LA PEUR ET LA TYRANNIE PAR LE BAS

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
En Afrique, entre les entrepreneurs et la politique, nous avons des relations de plus en plus complexes basées sur des rapports de force. Aujourd’hui le fait politique détermine tous le reste jusqu’y compris la plupart des marchés qui sont des marchés d’Etat. Chaque régime vient avec ses entrepreneurs. Tu es opposant tu n’as plus de marchés ! La tyrannie politique tire nos pays par le bas et on peut s’interroger sur le sens d’une démocratie de cette nature. Le suffrage te permet d’accéder au pouvoir et tu l’utilises comme tyrannie par la bas. L’Etat en Afrique est le père fouettard qui brime tous les “ecarts” de sujétion. Si nous ne brisons pas cette impasse, nous n’allons jamais réussir à bâtir une société juste et équitable. Cela explique le silence de certains, leur compromission ou leur “coopération “. C’est une grande question qui mérite approfondissement et peut être la mise en place de mécanismes.
Mais, au finish, les gens ont juste parfois peur. La peur bride les gens et les auto-censure à tous les niveaux. Autrement, tu ne seras pas “servi”. Et puis le peuple ne vaut pas ces sacrifices entend on souvent dans les argumentaires. ll faut s’y pencher cette question de la peur. Elle est fondamentale. Voilà pourquoi le capitaine Dièye, le juge Dème ou Sonko fascinent. La peur est partout et elle n’est pas le fait de l’Etat seulement. Même exprimer un avis en tant qu’intellectuel ou des postures critiques n’est plus chose aisée face aux différentes lignes de censure qui ont accaparé notre société. On a “émascule” les citoyens. Il n’existe pas d’ombudsman pour garantir les libertés. La seule règle mise en exécution c’est celle qui protège les voyous d’Etat qui ont le monopole de la violence et de l’injustice. Et nous revoilà au coeur des détestables mots : outrage qui veut dire “souffre en silence “. Violence légitime, outrage, de la vraie mascarade. Ce n’est pas une incitation au non respect des institutions. Car ll faut mettre fin aux actes de bravoure. S’exprimer et être déterminé doivent être là règle. Si Macron était Sénégalais il serait à Rebeuss
Qui sème actuellement la terreur au Sénégal à part certains juges à la solde et la police politique ? Le mal est profond. Les gens se terrent. En attendant les urnes dit on. Sauf que voter est aussi devenu un exploit olympique. Sois tu n’as pas de carte, sois ton bureau de vote est fictif, sois les bulletins n’y sont pas sois tu es en compétition avec les “martiens électoraux’. Et avoir le bon chevalier aussi un exploit national. L’érosion des libertés est un fait. Et on se dit à quoi sert cette démocratie. Il faut “dépénaliser” l’action de la citoyenneté. La rendre aussi moins suspecte car c’est aussi l’autre revers de la médaille. Depuis Senghor on liquide, emprisonne, met au frigo, paupérise. Mais les nouvelles formes sont plus vicieuses. L’Etat détient ce monopole de l’embargo économique. Et il l’exerce sur des “élites” devenues plus carriéristes que jamais et sur des “initiés ” du même bord qui ont aliéné leurs libertés par le fait des prévarications et compromissions antérieures. Et distribue les prébendes à ses courtiers et courtisans. Et cette peur se diffuse et se reflète partout. Du mandarin à l’université ou policier dans la rue en passant par le petit commis de l’administration qui peut te “punir” à la moindre ” incartades”. Du coup chacun se tait pour ne pas se faire remarquer. Et chacun cherche son parrain  et sans le savoir se met a ” investir” dans la “bourse des faveurs”.
On parle parfois de la question de la “fragilité “. Ce sont ces pays sortis des crises (guerres, ébola), etc. A la réflexion, on se dit est-ce vraiment eux les “Etas fragiles” ? Que dire des pays devenus des ‘scandales” car les capacités sont noyées, l’esprit entrepreneurial soumis au chantage politique et qui connaissent des reculs démocratiques et puis qui sont lourdement endettés à cause d’un Macky qui a vendu le pays.
NKEN