REMISE DE CADEAU AU ROI D’OUSSOUYE DE LA BASSE CASAMANCE

Ce jeudi 2 août 2018, notre projet ethno-photographique est allé rendre visite au roi (Maane) d’Oussouye pour lui remettre un cadeau-portrait. Maane Sibilumbaye Diedhiou est le 17é roi d’Oussouye et il fut intronisé en décembre 2000.

Une occasion pour magnifier encore les relations excellentes entre le projet de Matar Ndour (ethno-photographe) et Ndukur Kacc Ndao (anthropologue) et sa Majesté. Retourner le travail aux principaux acteurs photographiés est une posture éthique et méthodologique qui est notre. Merci au Maane et à toute sa cour royale.

Photo : David

 

LES MANCAGNES DU SENEGAL ET DE LA GUINEE BISSAU : FLEXIBILITE ONOMASTIQUE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Anthropologue
Matar Ndour, Photographe
www.ndukur.com et www.ndourawaly.com

On peut observerf que l’organisation clanique des mancagnes est qu’ils dispersés entre Bula et Cô dans la région de Cacheu (en République de Guinée Bissau). A Bula nous avons les clans tels que Bapoungan, Dinghal, Fifou, Bipou, Boufou, Fèye, Kakook, Dabatiyar, Ponoatch, Bipou…Et à Cô, on peut citer les villages suivants : Kashenatch, Timatch, Moyou, Dapa, Keet… Nous notions les fortes proximités lexicales entre eux même si au plan phonologique, des différences sont naturellement observées. Des mancagnes sont stratifiés avec les familles royales, des chasseurs, pêcheurs, la force armée. Les mancagnes présentent une forte spécificité au plan onomastique. C’est le groupe ethnique qui dispose le plus de variétés de noms. Nous avons non limitativement répertorié plus de 150 noms de familles mancagnes. Ndecky, Ndeye, Kantoussan, Ntap, Bampoky, Ndioukane, Toupane, Cabou, Kanfoudy, Dionou, Boissy, Campal, Mancabo, Mingou, Niouky, Mpamy, King, Napel, Mbinkilane, Mandika, Diompy, Massaly, Oudiane, etc. On peut noter ces diversités et complexités onomastiques du groupe ethnique mancagne qui battent tous les records lorsqu’on analyse de façon croisée et comparative les autres logiques onomastiques à l’échelle de la Sénégambie, de la Guinée-Bissau voire de toute l’Afrique sub-saharienne.

Plusieurs raisons peuvent être notées à cette complexe onomastique. Les systèmes de confiage des enfants chez les parents maternels ou paternels. L’enfant qui au départ était Cabou prendrait le nom de son nouveau tuteur. Exemple : Cabou de Ndukur. Ndukur devenant son dernier nom. Cette diversité est consolidée par l’arrivée des colons et l’exigence d’avoir un état civil. De fait ce Cabou deviendra Ndukur du fait du système de confiage qui lui “impose” le nom de l’oncle maternel ou paternel. Cette flexibilité patronymique est aussi liée au fait que le nom mancagne n’a pas les mêmes sens que les noms de plusieurs peuples. Compte tenu de la complexité des systèmes claniques, le nom réfère à une sorte de “puissance paternelle tutélaire” qui en définitive risque de changer. Une sorte d’identification patronymique par procuration pour mieux ancrer son appartenance. C’est ainsi qu’on peut avoir un frère ou une soeur de même père et mère qui auront des noms différents. Cette flexibilité patronymique se retrouve notamment chez des diolas avec un état civil “paresseux” qui transcrira les “sobriquets” à l’image des familles Fabouré. Sans compter les changements patronymiques connus du fait de la violence coloniale.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Julliet 2018. Matar Ndour et NKEN. Bula, Guinée-Bissau