MÉMOIRES POUR L’ESPOIR

PARUTION D’UN LIVRE DE SOGUE DIARISSO

DÉVELOPPEMENT TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT AFRIQUE NOIRE Sénégal

L’auteur emprunte une démarche de type autobiographique, tout en exposant les voies qui doivent mener vers le développement du Sénégal et de l’Afrique. Il montre, en se fondant sur l’histoire, que les Sénégalais et leurs frères africains doivent puiser dans leur propre substrat culturel pour prendre d’assaut les citadelles du développement. Dans ce cadre, il s’intéresse à Cheikh Amadou Bamba, figure emblématique du Sénégal.

 ISBN : 978-2-296-99516-1 • juin 2012 • 218 pages

LE LONG PÉRIPLE DE LA MAÂT

Melki Sedek So est mathématicien et essayiste.
 
“Dans cet ouvrage bien loin des sentiers battus, le mathématicien et essayiste Melki Sedek So dresse un panorama du péril religieux qui guette l’Afrique et mine tout projet de renaissance et d’unité du Continent. En remontant très loin dans l’histoire et en se fondant sur des faits sociologiques et anthropologiques, il montre comment l’Afrique a sorti l’humanité des ténèbres en posant les fondements du monothéisme, voire du bouddhisme.
Comme d’autres avant lui, il invite le grand public africain à découvrir cette vérité, avec une démarche didactique propre au mathématicien qu’il est. La Maât, code moral établi à l’ancien empire égyptien, assis essentiellement sur les principes de vérité et de justice, est cette lumière qui est partie de l’Afrique pour illuminer le reste du monde.
 
L’auteur invite enfin les Africains à se réapproprier ce qu’ils ont légué au reste du monde, à travers Cheikh Ahmadou Bamba porteur d’un discours unificateur et de progrès pour l’Afrique. L’auteur profite également de cet ouvrage pour vulgariser les travaux de Cheikh Anta Diop. Le lecteur découvrira comment le culte de la déesse Isis aurait donné le nom à la ville de Paris et comment un savant égyptien a contribué à faire d’Alexandre Le Grand, le plus grand chef de guerre de tous les temps. Plus généralement, le lecteur s’imprégnera assez simplement du fait que les prétendues découvertes qui font la réputation des savants grecs sont des choses qui leur ont été enseignées en Égypte, et cela s’étend à toute la pensée grecque antique depuis le poète Hésiode au VIIe siècle avant Jésus Christ jusqu’aux
présocratiques”.
Le long périple du Maat. Par Melki Sedek So – ISBN : 978-2-296-99886-5 • octobre 2014 • 144 pages

L’AVENTURE AMBIGUE DE LA TRANSITION BURKINABE

Dr Lazare Ki-Zerbo

Philosophe, Burkina Faso

Né en 1965 à Ouagadougou (Burkina Faso), Lazare Ki-Zerbo est docteur en philosophie. Il a enseigné à l’Université de Ouagadougou de 1995 à 1999. Il fut chargé de mission à la Francophonie, membre du Mouvement des intellectuels du Burkina Faso, il est également membre du Centre d’Études pour le Développement Africain (CEDA). Fils de l’historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo, il a fondé le Comité International Joseph Ki-Zerbo. Ses centres d’intérêt et publications portent sur le panafricanisme, le fédéralisme et les relations entre mémoire et nouvelles technologies

 Cher Abdou Ndukur Kacc Ndao,

Penser le mouvant, le mouvement, n’est pas chose aisée pour les roseaux pensants que nous sommes. Et pourtant, comme Cabral, Fanon ou ces intellectuels collectifs que fut la FEANF et le mouvement étudiant ou progressiste africain, il faut satisfaire à cette exigence. Penser en situation et objectiver les contradictions qui se développent sous nos yeux. Certes mais avec l’idée de « penser pour agir » comme le dit le baobab Makhtar Mbow. Tu l’as fait avec une certaine hâte au risque de faire des jugements à l’emporte-pièce telles que les accusations sans nuance portées contre le symbole de la transition : le président Michel Kafando. Ce dernier a mené tant bien que mal la barque de la transition qui lui a été confiée, malgré les assauts répétés du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), avatar plus que gênant du régime défunt de Blaise Compaoré. Le ton ferme qu’il a adopté ce matin, lors de sa première intervention en tant que président réhabilité prouve qu’il n’est pas la marionnette que tu l’accuses d’être. Mais la question n’est pas seulement de reconnaître des héros ou de condamner des bourreaux. Si nous voulons changer l’Afrique nous devons aller plus loin.

Dynamique des forces

 La situation appelle une réflexion sur le jeu des forces, l’antagonisme des forces, et à cet égard le déplacement du Président Kafando à l’Ambassade de France doit être mis en relation avec les médiations effectuées tout au long de l’année par le Mogho Naba et l’expression populaire souveraine sur la place de la Nation. Trois places, trois acteurs parmi d’autres : le pouvoir politique légitime représentant le choix accepté par la majorité du peuple burkinabé, la puissance impériale toujours présente, les institutions coutumières toujours présentes elles aussi et susceptibles d’être instrumentalisées ; surtout, la jeunesse comme levier actif de la volonté populaire. Deux autres pôles jouent également un rôle majeur : celui des travailleurs organisés au sein des syndicats, et qui, historiquement, ont pesé dans les changements de régime et bien entendu l’armée aujourd’hui divisée en deux camps, celui des forces républicaines et celui du Régiment de sécurité présidentielle.

Si l’histoire du Burkina Faso possède une logique propre, un caractère spécifique, cela lui vient du rôle moteur d’un parti non officiel : le parti des jeunes et des travailleurs. Autour de lui comme avant-garde valeureuse les couches populaires exploitées intériorisent progressivement depuis l’insurrection d’octobre, et même depuis quelques années, un nouveau sens historique forgé dans la confrontation avec la violence armée de l’Etat néo-patrimonial. Un nouveau sens de leurs responsabilités comme actrices de leur histoire, comme puissance apte à façonner le destin du pays parce que force souveraine dans la lutte.

Souveraineté populaire et paix civile

 Mom sa rew: être maître dans son pays ! Abdou, dans les casernes de Dakar Bango, à la fin des années 70 du vingtième siècle, le journal de And Jëff circulait sous le manteau et nous faisait connaître l’idéal révolutionnaire. Jeune élève, nous cohabitions aussi avec les élèves de la « Terminale A » d’où sortirent plusieurs cadres de la révolution burkinabé, notamment Hien Kilimité récemment disparu, Antoine Sanou…Gilbert Diendiéré. Dans la Haute-Volta de l’époque, les post- soixante huitard étaient imprégnés eux aussi de maoïsme (comme l’Ecole de Dakar menée par Landing et Angélique Savané) au sein de l’Union des luttes communistes (ULC). La révolution sankariste eut lieu dans ce contexte de bouillonnement idéologique.

Et aujourd’hui ? Vouloir faire la même chose serait ridicule. La radicalité a changé de visage et doit donc changer de langage. Seulement il n’y a pas d’avant-garde. A cet égard la machinerie internationale est mieux armée : avec des décennies de transition démocratique imposée au Sud, une ingénierie internationale est aujourd’hui rompue à l’art de contenir les résistances populaires et de susciter des compromis aux dépens de la lutte contre l’impunité. Les accords de paix et de transition « déradicalisent » (pour reprendre Balakrishnan Rajagopal) l’expression populaire et la surdéterminent, l’inhibent, avec l’appui des forces morales traditionnelles ou cléricales : le Mogho Naba ou la haute hiérarchie de l’église catholique en l’occurrence au Burkina Faso. A la vérité et à la justice réclamées par les citoyens, elles proposent souvent réconciliation et élections, encouragée il faut le reconnaître par l’aspiration des peuples à la paix et leur attachement à la sacralité de la vie humaine.

Nous sommes dans cette ambiguïté. L’Union africaine est d’ailleurs plus proche des aspirations légitimes du peuple burkinabé que la CEDEAO dont les dirigeants sont plus que regardants sur la voix de la France : la puissance impériale leur a proposé sur un plateau d’argent un sauvetage contre la menace multiforme au Mali ou au Nigeria. Maintenant il faut payer. Par ailleurs tous les régimes de la sous-région surfent sur une répression plus ou moins voilée des aspirations populaires. Autant dire qu’ils n’ont pas intérêt à ce que la marmite burkinabé explose davantage. Il est symptomatique que le RSP ait mis l’accent sur la répression dans les quartiers périphériques qui sont les viviers de la protestation populaire. C’est une illustration de l’antagonisme que l’on peut voir dans bien des capitales africaines. L’auto-organisation dans les campagnes et les bidonvilles crée de nouveaux espaces de liberté : nouvelle version de « l’encerclement des villes par les campagnes ».

Pour une intégration des peuples

 Si la machinerie sous-régionale et internationale est dressée pour étouffer les dynamiques par le bas, il revient aux citoyens de la sous –région d’inventer des alternatives, de conquérir de nouveaux espaces d’expression et de participation au niveau d’Abuja. La révolution africaine se fera aussi pays par pays, par des sursauts intérieurs comme au Burkina Faso.

De même l’attitude avancée de la Commission de l’Union africaine doit se traduire par un lien plus organique entre Addis Abeba et les communautés régionales. Celles-ci ne sont plus des communautés seulement économiques. Elles sont un cadre où se construit par le bas l’espace supranational de demain : les fédérations ouest- ou est –africaines. Or dans les architectures institutionnelles il n’existe pas d’espaces d’expression populaire audibles au niveau continental ou régional. D’où ce décalage entre la cour de justice de la CEDEAO-qui est habituellement plus progressiste- et l’aspiration au changement formulée sans équivoque par les institutions et la société civile burkinabé.

En outre, de manière urgente, l’expertise sur le démantèlement des forces de sécurité doit être mobilisée pour le Burkina, mais aussi pour le Togo, où le blocage politique vient de la composition et de la morphologie de l’armée. Ici à Accra les amis panafricanistes m’indiquent par exemple que la Ghana a pu démanteler l’unité d’élite qu’était le 64è régiment d’infanterie. Pourquoi ne pas confier à ce pays, en écho à la bold union (union fière) rêvée par Sankara et Rawlings, un partage d’expérience avec son voisin ?

Voici Abdou quelques réactions pensées à chaud et qui ont pour objet de donner quelques repères pour apprécier les enjeux véritables. Après tout, les futures élections ne sont qu’un moyen pour atteindre la démocratie véritable que recherche le peuple burkinabé depuis…1966.

C’est cet avenir-là qui importe et il n’est même pas sûr que les futurs dirigeants soient autant imprégnés de cet idéal. Pour des transformations structurelles pour le bien-être collectif. Dans cette longue marche le sort des héros ou des bourreaux a parfois hélas plus effet de symbole que d’effet immédiat sur la condition de vie de la majorité.

Références

http://www.france24.com/fr/20150922-burkina-faso-putschistes-surarmes-rsp-garde-presidentielle-armee-elite-diendere

http://jfakiblog.com/2015/07/21/le-juge-de-la-cedeao-et-la-revolution-democratique-burkinabe/

 A Accra ce 23 septembre 2015

Gambia-Senegal border dispute: Villagers torn apart over where they belong

Samba Bah is a political science lecturer at University of The Gambia, and the Speaker of the National Youth Parliament.

From Abyei, Sudan and South Sudan, Bakassa (Cameroon and Nigeria) down to Kutuzov Island (China and Russia) border or territorial disputes are always worrisome as they have the potential of knocking heads together. In fact, they have been a great source of conflict around the world; most of the conflicts being fought around are rooted on territorial disputes. Key among these is the Israelo-Palestine conflict and Crimea between Ukraine and Russia. States value territories a lot due to the influence they have on sovereignty, the heartbeat of diplomacy at the international arena. Though many territorial disputes have resulted in violent conflicts, there are others which still are at the latent level. They can be amicably solved with the right diplomatic moves and proper use of good office. These territorial disputes at latent level include Orange River borderline between South Africa and Namibia.

In our case, The Gambia and Senegal, or Senegambia as a region it is hard to categorize our territorial or border ‘issues’. Going around the country especially on the villages on the southern border, you are likely to come across a village divided into two, one side Gambia and the other Senegal. This is worsened by the fact that the people from both sides of the divide are the same people who are only separated by the colonial borders. These borders cut through socio-cultural contours and can sometimes be very illusive. Following reports on Foroyaa Newspaper, one would be quite worried about the developing ‘dispute’ on the Senegal – Gambia or the Tranquil border problem to be specific. Reports have suggested that the Military from both sides of the border met at the border sometime last month. These two armed groups were all trying to establish the frontiers, they could not and the locals were also not clear on where the disputed small village of Tranquil belongs to. This has threatened the tranquility of the village of Tranquil. The villagers themselves are divided on where to show allegiance to, as some claim Senegalese citizenship while others vehemently argue for belongingness to the Smiling Coast. What is obvious is the fact that this issue goes beyond where one is emotionally attached to, and it is not for individuals to pick and choose where they think Tranquil belongs to. The Authorities in both Banjul and Dakar should come together with the right diplomatic gusto to work out a solution. Tranquil belongs to one of these and there are clear records that show it. So, going to the border with fully armed military officers is sheer naivety as this is not an issue for militaries to solve. In fact, such moves are in total contravention of the code of conduct of civilized nations as the UN Charter says: “All Members shall refrain in their international relations from the threat or use of force against the territorial integrity or political independence of any state, or in any other manner inconsistent with the Purposes of the United Nations.” The authorities from both sides of the border should meet and make the right references; there are records that clearly outlined the boarder. The Borders were first defined by treaty in 1889 during the struggles with Kombo Sylla but then there was a boarder commission set in 1891 which physically demarcated the frontiers. The 1891 Anglo French Boarder Commission clearly demarcated the divide and apart from the physical land marks, maps were also produced to this effect. These records are available and they would be the best reference point in solving this boarder problem. These boarders were demarcated a century and a quarter ago and so the people in the border villages today can only rely on oral history passed on to them and that cannot always be relied on especially in a case of such gravity.

“In any dispute, each side thinks it’s in the right and the other side is demons” – Steven

It is very easy to have an opinion on such an issue especially if you are emotionally connected to the community in question but only good intent and well-tailored enquiries can help in establishing the right from the wrong. An article by Paul Nugent title Cyclical History in the Gambia/Casamance Borderlands: Refuge, Settlement and Islam from c.1880 to the Present has interesting revelation on the Tranquil issue. This article is based on research in the national archives of Senegal and The Gambia as well as fieldwork interviews in 17 border villages. Paul Nugent’s research made the following revelations: “The Gambian border town of Darsilami, which had been renamed by Mahfoudz, was similarly transformed by successive waves of immigrants, blurring memories of the original founders. Karoninkas made up the largest contingent, but Jolas from across the Casamance were also well represented. The land between the town and the border was occupied by successive arrivals from the Casamance. One individual had been so harassed by the chef d’arrondissement in Diouloulou over tax that when he built his small hamlet inside the Gambia he called it ‘Tranquil’. His place was later taken by settlers from Kaniabo, and they were subsequently joined by natives of Mlomp who relocated from nearby Touba.” Going by Nugent’s finding, Tranquil is found in The Gambia but it was inhabited by migrants from Casamance. This though is not meant to be and can never be a verdict but it can serve as lead to an enquiry that can establish the facts on Tranquil and where it belongs to. For now, what is certain is Tranquil is in Senegambia. So these two Senegambian governments should take all the required precautions in handling this situation bearing in mind that the border in question was drawn by the British and French. A border established by European Imperialist should not be a cause of conflict between brothers and sisters of our dear Senegambia.

by Samba Bah