ACHILLE MBEMBE : SORTIR DE LA GRANDE NUIT

La décolonisation africaine au cours de la seconde moitié du XXe siècle ne fut-elle finalement qu’un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d’un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre qu’au-delà du mélange de choses qui prévaut aujourd’hui, le mérite de cet événement fut d’ouvrir sur une multitude de trajets historiques possibles. À côté du monde des ruines et de la destruction, de nouvelles sociétés sont en train de naître. Adossées sur leur matière indocile, elles sont en train de réaliser leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences et de la circulation. De créer un monde créole dont la trame complexe et mobile sans cesse glisse d’une forme à une autre. Examinant en particulier le cas de la France, l’auteur analyse les paradoxes de la « postcolonialité » chez une ancienne puissance coloniale qui décolonisa sans s’auto-décoloniser. Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française.

Achille Mbembe est camerounais. Il est professeur d’histoire et de science politique à l’université de Witwatersrand à Johannesbourg (Afrique du Sud). Chercheur au Witwatersrand Institute for Social and Economics Research (WISER), il enseigne également au département français et à Duke University (aux ÉtatsUnis). Il est notamment l’auteur de De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (Karthala, 2000).

LES CHERCHEURS, POURQUOI SONT-ILS TOUS SUSPECTS?

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Pourquoi sommes nous tous suspects ? Parce quelque part il existe une sorte de schizophrénie qui gagne les gens. Est ce “l’informateur” est vraiment neutre. Est ce que la recherche scientifique n’est pas “commanditée” par les laboratoires d’appartenance qui est forcément affiliée ou rattachée (sans le savoir ou pas) à un “réseau” . Ce réseau peut être ceux qui payent pour la recherche, ceux qui “créent” le ” consensus autour du fait scientifique. Auparavant c’étaient les pairs, désormais ce sont les médias, les organes de propagande, le marché, le public. On touche le point le plus sensible qui concerne les obstacles à l’invention et au perfectionnement par un protectionnisme mis en place par les normes et homologations. Les coûts des brevets, des justifications et business plan et admissions dépassent de loin ceux de la recherche et du développement y compris d’industrialisation. L’invention est enfermée dans un labyrinthe et dépense plus de temps qui ont ruiné les espoirs de concrétisation. Peut on bâtir un corps de science neutre alors que les subsides viennent d’ailleurs? Si les financements et la “caution” viennent de l’extérieur? Il faut ajouter à cela les contraintes sociales et sociologiques du chercheur lui même. Et enfin cette déviance psychologique et ce manque de confiance en nous mêmes qui nous fait croire que les chercheurs ne pensent plus par eux mêmes. Soit il  portent la plume pour quelqu’un ou ils s’auto-censurent sous la pression réelle ou supposée. Il serait intéressant de revisiter certains travaux de Bruno Latour dans le contexte africain.

Mais le contexte interne des chercheurs est terrible. Même s’il faut noter que malgré leur relatif discrédi, on se demande combien de sénégalais ont une fois visité les laboratoires de botanique, zoologie vertébrée et invertébrée, de pisciculture, d’anthropologie. .. de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire – Université Cheikh Anta Diop de Dakar (IFAN-UCAD). Read more