POUR UN ISLAM APOLITIQUE DE MOHAMED LOUIZI

Plaidoyer pour un islam apolitique de Mohamed Louizi passe en revue toute l’histoire de l’islam et montre les falsifications et comment la culture arabe est devenue culte musulman. Notamment le basculement du processus de construction de l’islam à son enfermement par le pouvoir politique tribal arabe. C’est sur que c’est un livre qui doit faire mal aux salafistes parce que l’auteur vient du serail des frères musulmans. Mohamed Louizi auteur aussi de Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans (Michalon, 2016) est ingénieur et formateur spécialiste de la radicalisation islamiste. Aux pages 37 et 38 consacrées au “Dôme de l’illusion”, il explique les “sacrilèges ommeyades” et comment ils ont falsifié l’histoire de l’islam au profit de leur logique de pouvoir politique.
“Le dôme de l’illusion”
L’année 692 est aussi l’année de l’achèvement de la construction  par les maçon du monarque Abdelmalick Ibn Marwan, de la mosquée dénommée le “Dome du Roche” à Jérusalem. Certains préfèrent ne voir que la construction du “soi-disant” troisième lieu saint de l’islam. Mais ils oublient qu’en l’année 692, l’armée d’Abdelmalik Ibn Marwan a catapulté la Ka’ba abrahamique millénaire à La Mecque, au nom de la (re)conquête du pouvoir politique. Comment peut-on ce point, vénérer celui qui a incendié et détruit la Ka’ba, celui-là même, qui, à en croire  al-Tabarî, a participé activement à l’alerte envoyée à Damas, demandant du renfort militaire à Yazid 1er, lors de la “Bataille d’al-Harra”, lors du saccage de Médine, le deuxième Lieu saint de l’islam ?
Plus tard, des religieux se sont mis à mis à l’oeuvre pour effacer les traces du crime et doter la mosquée de Jérusalem de ce qu’il faut comme textes apocryphes, lui attribuant le statut du troisième Lieu Saint de l’islam. J’y reviendrai. Une pure fabrication qui a presque réussi à effacer de la mémoire collective des générations successives les sacrilèges omeyyades commis à la Mecque et à Médine. Ces religions ont été l’emballage théologique de ce qui ressemble plutôt à al-Qalis (ou al-Qullays) qu’avait construit le roi hymiarite Abraha, entre 527 et 560, pour promouvoir le christianisme au Yemen et pour concurrencer, peut-être la Ka’ba.
Ce nouveau totem omeyyade s’érige désormais comme un symbole de “l’islamité” prétendue de la question palestinienne, alors que le conflit entre Israéliens et Palestiniens est de nature politique. Ce totem participe de cette guerre des sacrés qui n’est toujours pas près de s’essouffler”. 
Mohamed Louizi. Plaidoyer pour un islam apolitique. Immersion dans l’histoire des guerres des islams. Année 2017. Edition Michalon. pp. 37 et 38. 257 pages.