L’AFRIQUE DES LAICITES : ETAT, RELIGION ET POUVOIRS AU SUD DU SAHARA

L’Afrique des laïcités : Etat, religion et pouvoirs au sud du Sahara
Année de publication 2014
Type de document Ouvrage
Auteurs Holder G. (dir.), Sow M. (dir.)
Source Marseille (FRA) ; Alger : IRD ; Ed. Tombouctou, 2014, 395 p. (L’Afrique se Raconte). ISBN 978-2-7099-1760-5
Résumé L’Afrique des laïcités, c’est d’abord quatorze pays qui célèbrent un demi-siècle d’indépendance, non sans avoir inscrit au préalable la laïcité de l’occupation coloniale française dans leur constitution. Quatorze pays qui sont en proie à un scepticisme croissant à l’égard d’une action publique incapable d’endiguer les processus de paupérisation, tandis que les acteurs religieux interviennent de plus en plus massivement au sein des économies morales et politiques nationales. Trente chercheurs africains et européens analysent les tensions et les accommodements entres les différents acteurs de ces économies, examinant les modalités suivant lesquelles se décline et se dit la laïcité au sein des différents contextes nationaux. Ils passent en revue les formations étatiques précoloniales qui ont pu opérer une séparation entre l’État et les cultes, avant d’aborder l’exercice d’une gouvernance coloniale fort peu laïque, puis les pouvoirs autoritaires africains qui se sont en partie déchargés sur les instances religieuses pour « développer » ou acculturer leur société. Ils pointent enfin la façon dont les différends qui s’articulent autour des débats actuels sur la laïcité croisent ou accentuent d’autres tensions sociales touchant notamment aux questions identitaires et de genre et, plus généralement, aux exigences de démocratisation et des modernités africaines.

Source : http://www.documentation.ird.fr/hor/fdi:010062940

“BAKARY DIALLO, MEMOIRES PEULES” (DOCUMENTAIRE)

Bakary Diallo, berger peul, un des premiers tirailleurs sénégalais est considéré par certains comme le premier romancier sénégalais avec son livre “force bonté”. Il y a à vérifier si son livre est antérieur a celui de Lamine Senghor “le viol d’un pays”. Ce qui est intéressant c’est qu’il a écrit des textes en pulaar qui n’ont jamais été édités (même en wolof). Ce documentaire essaie de reconstituer ces écrits à partir de témoignages car les manuscrits ont disparus. Démarche très intéressante de reconstitution et de mémoire.

Documentaire réalisé par Mélanie Bourlet et Franck Guillemain. Cliquez sur le lien ci dessous pour voir l’intégralité du documentaire.

https://www.canal-u.tv/video/cnrs_ups2259/bakary_diallo_memoires_peules_de_melanie_bourlet_et_franck_guillemain.23168

Résumé du documentaire

“Ce film nous conduit sur les traces de Bakary Diallo, berger peul connu pour être un des premiers tirailleurs sénégalais à avoir relaté en français son expérience de la Première Guerre Mondiale dans son roman “Force-Bonté”. De retour parmi les siens en 1928, il compose en peul, sa langue maternelle, de longs poèmes chantant la beauté et la luxuriance des paysages de son enfance. Aujourd’hui disparus, la redécouverte de ses poèmes permettrait de rendre sa place à Bakary Diallo dans l’histoire de la littérature africaine.

Mélanie Bourlet, spécialiste de Langue et Littérature peule au sein du laboratoire Langage, Langues et Cultures d’Afrique Noire (LLACAN), nous emmène dans un long voyage au cœur de la région du Foûta Tôro, à la recherche de ces écrits perdus. L’objet principal de sa quête est un manuscrit intitulé “Mbalam” du nom du village d’enfance du poète. A la faveur d’une mémoire orale encore vive chez les proches de l’auteur, la chercheuse parvient peu à peu à dresser les contours de l’œuvre poétique de Bakary Diallo.

Producteur : Langage, Langues et Cultures d’Afrique Noire, CNRS Images, CNRS-Cultures, langues, textes 
Participation : ANR 
Réalisateur : BOURLET Mélanie  (LLACAN, UMR CNRS et INALCO, Villejuif)GUILLEMAIN Franck  (CLT, UPS CNRS, Villejuif)
Conseiller scientifique : BOURLET Mélanie  (LLACAN, UMR CNRS et INALCO, Villejuif)”

QUESTIONS AUX ACTEURS POLITIQUES : ON DIT QUOI DES “MARGES” HOMOSEXUELLES ET MAÇONNIQUES ?

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Ce matin, avant de retourner dans le maquis culturel casamançais, j’ai envie de “hérisser” les politiques, chantres de la démocratie. Ils aiment y compris moi faire de gros discours sur les droits humains. Mais refusent tout débat de société. Ils feignent de ne voir l’évolution frontale et “fracturée” de nos sociétés et mettent des lignes rouges qu’il faut éviter de franchir. Sur la base de leurs priorités. Alors certains d’entre eux détestent les homosexuels et les francs maçons. Sans doute presque toute notre société. C’est un des consensus de façade comme aiment en construire nos “identités nationales”. On glose que ce sont des phénomènes extérieurs aliénants dangereux pour nos puritaines sociétés. Et des épiphénomènes qui ne méritent qu’on s’y attarde. Dans le même temps, nos enfants y sont enrôlés en “masse” et on se dit quelles sont les conséquences sociétales de ces évolutions ? Les homosexuels semble t-il étaient tolérés tant qu’ils ne franchissaient l’espace public. Curieux argumentaire car la marque de fabrique des homosexuels dans notre société était justement qu’ils ou qu’elles ou qu’ils-qu’ellles (tant pis) étaient au coeur des espaces publics : baptêmes, mariages, cérémonies de danse publique. ..Alors c’est quoi l’espace public?

Peut être que certains veulent dire qu’ils sont devenus trop (extrêmement) visibles. Ça c’est vrai. Mais nous sommes tous trop visibles maintenant. Le plus “minable” des facebookiens devient une star planétaire en postant ses lubies. Car les intériorités ont laissé place aux extériorités devenues exhibitionnistes à souhait. Même les francs maçons réputés dans la gestion du secret pour leurrer les esprits parfois fantasques s’y sont pas mis. Ils ont des sites internet et sont aussi dans le dévoilement calculé. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication dévoilent presque tout sauf lorsque les puritains boivent leur bière dans les espaces privés bankerisés ou lorsqu’ils draguent la femme des voisins ou des amis, s’ils ne jouent à la verticale avec la “bonne” dans la chambre de la femme devenue peu suspicieuse. Le secret prend une forme jouissive au nom de la perversion maîtrisée. On emportera les secrets de famille en enfer.

Mais au fait pourquoi ce petit billet matinal. Pour deux choses. 1. Notre société peut jouer à l’Autriche mais elle fera face à ses propres fractures. Si elle veut éviter d’être culturellement dépendante des autres, il faut qu’elle instaure les débats avec ses codes propres pour trouver des solutions endogènes. 2. Elle peut détester les marges mais puissantes homosexuelles et maçonniques, mais qu’elle ne les tue pas. Qu’elle leur donne des sépultures dignes. Car demain cette même société au nom de sa morale arrogante tuera les communistes et les animistes. C’est cela le subtile paradigme de classe qui se joue. L’histoire nous a suffisamment instruit de l’usage des rapports de force au service de la morale. Une morale tueuse de différence. Bien évidemment, les communistes et animistes ne peuvent tuer des gens parce qu’ils sont des barbus ou parce qu’ils portent une croix ou une thora. L’humanisme total se trouve dans l’acceptation de ces différences.

NKEN

TENDOUCK EN BASSE CASAMANCE ET SES DÉESSES DE LA PLUIE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Ethno-photographe
www.ndukur.com
www.ndourawaly.com
#TendoucKuyito2018
Au coeur du blouf, en basse casamance, Tendouck, ville historique de résistance (nous y reviendrons) déploie ses complexités culturelles réputées. Son Grand Bakin (fétiche) réputé pour protéger le village et pour recevoir des prières. Le tribunal traditionnel qui tranchait les contentieux entre tendouckois, la tombe de la Reine du blouf Niassilolo Diatta connue aussi sous le nom de Kuyoto. Des lieux de culte sur lequels nous reviendrons.
Kuyito, symbole de l’animisme tentaculaire dans une basse casamance qui a toujours sublimé ses reines. De Aline Sitoé Diatta à Alonso en passant par Sibet. ..Des reines dotées de puissants pouvoirs avec une centralité autour du secret de la pluie. Toutes savent “descendre” la pluie. Les témoignages pluri centenaires en attestent contre toutes les logiques d’un rationalisme matérialiste qui refuse les “irrationnalités”.
Kuyito décédée en 1967-1968 faisait partie de ces prêtresses reines capables d’implorer le ciel pour descendre la pluie même en saison sèche. Cette donnée factuelle nous a été démontrée lors de la séance d’exhibition de la troupe théâtrale Kapoumba, troupe entre le profane et le sacré. Lorsque par des procédures connues fondées sur des champs sacrés aux sons des kabyl, flûte à base d’une corne et d’autres accessoires, sans compter les danses et la pose des pagnes aux couleurs de bleu de nuit sur la tombe de la vieille Kuyito, la pluie s’est immédiatement invitée dans tout Tendouck et alentours. Depuis des décennies, ces séances se déroulent immanquablement sous la pluie. Même lorsque la cérémonie se déroule en saison sèche, la pluie est au rendez-vous. Une manière pour Kuyito de bénir ce village et de confirmer le secret inaltérable de la pluie qu’elle détient.
On a beau contesté, la factualité des faits prouve que l’animisme africain garde encore ses secrets qui auraient pu résoudre certains aspects de notre vie nationale. Ils sont de plus en plus évanescents sous la poussée tentaculaire et croisée des religions dites révélées. Heureusement que Tendouck, au coeur d’un blouf conquis par l’islam et le christianisme garde encore jalousement certains traits originaux de la puissance de la culture ajamaat.
Copyright. Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN, septembre 2018.