ENVIRONNEMENT : COMMENT EN FAIRE DURABLEMENT UN  LEVIER DE CROISSANCE ?   

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Il y’a quelques mois, Haidar postait sur internet les images d’un drone qui montre le pillage de nos forêts par les chinois. En réalité rien de nouveau sous le soleil. Depuis l’ancien régime, ces chinois disposent de concessions sur le bois, les mines…Le plus officiellement du monde. La question de la transparence dans la gestion des ressources naturelles et dans les industries extractives est un problème très sérieux.

Le problème avec ce ministère, c’est que si nous regardons les profils des ministres de l’environnement depuis bientôt 15 ans, ils sont devenus des bouche-trous. Bathily, Mor Ngom, Thierno Lo, Djibo Ka, Abdoulaye Baldé…Si l’environnement et la gestion des ressources sont si importants, quelle est leur place dans le PSE ? Je pense qu’il y a un axe important qui mérite un approfondissement : comment utiliser l’environnement comme un levier pour la croissance ? Comment renforcer le capital naturel national (qui a été bradé jusque-là), réduire la perte écologique, minimiser les risques environnementaux (les bombes écologiques sont partout sur la zone industrielle, dans la Niayes avec l’emprise foncière, l’arène nationale, en Casamance, au Sénégal oriental avec les mines et le pillage des forêts, dans la vallée du fleuve Sénégal).

Avons-nous fait une Évaluation stratégique environnementale pour évaluer nos options à court et long terme et faire des analyses coût-avantage pour éviter que nos décisions à court terme d’exploiter ou non les ressources ne portent pas atteintes aux autres secteurs (pêche, tourisme, agriculture). On ne demande pas si ce qu’on gagne à court terme vaut les verrous qu’on peut créer en compromettant la croissance durable et inclusive.

Même Diammadio aurait pu être une occasion de réfléchir sur la ville de demain (plus verte, plus durable, plus efficace et sobre sur le plan de sa consommation d’énergie, sa gestion des déchets, une ville plus « intelligente ») pour ne pas reproduire nos villes “coloniales”. A notre humble avis, les vraies questions sont là. On nous parle tout le temps de l’emploi des jeunes. Comment promouvoir la création d’emplois verts pour lutter contre à la dégradation de la nature et participer à l’éradication de la pauvreté au niveau local (en identifiant les filières prometteuses avec les experts, les centres de formation, les universités et promoteurs privés dans le domaine du bâtiment, eau, assainissement, électricité, énergies renouvelables, la gestion des déchets). Est-ce que la formation professionnelle et académique prépare aux emplois de demain dans le contexte d’un monde en transition énergétique (le Sénégal a signé l’accord de Paris).

A notre humble avis, un ministère de l’environnement doit être capable de créer des passerelles et de la valeur ajoutée avec l’économie réelle et tous les secteurs. Aujourd’hui beaucoup de pays investissent sur leur diplomatie environnementale. Parce que c’est devenu un levier économique. Pour attirer des financements innovants, des investissements, faire faire des bonds technologiques dans les secteurs prioritaires qui portent la croissance et les emplois, améliorer le bien-être et la santé (pensons à l’impact sanitaire de la pollution chez nos populations) et enfin cela améliore l’image du pays. Nous reviendrons plus amplement sur la diplomatie environnementale.

En attendant, formulons quelques propositions urgentes :

– Réviser les accords de pêche (pour respecter la capacité de charges des océans et le partage juste et équitable des retombées avec les pêcheurs),

– Aider les pêcheurs à mettre de la valeur ajoutée sur leurs produits («pêcher moins et gagner plus» et faciliter la reconversion des pêcheurs vers d’autres activités (création de centre de métiers dans les sites de pêche, aider les fils et filles de pêcheurs à rester à l’école, etc.) ;

– Mettre en œuvre les principes de l’initiative sur la transparence dans les industries extractives ;

– Réviser les contrats miniers en cours et s’assurer que les intérêts de l’Etat et des populations sont pris en compte ;

– La création d’un seul ministère des ressources naturelles (faune, forets, mines, ressources halieutiques, aménagement du territoire) : pour une meilleure intégration, plus de cohérence dans la prise en compte de l’environnement et la mise en œuvre des engagements du Sénégal en matière d’environnement, plus de transparence dans la gestion et de meilleure capacité de négociations au niveau international ;

– Mettre en place un Fonds national de l’environnement et du développement durable qui va mobiliser des fonds (fonds de l’Etat, produit des amendes de transaction telle que prévue par la loi sur l’environnement, contributions, des donateurs internationaux, etc.) ;

– Eviter la dispersion actuelle des ressources et financer de manière durable et dans la transparence les programmes prioritaires.

Nous reviendrons une autre fois sur la diplomatie environnementale. Comment en faire également un instrument de croissance ?

Photo  : Matar Ndour. Femme bedik dans les champs de maraîchage de Kédougou

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RECONNAISSANCE HISTORIQUE POUR NOS HÉROS DÉMOCRATIQUES

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Les réseaux sociaux donnent souvent l’impression que vous avez d’une part des révolutionnaires aguerris qui défendent le peuple et d’autre part ce dernier immobile et peu engagé pour de véritables transformations de la société. Cette posture est sans doute une des pires insultes qu’on peut adresser à un peuple qui a fini de ne croire ni aux politiciens ni aux autres.

C’est faire l’injure d’oublier le combat patriotique de sénégalais qui se sont battus contre les colons portugais, français…C’est oublier ces patriotes qui ont sacrifié leurs vies pour notre indépendance nationale formelle. C’est oublié que si nous faisons la grande gueule maintenant sans être inquiété par la mort, des combattants de la liberté se sont battus pour dire non à l’arbitraire. C’est oublié qu’il y’a quelques décennies la mort, la prison et les tortures te guettaient rien qu’en s’opposant aux régimes post coloniaux.

Aujourd’hui, on peut insulter le président de la république et être défendu par les meilleurs avocats qui vous tirent d’affaire. Par conséquent, nous devons être plus humbles dans nos prétentions révolutionnaires et ne jamais oublier dans notre évaluation ces martyrs de la liberté. D’ailleurs nous avons beaucoup à apprendre de leur altruisme, leur sincérité révolutionnaire, leur courage moral et physique.

Nous venons de loin. Et la liste loin d’être exhaustive : Lamine Senghor, Aline Sitoé Diatta, Omar Blondin Diop, Seydou Cissokho, Cheikh Anta Diop, Majhmout Diop…N’oublions pas de leur rendre hommage. N’oublions pas de dire au président Macky qui s’incrustait dans sa chambre quand les lacrymogènes tonnaient entre les pavillons A et B, qu’il n’a pas le droit de narguer notre démocratie.

NKEN

L’ENTRE SOI ET L’ESTIME DE SOI

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

VENDREDI.  La brise fluviale matinale est au rendez-vous. Du moins du côté d’une partie de la Basse Casamance. En ce moment précis. Les oiseaux et coq distillent leur solfège hermétique. Couverts par une forte pluie. Qu’on aimerait comprendre leur langage pour entrer en communication ou en transe avec eux. Leurs sifflements et chants sont inspirants et inspirateurs pour nos esprits mal réveillés. Victimes des rigueurs d’un voyage parfois chaotique. La nature est une si belle synchronie entre les hommes et animaux. Un bel équilibre mathématique avec ses codes et ses secrets. Certains ont réussi à décoder quelques uns. D’autres gardant jalousement les secrets d’une vie cachée qui fait courir les soufis et les invisibilités. Ainsi va la vie d’un monde que le positivisme n’arrive pas à enterrer. Pourquoi d’ailleurs. Le monde est infini dans le dévoilement de ses connus et inconnus. Pourquoi limiter cette richesse incommensurable dans des nœuds restrictifs  ?  Symboles achevés de nos propres limites humaines.

Ce vendredi. On peut observer mon penchant singulier vers la métaphysique. Mon esprit reste foncièrement spirituel. Sans doute boosté par la permanence des questionnements sans réponses qui m’entourent et me ceinturent. Minutes après minutes. Bon revenons sur terre. Je poursuivrai ce cheminement spirituel plus tard. En tant que “Ceddo”, animiste et monothéiste. Ouvert aux autres Traditions. Au nom d’un syncrétisme séculaire. Pour s’opposer à toute forme de prosélytisme dominateur. Balle à terre. Pas très reluisant. Comme d’habitude. Les hommes dans leurs cupidités infinies cherchent toujours le pouvoir. Normal, il permet d’accéder à des gratifications comme disent les socio anthropologues. Ici et ailleurs . Alors à chaque jour son scénario insipide d’un jeu des acteurs qui a fini de révéler la véritable nature de classe d’une partie de notre classe politique. Nature de classe  ? Certains détestent ces catégories conceptuelles rangées parmi les crimes analytiques d’un marxisme léninisme débonnaire. Alors ne fâchons pas les chiens de garde qui ne portent pas le communisme et les communistes  dans leur coeur. Il est vrai que les gars ne sont pas des enfants de coeur et n’ont pas souvent été ouverts à la critique de la critique pure. Mais enfin  !!!

Cupidité  ? Une partie de la classe politique poursuit ses guéguerres. A y regarder de plus près. Tout relève de l’entre soi. Toujours moi. Rien que moi. Les débats sur les parrainages, les emprisonnements politiques arbitraires, les cartes d’identités non récupérées, le manque d’ambition d’un président qui a déjà vendu notre pays aux multinationales…continuent d’occuper le pavé d’un Sénégal qui se cherche pour sortir de sa noyade collective. Quelle indécence ces querelles de borne fontaine !!! J’espère qu’avec ce temps si sympathique de ce vendredi, fortement arrosé par des pluies incessantes et généreuses, nous aurons de meilleures nouvelles pour un pays qui en a tant besoin pour se rassurer et améliorer son estime de soi. Pas l’entre soi.

NKEN

[ETHOLOGIE] BUBO AFRICANUS : OISEAUX DE LA CHANCE   

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

De la famille de strigadae et du genre bubo raison pour laquelle on l’appelle Bubo africanus ou chouette ou hibou même s’il existe des différences. En diola bandial et oussouye, on l’appelle Ekololang.

En pays ajamaat, il est réputé comme un oiseau de la chance. Il ne craint pas les peuplements humains et peut habiter dans une maison. L’ésotérisme ajamaat le considère comme un oiseau porte-bonheur qui ne vit que chez des gens chanceux. Il est recommandé de le garder et d’éviter de le chasser dans ce cas.

L’esthétique des oiseaux et les imaginaires sacrés des ajamaat révèle une sorte d’ambivalence qui mérite d’être analysée avec finesse et en profondeur. Le bel oiseau flamand rose porte malheur. Le hideux grand duc porte chance. Le statut manichéen de l’ésotérisme ajamaat est il proportionnellement lié à la laideur ou beauté des oiseaux ? 

En attendant beaucoup d’ajamaat souhaiteraient accueillir chez eux cet horrible oiseau carnacier et qui fait peur. C’est sans doute un des oiseaux qui hante le plus nos imaginaires mais qui porte bonheur dans la culture de ces peuples des rivières.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Matar Ndour. Août 2018. Read more

CLIMAT ET DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE : NOUS SAUVER NOUS-MÊMES OU DISPARAÎTRE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Si un président décide de mettre ses ressources pour assurer une transition énergétique, préserve ses ressources et les utilise à bon escient, révolutionne le secteur des transports pour le rendre efficient et au service de la mobilité, construit des villes où il fait bon vivre sans gaspillage de ressources et pollution, forme ses enfants pour les métiers de demain, nourrit sa population, les préserve des aléas autant que possible et est capable de répondre devant l’inévitable, les éclaire, tout cela dans la transparence, alors on aura gagner la vraie bataille qui n’est pas celle du climat mais du développement endogène.

On n’est l’otage de personne. Pourquoi le monde doit nous sauver ? On a décidé d’avoir des gens qui sont payés sans rien produire, des gens qui sont payés qu’il pleuve ou qu’il neige (les fonctionnaires et nous tous). Et des gens qui deviennent  affamés et démunis s’il y a une sécheresse ou un hivernage trop court ou tardif (les paysans qui nous nourrissent). On parle de long terme en ayant nos frigo remplis et nos salaires qui vont “tomber”. Alors que pour la majorité des gens, le long terme c’est ce soir ou demain matin. Vais je manger ? Et si j’ai le paludisme ? Comment aller à Sandaga demain?

La question climatique est juste une question de justice sociale. Bientôt on ne verra plus la mer à Dakar le long de la corniche. Le même Etat qui érige des hôtels et des résidences dans le domaine  maritime quémande pour ériger des digues de protection à Rufisque, Guet ndar, etc. avec les dons et de l’argent que nous allons repayer.

Voulons nous des ministres de l’environnement moribonds et de figuration ? Ou voulons nous que l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles soient un levier de croissance économique et d’inclusion sociale ? Voulons nous profiter du soleil, construire nos villes et nous bâtiments, nous déplacer autrement, différemment pour sortir de la dépendance énergétique et alléger nos factures ? Voulons nous disqualifier nos enfants avant même qu’ils entrent dans le marché du travail ou voulons nous les armer pour les métiers du 21eme siècle ?

Voila certaines des questions qui se posent. Aucun pays n’ a été “développé ” par la “communauté internationale “. Sinon Haiti et Somalie seraient riches by now.

Photo  : NKEN. Fromager coupé dans le fogny diabancounda, basse casamance,  Sénégal

NKEN

ÉMISSION TÉLÉVISÉE CULTURELLE DE LA RTS AVEC NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO

Emission télévisée de la RTS – radio télé nationale – pour parler notamment de l’anthropologie. En compagnie d’autres invités. Émission en wolof animée par Yaxam Mbaye et Mariéme Sy. Dommage pour les non usagers de cette langue nationale du Sénégal. Read more

ENVIRONNEMENT : METTRE LA QUÊTE DE LA DIGNITÉ AU CŒUR DU PROJET AFRICAIN 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao 

Le pays bouge et il est en effervescence. Tant mieux. Le problème est qu’il bouge pour des ego surdimensionnés qui pour défendre des fils présumés coupables ou fautifs, qui pour être rois  à la place du roi. Et les surenchères vont bon train. Bien évidemment, les débats de fond souvent occultés. Tant que l’activité politique restera une rente il est impossible de bâtir un projet. Voilà sans doute pourquoi, on tourne en rond.

Ceux qui semblent tourner en rond aussi ce sont les négociateurs et décideurs politiques qui travaillent sur les questions environnementales depuis la COP de Paris. Il existe une incertitude à propos de la posture de Trump sur fond de divergence entre les pays développés et les pays en développement sur la question de la différenciation pour la mise en œuvre de l’accord de paris. A cela, il faudra ajouter les incohérences nationales qui empêchent un positionnement clair des pays au niveau international. Pourquoi ? Du fait d’une absence de vision cohérente.

La priorité pour les pays africains, c’est l’adaptation et la nécessité de trouver des ressources additionnelles pour faire face. Mais on leur propose un melting pot d’options et de guichets qui créent des conflits de compétences et des batailles pour accéder à des ressources financières. On parle d’adaptation, de gestion des catastrophes, de pertes et dommages, d’objectifs de développement durable. Certains éléments relèvent de la protection civile, d’autres de l’environnement, d’autres des secteurs comme l’eau, l’agriculture, énergie, etc. C’est la cacophonie et la guerre pour capter de l’argent.

Les africains qui ont eu l’opportunité de participer à ces COP ou autres foras environnementaux en sont sortis déçus voire dépités. Les pays du Nord se moquent de nous et on arrive pas de clarifier notre approche et nos priorités avant de leur faire face. Ils nous distraient avec des leurres et plusieurs calebasses vides. C’est parce que au cœur de ses processus, nous avons les “politiques”. Si on met en place un gouvernement qu’avec des militaires, on  l’appelle comment ? Une dictature. Et si on met en place un système avec que des politiciens rentiers et à l’horizon limité ? Une autre dictature. Avec des administrations à la solde ? Une autre dictature. Ainsi, on navigue entre les “dictatures”.

Et voilà pourquoi personne ne s’occupe de la cité et des questions nationales qui engagent le destin des gens. Nos «mecs» viennent négocier pour l’intérêt à court moyen et long termes de leur pays. Nos gars viennent dans le flou, sans autre mandat que le court terme de quelques chefs à la recherche de butin pour leurs ministères, leurs petites directions. A titre illustratif, la direction de l’environnement au Sénégal est en plein saucissonnage actuellement. Juste pour ajouter à la confusion et créer des cloisons.

La terrible réalité est que les africains cherchent encore des prêts à porter alors qu’ils peuvent se faire eux mêmes du sur mesure. Beaucoup de nos dirigeants africains pensent que les jeux sont faits. Voilà pourquoi il faut mettre la quête de la dignité au cœur du projet africain. C’est là le cœur du problème. Pourtant, c’est un des éléments fondateurs de notre éducation traditionnelle. Dès que tu acceptes tu as un prix et les lobbies vont s’évertuer à te payer de plus en plus moins comme pour le cacao ou l’arachide. Et si tu fais monter les enchères on t’accidente ou on te crée une dissidence. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que plusieurs projets environnementaux ont été marqués par des accusations de manipulation voire de corruption de la part de l’UE et de la France.

A titre d’exemple, on peut citer le responsable de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER) accuse l’Europe de “détournement”: https://www.euractiv.fr/section/energie/news/lue-et-la-france-accusees-de-manipuler-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables/ ou http://www.novethic.fr/breves/details/le-responsable-de-linitiative-africaine-pour-les-energies-renouvelables-iaer-accuse-leurope-de-detournement.html

L’initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) fait partie de ces programmes négociés en parallèle à l’Accord de Paris (avec la France mais d’autres partenaires ont décidé de le financer. Il y a aussi l’initiative africaine pour l’adaptation mais elle n’a pas connu autant d’intérêt pour les européens parce que la question de l’adaptation est une priorité africaine contrairement a l’atténuation.

Voilà à quoi ressemble parfois l’attitude de nos dirigeants sur des questions aussi sensibles que l’environnement. La quête de la dignité n’a jamais été aussi urgente si nous voulons au niveau international notamment bâtir un vrai projet africain.

NKEN

LE SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE PLUS PERFORMANT QUE LE PÉTROLE 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Des chercheurs du prestigieux Imperial College London ont publié l’année dernière, une méta-étude qui confirme ce que redoutaient les lobbies anti-solaires. Le solaire photovoltaïque est plus performant que le pétrole. Dans une chronique intitulée « Faire de l’écologie avec des données obsolètes« , Xavier De La Porte, journaliste à France-Culture, fait écho de cette méta-étude de Koppelaar qui analyse 29 autres études: « (…). Les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont fait un constat assez stupéfiant : ces études utilisent des données en moyenne vieilles de 7 ans, se réfèrent à des technologies qui ont été largement améliorées depuis. Résultat, elles sous-estiment largement les performances de l’énergie solaire. Car, selon les chercheurs, ce qui s’est passé entre 2009 et aujourd’hui, c’est que les performances de l’énergie solaire ont doublé (…)

Mais ce sont ces résultats qui servent aux décideurs politiques à définir leur politique énergétique pour les décennies à venir. Ce cas particulier illustre une question fondamentale : l’importance des données en matière environnementale. L’écologie est affaire de mentalité, elle est aussi affaire de chiffres et de calcul (…) ». Le solaire reste incontestablement la clef du futur. Et nous devrions nous y engager résolument. Mais la gestion par “action d’éclat” va créer des verrous. Comme nous le voyons hélas dans nos pays. On pose des actes qui vont nous laisser non seulement des gouffres financiers mais aussi nous enlever les options réelles dans le futur.

Les formes de planification à long terme ont laissé la place à des stratégies minimalistes d’abord comme les plans de lutte contre la pauvreté ou de croissance accélérée, puis à des chimères comme Yonu Yokute ou PSE, mais en réalité le seul vrai plan ce sont les décisions électorales du Président qui les prend au gré des “offres ” des courtiers et autres vautours qui rodent autour de toutes les républiques bananières. On ne cesse de louer les “idées lumineuses” du Président. Là aussi les cellules techniques et les cellules politiques ne sont désormais qu’une. Donc avec ce genre de découverte de premier plan, on ne verra presque personne dire que ce n’est pas la bonne option ou énoncer des principes de précaution. On préférera encore encenser les idées lumineuses d’un président qui a tant besoin des cadres avertis et impartiaux de son pays.

Le solaire photovoltaïque plus performant que le pétrole, une donnée scientifique majeure pour changer de cap énergétique avec le soutien politique de l’Etat. On n’ose rêver. Voilà aussi à quoi sert la science. Résoudre les problèmes de l’humanité et des humains.

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/solaire-photovoltaique-petrole-38798/

Photo  : Mamadou Gomis, FAAP

NKEN

 

 

TIMOTHY SNYDER, PROFESSEUR D’HISTOIRE A L’UNIVERSITÉ DE YALE ET LE MONDE DE TRUMP 

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

Dans cette réflexion, Timothy Snyder, Professeur d’histoire à l’université de Yale, Etats-Unis, publie vingt leçons pour résister au monde de Trump. Il s’agit d’une sorte de kit de survie à partir des enseignements tirés du XXe siècle, pour sortir du désastre du magnat de l’immobilier selon Snyder. Revisitons ses propositions qui sont d’ailleurs adaptables dans plusieurs autres pays que les USA.

“Les Américains ne sont pas plus avisés que les Européens, qui ont vu la démocratie succomber au fascisme, au nazisme ou au communisme. Notre seul avantage est que nous pouvons apprendre de leur expérience. C’est le bon moment pour le faire. Voici vingt leçons du XXe siècle adaptées aux circonstances du jour”.

1. N’obéissez pas à l’avance. L’autoritarisme reçoit l’essentiel de son pouvoir de plein gré. Dans des moments comme ceux-ci, les individus prédisent ce qu’un gouvernement répressif attend d’eux et commencent à le faire de leur propre initiative. Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Arrêtez. L’obéissance anticipée renseigne les autorités sur l’étendue du possible et accroît la restriction des libertés.

2. Protégez les institutions. Respectez la justice ou les médias, ou bien un tribunal ou un journal en particulier. Ne parlez pas des « institutions » en général, mais de celles que vous faites vôtres en agissant en leur nom. Les institutions ne se protègent pas elles-mêmes. Elles tombent comme des dominos si elles ne sont pas défendues dès l’origine.

3. Souvenez-vous de la déontologie professionnelle. Lorsque des gouvernants montrent le mauvais exemple, les engagements professionnels envers des pratiques justes deviennent très importants. Si les avocats font leur travail, il sera difficile de détruire l’Etat de droit, et si les juges font le leur, de tenir des procès spectacles.

Résumons le reste des leçons déclinées dans cet article publié dans Le Monde du 19/11/2016.

4. Quand vous écoutez les discours politiques, faites attention aux mots…

5. Gardez votre calme quand arrive l’inconcevable…

6. Soignez votre langage…

7. Démarquez-vous….

8. Croyez en la vérité…

9. Enquêtez

10. Pratiquez une politique corporelle…

11. Échangez des regards, dites des banalités…

12. …Sentez-vous responsable du monde…

13. Refusez l’Etat à parti unique…

14. Dans la mesure de vos moyens, faites des dons aux bonnes causes…

15. Protégez votre vie privée…

16. Apprenez des autres et des autres pays…

17. Prenez garde aux paramilitaires…

18. Réfléchissez bien avant de vous armer…

19. Soyez aussi courageux que vous le pouvez…

Et la leçon 20 qui tombe comme un impératif : Soyez patriote. Le président entrant ne l’est pas. Donnez l’exemple de ce que l’Amérique pourrait signifier pour les générations à venir. Elles en auront besoin.

Fin de leçons. De belles leçons de Snyder sans doute pour Trump, mais aussi pour nous tous.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/19/les-vingt-lecons-de-timothy-snyder-pour-resister-au-monde-de-trump_5033962_3232.html#v5aiQRpUriH6TpPv.99

NKEN

LE NIANTHIOURANGAL CHEZ LES BEDIKS OU UNE AUTRE FORME DE CELEBRATION INITIATIQUE DU MARIAGE (VIDÉO)

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao et Matar Ndour

Fête initiatique des femmes Bedik. Elle ne s’organise que par 4 ans. C’est la plus grande fête initiatique qui ne regroupe que des femmes mariées. La procession rituelle est organisée selon les classes d’âge. Des plus vieilles aux plus jeunes. Les célibataires sont exclues du rituel pendant trois jours. C’était dans un des villages bedik qui s’appelle Bantata dans le Tomboroncoto, région de Kédougou. Le Nianthiourangal, une foire initiatique pour célébrer et consacrer la puissance du mariage et prier pour protéger les femmes et leur fécondité. Toutes classes d’âge mariées confondues. Le prochain devrait se tenir en 2018.

© Projet ethno photographique. Signes et symboles. Matar Ndour et NKEN. Août 2018. Vidéo : Benoit Fader Kéita