BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2016 A TOUTES ET TOUS

Abdou Ndukur Kacc Ndao
Socio-anthropologue
Fondateur et Administrateur général
Abdou.Ndao@ndukur.com
www.ndukur.com

Chères lectrices et chers lecteurs,

Au seuil de ce nouvel an, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2016. Une année de consécration, de réussite pour vos projets multiformes. Nous avons lancé cette plateforme il y’a juste moins d’un an pour participer à cette délicate mission de productions de sens. Un sens porté presque exclusivement sur les plateformes informatiques par d’autres acteurs eux mêmes porteurs d’autres enjeux, et d’autres priorités. Nous avons essayé de rééquilibrer avec modestie ces tendances tueuses de nos unités et diversités culturelles. Du moins, souvent  falsificatrices ou caricaturales de nos complexités culturelles.

Dans cette tâche ardue de production de sens, je remercie très sincèrement le photographe de génie Matar Ndour avec qui nous avons cheminé dans le cadre de notre projet commun sur les identités culturelles. Un projet ethno-culturel qui vise à rendre visibles notamment les ethnies invisibles de notre pays. Notre cheminement a permis de visiter, de décrire, de comprendre l’unité et la diversité culturelles des peuples Tanda (Bassaris, Cognaguis, Bediks, Badiarankés), Ajamaat (Diolas du sud du Sénégal, du Sud de la Gambie et de la Guinée Bissau), Sine (Sereres). Ce travail sera poursuivi et approfondi avec toujours la même exigence méthodologique qui évite les essentialismes culturels et les généralisations abusives.

Cette plateforme est aussi dédiée aux porteurs d’idées, d’opinions y compris politiques, environnementales, économiques. Elle se veut une plateforme de sciences sociales et humaines qui évite les académismes désincarnés et qui traite de nos priorités. Nous ne saurons terminer sans remercier Saliou Diallo (USA), le concepteur de cette plateforme qui a mis son savoir pointu gracieusement pour la réaliser, ainsi que Pradhan (Inde).

Merci à nouveau pour vos encouragements et contributions.

A très bientôt

ANKN

PROPOSER UNE ALTERNATIVE POLITIQUE VERITABLE AUX ALTERNANCES POLITICIENNES

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue
Abdou.Ndao@ndukur.com

 

2016 se profile inéluctablement à l’horizon. Moment de bilan sans doute. De projections vers l’avenir, incontestablement. UN BILAN qui permet d’observer les mêmes reliques de régimes qui se succèdent en gardant la même nature de classe. Des régimes – de Senghor à Macky en passant par Diouf et Wade – arrimés à un système néocolonial prédateur de nos ressources nationales. Une responsabilité évidente des élites politiques qui dirigent un pays loin des enjeux scientifiques, technologiques, culturels d’une modernité de compétition et de compétitivité. Un pays qui n’a pas encore crée son premier moteur mais qui a produit des juristes toujours prompts à discuter de la pertinence d’un mandat présidentiel. Un espace public parasité assez souvent par des débats politiques stériles. L’économie, notre ancrage au monde, nos perspectives pour les 50 prochaines années peuvent attendre, le temps que les tonitruants députés du prince finissent leurs invectives. 2015 se termine avec toujours et encore cette minorité politique de la conglomération des initiés qui imprime aux majorités sociologiques silencieuses, parfois complices, sa cadence et ses aspérités. Une majorité sociologique qui sait démettre des présidents sans aucun doute, mais manifestement qui ne sait toujours pas distinguer le grain et l’ivraie, le vrai patriote et les candidats fantoches toujours arrimés au grand capital tentaculaire et destructeur de notre progrès économique et social. Sans doute, l’avenir à moins d’un profond sursaut patriotique nous produira les mêmes profils de dirigeants sans leadership politique et sans vision conforme aux défis de nos temps. Le bilan ne peut être exhaustif. Cependant, les aspects sus mentionnés sont d’une terrifiante vérité.

DES PERSPECTIVES s’imposent d’elles-mêmes. Si notre pays a accompli un pas de géant en réussissant des alternances, il est pour le moment incapable de construire une vraie alternative. Pourtant, au-delà des déceptions d’une majorité sociologique silencieuse voire aphone, il existe encore des patriotes très imbus de l’intérêt national aux capacités techniques, scientifiques, politiques avérées. Il reste que le discrédit des politiques les a rejetés aux périphéries des sphères de décisions, de concertations, et même d’expressions tout court, et a fini d’émousser leur capacité et leur engagement militants. Ils cherchent un espace politique novateur capable de proposer une véritable alternative. Ils cherchent à faire la politique autrement en la fondant sur l’éthique, la citoyenneté, la défense de nos ressources nationales comme base de notre indépendance nationale.

Ces patriotes scrutent avec inquiétude l’émergence d’une formation politique fondée sur une éthique loin d’un condensé de vœux et de profession de foi. Une formation qui peut déjà s’appuyer sur un existant institutionnel en vue de réfléchir sur des procédures toujours renouvelables et adaptées de modernisation d’un Etat de rupture et de renouveau. Une formation capable de sortir de l’élitisme désincarné capable de permettre la contribution de tous les fils et toutes les filles de ce pays sans distinction à l’édification d’un développement patriotique. Ces patriotes sont demandeurs d’une formation politique qui met le citoyen au cœur de la République. Il faudra réfléchir sur les mécanismes pour ratisser large en vue de bâtir une opinion publique influente et respectée. La citoyenneté c’est aussi mettre l’acteur rural et urbain au centre du débat public national. Une citoyenneté inclusive. Une citoyenneté de propositions. Ces patriotes qui exigent des pouvoirs politiques dirigeants un renversement de paradigme fondé sur la défense intransigeante de nos ressources nationales comme base première de notre développement économique. Notre sous-sol est immensément riche, mais nous semblons incapables de l’exploiter judicieusement dans un partenariat gagnant privé-public. La nationalisation des ressources ou de ses structures rentables dont l’adoption opportune relèvera sûrement de l’avis d’experts mieux outillés, peut être une hypothèse de travail.

VOILA LA VRAIE ALTERNATIVE. Il faudra sans doute réfléchir sur le comment dans un contexte où les multinationales sont spécialisées plus que les terroristes à déstabiliser nos pays qui veulent s’engager dans cette véritable voie de développement. Pour cela, il faudra mobiliser nos ressources intellectuelles et techniques pour bâtir une vision, un programme et des mécanismes d’inventaire de nos ressources nationales dans un contexte marqué par des découvertes importantes en matière minière et pétrolifère. 2016 est à nos portes. Face au bilan décevant des élites politiques actuelles et au désengagement généralisé des autres majorités sociologiques, il faut trouver un instrument pour porter cette alternative. Alternative sur laquelle, nous aurons l’occasion de revenir tout au long de cette année. En attendant, une posture conséquente s’impose. Il faut prendre la citadelle de l’assemblée nationale qui reste – malgré tout – un élément important du dispositif stratégique de conquête du pouvoir politique. Nous irons voir des cercles divers de notre nation pour les rallier à cette nouvelle vision. Qu’ils proviennent de la classe politique, civile, religieuse…

Bonne et heureuse année 2016

Abdou Ndukur Kacc Ndao

LA “CONFRÉRIE SERERE DES CHASSEURS” ENTRE OUTILS DE LA PRÉHISTOIRE ET FUSIL DE CHASSE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

abdou.ndao@ndukur.com

712e EDITION

Entre 6 h du matin et 17 heures. La 712ième Edition de “Miiss Joobay”, la chasse dans la “forêt” de Joobay a vécu. Cette “foret” plus mythique que réelle a mobilisé les savoirs, les représentations et les techniques ancestrales des protégés de Mindiss. Pour se faire du gibier. Pour conjurer les sorts. Pour appeler “Rog” (divinité universelle suprême chez les Sérères) à la clémence et à ouvrir les larmes d’un ciel intraitable. Du moins pour le moment. Très tôt, le matin, enturbannés de Suufarnaak (lianes vertes protectrices), de fusils de chasse, de machettes, la cynégétique ou l’art de la chasse pouvait commencer. Dans une “forêt” qui fait les frais de l’urbanisation et des friches agricoles. Les rituels mystiques préalables ont été respectés : prédictions des xoy et bains mystiques dans le salon fluvial de l’ancêtre totémique du Sine, Mindiss.

MYSTICISME ET CONSTRUIT SOCIAL

L’histoire de la chasse a d’ailleurs toujours été une histoire mêlée à la fois de mysticisme, de techniques imbriquées dans une sorte de dialectique tueuse de gibiers. La relation ontologique est clairement définie entre le sacrifié et le jouisseur du sacrifice. Entre le bien et le mal. Entre le sort et la félicité. Entre la Sécheresse et l’hivernage. Voila que la chasse nous replonge au cœur d’un manichéisme dont l’exclusivisme interprétatif relève de la seule puissance de l’Homme. Pourtant, cette unilatéralité n’est que du construit social. Elle ne correspond pas à la complexité souvent décrite des rapports entre le chasseur et le gibier. Entre la proie et la victime. Entre le chasseur et le chassé. La relation est ambivalente. Elle est liée aux rapports de force. Du moment. A l’incurie stratégique des uns et des autres. Aux limites tactiques à la De Certeau (Philosophe français) des uns et des autres. C’est cette ambivalence qui fait que l’homme devient proie et la proie homme. Comme dans une tauromachie sublimée, l’un devra mourir à la place de l’autre.

CYNÉGÉTIQUE

La cynégétique révèle aussi une autre facette des rapports entre l’homme et l’homme. En effet, le monde a connu la chasse aux “sorcières”. Les sorcières-femmes-hommes étaient des proies. Elles étaient brûlées aux bûchers ou livrées aux vindictes populaires selon les lieux et les moments pour exorciser la sorcellerie de la peur. Pour rétablir l’ordre cosmogonique de la normalité, de la tranquillité et la sécurité d’hommes et de femmes habités par la hantise et le spectre de la peur. La cynégétique, c’est aussi une école d’apprentissage de la nature : la faune, la flore, la connaissance des vertus du Suufurnaak, et plus globalement des plantes médicinales, la maîtrise des cosmogonies, des tabous et des interdits. C’est l’apprentissage de la bravoure. C’est pourquoi, de la Préhistoire à notre époque contemporaine, la chasse a toujours été l’affaire des “nobles”, des “guerriers”. Elle a parfois aussi traversé les systèmes des castes et des ordres. Ceci est valable pour les Mandingues, les Bobos, les Bwas, les Sénoufos, les Bantous d’Afrique centrale. Bref, la chasse est une véritable culture chez “La confrérie des chasseurs africains” que Y.T. Cissé nous a décrit avec profondeur et finesse dans son ouvrage intitulé “La Confrérie des chasseurs Malinke et Bambara. Mythes, rites et récits initiatiques, 1994.

TRANSMISSION ET MUTATIONS SOCIALES

Cette cosmogonie, cette ontologie, ces pratiques rituelles sont repérables également chez ces Sérères, qui en ce jour du Lundi 23 Juin 2014, se sont retrouvés à Joobay, pour chasser du gibier, pour exorciser les heurts et les malheurs. Ils sont une cinquantaine. Ils ne sont plus munis des “Outils de la Préhistoire” (2,6 millions d’années BP jusqu’à 5 500 ans BP) : outils de pierre taillée, outils de matières dures et animales, etc. Il est vrai que l’histoire de la chasse révèle le passage de la pierre au fusil à lunette, en passant par le bronze, le fer, la lance, l’arc, le couteau.

Ces chasseurs là, en pays Sérère, étaient munis de fusils “deux bouches” ou “deux ñeebe”; de “maxdoom”, sortis tout droit de la grande époque de la guerre. Les familles se sont fait le devoir de mémoire de les conserver. Ils sortent le jour de Jobaay. Ils sont transmis aux plus jeunes qui les arborent fièrement.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, portaient, curieusement, des treillis militaires et tout l’arsenal uniformologique connus des Forces de Sécurité et de Défense. On dirait un défilé du 4 Avril sur le Boulevard du Centenaire. Ces chasseurs la, en pays Sérère, étaient costauds. Ils avaient la psychologie formatrice des militaires en activités ou simplement réformés.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, et d’autres anonymes de ma trempe, ont marché des heures. Sous un soleil peu sympathique. Aux rythmes des Djoung Djoung et des sonorités sérères. Aux cris stridents des septiques qui ont fini par rallier un cortège de plus en plus ouvert aux “profanes”.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, n’avaient pas accepté que des “profanes” se joignent à eux, dans le “forêt” de Joobay dans cet exercice mystique et dangereux.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, et d’autres anonymes de ma trempe, portaient des chapeaux et des bonnets en tous genres. J’en ai compté une soixantaine. De couleurs différentes, de géométrie variable, de taille inégale, de posture différemment ajustée, de profil bisexuel.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, et d’autres anonymes de ma trempe, portaient des chaussures tout aussi différentes. J’en ai compté plus d’une soixantaine. Aux rythmes des Djoung Djoung, ces chaussures, ont “tapé” un sol inerte ou qui a perdu l’usage de la parole, pour protester contre les coups de pas violents sur son dos.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, et d’autres anonymes de ma trempe, ont magnifié, honoré les deux grands fromagers mystiques, sur le chemin de la procession.

Ces chasseurs la, en pays Sérère, et d’autres anonymes de ma trempe ont fait 7 fois le tour de chacun d’eux, respectant une tradition séculaire et constitutive de ce package mystique de conjuration des heurts et malheurs des protégés de Mindiss. Positionnés au cœur de la ville, ses fromagers mythiques et mystiques n’ont pas encore fait les frais de cette planification urbaine implacable destructrice de nos survivances culturelles. Entre la planification urbaine et les objets mystiques, se joue depuis des siècles, dans cet espace réduit, un modus vivendi de contournement. Au nom de l’Ordre. Pour se prémunir du Chaos!!!

PROCESSION

Au fur et à mesure que ce cortège bigarré avance, jeunes hommes, jeunes filles, circoncis ou non, chasseurs ou non, Saltigués ou non, ont rallié cette procession de plus en plus démocratique. Elle va “s’échouer” deux heures plus tard, sur l’Arène des lutteurs qui accueille déjà près de 3000 participants, les uns tout aussi excités que les autres. Quoi retenir de cette belle procession annuelle ? D’abord, la beauté des costumes, des déguisements, la singularité des outils de chasse, une pointe de “mixture” entre le moderne et le traditionnel, une communauté ancrée dans ses valeurs mais ouverte aux autres, une volonté de sauvegarder un patrimoine et de préserver la mémoire des anciens et des ancêtres.

Quoi retenir de cette belle procession ? Que la chasse et les rituels qui y sont attachés sont très peu étudiés dans notre espace de recherche. Elle est encore considérée dans sa dimension et ses fonctions folkloriques. Elle n’est pas encore considérée par notre anthropologie comme un objet d’étude. De façon générale, notre anthropologie de la cynégétique en Afrique est restée embryonnaire, même si des monographies, de grande valeur scientifique ont été réalisées notamment au pays Mandingue.

VOCATION SCIENTIFIQUE

Puissent ces Xoy et Miiss Joobay, révéler des vocations auprès des jeunes sociologues, anthropologues, historiens, etc. encore enchâsses, dans des problématiques institutionnelles et individuelles souvent loin des nos exigences de productions de connaissances.

Photo : Matar Ndour, Séance de Miss Joobass à Fatick, 2015

ANKN

MEMOIRES D’ALTERNANCES INQUIETES, LE NOUVEAU LIVRE DE KARFA SIRE DIALLO

“Le fondateur de l’association, publie un nouveau livre aux éditions L’Harmattan. Une sélection de chroniques sur l’actualité sénégalaise et française

Cet essai a pour objet l’actualité politique, économique et sociale sénégalaise et française sous l’angle de la mémoire. Ce livre traite, entre autres, des grandes questions de l’heure : terrorisme, droits de l’homme en Afrique, nouvelle politique française en Afrique, menaces sur la démocratie, instrumentalisation de la diaspora, lutte contre la corruption en Afrique, la condition des Noirs dans les pays arabes et en Occident, la persistance du racisme social et politique à l’endroit des Noirs, l’impact obscurantiste des mœurs sociales et politiques africaines, etc.

Éditorialiste mais aussi acteur social, le regard de Karfa Diallo se veut aussi « l’exemple d’une communauté de destins entre la diaspora et un pays d’origine dont les interrogations critiques trouvent rarement un écho. »

Karfa Diallo a précédemment publié deux ouvrages : Matins noirs, essai poétique pour une nouvelle négritude et Triangle doré, un recueil de nouvelles (Editions Ex Aequo).

Dés maintenant, vous pouvez commander l’ouvrage en ligne: http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=47766

Extrait de http://www.memoiresetpartages.com/2015/08/11/memoires-dalternances-inquietes-le-nouveau-livre-de-karfa-diallo-2/

EMISSION RADIO SUD FM SUR LES IDENTITÉS CULTURELLES AVEC NDUKUR ET MATAR

PROJET ETHNO-PHOTOGRAPHIQUE SUR LES IDENTITÉS CULTURELLES : FROM TENDA TO AJAMAAT

Abdou Ndukur Kacc Ndao (Socio-anthropologue) et Matar Ndour (Photographe)

Une émission de la journaliste Régina Sambou portant sur le projet ethno-photographique d’un socio-anthropologue (Abdou Ndukur Kacc Ndao) et d’un photographe (Matar Ndour). Une explication par la radio des cultures des peuples Tenda (Bassari, Bedik, Cognagui) et Ajamaat (Diola). Sans compter le Sine (Serere). Un projet innovant qui combine la socio-anthropologie, la photographie et la caméra pour comprendre les tréfonds culturels des cultures invisibles du Sénégal.

 

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FRANCOPHONE CLIMATE NEGOCIATIONS BULLETIN STOCK OF PARIS OUTCOME

22 December 2015: The International Institute for Sustainable Development’s Reporting Services (IISD RS) has released the final French language bulletin in a series that focused on the 21st session of the Conference of the Parties (COP 21) to the UNFCCC, which convened in Paris, France, in November-December 2015. The seventh bulletin takes stock of the Paris Agreement and accompanying COP decision.

The bulletin is published by the International Organization of the Francophonie (OIF), through its subsidiary body, the Institute for Sustainable Development of the Francophonie (IFDD), in partnership with IISD RS, Médiaterre and Senghor University.

This seventh issue provides an overview of the strengths and weaknesses of the main topics covered by the Paris Agreement and its accompanying COP decision, namely: preamble; objective; mitigation; adaptation; loss and damage; finance; capacity building; technology; and stocktake. The bulletin also contains a summary of recent meetings and other news related to the climate negotiations, and a timeline of key events scheduled to take place in 2016. [Francophone Bulletin Website] [Publication: Francophone Bulletin Issue 7 (in French)]


 

http://climate-l.iisd.org/news/francophone-climate-negotiations-bulletin-takes-stock-of-paris-outcome/

Merci au Dr Arona SOUMARE

FINANCEMENTS VERTUEUX OU (VER) TUEUR ?

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Notre République dans une hypocrisie mal feinte a fini de sacrifier Lamine pour ne pas s’approprier le Diack-pote. Elle est devenue subrepticement si oublieuse de ses transactions souterraines connues de tous les cercles de la classe politique et civile. Il est vrai que le déni de la réalité relève aussi d’une real politique toujours capable de sacrifier sur l’autel les plus imprudents. Diack a eu le Diack-pote. Pour lui-même. Sans doute. Mais aussi pour ses potes qui ne veulent pas subitement être associés aux pots aux roses. La conglomération des initiés saura prodiguer les sacrifices nécessaires pour que le pot aux roses des potes soient circonscris aux Diack.

C’est sans compter avec les dossiers brulants que détiennent les Diack qui, comme un juge d’instruction, mettent progressivement aux défis, des délinquants momentanément amnésiques de leurs forfaitures. Diack père a suffisamment de relais pour se rappeler aux bons souvenirs d’une classe politique décidée à jouer aux immaculés.

En cinquante ans de présence, les cercles majoritaires de la classe politique actuelle savent que le financement de leurs partis politiques a souvent pris des chemins peu vertueux. Il est évident que leurs alto égo de la société civile ne sont pas si exempts de tortuosité. Le débat attendu et maintes fois repoussé sur le financement des partis ne peut pas être une opposition manichéenne entre Dieu et le diable, la société politique et civile, les partis politiques et les associations caritatives religieuses. L’opacité reste le critère déterminant qui touche les plus caciques, prompts à crier à la transparence au moment où personne ne sait d’où viennent leurs financements. Le débat gagnerait en clarté et utilité si nous arrêtions de tirer seulement sur les « cadavres politiques ». Les boulevards souterrains sont si larges et tentaculaires qu’ils ont fini d’enrôler des classes politiques, civiles, religieuses chantres de la droiture.

Dans le passé, le présent récent, ailleurs, sans doute ici, nous avons des exemples de collision entre des révolutionnaires marxistes ou d’autres obédiences idéologiques et la CIA, la DSGE, et autres services occultes. Des partis continuent d’être financés à travers le monde par l’argent de la drogue et du terrorisme, loin des indiscrétions et naïvetés de peuples manipulés et relégués à la périphérie. Notre dernière campagne électorale présidentielle nous a révélé subitement des candidats riches comme Crésus. Pourtant, quelques années auparavant, ils vivaient dans la promiscuité, dans des appartements dakarois de bas de gamme. S’ils étaient connus comme des hommes d’affaires, créateurs de richesses, les imaginaires auraient accepté ces richesses insolentes qui exercent une grande violence symbolique sur des gorgorlous en quête de DQ sur fonds de rêve illusoire d’autonomie résidentielle à 50 ans révolus.

Notre classe politique, civile, religieuse peut toujours feindre d’être vertueuse dans le financement de ses activités. En réalité, la bombe lancée par Diack est une véritable lapalissade connue dans ses moindres détails par l’ancien président déchu, Abdoulaye Wade. Dans le secret de sa conscience républicaine, il aurait pu aussi éclabousser une république de voyous qui adorent le fric. Diack en se dédisant dans des termes qu’il faudra valider après lecture de la totalité du PV et de l’évolution de l’enquête nous a rappelé les limites morales de la politique.

La lapalissade de Diack dépasse objectivement le président Macky qu’il soit ou non lié à cet événement. Elle engage toute la société civile y compris le financement des assisses nationales chantre d’une république nouvelle vertueuse. L’argent sale de Diack a-t-il été mis dans cette « entreprise de vertueux » ? La question concerne tous les autres segments d’une classe politique et civile qui joue sa crédibilité. Sinon, nous passerions d’un système de financement vertueux à un ver tueur. Car le ver est  vraiment dans le fruit. De toute façon, si tel est le cas, Diack ne nous aura rien appris. Sinon confirmer que les salauds sont encore bien au cœur de nos appareils.

ANKN

 

FERMES TA GUEULE, SINON…

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Socio-anthropologue

SCÉNARIO DE LA MORT. Abdoulaye Wade a été défait il y’a 3 ans. Il n’a jamais supporté sa défaite qu’il a assimilée à une victoire de forces coalisées pilotées de l’étranger. L’homme en est convaincu et le clame haut sur tous les toits. Il devrait sans doute avoir plus que des soupçons d’un vieux capricieux pour expliquer les raisons d’une défaite présidentielle annonciatrice d’un ras-le-bol généralisé. Ils étaient nombreux à vouloir prendre la place du vieux renard qui a fini par boire jusqu’à la lie le coup d’estocade porté par une jeune et sournoise créature sortie de ses décrets. Il a imposé au jeune poucet aux plus récalcitrants et au plus « méritants » d’un parti totalement soumis à ses caprices de vieux gâteux. Il l’apprendra à ses dépens. Wade a beau poursuivre ses dénégations, il a lui-même été le réalisateur mal habile et mal inspiré d’un scénario qui raconte sa propre mort politique. Car Macky Sall a toujours été un parfait inconnu du bataillon des combattants de la liberté. Même son passage dans une gauche maoïste souvent tonitruante ne lui a pas permis de décliner des lettres de noblesse d’un engagement militant sincère. L’homme est peu bavard. C’est un loup solitaire qui sait par quelle porte entrer pour atteindre les plus faibles mais aussi les plus tenaces de la bergerie. Il prendra le temps qu’il a appris à apprivoiser face aux assauts d’une vie sociale qui ne lui a pas toujours souri avec bonheur.

Grace ou par la faute de Wade, voilà que Macky est devenu notre président de la République. Bien évidemment l’homme a ses mérites personnels face au vieux renard et une classe politique cinquantenaire aux discours désuets et aux conditions physiques déclinantes. Il n’est pas étonnant que l’homme de Fatick règne en maître presque absolu dans un silence républicain assourdissant. L’homme n’est pas brillant. Mais son style est d’une grande efficacité pour clouer le bec aux plus bavards. En réalité, le Président Macky Sall à l’image de son père politique est un grand dictateur qui souffre d’un grand complexe d’infériorité qui accentue et aggrave la violence symbolique de sa gestion du pouvoir.

TOUS LES MÊMES. Sinon, comment comprendre que le Président Macky Sall refuse toute expression démocratique à travers des marches notamment ? Comment expliquer qu’il arrête des journalistes ou opposants politiques qui commentent une actualité électrifiée par les déclarations d’un Lamine Diack tombé bien bas de son piédestal. Dire qu’il recherchait un consensus autour de sa personne pour être notre Président. Vrai ou faux, le Président Macky Sall a pris trop d’argent qu’il devra un jour justifier. A l’image de toute une classe politique brillante dans sa capacité à se liguer pour sauver sa peau face aux enjeux d’un débat de transparence et d’une éthique de responsabilité. Diack a lancé une bombe qui secouerait tout Etat digne et équitable. Il ne se passera rien car fondamentalement, la classe politique est la même. Elle fera profil bas le temps que les ondes incandescentes hexagonales se refroidissent. La conglomération des initiés reprendra le dessus sur un peuple émotif qui a fini de détester des pans entiers de politiciens imbus de leur confort et de celui de leurs petites copines.

POLICE POLITIQUE. Pendant ce temps, le Président Macky Sall utilise sa police politique pour intimider les sénégalais. La violence des arrestations et le profil des personnes incriminées sont les signes évaluateurs de la peur au ventre d’un président soutenu par des réseaux tout aussi dangereux qu’occultes. Wade est son inspirateur. Que n’a-t-il pas fait lui aussi avec la DIC. Transformer des officiers de police judiciaire aussi compétents en de simples valets de l’empereur est d’un détestable manque de respect pour nos corps d’élite. Les sénégalais ont même oublié dans leur conscience ramollie les autres missions notamment de sécurisation du territoire national d’une police qui a d’autres urgences que de « cueillir des opposants à 5 heures du matin ». On aurait pu penser pourtant que cette police politique devrait faire partie des reliques d’un ordre ancien qui en a tant usé et abusé. C’est sans compter avec la psychologie revancharde d’un Président partisan de la chicote légalisée. Il aimerait sans doute voir ses opposants au lever d’un soleil glacial pisser ou déféquer sous leurs froques.

Tout ceci n’est pas drôle et il interpelle des consciences citoyennes et démocratiques qui souvent doivent imposer un vrai débat de sociétés sur l’enrichissement de nos hommes et partis politiques. Ce débat, ces derniers dans un consensus de survie ne le poseront jamais. Diack a lancé sa bombe. En réalité, il a lancé une lapalissade. Le président de la République devrait s’en saisir pour engager une réforme en profondeur du financement des partis politiques. Il n’en fera rien. Voilà pourquoi, je continue de penser que le président Macky Sall est une vraie catastrophe nationale.

ANKN

 

LE GRAND SOIR

Dans l’intimité d’un soir agité, Seydou Cissokho avait prononcé ces mots : « Nous n’avons aucun mérite en ayant fait ce que nous avons fait, parce que nous étions seuls à pouvoir le faire quand il fallait le faire … Nous ne nous battons pas pour nous, mais contre un système, certainement au profit d’autres générations. Ceux qui s’attendent à récolter les fruits de leurs investissements peuvent donc quitter nos rangs, parce que le grand soir ce n’est manifestement pas pour aujourd’hui ». C’était après avoir été mis en minorité dans la journée alors qu’il protestait contre son portrait accroché au mur du siège du parti. Certes peu de militants ont eu l’opportunité d’entendre ces propos, mais nombreux sont ceux qui ont toujours assimilé l’homme à la droiture, à l’abnégation et au don de soi pour le triomphe des idéaux de gauche. Nous sommes décidément bien loin de cette attitude quand on entend un vieux militant (de gauche ?) qui oubliant même ses mérites fussent ils techniques ou politiques, assimile sa nomination à « un cadeau d’anniversaire » offert par un Gladiateur de droite qu’il a pourtant contribué à hisser sur le trône de Ndoumbélaan. Mais Seydou n’aspirait pas au confort que garantit « un cadeau d’anniversaire » surtout d’un adversaire idéologique parce qu’il l’aurait surement assimilé à du poison.

Aujourd’hui, le monde a bien changé, et Ndoumbélaan avec. Le combat de la gauche ne vise plus à extraire l’ouvrier du coron, le serf de ses conditions d’esclave, l’indigène de la domination coloniale ou la femme de sa position d’infériorité structurelle. Elle n’en demeure pas moins une réalité insubmersible qui ne peut être engloutie par les flots de la mondialisation, la condamnation à mort par décret de la bataille idéologique ou la reddition de militants désireux de se la couler douce après avoir blanchi sous le harnais. Nous reconnaissons que la bataille pour le triomphe des idées de gauche a pris une tournure scientifique et technique, philosophique et sociale, bref environnementale, débouchant sur des champs de bataille aux limites complexes, peut être même un peu trop complexe pour la vieille école. Elle n’est plus compatible avec la simple ardeur guerrière d’insurgés derrière les barricades, ou la noble solidarité de brigades internationales volant au secours de révolutionnaires d’ailleurs. Que ceux qui n’y croient plus désertent les rangs ! Que ceux qui ne s’y adaptent pas quittent dignement le front avec les honneurs dus à leur passé au profit de nouvelles générations mieux armées, qui réclament leur part de combat et leur droit d’héritage pour le fructifier. Ne l’oublions jamais : plus que les faits d’armes, l’histoire retiendra surtout la façon de chacun de quitter le front.

De grandes batailles pour le triomphe des idéaux de liberté et d’égalité ont jalonné l’histoire de l’humanité. Sur leurs terrains, beaucoup d’hommes et de femmes y ont perdu leur liberté, leurs ressources, leurs savoirs, leur santé et leurs vies, sans regrets. Parce que la lutte révolutionnaire n’a jamais été à leurs yeux, synonyme de commerce donnant droit hic et nunc à une marchandise contre un prix formalisé. Derrière chacune de ses batailles, l’idéal d’un monde plus juste et plus égalitaire à léguer à des générations dont on ne soupçonnait même pas l’existence, a toujours animé les acteurs.

A trois ans de la date légale et à un an de la date morale du prochain scrutin présidentiel, le débat autour d’une candidature de la gauche n’est donc pas une simple question d’opportunité mais de principe. La gauche a l’obligation de présenter un candidat contre le candidat de la droite. La droite qui gouverne Ndoumbélaan doit savoir qu’elle ne sera pas seule sur la ligne de départ et encore moins avec sa coalition telle quelle. Le débat autour de la question doit impérativement être lancé, n’en déplaise aux locataires des châteaux de sable qui craignent la pluie, parce que si la gauche devait attendre le coup d’envoi de son adversaire pour faire ses échauffements, elle ne verrait surement pas la ligne d’arrivée. De toute façon des masques commencent à tomber. Le souteneur en chef,  plus que jamais désormais cantonné au rang de président des applaudisseurs à la chambre d’enregistrement, a exclu de ses rangs les potentiels animateurs du front du refus. Un dirigeant de l’historique héritier du PAI a fait fleurir subtilement des pancartes annonçant son parti derrière la candidature du Gladiateur. Qu’il ait été désavoué par des militants puis par son secrétaire général sans qu’aucune sanction ne soit prise, n’est guère rassurant.

Pour l’instant, le Gladiateur reste un homme de droite qui va droite avec son équipage de gauche qui semble beaucoup plus accorder une importance aux conditions (très agréables pour lui) du voyage qu’à la direction empruntée et la destination de Ndoumbélaan. En rappelant la nécessité de se retourner constamment vers l’idéologie, Alexandre Lvov nous mettait en garde contre cette attitude naïve, l’illusion que la politique est tout.

Goorgorlu toujours en quête de DQ, en dépit des deux alternances auxquelles il a beaucoup donné, se moque éperdument du classement mondial de Ndoumbélaan. Les bonus malus du FMI et de la Banque mondiale, les félicitations ou les mises en gardes des grandes puissances dont la France et les USA ne sont pour lui que de bons prétextes pour alimenter des débats télévisés. Le relatif climat de paix social, la stabilisation des prix des denrées alimentaires, et d’autres paramètres tels que le prix aux producteurs d’arachide sont des atouts politiques derrière lesquels une poignée d’hommes de gauche semble se réfugier pour justifier le prolongement de son compagnonnage avec le Gladiateur. Mais ont-ils seulement lu « la cavale sauvage » du poete français Alfred de Musset ? Ont-ils un jour entendu ce cri de cœur du Professeur René Dumont qui disait : « laissez moi au moins vivre mon idéalisme, car j’estime pour ma part que les réalistes ont échoué » ? Une situation conjoncturelle suffit-elle à faire oublier le projet de société pour lequel la gauche se bat depuis plus d’un demi-siècle ? La gauche de Ndoumbélaan peut elle continuer à se comporter comme un passager clandestin au sein d’une coalition nominale dont le comandant de bord déclare se diriger vers une direction opposée à sa destination ?

Que des hommes de gauche fatigués ou repus décident d’abréger leur compagnonnage avec leurs camarades et de renoncer au combat révolutionnaire, nous est acceptable et compréhensible. Qu’ils enrôlent des militants à leur cause ou se mettent en travers du chemin de nouvelles générations pleines d’énergie et de rêves est inadmissible. La question ici posée n’est pour ou contre le Gladiateur, mais bien pour quel type de société nous battons nous. Quels sont les rapports et les relations structurels entre les citoyens au sein de cette société d’une part et d’autre part les rapports et les relations structurels entre cette même société et le monde extérieur ? Sous cet angle, le peuple de gauche en synergie avec le peuple des assises, sait qu’il n’a pas une identité de vue avec le Gladiateur, ni à court, ni à moyen ni à long terme.

Comment alors envisager un compagnonnage à moyen et peut être à long terme avec lui si le minima défini par les Assises et la CNRI n’a même pas l’honneur d’être abordé ?  Pour combien de temps encore les bases des partis supporteront-elles encore la censure des barons autour de la nécessité d’une candidature de gauche contre leur plus grand diviseur

Bandia , Décembre 2015