MADEMBA N’EST PAS UN NATIF DU TERROIR. ET ALORS ? : PLAIDOYER CONTRE L’AUTOCHTONIE

Ce pamphlet a pour but de lever toutes équivoques entre l’autonomie et l’autochtonie

L’autochtonie est propice, dans sa définition comme du point de vue de sa finalité, à des dérives de type ethnique, xénophobe ou raciste. L’auteur cherche en effet à clarifier sa vision autonomiste ou fédéraliste pour le Sénégal, en tant qu’une formidable alternative à la logique de l’indépendance pure et simple de la Casamance, en proie à une rébellion indépendantiste incarnée par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) depuis décembre 1982.

Jean Marie François Biagui est le président-fondateur du Mouvement pour le Fédéralisme et la Démocratie Constitutionnels (MFDC-fédéraliste) et ancien secrétaire général du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Ancien Élève de l’École Supérieure Internationale d’Administration des Entreprises (ESIAE) – Rhône-Alpes (du groupe ESAE & EDC Paris), son sujet de Mémoire de fin d’études s’intitule : « De la question des besoins essentiels en Afrique Noire et des problèmes relatifs au transfert de technologie ».

 

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 561 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 154 pages
  • Editeur : Diasporas noires (22 mars 2018)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français

 

DÉFICITS PLUVIOMÉTRIQUES, GOUVERNER C’EST PRÉVOIR. ..

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

 

Depuis des jours voire des mois on scrute un ciel devenu peu généreux. Et les prières et autres pratiques de “baawnaan”  de se poursuivre pour implorer la clémence de Dieu et des cieux. Pourtant nous savons depuis des décennies qu’il existe des paquets technologiques capables d’anticiper sur tout parce que l’information scientifique est disponible. Ce qui se passe en ce moment au Sénégal est une tendance générale dans le Sahel (carte 1). On a eu les signaux avec les transhumances précoces notamment depuis la Mauritanie. On peut pas être tributaire de l’agriculture sous pluie et ne pas prendre des mesures pour atténuer les impacts des déficits pluviométriques. On peut lire les cartes d’anomalies mensuelles et saisonnières des précipitations sur l’Afrique de l’ouest établies en juin 2018 (carte 2). Que veulent les gens maintenant ? Surtout que la situation de 2017 était déjà défavorable. Gouverner c’est prévoir. On a les rapports de production de biomasse aussi (Carte 3). Voici les prévisions sur le Sénégal. Les anomalies sont exprimées en pourcentage par rapport à la valeur normale.

Carte 1 : La situation de l’insécurité alimentaire dans le Sahel

Les rapports disent ceci. Les informations disponibles suggèrent que les précipitations de juin à septembre 2018 seront proches de la moyenne. Dans toute la région, les revenus pastoraux augmenteront à nouveau au second semestre de 2018, en raison de l’amélioration de l’état du bétail, qui entraînera une augmentation de la disponibilité de lait et des revenus tirés des ventes de bétail pendant le Ramadan et Tabaski. Cependant, la reconstitution des troupeaux sera plus lente que la normale pour les zones touchées. Plus clair encore. L’analyse des prévisions de précipitations sur la région Ouest Africaine pour la saison d’hivernage 2018 fait apparaître une situation positive sur l’Est mais un déficit important sur l’Ouest avec un retard d’installation de la saison des pluies sur les pays littoraux, en particulier le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert. Ce retard, conjugué à une saison des pluies déjà défavorable sur ces mêmes régions l’année 2017, pourrait entraîner un risque pour la sécurité alimentaire des populations de ces pays.

Cartes 2 : Anomalies mensuelles

Les cartes des anomalies mensuelles des prévisions de précipitation font apparaître une situation globalement positive sur l’Est, et une situation négative sur l’Ouest de la région, en particulier pour le début de la saison d’hivernage (Juillet 2018). La situation se stabilise ensuite sur les pays de l’Ouest, où la situation redevient normale à faiblement négatif au fur et à mesure que la saison des pluies s’installe (Août à Septembre 2018). Ce retard de l’installation de la saison des pluies sur les pays de l’Ouest est particulièrement visible sur le sur le Sénégal en particulier sur ses régions bordants le littorale (-30% à -50% au mois de Juillet sur les régions de Saint Louis, Louga, Thies, Djourbel et Matam et -5% à -15% sur la saison entière).

Carte 3 : Biomasse

Que propose t-on en alternative ? Est ce la promotion d’une agriculture climato intelligente est inscrite dans les agendas de Sonko, Soumaré, etc.  Comment promouvoir des investissements agricoles responsables ? Quid de l’assurance multi risque agricole pour faire face à la volatilité des rendements et aux aléas climatiques. Mais on sait que la base c’est la promotion de pratiques résilientes. Sinon les indemnisations seront très fréquentes et très élevées pour assurer l’équilibre de l’assurance.  Sinon on va attendre les gestes de générosité du président. L’agriculture c’est quand même 60% de notre population active. Qui scrutent la pluie et attend les effets de baawnaan ? 95 % de notre agriculture dépend de la pluie. Notre agriculture attire moins de 5% des concours bancaires et plus de 70% de l’enveloppe va à l’agro-business. Comment booster la CNAAS ? Que font les ministères de tutelles comme l’agriculture et élevage? Le ministre de l’environnement (sur les fonds climatiques que le Sénégal reçoit soit en subventions ou prêts). Est ce que l’Etat peut subventionner la prime d’assurance. Comment faire pour “de” risquer ” l’investissement.

Là on parle de sécheresse mais un autre exemple. Les pluies hors saison. Une étude de la banque mondiale a montré qu’elles ont coûté 31 milliards de CFA au Sénégal. Il y a des actions en cours. Mais il faudra vraiment les évaluer et passer à d’autres étapes. Nous avons tout cela alors pourquoi n’avoir pas alerté au lieu de faire nourrir aux populations de faux espoirs. C’est simplement de l’incurie et de l’irresponsabilité d’un gouvernement occupé à trouver des financements pour ses prochaines compagnes électorales. Quel triste pays !!!
NKEN

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LA REPUBLIQUE ET LES “NAWLE” (EGAUX)

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Janvier 2016 tirait sa révérence. Avant de mourir de sa belle mort, il nous léguait l’histoire douloureuse des sacs de Seck Waly. Le jeune Waly sort avec un sac et notre vieille république tremble dans un brouhaha de honte et d’invectives. Les branchés et fans du jeune artiste seront pourchassés et agressés comme de vulgaires homosexuels pour une société pourtant naguère tolérante voire complice de ces “désorientations” sexuelles hors normes admises. Il est vrai que, toutes proportions gardées. Nous sommes ainsi en pleine apothéose du désespoir …certains Sénégalais font feu de tout bois et se nourrissent de ce buzz. Fin janvier, c’est aussi le grand péché de la caricature du Cheikh du mouridisme par Jeune Afrique. On s’en rappelle. Prétexte pour rappeller quelques leçons tirées. La mobilisation s’amplifia crescendo pour dénoncer des lobbies homosexuels derrière cette énième attaque contre l’islam et ses Cheikhs. D’ailleurs, le rectificatif de JA est juste subtile car, à y regarder de près, la caricature remplaçante n’a fait que conceptualiser une image proche d’un imam. Sans doute cette nouvelle caricature a-t-elle échappé à plusieurs observateurs, la caricature étant un métier d’une redoutable et renversante subtilité. Tous les imams du monde devraient d’ailleurs battre le macadam dans toutes les villes pour se plaindre de la caricature de substitution. N’empêche, le plus important aussi est de lire la façon dont les adeptes du Cheikh ont perçu dans leur intériorité cette “caricature satanique”.

Cette caricature – bien que datant de 2016 donne l’occasion de parler de nous-mêmes et de notre rapport à nos saints. En vérité, la véritable caricature originelle, dans ce Sénégal, c’est d’avoir fait de nos grands marabouts soufis des “icônes” qui sont associées à tout et très peu à l’essentiel …Nous louons leurs louanges sous les tentes et dans les cabarets aux lumières tamisées. Nous jurons en mentant souvent en leur nom. Nous les associons à toutes sortes de paganisme et de folklore. Et presque jamais, personne ne pipe mot ou très timidement ! Même lorsque les familles confrériques mettent en garde contre ces déviances, les violations symboliques se poursuivent. Voilà pourquoi ce jeune garçon, à peine sorti de la puberté, et qui comme par magie fait un “leapfrog”, grand saut pour entrer dans le monde nouveau du show-biz, met dans un seul registre et son sac mimétique et son statut de “Baye Fall”. La vraie “rectification” aurait été de demander que nos cheikhs ne soient plus mêlés à des formes d’associationnisme non religieux, véritables gangrènes sur leur dos. Cette « rectification » tardera à arriver tant le contrôle social a enfanté une société d’une très vieille démagogie. Il y a la vérité des “salons feutrés” et la vérité du consensus public avec ses profondeurs démagogiques particulièrement à la sénégalaise à plusieurs variables morales. Voilà le mal profond d’un pays qui manifeste contre des caricatures légitimement mais qui défie dans le mensonge et l’associationnisme quotidien ses cheikhs.

Au Sénégal, il y a des narratifs magico-religieux que personne n’ose questionner. Cheikh Anta Diop lui même pourtant grand érudit et scientifique nous mettait en garde contre l’abordage de ces questions religieuses comme si elles sont désincarnées et hors des vraies dynamiques intellectuelles de notre pays ou du continent. Ils ont été distillés de la même manière : par le tapage et l’intimidation presque organisés tellement, ils sont réguliers. Notre pays continue d’entretenir le mythe du « doomu Soxna »Seigneur ! comme si nos braves mamans à nous qui prient avec leurs forces matinales au plus profond d’elles n’étaient pas aussi vertueuses, si dévouées, et totalement dignes de nous et pour nous … Au point que nous devons tous payer cette tare “congénitale ” par une “soumission ” à un ordre qui n’est pas celui du grand et unique maitre et juge incontestable de ses suiveurs. Pourquoi ce principe serait-il une exemption sénégalaise qui d’ailleurs ne saurait prétendre ni à la paternité berceau de l’islam ni à celle de la piété la plus sacrée de la umma ? Cette sacrée « anomalie » aurait même traversé l’espace politique, avec en toile de fond, des logiques dépassées de castes enfouies dans les subconscients pour neutraliser des adversaires politiques. D’où le dilemme entre l’égalité et l’équité. Nous pouvons bien « manger » l’argent des «castés ». Mais nous rechignons à ce qu’ils nous dirigent au nom de nos factices positionnements sociaux d’une autre époque. Certaines castes l’ont bien compris d’ailleurs et utilisent leurs ressources pour « s’ennoblir ». Nous devrions un jour faire face à nous-mêmes et accepter de gérer ces contradictions qui ne grandissent pas notre nation.

Comment bâtir une république de “Nawlė” tout en reconnaissant nos différences héritées à notre insu ? Nous vivons au quotidien ces formes perverses de falsification historique et religieuse qui nous dispensent de nous regarder en face. Pourtant le discours de nos saints est sans équivoque sur l’urgence de retourner à Dieu et ses recommandations. Des minorités sociologiques efficaces dans la manipulation ont fini d’infiltrer tous nos espaces politiques et religieux pour dénaturer les véritables enseignements de nos respectés guides religieux qui sont au-dessus de tout soupçon matérialiste. Nous pouvons continuer de feindre nos peurs et nos démagogies, la véritable caricature qui mérite une vraie mobilisation religieuse est de se battre contre tous ces pâles dessinateurs qui révisent et violent par caricatures et/ ou par mélodies endiablées au quotidien les enseignements exceptionnels de nos saints et guides religieux. Sous ce rapport, il nous faut exorciser toutes les caricatures et faire face à nos nous-mêmes sans honte et dans la dignité pour construire une république réconciliée avec des valeurs intrinsèques de foi et de principes émancipés. Pour ceux qui croient encore…

NKEN