NITT AK PEXXE – LES RACINES DU MAL

Si faire du mal était l’unique moyen d’être riche et puissant, la majorité de l’humanité aurait choisi de rester pauvre et humble. Si commettre des crimes et des délits était l’unique moyen d’accéder au paradis, l’enfer serait désolément peuplé de nobles âmes incapables de faire du mal. Des hommes et des femmes sont forgés pour ne faire que le bien. Sans chercher à se conformer à des normes sociales ou divines préétablies, ils sont toujours prêts à subir les privations, à endurer les souffrances pour défendre l’équité, l’amour et la concorde entre les êtres et les choses, parce que le bonheur de l’homme est leur raison d’être.
D’autres par contre, sont des êtres malfaisants par nature. La génétique, l’éducation, la culture et l’environnement ont façonné en eux une sorte de lave indécelable, un âtre d’été que couve de la cendre. Comme des volcans en éruption, l’avènement de conditions favorables, libère chez eux les monstres dormants. Ils sont capables de surmonter la honte et le déshonneur, la peur de la mort et de l’enfer, la prison et n’importe quelle sanction humaine ou divine, parce qu’ils trouvent du plaisir à faire le mal et sont prêts à assumer voire à jouir des conséquences de leurs forfaits.
L’accumulation insensée d’immenses richesses matérielles soustraites aux nécessiteux qui croupissent dans la misère par une bande de prédateurs, la confiscation des droits et des libertés qui sont tout autant des moyens d’existence philosophiques, culturels et intellectuels, ne s’explique que par la jouissance consciente ou non que leur procure le mal. Une telle disposition n’est pas forcément acquise, et ne peut être considérée comme une déviance inhérente à une expérience personnelle douloureuse, un traumatisme résultant d’antécédents traumatiques ou traumatisants. Ce n’est également pas une conviction philosophique, c’est-à-dire une option consciente d’être et de se comporter, tirée d’une analyse comparative qui déterminerait une prise de position assumée vis-à-vis de l’humanité ; en somme, le choix d’appartenir au camp du mal opposé au camp du bien.
Depuis plus d’une décennie, le débat sur la gouvernance à Ndoumbélaan tourne autour du bouclier juridique mettant à l’abri certaines fonctions contre toute poursuite pénale. Un bouclier qui met à l’abri du regard citoyen leurs quotidiens d’accaparement et de prédation des ressources nationales  – Ressources physiques et intellectuelles, ressources environnementales y compris les acquis démocratiques, culturels, économiques et sociaux. Sous le vocable occulte de « secret professionnel », les témoins commis pour veiller sur ces ressources, sont tenus de laisser faire et de garder le silence. Les spécialistes indépendants, en particulier les chercheurs dont les journalistes d’investigation, sous la menace « d’absences de preuves » dont l’exhibition éventuelle serait tout autant illégale pour «détention illicite de documents administratifs », sont juridiquement interdits de témoignage. C’est tout comme si l’environnement juridique et institutionnel de Ndoumbélaan ligotait les gardiens de nos ressources en tenant en joue les témoins et les investigateurs potentiels. Il en résulte une protection des prédateurs durant leurs activités d’une part et d’autre part, une garantie d’impunité après leurs forfaits.
Ce qui fait le charme de la loi, c’est la richesse de son interprétation et donc la possibilité offerte à des juges aux ordres de sévir à souhait. Voilà pourquoi, le débat actuel sur la défenestration du citoyen objecteur de conscience n’est autre qu’un simple débat médiatique destiné à l’opinion. Où est l’étique quand une loi permet à une caste de s’accaparer des biens collectifs d’une nation ? L’omerta imposée à ceux qui ont la charge de veiller sur ces biens et aux témoins oculaires, peut-elle être assimilée à une déontologie professionnelle ?
Mais l’impunité n’est pas  une raison exclusive pour justifier la prédation des ressources. Si elle peut être considérée comme une condition nécessaire, elle est tout autant insuffisante pour justifier les pratiques d’accaparements, la mal-gouvernance et la prédation des ressources matérielles et morales. La garantie de l’impunité ne suffit pas elle seule à encourager la malfaisance, et la peur d’être puni ne saurait dissuader les mauvaises intentions. Ce n’est donc pas l’absence de scrupule, la défiance de la morale et des lois humaines ou divines, mais bien l’opportunité, c’est-à-dire l’occasion et la capacité de nuire offerte à une catégorie de personnes, qui détermine le degré et la fréquence des crimes et des délits. Or, le pouvoir (politique, économique, matériel ou métaphysique), s’il n’est pas encadré par des garde-fous institutionnels efficaces, est capable de concentrer d’immenses moyens entre les mains des individus ou des collectifs, offrant ainsi l’opportunité, l’occasion et la capacité de nuisance.
L’accaparement et la prédation des ressources nationales de Ndoumbélaan (ce n’est pas un fait nouveau), a toujours été masqué par un voile juridique. Sous le règne de l’Empereur déchu, un célèbre opposant (aujourd’hui dans les grâces du pouvoir) en a fait les frais pour avoir révélé l’existence de milliards planqués dans les états du Golfe. L’impunité à l’ombre du pouvoir, crée un espace où seul les « idéalistes naïfs » n’ayant pas le courage d’être lâche, échappent à la tentation. C’est d’ailleurs autour de cette logique perverse qu’un de nos fonctionnaires gardien de notre patrimoine foncier devenu milliardaire, avait bâti sa défense. Comme si cela ne suffisait pas, nous assistons à un nécessaire hachage des libertés démocratiques résultant de la volonté du Gladiateur d’imposer une chape de plomb sur les pratiques peu orthodoxes dont l’ampleur et la fréquence ont atteint des proportions jamais égalées.W
De plus en plus de patriotes anonymes ou non, sans pourtant autant verser dans le registre d’offres de politiques alternatives, dénoncent en alimentant la banque de preuves des crimes et délits. Mais le parapluie satanique influence et rend possible l’arrivée de nouvelles recrues aux intentions malveillantes et le recyclage de torchons politiques qu’on croyait hors d’usage aux coté du Gladiateur. Ce ne sont ni ses amis ni ses partisans mais de simples mercenaires qui trouvent à son ombre les conditions favorables à l’expression de leurs personnalités. Beaucoup de mouvements de lutte armée sont en effet infestés de « vaillants combattants » qui se moquent bien des idéologies et des raisons politiques de leurs chefs. Bien avant l’appât du gain que les mercenaires portent en bandoulière, c’est surtout l’existence d’un environnement favorable à l’épanouissement de personnalités, qui demeure le facteur déterminant dans leur engagement : le meurtre, le vol et le viol, la drogue, l’alcool et le sexe, les crimes et les délits. La multitude « militants Cube Maggi » toujours prompts à plonger dans toutes les sauces gouvernementales, est une preuve de l’existence de ce type de mercenaires à la pêche d’un environnement favorable pour assouvir leurs passions.
Le “Colonel” Tony Callan, nom de guerre du tristement célèbre mercenaire britannique Costas Georgoiu, au service de Roberto Holden, décapitait et jouait au football avec les têtes des enfants lors de la guerre civile en Angola. Pourtant qualifié d’allié idéologique du réactionnaire Roberto Holden, il a défendu à l’occasion de son procès en juillet 1976, que ses crimes ne revêtaient aucun critère idéologique et qu’il ferait la même chose s’il avait été au service du MPLA. Les expériences macabres du sinistre docteur Menguele n’auraient jamais été possibles sans le règne du nazisme. Mais c’est également le nazisme qui a contraint des sommités scientifiques et philosophiques à choisir l’exile ou à s’exposer à la mort en s’opposant à l’idéologie hitlérienne plutôt que de commettre ou de favoriser le mal.
Il est normal que la dynamique démocratique nous divise en partisans et opposants au régime en place. Mais plus que l’appartenance ou non au régime, la question se poserait en termes de bilans individuels des parties prenantes dans l’exercice de la parcelle de pouvoir dont elles ont la charge. La coalition du Gladiateur n’est pas fondée autour d’un idéal de vie partagé, mais plus évidemment autour d’une logique de pouvoir. C’est un groupement d’intérêt économique au sein duquel les composantes se battent pour le contrôle de parcelles de pouvoir et où les intérêts politiques et idéologiques sont occultés. C’est certainement ici qu’il faut chercher le désir exprimé de « l’ancien puissant général de Varsovie » d’assumer la présidence de la nouvelle parure républicaine de Ndoumbélaan. « Si le gladiateur veut bien m’accorder sa confiance »  Sic. Comment interpréter autrement ces propos de cet allié dont les fonctions ne vont pas au-delà d’une présidence de conseil d’administration que le Gladiateur « m’a offert comme cadeau d’anniversaire » sic, qui menace l’opposition du royaume d’interdire une marche programmée, si sa demande n’était pas …… formulée poliment ?
Toutes les révélations actuelles laissent penser que seul le clan familial du Gladiateur peut être mis en cause. En tout cas, le blocage des rapports des principaux corps de contrôle ne permet pas pour l’instant d’identifier d’autres prédateurs présumés parmi les alliés. Mais ceci ne saurait suffire à les dédouaner. Quels que soient leurs degré de responsabilité assumées ou non, les alliés (complices ou lâches), se considérant un peu trop souvent comme les simples accompagnateurs du Gladiateur avec qui ils ne partagent pas une identité de vue idéologique, économique ou autre, sont conscients qu’ils seront historiquement coupables ou comptables parce qu’ils auront fait ou laissé faire.
Le débat actuel sur la prédation et l’accaparement des ressources nationales, ne peut pas être classé au banal registre des passes d’armes entre pouvoir et opposition. Beaucoup de citoyens se montrent de plus en plus sceptiques voire déçus par la pratique du brillant candidat qu’ils avaient plébiscité pour son offre théorique de « gouvernance sobre et vertueuse ». Aujourd’hui, un doute raisonnable est né de l’absence de transparence sur une multitude d’actions et de transactions entreprises sous son magistère. On ne saurait donc ni convaincre ni contraindre Goorgorlu d’accepter que de telles informations soient considérées comme des « secrets » qu’il doit ignorer ou des sujets tabous à ne pas évoquer en public.
Convenons tout de même que la bataille pour la gestion du pouvoir ou de parcelles de pouvoir est toujours complexe, enveloppée de nuages subjectifs dont la charge ne se révèle qu’avec l’avènement de son exercice. Ceci repose toute la pertinence des Assises et nationales et de la CNRI. Les états ont nécessairement besoin d’institutions fortes et équilibrées comme dernier rempart pour la préservation des ressources et des acquis démocratiques.  Le président Zuma a été contraint par la justice de son pays à rembourser des dépenses jugées illégales même si sa fonction de chef d’état n’a pas été remise en cause. L’historique combattante Dilma Russef et l’immense Lula, au cœur d’un feuilleton politico-judiciaire sont poursuivis pour fraude dans l’exercice de leurs fonctions. La justice vient de rattraper le fraudeur Jérôme Cahuzac en plein exercice le contraignant à une démission avant de le condamner. Malheureusement, elle ne nous offre ni la garantie contre la récidive ni contre celle de la contagion et de la dissémination de la pratique. Les menteurs, les voleurs, les meurtriers et les tricheurs resteront ce qu’ils sont parce qu’aucune loi humaine ou divine ne peut empêcher les ogres de se goinfrer, les charognards de faire la ripaille sur les cadavres chaque fois que l’occasion leur sera offerte.
Fataliste ? Bien au contraire ! Les institutions définissant des cadres réglementaires pour la protection à priori contre les potentielles dérives, et les lois punissant à postériori, ne sauraient suffire sans la disposition et la disponibilité de la mobilisation citoyenne. L’exigence de transparence est intimement liée à la disposition et à la disponibilité sociale et civile du peuple-sentinelle, seul capable de dresser instantanément et opportunément une barrière contre l’imposture et les dérives dès les premiers signes d’alerte. En ouvrant un second front contre ce peuple-sentinelle en interdisant les manifestations à coté de la bataille subjective et crypto personnelle qui vise spécifiquement les potentiels challengers, le règne du Gladiateur prend une nouvelle tournure.
« Dictature rampante » ou « dictature » tout court, la gestion de Ndoumbélaan prend chaque jour des proportions de plus en plus inquiétantes qui font appel à une unité d’action pour inverser la tendance pendant qu’il est encore temps. Mais l’unité d’action contre la mal-gouvernance est rendue ardue par  l’impossibilité d’une alliance objective entre d’un coté le pôle civile dont le combat est strictement qualitatif, et de l’autre le pôle de l’opposition politique dont l’ambition est d’affaiblir pour s’accaparer des rennes du pouvoir sans garantie de meilleure offre. Mais ce qui rend suspect et fragile  le combat strictement citoyen, c’est surtout la similitude des propos, et aussi la fréquence des acteurs de part et d’autre à franchir une frontière du reste très tenue.
Trop de contentieux subjectifs et objectifs, trop de suspicions ont semé sur le parcours du Gladiateur des germes d’une nouvelle d’une moissonneuse-batteuse sélective programmée pour assouvir une vengeance génétique et ou génocidaire. En maquillant les recommandations de la CNRI, sous la forme d’un référendum électoral, l’ALTERNANCE II, n’a peut être fait que reporter l’indispensable mutation du royaume. Elle a par-dessus tout, étouffé dans un silence tabou, la réputation d’hommes et de femmes ayant contribué de façon déterminante dans la tenue des Assises Nationales et dont les passés glorieux  en faisaient des références.

LES CHRONIQUES DE BANDIA, SEPTEMBRE 2016

FATWA PETROLIERE : AYATOLLAH BOUN ABDALLAH DIONNE

Dr Akandijack Pape cHb Bassene

Gouvernement plus contradictoire que le régime en place, aucun Sénégalais de ma génération n’en a encore vu. Un chef de gouvernement soutient que son action – et particulièrement, en rapport avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières – est inscrite dans la transparwwence, que “les Sénégalais ont le droit savoir, de comprendre pour ne pas être la cible de manipulation”.

Mais en même temps, comme s’il s’attendait à ce que la compréhension des Sénégalais soit uniforme et non pas juste ; il clame qu’il, “ne peut pas laisser différer des allégations sans fondements sur l’Etat et ses institutions. Que le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour défendre l’intérêt général (APS, 200916)”.

Tout ceci a une odeur d’intimidation, et quelle honte pour la démocratie sénégalaise!

Il faut le dire et rester dignement libre…

Un régime qui a peur de l’opinion contraire, de la pensée libre, et qui chercherait ainsi à emprisonner le débat contradictoire qui devrait enrichir les arguments politiques fondés en raison; ce régime-là ne peut prospérer longtemps au Sénégal. Et si par malheur, les Sénégalais se laissaient intimider par les menaces, c’est qu’ils auront accepté de rester en toute lâcheté dans la prison du silence.

Il est fini le temps où on pouvait menacer les Sénégalais pour leur opinion. Et nous en avons fait la démonstration quand SEM le Président Macky Sall y avait été soumis, quand des hommes comme Messieurs Abdoul Latif Coulibaly, Jules Souleymane Diop été persécutés pour leurs opinions.

Aux derniers cités, nous aimerions rappeler que c’est aussi grâce à leur plume contradictoire dont les textes furent naguère traités de “diffamatoires, d’allégations sans fondement, d’attaques malveillantes, sans aucune preuve, avec nul autre dessein que de jeter le discrédit sur l’Etat, ses institutions et les citoyens” ; grâce à l’opiniâtreté de leurs interprétations rebelles que nous avons eu une alternance générationnelle en 2012.

Que le cousin Saloum-Saloum, le neveu héritier complexé d’Aline Sitoé Diatta, acceptent désormais de lire la société sénégalaise, uniquement qu’à travers la bibliothèque aux livres (oh !) combien consensuels de l’Etat, c’est leur bonne fortune. Mais, nous leur demandons de nous rendre un petit service :

–    Qu’ils osent dire à leurs collègues du gouvernement que la menace n’est pas une bonne politique, qu’on ne pourrait diriger le Sénégal avec la peur ;

–    Et qu’ils retiennent surtout que beaucoup de Sénégalais avaient été leurs bons disciples, si tant est qu’ils fussent de bons marabouts de la démocratie sénégalaise.

–    Sont-ils devenus de pires aveugles au point de ne pas constater le fait que nos hommes politiques prennent désormais leurs plumes pour animer le débat démocratique au Sénégal ?

Et jusque-là, tout Sénégalais même doté d’un minima logos, pouvait apprécier la hauteur que prenait le débat démocratique.

Nous avons tous eu à apprécier la discipline patriotique de certains de nos hommes politiques à l’image des anciens Premiers Ministres, Messieurs Seck et Mbaye, ainsi que l’ancien fonctionnaire de l’Etat Mr. Sonko, tous ont choisi très souvent de s’adresser à l’Etat et au peuple par des écrits. Et les Sénégalais dans leur grande majorité ont apprécié le fait que Mr. le Premier Ministre lui-même ait daigné prendre sa plume pour répondre aux interpellations de son prédécesseur Mr. Abdoul Mbaye. La presse avait d’ailleurs accueilli avec grand enthousiasme l’intervention de Mr. Baba Diao dans ce débat.

Les Sénégalais auraient préféré qu’il maintienne cette dynamique dans un gouvernement dont on douterait la capacité intellectuelle de certains de ses membres. Mais en lieu et place de la force des idées, nous avons vu un PM historien d’un jour, sujet de l’ironie de l’histoire qui retient déjà, qu’en ce 20 septembre 2016, il s’est transformé en expert de la jurisprudence, de l’éthique (refusant qu’elle soit le monopole des autres). En lieu et place d’un chef de gouvernement, nous avons vu un, Ayatollah Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui met en garde contre toute diffusion de fausses nouvelles sur les questions d’hydrocarbures, au risque de s’exposer aux dispositions du Code pénal.

Triste image que celle d’un Ayatollah de la pensée, qui se permet de se moquer de “certaines personnes qui auraient tendance à parler sans maîtriser ce qu’ils disent, et qui divertiraient un gouvernement qui travaille.”

Mais alors, pourquoi parle-t-il lui ?

S’il fallait uniquement des experts pour parler de mauvaise gestion, de manque de transparence, de cas de fraude fiscale, d’investissement spéculatif dans le secteur pétrolier, alors quelles sont ses compétences pour venir répondre maladroitement aux questions claires et précises des Sénégalais ?

Ce débat sur l’incompétence des uns ou des autres sur les problématiques qui intéressent les Sénégalais, est indigeste. Et lui le Premier Ministre est bien placé pour ne pas confondre compétence professionnelle et engagement politique. Alors nous le laissons là !

Parce que, ce que les Sénégalais attendent de lui, c’est qu’il puisse les rassurer que l’Etat, après avoir adhéré à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), ne fera pas fi de son esprit. C’est-à-dire qu’on ne peut pas prétendre renforcer la bonne gouvernance, “en mettant à la disposition du public, toutes informations relatives aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières”, si en même temps on interdit toute interprétation et toute discussion autour de ces informations.

La divulgation de l’information financière, comme notre cher PM expert d’un jour aime l’histoire ; permet aux Sénégalais d’accéder à des sources. Et comme toute source, à l’image d’une archive historique, elle doit être étudié intégralement afin d’en donner une interprétation objective. Depuis hier (21/09/16), une partie de ces sources sont mises à la disposition des Sénégalais [http://www.gouv.sn/Point-de-situation-sur-les.html]. C’est un pas de franchi au nom de la transparence, mais elle n’est effective que si les Sénégalais arrivent à les interpréter pour les rendre plus compréhensibles.

C’est donc les interprétations que les uns et les autres en feront, qui accroîtront la transparence et la redevabilité de l’Etat dans l’utilisation et la distribution des revenus engendré par le secteur minier sénégalais, et ce en vue de lutter contre la corruption et de promouvoir le développement durable. Personne ne peut imaginer que cette interprétation puisse se faire dans le silence et sans l’opposition sénégalaise dans l’unique et seul but de plaire le gouvernement. Qui dit interprétation de documents publics, dit débat public constructif, n’en déplaise au régime !

En outre, la seule démarche qui tendrait réellement à “ternir l’image de l’Etat du Sénégal à l’extérieur et au niveau de nos investisseurs”, c’est bien quand un chef de gouvernement veuille s’élever en Ayatollah de la pensée politique et lance sa fatwa pétrolière contre l’opposition. C’est une faute grave en démocratie !

Croire le contraire, c’est vous tous qui (pour vous reprendre), “payeraient à vos dépens et répondraient de vos actes contraires à la démocratie au tribunal du peuple, qui tranchera, dans la plus grande transparence demain”.

Ainsi donc, vos menaces, la démocratie sénégalaise ne peut s’en accommoder, et ne vous évertuez surtout pas à croire que vous avez le monopole de l’expertise dans le secteur minier. Contentez-vous de publier les contrats passés, présents et futurs comme l’a demandé Mr. Abdoul Mbaye. Aujourd’hui que vous avez répondu à sa requête, vous ne pouvez pas en profiter pour dire que le débat est clos. Non, il ne fait que commencer !

Les Sénégalais sont curieux de savoir, ce que la partie requérante, Mr. Abdoul Mbaye ainsi que tous les autres leaders politiques, la société civile, vont faire de ces documents. Ils ont la responsabilité intellectuelle et au nom de leurs engagements politiques de sensibiliser le peuple et de vous interpeller s’il y a encore des doutes.

Notre conseil,

Mr. l’actuel Premier Ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne,

Vous devez savoir que l’Etat c’est Nous le peuple, et vous êtes à notre service.

Si vous vous comportez en serviteur impitoyable envers l’opposition qui veut servir le peuple,

C’est ce même peuple souverain qui vous condamnera !

Akandijack, Pape cHb Bassène