la tendance à absolutiser sa cause (individuellement ou culturellement). C’est ce que font aussi bien les mouvements djihadistes mais aussi ceux qui défendent l’homosexualité, les “valeurs de libertés “occidentales” , etc. Le dernier élément, c’est que de plus en plus les tenants de ces ideologies le posent en termes existentiels (défendre notre civilisation, notre patrie, nos femmes, nos travailleurs, les “américains”, le marché, etc.) avec une adhésion totale et le soutien de mouvements très organisés mais hors des systèmes politiques classiques (extrêmes droites, nationalistes, certains mouvements religieux, les suprémacistes blancs, etc.) et en dévalorisant toutes autres voies (fakes news, brainwash…). C’est la grande tyrannie du siècle sans doute.

Cela nous renvoit à cette quête de sens, cette urgence intellectuelle qui place nos élites, nos éducateurs et nos médias dans un contexte nouveau. Il s’agit plus seulement de “lier le bois et le bois” comme l’écrivait Cheikh Hamidou Kane. Mais aussi de déconstruire et “se faire ” constamment des “positions”. Dans un monde “mensonger” prédit par Platon subtilement dans sa philosophie de la vertu. Un monde d’anthropocène avec ces nouveaux dieux de la cupidité. Ce monde nous confronte désormais des “insatisfactions artificielles”. La société de consommation est passée par là. Tout le monde veut avoir son écran plat au risque de ne manger. Mais le monde mensonger propose aussi des “leurres” pour satisfaire les besoins de se “rassurer” et surtout de trouver le “coupable”. L’homo économicus “prêt-à- porter”. Il va falloir redessiner la pyramide de Maslow…

NKEN

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