XOON FAAF OU LE SORCIER MANGEUR D’ENFANTS

 
Le Général de l’Est serait-il un « xonn faaf » parmi les verts ? Dans la mythologie de sa race, le « xonn faaf » est un personnage qui détruit tout ce qu’il a réalisé de bien avant de quitter ce bas-monde. Les êtres qui lui chers disparaissent dans des circonstances tragiques, son bétail meurt, ses récoltes brulent sans explications, ses amis et même ses animaux de compagnie le précèdent dans sa tombe. Le crépuscule de son existence est marqué par une sécheresse, la famine et la disette, etc… Et c’est seulement après sa disparition physique que les vivants médusés découvrent sa véritable nature maléfique.
Au sommet de sa gloire le Général de l’Est disait à peu près ceci : « lorsque que ton adversaire met un genou à terre, il faut l’achever ! ». C’était au temps où le futur Empereur déchu était dans l’opposition. Pied à terre, il posait encore péniblement ses jalons pour la conquête du pouvoir à Ndoumbélaan et semblait très affaibli. Violemment critiqué par les intellectuels, le Général de l’Est avait nié en privé être l’auteur de ces propos qu’il prêtait au maitre du troupeau des verts dont il n’était que le berger à la faveur dun congrès sans débat.
Vingt ans après, les légitimes prétendants, déshérités et/ou jugés trop jeunes pour assumer la succession, le Général de l’Est est devenu un propriétaire par défaut. Mais ce statut il le savait temporaire, à moins de faire des héritiers, ses adversaires, les accule à terre avant de les achever en suivant sa logique, au cas où le Commandant Déserteur déciderait de tirer sa révérence. Et c’est ce qui s’est passé dans les faits. Non seulement le Commandant Déserteur à renoncé à se battre, mais on peut même lire dans son attitude, des airs de transhumance diplomatique, de renégat, et/ou de collabo au sens historique du terme.
Ayant longtemps entretenu limage dun honnête intérimaire en parfaite intelligence avec le Commandant Déserteur désormais inaudible à partir de son exile, il a fini par gagner une certaine sympathie auprès des siens et de ses compatriotes. Il est vrai que l’Empereur désormais au trône à la faveur dune alternance historique, ne lavait pas ménagé. Entre intimidations, corruptions et débauchages, il avait réussi à ajouter la peur et le doute au malaise du troupeau des verts en proie au désarroi. Dans ces conditions, ce sont les légataires eux-mêmes qui ont fait bloc autour de sa personne pour sauver les derniers fidèles dune menace d’extinction. C’est paradoxalement eux, qui payent aujourdhui, le prix fort dune nouvelle alliance dont ils se seraient bien passés, mais que l’histoire leur a imposée après la chute de l’Empereur.
Dire que ce destin tragique était imprévisible, c’est ignorer le facteur humain dans l’histoire. Le tsar Nicolaï II a sa de responsabilité dans la chute de l’empire des Romanov, et l’URSS aurait sûrement survécu sans l’avènement dun Gorbatchev. De même, on ne pourrait envisager la révolution cubaine sans des héros emblématiques comme Fidel Castro et Ernesto Che Guevara, la République Populaire de Chine sans son Grand Timonier. Longtemps ballotté par l’océan de l’Empereur, le bateau des verts entre les mains dun capitaine inexpérimenté, a plus échoué qu’accosté sur les plages du troisième millénaire.
Au cours de cette tragique épreuve, les « rats » ont logiquement quitté le navire par dépit, par peur et pour des raisons moins avouables. Des divergences stratégiques entre ceux qui privilégiaient une solidarité autour du capitaine et ceux qui le critiquaient sa façon de faire ont fait jour, favorisant des clivages et des blessures profondes aujourdhui perceptibles. De toute évidence, un bilan de ce parcours aurait certainement permis de tirer de bonnes leçons ; pour les militants et pour l’histoire. Mais ce bilan, c’était aussi un inventaire, synonyme de reddition des comptes, auquel le Général de l’Est ne survivrait pas, du moins politiquement. Il s’y est donc opposé par des intrigues et le recours au sabre de samouraï.
Leebon, lupoon ! . Amoon na fi .. Da na amm Un jour, l’armée des verts entra dans la fosse des Mariannes.
On peut expliquer la logique suicidaire de l’Empereur déchu par son acharnement à garantir une succession monarchique. Par contre, l’obsession du Général de l’Est à faire le vide après lui, ne peut relever logiquement que dune pathologie encore mal connue. Ses camarades de parti ont commis la grande erreur de croire que l’estafette chargée de distribuer le courrier entre les tranchées pouvait diriger des troupes abandonnées par un comandant sans scrupule sur le champ de bataille, sans statut et sans directive après la débâcle. Surpris par la tournure des événements, ils n’ont jamais pu accepter l’idée que leur commandant (qui doit tout au parti), pouvait jeter l’éponge de cette façon et à ce moment là. Certains étaient même convaincus que leur champion à terre n’était que sonné. Mais d’autres plus réalistes, avaient diagnostiqué immédiatement le Ko et compris que «l’officier mexicain» ne prendrait jamais les armes aux côtés des troupes.
 
Trop longtemps affalé sur le ring sans combattre, le Commandant Déserteur a non seulement contribué à encombrer l’espace politique et juridique des verts, empêché d’autres combattants de prendre la relève, mais aussi égoïstement refusé son expérience à son camp. Ce flou politique et juridique ne pouvait qu’à limage dune houle, soulever une vague condamnée à retourner à la mer, ou à disparaître sur la plage.
 
Le Général de l’Est est une vague issue dune tempête. Il na pas l’étoffe dun chef, et est sociologiquement forgé pour ne s’exprimer que sous l’ombre dun maitre. Comme un sbire, il est capable de prouesses, bonnes ou moins bonnes, bénéfiques ou carrément détestables, pourvu qu’il y ait un chef derrière lui pour en assumer la charge morale. Paradoxalement, il n’aime pas le Gladiateur, mais il ne le déteste pas non plus. Il a besoin dun mentor pour exister et c’est bien ça, que le Gladiateur lui assure. Il a donc besoin du Gladiateur même si des raisons moins évidentes (entretenues par une certaine rumeur), qui seraient liées à la découverte fortuite dun trésor mal acquis par les fouineurs dune magistrature «debout » que le royaume voudrait pourtant «couchée », pourrait être un élément de chantage entre les deux hommes, justifiant cette fidèle docilité. Une telle hypothèse donnerait raison aux grands caciques des verts qui le soupçonnent d’être à la tête dun immense empire financier. peut être, « mal-acquis ». Mais leurs incompréhensibles et tout autant répréhensibles décisions de déserter le navire des verts au plus fort de la tempête, rendent peu crédibles d’éventuels témoignages de leur part. Pour la majorité d’entre eux, passé et présent attestent qu’ils n’ont jamais cherché autre chose que la jouissance, loin des héros et des martyrs.
 
Les chroniques de Bandia, Mai 2016
 

LA CAVERNE D’ALI BABA

A la veille des importantes échéances législatives puis présidentielles, certains idéalistes en sont encore à regretter l’absence de programmes et de projets de société. Les discours des potentiels protagonistes vont rarement au-delà de dénonciations de l’adversaire, pour sa tête, son lignage, ses fonctions, ou ses pratiques pourtant légitimées par une constitution et des lois qui nous régissent. Est-il besoin de rappeler que notre royaume amorce un tournant historique à l’issue duquel plus rien ne sera plus comme avant. Les enjeux des consultations de 2017, puis celles de 2019 vont largement au-delà de simples querelles de chapelles. Et si certains cherchent à les gagner à tout prix, d’autres se refusent à les perdre quels qu’en soient les coûts.

Le vainqueur aura en effet la lourde charge de gérer un royaume pétrolier, en tout cas, de vendre le premier baril de pétrole et le premier mètre cube de gaz « made in Ndoumbélaan ». Centre d’intérêt de puissances financières, le royaume va bénéficier d’une nouvelle tribune et de nouveaux partenaires dont l’influente OPEP capable de mettre à ses genous les grandes puissances de ce monde. C’est pourquoi, les candidats ne peuvent pas s’abstenir de définir une ligne directrice de leur politique en matière de gestion de ce dossier. Malheureusement, le sujet reste tabou en dehors de critiques des sancadales prématurés, annonciateurs d’autres scandales plus grands et plus pernitieux.

Autant les hydrocarbures peuvent être source de progrés, autant ils peuvent destructurer et extravertir une économie nationale en étouffant des secteurs porteurs qui sont aujourd’hui à sa base, y compris le savoir-faire des ressources humaines qui s’y attachent. Il sera impossible de maintenir dans nos campagnes sans eau et sans électricité ceux qui nous nourrissent. L’éducation partira en lambeaux parce que, la valeur des têtes bien faites aura pris le dessus sur celle des têtes bien pleines. Le risque sera grand d’assister plus que jamais à l’éxacerbation des tensions sociales, quand la misère  se dressera contre l’opulence, quand l’arrongance et l’insoucience des rejetons de nouveaux riches foulerons du pieds nos valeurs  et cracheront sur nos rites et sacrés.

Nous pensons donc que les recettes issues des hydrocarbures ne doivent pas être considérées comme une manne providentielle, laissée au bon vouloir d’un gouvernement quelles que soient par ailleurs ses intentions et sa moralité. Il faut légiférer pour encadrer l’utilisation des recettes issues des hydrocarbures. La multiplication des organes de contrôle et de concertation ne serviront à rien dans un contexte où leurs membres nommés peuvent être relevés de leurs fonctions  dès qu’ils se mettent au travail. L’histoire récente de Ndoumbélaan ne prouve-elle pas que l’exercice de contrôle est un métier à haut risque, et que les cadres de concertation, ne sont plus souvent que des prisons dorées pour les clients politiques à la recherche de sinécures ?

Elire sans légiférer sur la question des recettes issues des hydrocarbures, c’est donner le mot de passe de la caverne d’Ali Baba aux sept  b…. Et on voit mal de nouveaux élus s’atteler à dresser devant eux des instruments contraignants à leurs pouvoirs. C’est pourquoi, tous les candidats peuvent et doivent s’y engager. A coté des traditionnelles et éculées litanies d’approfondissement de la démocratie, ils doivent nous édifier sur leurs intentions, notamment leurs projets sur les questions comme :

  • La part des recettes issues des hydrocarbres dans le budget de fonctionnement de l’Etat en termes de pourcentages,
  • La répartitions de ces recettes dans les différents secteurs de l’économie nationale,
  • Les mesures pour la défense de l’environnement y compris la réhabilitation des zones directement affectées par leur exploitation, ainsi que la restauration des autres écosystèmes,
  • Les mesures de protection et d’indémnisation des populations directement touchées (autchtones et professionnels),

Si la rumeur attribuant le différend entre le Gladiateur et un de ses compagnons venait à se confirmer, aucune loi ne pourrait les départager. Il n’existe en effet, aucun dispositif juridique efficient fixant les critères de choix pour octroyer ou refuser une licence à un tiers. Naturellement, le bon sens pencherait pour le plus offrant. Mais la constitution permet au Gladiateur de donner à qui il veut. On ne peut donc pas lui refuser cette prérogative sans remettre en cause des droits que lui confère une constitution, surtout si on a battu campagne à ses cotés  pourqu’il en soit ainsi. Demain aussi, il risque de n’y avoir aucune loi interdisant d’utiliser les recettes issues des hydrocarbures pour acheter des armes ou pour distribuer ouvertement des denrées à des populations affamées dans le but de gagner leur sympathie ou de calmer leur courroux.

Si de telles questions qui vont forcément nous rattraper à partir de la prochaine législature venaient à être éludées (inconsciemment ou à dessein), elles constitueraient une bombe à retardement qui va nous exploser à la figure. Les scrutins immédiats ne seront alors qu’une simple bataille localisée dont l’issue ne suffira pas à donner un verdict consensuel. Les résultats ne seront tout au plus qu’un verdict provisoire d’un premier tour, induisant un second moins démocratique. L’éventuel verdict de ce second tour, lui-même d’être l’annonce d’un troisième peut être sanglant. Astafirou lahi !Ne soyons pas naïfs !  Il est impératif de nous préparer autrement que d’encourager une seconde coalition « supu kanja » sans lendemain parce qu’elle s’oppose simplement au Gladiateur considéré comme une grande désillusion pour ceux qui l’avaient adopté sans vraiment le connaitre. Et ce n’est pas la qualité ou la crédibilité des membres de cette nouvelle coalition qui est en cause, mais bien l’impossible mariage de contraires et/ou d’intérêts antagoniques manifestes.   Dites nous la nature du royaume pour lequel vous militez, ou cherchez à nous engager à vous soutenir !    Dites nous pour quelle constitution vous vous battez : la république ou la monarchie ?   Dites nous ce que vous pensez des Assises Nationales et de la CNRI. Il est peut être important de rappeler que la coalition « supu kanja » actuellement au pouvoir les avait approuvées sans réserve même si le Gladiateur a fini par convaincre ses dirigeants d’oublier leurs engagements pour « en tirer ce qui est bon »….. pour lui.   Dites nous si l’Empereur revenant a renoncé à ses projets de dévolution monarchique pour être fréquentable et alternatif à la dynastie actuelle que vous combattez.

Nous dénonçons l’injustice qui a permis au Gladiateur de mettre derrière les barreaux certains d’entre vous au motif de « tentative d’assassinat » contre l’un de ses plus fidèles souteneurs. Nous sommes unanimes à reconnaitre que l’acharnement contre l’un de vos leaders est dicté par une volonté politique de nuire à son image et pourquoi pas d’enterrer ses ambitions politiques. Mais nous ne comprenons toujours pas que certains d’entre vous aient accepté (même dans un moment de faiblesse face à l’épreuve), le soutien matériel et financier du rejeton de l’Empereur déchu, dont la tentative de couronnement avorté, a couté autant de vies. Comment nous faire digérer ces témoignages éloquents et pathétiques à travers les médias, pour redorer l’image du prédateur en exile ? En acceptant les « dons », d’un voleur condamné et qui se refuse à restituer le produit de ses larcins, ne se sentent-ils pas comme des receleurs ?

Attention !!! La politique et les émotions personnelles et/ou personnalisées, ne font pas toujours bon ménage ! Vous ne pouvez pas argumenter aujourd’hui le contraire des raisons qui nous ont amenés à nous battre, sans souiller la mémoire de nos martyrs tombés sur le champ d’honneur. De toute façon Goorgorlu ne cherche pas à changer de roi ou de président-monarque. Il veut simplement changer de statut et c’est strictement sur ce terrain qu’il vous attend.

BANDIA, Mai 2017

 

 

 

 

 

JAAY SA TOOL

Les énergies fossiles généralement appelées énergies non renouvelables constituent un enjeu majeur pour toutes les nations. Celles qui en manquent sont obligées de s’en procurer par tous les moyens y compris par la guerre (chaude ou froide). Celles qui en possèdent peinent à les gérer et en assurer une juste répartition en leur sein et entre les nations demandeuses.

Au stade actuel, le débat national à Ndoumbélaan semble se focaliser sur la tête des clients et sur nos gouvernants commis au comptoir, la nature des échanges et des coûts officiels et officieux des transactions. Il pose donc la question des fonds en éludant la question de fond. Qu’on ne s’y trompe pas : sous les appellations techniques et même ésotériques de permis d’exploration, de recherches ou d’exploitation, se cache une seule et même réalité : la cession d’une partie du territoire nationale à des tiers pour gérer nos ressources naturelles à leur guise.

Certains ont même laissé croire que le gouvernement du Gladiateur inscrivait dans ses performances, (encore de l’émergence ?), sa célérité à vendre toutes nos réserves réelles et potentielles. Mais où est donc la performance à  vendre la marchandise la plus convoitée dans un marché ? D’autres sont convaincus et tentent de convaincre que la pluie de devises née des transactions ne manquera pas de donner un souffle nouveau à une émergence qui se décline pour l’instant en un pont, une cité-dortoir en chantier, en multiplication du chômage, de la criminalité et de tragiques accidents que certains attribuent à la guigne (aay gaaf).

C’est dans cette atmosphère que survient le premier couac entre le Gladiateur et un de ses compagnons, apparemment directement imputable à une divergence dans la gestion des ressources naturelles. S’agit-il d’un débat de fonds c’est-à-dire et encore d’une querelle de « grands bandits lors du partage du butin » ou d’un débat de fond sur l’orientation politique, patriotique ou antinationale de l’un ou de l’autre des protagonistes ? Le linge sale n’étant pas encore lavé (ni en public ni en famille), toute prise de position nous semble prématurée.

A coté des scandales avérés dont le maladroit frérot serait l’épicentre, et qui justifie méfiance et suspicion même au sommet de l’état, ce couac ne va certainement pas au-delà d’une simple question de communication entre compagnons partageant la même vision politique et idéologique. Moulé dans une culture de rapport de forces n’ayant pas toujours penchées de son coté, le Gladiateur ne cherche pas souvent à convaincre, mais à vaincre y compris ses amis et ses adversaires.

Le choix anodin de partenaire (crédible ou conjoncturellement plus offrant), serait un épiphénomène dans l’orientation stratégique adoptée par le Gladiateur qui cherche manifestement à diversifier ses partenaires. En diversifiant ses clients, le Gladiateur va au-delà des poids des enveloppes proposées. Il ne cherche pas que le plus offrant mais serait entrain de vendre sa diplomatie et d’acheter sa sécurité. Il veut contenter le plus grand nombre, en tout cas, ne pas fâcher tous les vendeurs d’armes et ou les financiers de probables groupuscules capables de semer la terreur au nom de dieu, d’une ethnie ou d’une toute autre idéologie habillée du manteau de la lutte pour l’équité, tout en vendant de la drogue et en enlevant de jeunes vierges pour récompenser l’ardeur des combattants.

Goorgorlu pense qu’il serait plus important de rehausser le débat d’un cran en passant des questions de fonds aux questions de fond. Avons-nous le droit de vendre nos ressources naturelles maintenant ? De tout vendre surtout ? Pourquoi et pour quoi ? Que ferons-nous des produits des transactions ? Notre incapacité technique, technologique et financière conjoncturelle peut elle justifier notre droit de vendre ce que nous partageons avec d’autres générations qui n’auront pas forcément les mêmes handicaps que nous ? Un imminent représentant du mouvement paysan de Ndoumbélane avait opportunément tiré la sonnette d’alarme lorsque « la fièvre de la grande offensive agricole » virait vers une cession tout azimut du patrimoine foncier dit vacant en nous mettant en garde. La superficie nationale est une constante alors que notre population est appelée à se multiplier. Un père de famille ne peut pas vendre ses terres au motif que ses enfants sont peu nombreux ou momentanément incapables de les exploiter.

Réelles ou potentielles, nos énergies fossiles sont des constantes, incapables de se démultiplier comme des arbres fruitiers ou du bétail. Elles sont non-renouvelables et ont leurs limites dans le temps et dans l’espace. C’est pourquoi :    Si la faiblesse numérique de notre population ou ses limites techniques, technologiques et financières,    Si notre appétit égoïste à mieux vivre sans mieux travailler,   Si nous cédons à la tentation,    Si nous abdiquons devant les menaces,

Nous porterions en nous la honteuse réputation d’avoir volé et spolié le patrimoine de générations à venir qui auront dialectiquement transcendé nos limites actuelles.

Heureusement la cession d’une partie du patrimoine nationale n’est jamais une question définitive. Il n’est pas exclu qu’un autre gouvernement décide de remettre en cause toutes ces clauses, et pourquoi pas de nationaliser tout ce qui est aujourd’hui cédé aux multinationales. Mais cette éventualité n’offre pas que des avantages. Elle conditionne notre diplomatie, justifie les ingérences revendiquées ou secrètes telles, que nos futurs prétendants au trône devront avant tout convaincre ou rassurer des forces occultes, que leurs intérêts ne seront pas menacés par leur présence au sommet de l’état.

La question de la gestion de l’environnement va également se poser avec une nouvelle dynamique. La hantise de la remise en cause probable d’immenses intérêts financiers, mais aussi l’appétit du profit, ne manqueront pas d’influer sur la gestion de l’environnement. Non seulement nous serons exposés à de nouveaux types de pollutions et de nuisances auxquels nos scientifiques ne sont pas habitués, mais nous devrons nous préparer à faire face à un arsenal juridique, politique et militaire impressionnant au-delà des capacités de nos ressources humaines pour garantir les intérêts toujours plus grands du capital. Opportunité ou malédiction, c’est en tout cas ça, le bissab des hydrocarbures ….. À consommer avec modération.

LES CHRONIQUES DE BANDIA, MAI 2017

NOTRE OUVRAGE “FROM TENDA TO AJAMAAT”

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, Socio-anthropologue
Matar Ndour, Photographe

Il a la gueule déjà et aborde les processus initiatiques des cultures du centre (Sérères), du Sud (Bassaris, Bediks, Ajamaat). Il est préfacé par le Pr. Abdou Salam Fall, sociologue et chercheur à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Il regroupe des articles rédigés par plusieurs chercheurs. Sa parution est prévue pour bientôt.

© Projet ethno-photographique. Signes et symboles. Matar Ndour et ANKN