STUDIO DE BROUSSE : APPEL A CONTRIBUTION POUR LA PUBLICATION D’UN OUVRAGE SUR LES SIGNES ET LES SYMBOLES : ENTRE IMAGINAIRES ET REALITES

 

LES SIGNES ET LES SYMBOLES : ENTRE IMAGINAIRES ET RÉALITÉS

Editeurs Scientifiques : Abdou Ndukur Kacc Ndao (Socio-anthropologue) & Matar Ndour (Artiste-Photographe)

CONTEXTE ET JUSTIFICATIONS

Le projet Studio de brousse lance un appel à contribution pour la publication d’un ouvrage collectif sur le thème : Les signes et les symboles : entre imaginaires et réalités. «Studio de Brousse» est une randonnée ethno-photographique à travers le Sénégal, un panorama en quelque sorte de nos cultures. Elle concerne chaque région, mais surtout les périphériques. Celles dont le patrimoine, moins visible sur l’échiquier national, est quelque fois sous la menace des agressions extérieures ou de l’uniformisation.

Le projet « Studio de Brousse » s’inscrit dans la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée par l’UNESCO en 2005. Il reflète amplement notre ferme conviction qui est que le plus grand héritage que nous ont laissé nos ancêtres. Et ceci nous exhorte à chercher à travers les sites, édifices et autres œuvres de valeur inestimable, des signes qui sont des témoignages irremplaçables de l’histoire, des supports de l’imaginaire et de la construction identitaire.

L’expérience a également montré que les malentendus et conflits les plus meurtriers ont souvent une origine culturelle, car fondés sur la volonté de nier l’autre ou sur une méconnaissance des fondements de sa société. D’où la nécessité d’y accorder une attention particulière et de consacrer un traitement privilégié à la question des identités culturelles.

Aujourd’hui, la forte urbanisation, l’impact des médias et des TIC font qu’une bonne partie de la jeunesse est plus familiarisée avec des images de l’Occident qu’avec les réalités culturelles locales. Cette situation pose la nécessité d’une valorisation et d’une promotion soutenue du patrimoine culturel matériel et immatériel du Sénégal.

OBJECTIFS ET THÉMATIQUES INVESTIGUÉES

A travers la réalisation du projet « Studio de Brousse », nous avons l’ambition de :

  • Offrir une vitrine réunissant les ressources matérielles et immatérielles du Sénégal en mettant en exergue les spécificités de chaque zone géographique;
  • Contribuer à la sauvegarde et à la vivification du patrimoine culturel;
  • Offrir aux élèves, aux étudiants et à tous les jeunes un outil pédagogique qui les édifie sur les réalités et les richesses culturelles du Sénégal;
  • Favoriser la rencontre, le brassage, la connaissance et l’enrichissement mutuels;
  • Contribuer au dialogue interculturel.

Plus spécifiquement, ce projet ethno-photographique met en exergue les savoir-faire et l’art de vivre de chaque communauté :

– les pratiques culturales et pastorales;

– les techniques de pêche et autres activités de production économique…

– l’architecture et l’artisanat ;

– l’art culinaire ;

– l’art de la vêture et de la parure ;

– les cérémonies initiatiques et rites de passage ;

– les fêtes ainsi que les chants et danses qui les ponctuent ;

– les cérémonies familiales (baptême, mariage, etc.) ;

– les scènes de vie quotidiennes évocatrices.

Aux images fixées sur support numérique sont adjoints des textes qui campent les situations, restituent les contextes géographiques, historiques et socioculturels qui les sous-tendent.

DIVERSITÉS CULTURELLES ET APPROCHES PLURI-DISCIPLINAIRES

Apres plusieurs mois de visites, d’observations, de prises de photos, d’images (visuelles), d’entretiens individuels ou collectifs, à travers la partie Sud du pays, il est apparu urgent au projet de capitaliser ces formidables ressources. Pour ce faire, Studio de brousse va publier un ouvrage qui traitera des symboles et des images notamment pour le peuple Tenda (Bassaris et Bedik) et celui de la Casamance. En effet, les sociétés Diolas, Bassari, Bedik, en l’occurrence, sont très hermétiques. Elles ne se laissent pas apprivoiser au détour d’une visite. Elles sont comme une fleur qui ouvre ses pétales au moment opportun. Il faut des codes, des clefs pour ouvrir certaines portes. Il faut être un initié pour connaitre certains secrets. Même désigner un objet, un lieu, dire un nom exige parfois des autorisations initiatiques. Tout est signes et symboles. La parure ou la coiffure la plus “anodine” chez le profane a un sens particulier chez l’initié. Les masques ont leurs signes et symboles qu’il faut savoir décrypter. Autant ces masques peuvent être similaires, autant leurs décryptages symboliques seront différents. D’où l’urgence méthodologique de combiner différentes approches pour saisir les complexités symboliques.

C’est pourquoi, Studio de brousse lance un appel à contribution aux sociologues, anthropologues, archéologues, symbologues, historiens, et à ceux et celles qui sont intéressé(e)s par le sujet d’envoyer une contribution écrite au plus tard le lundi 31 Août 2015 à minuit GMT. Studio de brousse pourrait aussi mettre à la disposition des éventuels rédacteurs des corpus, des photos et des films pour documenter leurs articles.

Un Comité scientifique publiera sous peu les autres conditions méthodologiques (formats, standard bibliographique, nombre de pages, conditions générales de publication…). Bienvenue à cette expérience sur les symboles et les signes de nos lieux, nos instruments, nos parures, nos scarifications, nos objets sacrés…

Les contributions et questions peuvent être envoyées à l’adresse suivante : abdou.ndao@ndukur.com & ndourawaly@yahoo.fr

ANKN

Equipe Studio de Brousse

Abdou Ndukur Kacc Ndao, Socio-anthropologue

Matar Ndour : Artiste-Photographe

Benoit Kandima Keïta, Assistant-Caméra

L’EXOLE, NOS AMBITIONS, NOTRE POSTURE

Lorsqu’un laïc parle de l’école, il est souvent lu comme un profane qui se promène sur le jardin des initiés. Son propos peut déchainer des passions, ou faire l’objet du mépris réservé aux déficients mentaux et aux ignorants dans une assemblée de savants. Mais le risque de choquer ou d’être traité de naïf, ne pourrait nous empêcher :

  • D’exercer notre droit de citoyen en disant la forme dont nous souhaiterions être gouvernés.
  • De donner notre avis de parent d’élèves en criant haut et fort ce que nous attendons de l’éducation et de la formation de nos enfants.

A Ndoumbélaan, tout laisse croire que le débat autour l’école est une affaire « d’initiés », entendez un sujet réservé aux politiques et aux pédagogues. La société dans son ensemble (parents d’élèves, clergé, associations diverses, opérateurs économiques privés etc.), n’intervient généralement qu’en tant que médiateur de conflits dont l’influence ne va pas au-delà de l’obtention d’une trêve entre belligérants invités à prolonger un statu quo en laissant l’école telle quelle. De toute façon, les trêves obtenues ne sont jamais autres que des traités armistices dont l’objectif est toujours le même : « sauver l’année scolaire ». Mais peut-on garantir la qualité d’un repas après en avoir interrompu plusieurs fois la cuisson ? Quelle crédibilité accorder au résultat d’un match après avoir comptabilisé plusieurs arrêts et incidents?

Le débat technique autour de la prolongation des enseignements pour « respecter » le quantum horaire (histoire de combler un gap) est un simple calcul d’épicier qui ne répond pas à la question. Son application soulève d’ailleurs d’autres revendications légitimes et ou illégitimes de … sous.

Où est la performance quand on fait en douze mois ce qui était prévu pour être fait en six mois ? Cette pratique qui consiste à créer des pauses artificielles à instaurer des périodes de congé et de « repos » à travers des grèves (légales et ou illégales) pour nos potaches a certainement contribué à tuer le goût de l’effort et de l’endurance. C’est devenu une habitude pour nos potaches de décréter une grève pour anticiper des vacances. La banalisation d’un tel fait par la plupart d’entre nous sous la forme d’excuse : « xale yi dano sonn rek » est scandaleux. La  tendance à bâcler les fins de réunions chez nos concitoyens, à quitter les lieux de travail avant l’heure, et même à se faire battre à la limite du temps réglementaire lors des compétions par nos sportifs, etc. n’est-il pas le fruit de ces pratiques de hachage de l’éducation et de la formation devenue institutionnelle ? C’est une question à laquelle il faudrait certainement réfléchir sérieusement. En attendant nous regrettons  pauvres nostalgiques, la perte d’un ensemble de valeurs peut être pour toujours enfouies dans les secrets des bois sacrés, des cases d’initiation et des daara que cette école a insidieusement dévoré.

Le scandale ce n’est pas que l’école soit agitée. Elle est par essence le centre de convergence de toutes les couches de la société, elle est donc et subséquemment, l’épicentre dynamique et magmatique de nos contradictions, où toute solution prend la forme maïeutique de nouvelles questions, de nouveaux défis à relever. Et c’est heureux !! Car c’est cela qui nous pousse à toujours aller de l’avant, à sauter toujours plus haut. Si notre école épousait la forme tranquille d’un élevage où les élèves deviendraient des sujets vertueux satisfaits de leurs prairies et de leurs étables, les enseignants des bergers rassasiés de leurs récoltes, notre société serait une société statique, une cellule dégénérescente.

Par contre, force est de constater que l’école de Ndoumbélaan ne façonne plus, sa forge ne trempe plus son acier. Difficile donc pour elle de sortir des produits compétitifs dans un monde où la concurrence est pourtant de plus en plus rude. En réponse, des parents d’élèves dépités choisissent de plus en plus l’éducation privée qui n’offre certainement pas mieux, mais entretient l’illusion de performance grâce à la régularité dans le travail même si l’assiduité seule n’est pas une condition suffisante de performance. Le laxisme et la paresse, la perte de plus en en plus marquée de l’altruisme, les tricheries en tout genre, la primauté du droit sur nos devoirs, menacent de crétiniser un peuple réputé intelligent. Pourtant la semence est encore là, et les performances scientifiques et techniques, culturelles et sportives de nos citoyens dans des environnements différents le prouvent.

On dit que l’école est le produit de la société. Il serait plus juste de dire que notre société telle quelle est le produit de cette école moribonde. Notre école est devenue l’otage de ses serviteurs au grand dam de ses utilisateurs et de ses bénéficiaires. Pourtant l’école n’est ni le fruit ni la propriété exclusive des pédagogues et des politiques. Bien aux contraires, ceux-ci ne devraient se considérer que comme les « agences de mise en œuvre » d’une volonté nationale exprimée et maitrisée d’éducation et de formation d’un peuple.

Cellule de convergence de tous les membres de notre société, n’est ce pas vers cet endroit que se tournent nos regards et nos espoirs mais également nos angoisses de tous les jours ? N’est pas ici que se dessine et se mire notre futur proche et lointain ?

L’idéal de l’éducation et de la formation c’est de bâtir et de promouvoir une société moderne mais aussi une société juste et démocratique où les performances  seront récompensées à leur juste valeur et les efforts constamment encouragés.

L’orientation stratégique de l’école se confond avec la recherche d’un équilibre statique et statistique des composantes des sociétés humaines. Autrement dit, plus que le nombre et la qualité des infrastructures, il faut bien un certain nombre d’hommes et de femmes, une certaine qualité d’ouvriers et de paysans, de médecins et d’ingénieurs, de sportifs, de policiers et de militaires etc. proportionnellement agencés pour garantir l’avènement de tel ou tel stade de développement, pour telle ou telle qualité de vie?

Certes, l’école n’est pas un moule produisant des stéréotypes, mais elle n’en demeure pas moins la solution politique et sociale, économique et culturelle à travers laquelle doivent être plongés les acteurs d’un développement maitrisé.

Les projets et programmes, la qualité des acteurs   chargés de les faire vivre renvoient au type et à la qualité des formations dispensées. Si nous reproduisons les acteurs et les pratiques d’aujourd’hui, nous reproduiront forcément demain, les mêmes rapports et le même stade de développement. Or, notre école n’a visiblement pas encore produit les ressources humaines scientifiques et techniques capables d’entretenir une bombe nucléaire même si on nous en ferait cadeau. Elle n’a pas aussi produit les ressources morales pour gérer les milliards potentiels que fait miroiter un illusoire PSE. La zone de turbulence qu’elle traverse depuis des décennies ne lui permet pas de réfléchir sereinement sur les voies et moyens d’aménager et de structurer les bases d’accueil pour de tels investissements.

Croyons-nous sérieusement que Ndoumbélaan soit en mesure d’assurer son autosuffisance alimentaire dans un an ? La réponse est sans aucun doute oui. Mais si on nous posait la question : peut-on être autosuffisant à partir de 2017, nous dirions sans hésiter: impossible, parce que les ressources scientifiques et techniques, matérielles et morales d’une repicabilité d’une récolte record qu’un volontarisme politique rendrait possible ne sont pas réunies pour en pérenniser les fruits. S’il est possible d’acquérir (abstraction faite de la rentabilité) tous ingrédients nécessaires à une telle performance, nous ne disposons pas des ressources à même de la soutenir. Notre école n’a pas produit ni envisagé la mise en place de l’armée opérationnelle pour soutenir une telle cadence. De grâce, ne mettons pas la charrue avant les bœufs ! C’est l’éducation et la formation qui fera le développement et non les milliards, fussent-ils empruntés ou issus de gisements potentiels vers lesquels se tournent de plus en plus nos regards.

L’enseignement des sciences et des techniques est au cœur cette problématique. Il introduit un débat très actuel qui agite notre conscience.

Il est peut être nécessaire de lever toute ambiguïté tendant à faire penser que tel type d’enseignement serait plus utile que tel autre. La langue ou plus exactement le langage est le premier support de la science et de la technique. Elle est également le moyen le plus usuel de transmission des connaissances entre les hommes.

Mais il faut aussi convenir de l’importance de la science et des techniques comme support principal et exclusif de tout le progrès humain. Si la littérature a fait des pas de géant, c’est parce que Gutenberg a inventé l’imprimerie. Si l’Occident nous déverse ses produits en tout genre, c’est grâce à la qualité de sa science et de sa technique, sa médecine, son agronomie, sa physique et sa chimie, ses mathématiques.

Ce sont des ingénieurs qui façonnent les barrages et maîtrisent les ressources hydriques et hydrauliques, domptent l’atome, nous fournissent l’énergie indispensable à toutes les activités productives etc. Les performances même des sportifs sont aujourd’hui, conditionnées par la qualité des physiologistes, des anatomistes, des nutritionnistes, des agronomes, des géomètres etc. qui savent si bien manager les corps, choisir les éléments nutritifs les plus adaptés, sélectionner les matériaux des pistes, les gazons etc. Même l’ « art primitif » doit s’adosser sur la science et la technique pour s’exprimer.

Il nous faut donc des scientifiques de grande valeur pour nous hisser au rang des grandes nations.

Si les décideurs politiques étaient convaincus de la place que doit occuper impérativement l’enseignement des sciences et des techniques, ils procèderaient à une réforme en profondeur du système en mettant en avant les conditions matérielles et morales pour son épanouissement par rapport à l’enseignement général qui a constitué jusqu’ici la règle de valeur.

Mais, malgré leur importance tant du point de vue de leur place que de leurs finalités, l’enseignement des sciences et des techniques se heurte à de nombreux obstacles qui s’opposent à leur promotion. Ainsi notre système éducatif souffre de maux tels que (supports didactiques, professeurs, salles équipées etc.…). Mais l’apport de ressources pédagogiques matérielles et humaines, est-il une condition nécessaire et suffisante pour massifier nos classes scientifiques ?

Est-il possible, une fois les conditions pédagogiques réunies, d’obliger nos enfants à fréquenter les séries scientifiques ? La question n’est sûrement pas de concevoir l’enseignement des sciences et des techniques comme une camisole de force contraignante mais nécessaire à imposer à nos enfants. Il est plutôt question de le rendre attractif, peut être discriminatoirement attractif tel, que ceux qui le choisissent puissent singulièrement et spécifiquement s’épanouir.

Si l’enseignant peut concevoir l’école comme un endroit peut attrayant et lui consacrer  malgré tout, son énergie par nécessité et par devoir, l’adolescent, aura une toute autre réaction.

Certes, l’apprentissage est forcément contraignant. Et ceci d’autant plus que le degré ici en question invoque beaucoup plus l’obligation de se familiariser avec des outils dont l’utilisation est forcément différée, aléatoire pour l’adolescent.

La notion de séduction passe avant les perspectives et les débouchés qui ont une connotation économique pas toujours pris en compte par l’enfant. Si nous nous plaignons aujourd’hui, de la prédominance de l’enseignement littéraire et plus précisément de l’enseignement des sciences humaines et des lettres, sur l’enseignement des sciences et des techniques, c’est bien parce que ceux-ci sont plus attrayants.

Nous évoquons souvent des raisons de facilités pour justifier le rush des potaches sur l’enseignement des sciences humaines et des lettres. Mais il y a une nuance. Et elle est de taille !!!

Ce n’est pas que les lettres et les sciences humaines soient plus faciles naturellement mais parce que la pédagogie ici utilisée les rend plus digestes pour la majorité des élèves.

Grâce aux supports sociaux et culturels, l’enseignement des sciences  humaines et des lettres a réussi à se prolonger sur toutes les sphères et les activités de la vie courante.

Le cours de géographie et d’histoire est prolongé par le journal télévisé, le cours d’art dramatique par le théâtre et le cinéma, pendant que Hegel et Platon, Chinua Achebe ou Ousmane Sembene  se révisent autour des séances de thé, les leçons d’instruction civique par les contes de grand-mère etc.

Or, les modes de diffusion de ces supports obligent forcément l’élève à fermer son cahier de physique, de mathématique et de sciences naturelles, ou à s’isoler donc à se marginaliser par rapport à un ensemble de valeurs où la réunion et le partage sont les valeurs cardinales. Et la marginalisation fait peur. Elle peut se révéler plus angoissante que les difficultés supposées ou réelles des options scientifiques.

C’est pourquoi, il est important sans chercher à imiter les formes usitées par l’enseignement des lettres et des sciences humaines, de réfléchir à des initiatives originales qui valoriseraient spécifiquement l’option scientifique en dehors d’un prix symbolique tous les douze mois.

Ici encore, ce ne sont plus exclusivement les pédagogues et les décideurs politiques qui sont interpellés mais toute la société. Pourquoi en effet, les opérateurs économiques, les services publiques et privés n’offriraient ils pas de possibilités de stages aux élèves durant les vacances scolaires pour les aider à se familiariser avec l’entretien des infrastructures, l’exploitation des mines, les statistiques démographiques etc.? Pourquoi n’offrirons-nous pas des voyages scientifiques aux élèves au cœur des centres de production et de recherches d’ici et d’ailleurs ? Ce sont là des pistes non exhaustives à explorer.

Pourquoi interpeller uniquement l’état et les élus locaux pour l’assistance sociale des nécessiteux alors que moins de 1% des bénéfices d’un opérateur économique moyen peut aider un enfant à manger à sa faim, acheter ses fournitures et accomplir des performances à l’école ?

Les sciences sont à la portée de chacun d’entre nous, il s’agit seulement de créer les conditions favorables à leur enseignement et apprentissage, de combattre les mythes qui les entourent, de lever les stéréotypes de « génie » qui découragent à priori.

BANDIA, MAI 2015

Photo : Matar Ndour, 2015

CONTRIBUTION : “COMMENT L’UNIVERSITÉ ASSANE SECK DE ZIGUINCHOR (UASZ) SERT A EMPÊCHER L’ÉLÉVATION D’UNE ELITE”.

Dr. Pape Chérif Bertrand, Akandijack Bassène

Visiting Assistant Professor

Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD)

« L’image de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf vous vient à l’esprit quand vous visitez l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). C’est juste un petit centre universitaire qu’on a voulu transformer en Université ; alors qu’initialement, il n’en était pas question. »

“La périphérique Casamance” de demain ou comment l’UASZ sert à empêcher l’élévation d’une élite”

En 2002, le wadisme* naissant qui allait sécréter l’actuel président de la République Monsieur Macky Sall, inaugurait en Casamance un laxisme criminel qui n’était rien d’autre qu’une nouvelle forme de lutte contre les futures élites casamançaises avec le naufrage du Ferry Le Joola.

Cette animosité qui ne dit pas son nom contre la Casamance, fut matérialisée par cette catastrophe du 26 septembre 2002 qui avait emporté pas moins de 400 étudiants de la seule ville de Ziguinchor (scoopdeziguinchor, sept. 2010). Et dont les corps de certains ont disparu pour toujours au fond de l’océan comme de vulgaires carcasses humaines, à l’image de la ferraille qui constitue désormais leur sépulture sous-marine.

Quatre cents (400) étudiants, c’est pratiquement le ¼ du nombre qui constituait l’effectif de l’Université deux ans après son ouverture. Mais le rapport entre le wadisme et la Casamance est renseigné avant tout par l’éclatant échec d’une ambition politique : ramener la paix en 100 jours. Et quand on lie la catastrophe à la situation d’insécurité qui prévalait, on finit par se dire que par ses méthodes, le régime Wade a apporté plus de malheur en Casamance.

Cependant, il était facile d’acquérir le titre de partisan de la liberté et de la paix dans une région qui a le mythe d’être très scolarisée, il suffisait alors pour cela de promettre des infrastructures scolaires comme universitaires. C’est ainsi qu’aller naître l’idée d’ouvrir dans la région un centre universitaire, entendre par là, une future Université qui allait proposer aux enfants de la Casamance les possibilités d’étudier sur place et dans de meilleures conditions. Un tel engagement politique ne pouvait être refusé.

En 2007, cinq ans après la catastrophe du Ferry le Joola, le wadisme offrait aux Casamançais la supposée troisième Université du Sénégal. Sous un autre angle, on était en droit de se demander si la castramétation voulue des étudiants casamançais dans leur bled, ne renverrait pas l’image d’une catastrophe qui en cacherait une autre en Casamance avec l’Université de Ziguinchor qui deviendrait un autre Ferry échoué au cœur de la ville. Pour comprendre notre inquiétude, il faut au regard de l’histoire se poser la question de savoir par exemple, si l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) mérite son statut ?

Car si l’on trouve sur place des enseignants-chercheurs dévoués, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ne sont pas mis dans les meilleures conditions de travail. Nous pensons qu’on ouvre une Université à des fins de poursuite de meilleures études avec l’ambition de produire des résultats reconnus par la communauté scientifique. Aussi, l’Université doit-elle bénéficiée de tous les privilèges étatiques, de sorte que les étudiants puissent y recevoir une formation intellectuelle qui permette de résoudre les problèmes théoriques du développement (Harold Fisch, 1996). Nous croyons aussi que la fonction de l’enseignement universitaire devrait être subordonnée à celle de la recherche et dirigée vers la sécurisation et la continuité de cette dernière. Et la recherche, c’est ce à quoi devrait s’attacher toute Université qui voudrait s’installer en Casamance et qui veut faire face à la réalité locale.

Mais avant d’aborder ce volet recherche, arrêtons-nous sur l’urgente question du manque de moyens et d’infrastructures. L’image de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf vous vient à l’esprit quand vous visitez l’UASZ. C’est juste un petit centre universitaire qu’on a voulu transformer en Université ; alors qu’initialement, il n’en était pas question. Et l’on se demande qu’est-ce qui a bien pu animer un tel choix qui sans les moyens qui vont avec, donne une certaine image des intentions arrêtées que le wadisme avait pour les futures élites casamançaises.

Géographiquement situé entre Diabir, autre symbole de la rébellion casamançaise ; le petit aéroport régional et le cantonnement sauvage de “l’escadron de commandos ( ?)” à Kenya, tristement connu pour être un lieu d’exaction par excellence quand on parlait de terreur en Casamance (Amnesty, 1998) ; on ne saurait trouver endroit plus sinistre pour faire de cette Université le symbole d’un champ expérimental de la conflictualité en Casamance. Et allégoriquement, comme la grenouille qui crève en voulant se faire gros, la situation à l’UASZ est une parfaite illustration d’un destin explosif.

Pour continuer à explorer les symboles, nous sommes tentés de dire qu’il existe une corrélation entre le choix du parrain, Monsieur Assane Seck, et le gage à tenir pour cette Université. Car il n’y aura pas de hasard à l’UASZ, mais la mystique prégnante d’un héritage du refus. Le président Macky Sall a beau raconté une histoire-mémoire pacifiste du parrain, “homme de science, de culture et d’ouverture, (qui) inspire l’éveil des consciences citoyennes pour la paix, la stabilité et la cohésion nationale” ; ne saurait enlever aux Casamançais cette autre image du Lébou-Casamançais : celui d’un homme du refus. Le mouvement autonome de la Casamance (MAC) serait passé par là.

Pour autant, restons loyal envers la mémoire collective casamançaise, en rappelant que c’est à travers une correspondance que lui avait adressé par l’Abbé Diamacoune Senghor en 1994, que l’on découvrit la notion de “Casamanqués” par opposition aux “Fils authentiques de la Casamance, dignes héritiers des vertus et qualités de (leurs) valeureux et glorieux ancêtres”.

Par conséquent, si les étudiants de l’UASZ à qui, on avait promis il y a plus d’un an, “confiance et appui pour conduire (leur) établissement sur les chemins de l’excellence et de l’exemplarité”, ne voient rien venir ; il nous parait évident que l’image qu’ils garderont de leur parrain, ne sera pas celle du pacifiste, mais d’un homme du refus “déjà ancré dans l’histoire-mémoire locale, et pour l’éternité” (APS, 19 mars 2014).

La conjoncture donc qui prévaut à l’UASZ et qui motive les étudiants à faire une marche jusqu’à Dakar – sans oublier la dernière mobilisation des collègues enseignants – tous lassés d’attendre avec le doute de l’espoir, une promesse qui ne “ménagerait aucun effort pour une amélioration continue des conditions de vie, d’études et de travail dans cette Université de référence” ; constituera demain une énième preuve flagrante que l’Université de Ziguinchor a été créé pour produire à la longue des élites casamançaises à la périphérie de l’Etat-Nation sénégalais.

Telle est la conclusion prospective pour laquelle, il nous semblait avéré qu’une catastrophe pouvait en cacher une autre en Casamance. Elle ne sera pas le fruit de la vérification d’une hypothèse sur une supposée indiscipline des étudiants, mais la logique d’un Etat-Nation en crise en Casamance. Nous ne croyons pas non plus, que Monsieur Macky Sall, le Premier Ministre d’alors qui a vu naître l’Université de Ziguinchor a une solution révolutionnaire pour la désormais UASZ. Laisser supposer qu’il n’y aurait pas continuité du wadisme, serait limite crime de lèse-majesté pour ce républicain fondateur de l’Alliance pour la République(APR). C’est dire qu’il y a bien poursuite de la logique établie à partir de 2002 ; tuer toute possibilité d’éclosion d’une future élite casamançaise qui risquerait de démocratiser (dans un pays vanté pour sa démocratie) la problématique de la crise de l’Etat-nation sénégalais en Casamance.

Moins la Casamance serait instruite mieux se porterait l’Etat-Nation. Il suffit d’ailleurs pour le constater de regarder l’attelage gouvernemental. Et c’en est bien là, l’héritage du wadisme chez Macky Sall, cette nouvelle donne étatique qui réprime les excès et le danger que constituent la liberté et la fierté Casamançaise que risquent d’hériter ses futures élites. Nous vous offrons comme exemple le fait que le wadisme a combattu le Professeur Marcel Bassène (et pourquoi selon vous ?)

Soyons clair, à beau parler qui n’a cure de bien faire, dit l’adage. Et combien de fois donc le Président Macky Sall est venu parler aux Casamançais ? Quelle autre promesse les Casamançais pourraient-ils attendre de lui ?

Ainsi, tant que le régime actuel se contentera d’engagements qu’il ne tiendra pas aux Casamançais en général et au monde universitaire local en particulier, alors leur espoir de s’élever pour atteindre les sphères de l’Etat où se construit la Nation et qui passe nécessairement par l’éducation et l’enseignement supérieur sera réduit à néant. [A l’image de ce régime qui apparait comme un intervalle de néantisation de la démocratie sénégalaise (nous y reviendrons certainement).] Donc, l’UASZ sera bien ce leurre jeté en Casamance pour entraver le développement de nouvelles générations d’intellectuels. Qui pourra-t-on empêcher demain de croire que l’Etat-Nation sénégalais, dominé par ceux qu’on connait, a piégé les fils de la Casamance dans de faux-espoirs d’élévation ; que l’UASZ cultive le minima logos et ne fait qu’obstruer le chemin qui conduit à cette élévation ?

D’ailleurs saisissons ici l’occasion pour interpeller les cadres casamançais, ces élites arrivées à l’âge de la sagesse. Chères aînées, avons-nous tort d’imaginer que l’UASZ porte les germes de l’échec et qu’il serait urgent pour la sauver de demander son autonomie afin d’en faire une vraie Université tournée vers la recherche ?

La recherche, comme nous l’évoquions plus haut, devrait être au cœur de l’Université afin de participer à la résolution des problèmes du développement. Encore faut-il dégager les axes prioritaires de recherches pour une Université en Casamance. Comme nous, vous reconnaissez qu’en Casamance la paix et le développement sont les premiers défis des populations. En d’autres termes, l’UASZ située dans une région facteur potentiel de conflictualités devrait exceller dans des domaines au service de la paix, des droits humains et du développement.

Sauf qu’on assiste, en plus du manque de hiérarchisation des priorités, à une bien curieuse architecture des unités de formation et de recherches (UFR), quand des départements tel que celui de Géographie existe loin des Sciences sociales ; tandis que la biologie et les sciences naturelles et même l’histoire sont absentes. C’est en cela d’ailleurs qu’on dénote un manque de cohérence entre les études menées à l’UASZ et les possibles débouchées dans la région. En effet, sans besoin d’un spécialiste, comment peut-on penser un département de tourisme en Casamance indépendamment et en l’absence totale d’un département d’histoire ?

Certes, il est louable de vouloir “former des cadres et des professionnels du tourisme”, mais il faut éviter de donner l’impression d’une confusion entre tourisme et hôtellerie. Car, en l’absence d’un département d’histoire et du patrimoine qui répondent mieux “aux besoins de la région naturelle de Casamance”, on a du mal à voir en quoi consiste les débouchées des futurs diplômés du tourisme en Casamance, sans aucune connaissance historique, culturelle, et patrimoniale qui permettent de faire de ce secteur une forte potentialité de développement.

En outre, la Casamance est bien mal servie encore une fois, quand on sait le nombre d’historiens et de diplômés de champs connexes qu’elle a. C’est dans cette famille disciplinaire que les élites casamançaises se sont le plus illustrés en termes de gestion administrative. Nous pouvons citer feu Antoine Tendeng qui a été à la tête de l’Ecole des Bibliothécaires et archivistes de Dakar (EBAD) ; sans oublier Olivier Sagna qui fut aussi Directeur de l’EBAD et qui parait-il est dans la gestion administrative de l’Enseignement Supérieur. On aurait bien pu l’envoyer au casse-pipe à l’UASZ où il devrait diriger et organiser un département d’histoire dans une région en quête de son héritage historique, patrimonial et culturel tombé en déshérence.

Bref, il y a tant d’urgences à l’UASZ et peu de moyens et de volonté politique. Mais notre voix s’arrête en ces derniers mots, et pour dire que rare sont ceux qui s’aventurent à disséquer le cynisme du wadisme en Casamance. Tandis que, nombreux sont ceux prompts à accuser l’indiscipline des étudiants casamançais qui auraient ainsi passé tout leur temps à faire des revendications au point d’être les ouvriers de leur propre ruine. Mais est-ce sérieux de dire que l’UASZ offre les perspectives d’une Université d’avenir pour les enfants de la Casamance ?

Nous sommes tentés de dire, que tout observateur sérieux, saura avouer que dans sa situation actuelle, l’UASZ offre les contours d’une Casamance qui deviendra, si l’on n’y prend pas garde, périphérique en termes de formation des élites de demain. D’où encore une fois, le besoin de travailler sur l’autonomisation de l’Université en Casamance avec un transfert de compétences et de MOYENS à la hauteur des ambitions de la région.

Une Casamance où seront aussi les bienvenues d’autres Universités telles que l’UCAO et la Soka par exemple ! »

*Wadisme : Style de gestion politique de l’Etat du Sénégal sous le régime du Président Me Abdoulaye Wade. [Pour en savoir plus sur le rapport entre le wadisme et la Casamance, nous vous conseillons, Abdoulaye Aziz Ndaw (Cl), Pour l’honneur de la Gendarmerie. Tome 1, L’Harmattan, 2014.]

Publié par Scoopsdeziguinchor.Com avec l’aimable autorisation de l’auteur. 

 

L’ECOLE, NOS AMBITIONS, NOTRE POSTURE

Lorsqu’un laïc parle de l’école, il est souvent lu comme un profane qui se promène sur le jardin des initiés. Son propos peut déchaîner des passions, ou faire l’objet du mépris réservé aux déficients mentaux et aux ignorants dans une assemblée de savants. Mais le risque de choquer ou d’être traité de naïf, ne pourrait nous empêcher :

  • D’exercer notre droit de citoyen en disant la forme dont nous souhaiterions être gouvernés
  • De donner notre avis de parent d’élèves en criant haut et fort ce que nous attendons de l’éducation et de la formation de nos enfants.

A Ndoumbélaan, tout laisse croire que le débat autour l’école est une affaire « d’initiés », entendez un sujet réservé aux politiques et aux pédagogues. La société dans son ensemble (parents d’élèves, clergé, associations diverses, opérateurs économiques privés etc.), n’intervient généralement qu’en tant que médiateur de conflits dont l’influence ne va pas au-delà de l’obtention d’une trêve entre belligérants invités à prolonger un statu quo en laissant l’école telle quelle. De toute façon, les trêves obtenues sont jamais que des traités périodiques dont l’objectif est toujours le même : « sauver l’année scolaire ». Mais peut-on garantir la qualité d’un repas après avoir interrompu plusieurs fois la cuisson ? Quelle crédibilité accorder au résultat d’un match après avoir comptabilisé plusieurs arrêts et incidents?

Le débat technique autour de la prolongation des enseignements pour « respecter » le quantum horaire (histoire de combler un gap) est un simple calcul d’épicier qui ne répond pas à la question. Son application soulève d’ailleurs d’aitres revendications légitimes et ou illégitimes de … sous.

Où est la performance quand on fait en douze mois ce qui était prévu pour être fait en six mois ? Cette pratique qui consiste à créer des pauses artificielles à instaurer des périodes de congé et de « repos » à travers des grèves (légales et ou illégales) pour nos potaches a certainement contribué à tuer le goût de l’effort et de l’endurance. C’est devenu une habitude pour nos potaches de décréter une grève pour anticiper des vacances. La banalisation d’un tel fait par la plupart d’entre nous sous la forme d’excuse : « xale yi dano sonn rek » est scandaleux. La  tendance à bâcler les fins de réunions chez nos concitoyens, à quitter les lieux de travail avant l’heure, et même à se faire battre à la limite du temps réglementaire lors des compétions par nos sportifs, etc. n’est-il pas le fruit de ces pratiques de hachage de l’éducation et de la formation devenue institutionnelle ? C’est une question à laquelle il faudrait certainement réfléchir sérieusement. En attendant nous regrettons  pauvres nostalgiques, la perte d’un ensemble de valeurs peut être pour toujours enfouies dans les secrets des bois sacrés, des cases d’initiation et des daara que cette école a insidieusement dévoré.

L’école de Ndoumbélaan ne façonne plus, sa forge ne trempe plus son acier. Difficile donc pour elle de sortir des produits compétitifs dans un monde où la concurrence est pourtant de plus en plus rude. En réponse, des parents d’élèves dépités choisissent de plus en plus l’éducation privée qui n’offre certainement pas mieux, mais entretient l’illusion de performance grâce à la régularité dans le travail même si l’assiduité seule n’est pas une condition suffisante de performance. Le laxisme et la paresse, la perte de plus en en plus marquée de l’altruisme, les tricheries en tout genre, la primauté du droit sur nos devoirs, menacent de crétiniser un peuple réputé intelligent.

Pourtant la semence est encore là, et les performances scientifiques et techniques, culturelles et sportives de nos citoyens dans des environnements différents le prouvent.

On dit que l’école est le produit de la société. Il serait plus juste de dire que notre société telle quelle est le produit de cette école moribonde. Notre école est devenue l’otage de ses serviteurs au grand dam de ses utilisateurs et de ses bénéficiaires. Pourtant l’école n’est ni le fruit ni la propriété exclusive des pédagogues et des politiques. Bien aux contraires, ceux-ci ne devraient se considérer que comme les « agences de mise en œuvre » d’une volonté nationale exprimée et maitrisée d’éducation et de formation d’un peuple.

Cellule de convergence de tous les membres de notre société, n’est ce pas vers cet endroit que se tournent nos regards et nos espoirs mais également nos angoisses de tous les jours ? N’est pas ici que se dessine et se mire notre futur proche et lointain ?

L’idéal de l’éducation et de la formation c’est de bâtir et de promouvoir une société moderne mais aussi une société juste et démocratique où les performances  seront récompensées à leur juste valeur et les efforts constamment encouragés.

L’orientation stratégique de l’école se confond avec la recherche d’un équilibre statique et statistique des composantes des sociétés humaines. Autrement dit, plus que le nombre et la qualité des infrastructures, il faut bien un certain d’hommes et de femmes, une certaine qualité d’ouvriers et de paysans, de médecins et d’ingénieurs, de sportifs, de policiers et de militaires etc. proportionnellement agencés pour garantir l’avènement de tel ou tel stade de développement, pour telle ou telle qualité de vie?

Certes, l’école n’est pas un moule produisant des stéréotypes, mais elle n’en demeure pas moins la solution politique et sociale, économique et culturelle à travers laquelle doivent être plongés les acteurs d’un développement maîtrisé.

Les projets et programmes, la qualité des acteurs   chargés de les faire vivre renvoient au type et à la qualité des formations dispensées. Si nous reproduisons les acteurs et les pratiques d’aujourd’hui, nous reproduiront forcément demain, les mêmes rapports et le même stade de développement.

L’enseignement des sciences et des techniques est au cœur cette problématique. Il introduit un débat très actuel qui agite notre conscience. La solution de la problématique majeure « éducation / emploi » ne peut, nous en sommes profondément convaincus, passer que par la revalorisation et la généralisation de l’enseignement des sciences et des techniques.

Il est peut être nécessaire de lever toute ambiguïté tendant à faire penser que tel type d’enseignement serait plus utile que tel autre.

La langue ou plus exactement le langage est le premier support de la science et de la technique. Elle est également le moyen le plus usuel de transmission des connaissances entre les hommes.

Mais il faut aussi convenir de l’importance de la science et des techniques comme support principal et exclusif de tout le progrès humain. Si la littérature a fait des pas de géant, c’est parce que Gutenberg a inventé l’imprimerie. Si l’Occident nous déverse ses produits en tout genre, c’est grâce à la qualité de sa science et de sa technique, sa médecine, son agronomie, sa physique et sa chimie, ses mathématiques.

Ce sont des ingénieurs qui façonnent les barrages et maîtrisent les ressources hydriques et hydrauliques, domptent l’atome, nous fournissent l’énergie indispensable à toutes les activités productives etc. Les performances même des sportifs sont aujourd’hui, conditionnées par la qualité des physiologistes, des anatomistes, des nutritionnistes, des agronomes, des géomètres etc. qui savent si bien manager les corps, choisir les éléments nutritifs les plus adaptés, sélectionner les matériaux des pistes, les gazons etc. Même l’ « art primitif » doit s’adosser sur la science et la technique pour s’exprimer.

Il nous faut donc des scientifiques de grande valeur pour nous hisser au rang des grandes nations.

Si les décideurs politiques étaient convaincus de la place que doit occuper impérativement l’enseignement des sciences et des techniques ils procéderaient à une réforme en profondeur du système en mettant en avant conditions matérielles et morales pour son épanouissement par rapport à l’enseignement général qui a constitué jusqu’ici la règle de valeur.

Mais, malgré leur importance tant du point de vue de leur place que de leurs finalités, l’enseignement des Mathématiques et des sciences se heurte à de nombreux obstacles qui s’opposent à leur promotion. Ainsi la quasi-totalité de nos Lycées souffrent de maux tels que (supports didactiques, professeurs, salles équipées etc.…).

Si l’école est par essence le centre de convergence de toutes les couches de la société, elle est aussi et subséquemment, l’épicentre dynamique et magmatique de nos contradictions, où toute solution prend la forme maïeutique de nouvelles questions, de nouveaux défis à relever. Et c’est heureux !! Car c’est cela qui nous pousse à toujours aller de l’avant, à sauter toujours plus haut. Si notre école épousait la forme tranquille d’un élevage où les élèves deviendraient des sujets vertueux satisfaits de leurs prairies et de leurs étables, les enseignants des bergers rassasiés de leurs récoltes, notre société serait une société statique, une cellule dégénérescente. L’apport de ressources pédagogiques matérielles et humaines, est-il une condition nécessaire et suffisante pour massifier nos classes scientifiques ?

Mais est-il possible, une fois les conditions pédagogiques réunies, d’obliger nos enfants à fréquenter les séries scientifiques ? La question n’est sûrement pas de concevoir l’enseignement des sciences et des techniques comme une camisole de force contraignante mais nécessaire à imposer à nos enfants. Il est plutôt question de le rendre attractif, peut être discriminatoirement attractif tel, que ceux qui le choisissent puissent singulièrement et spécifiquement s’épanouir.

Si l’enseignant peut concevoir l’école comme un endroit peut attrayant et lui consacrer  malgré tout, son énergie par nécessité et par devoir, l’adolescent, aura une toute autre réaction.

Certes, l’apprentissage est forcément contraignant. Et ceci d’autant plus que le degré ici en question invoque beaucoup plus l’obligation de se familiariser avec des outils dont l’utilisation est forcément différée, aléatoire pour l’adolescent.

La notion de séduction passe avant les perspectives et les débouchés qui ont une connotation économique pas toujours pris en compte par l’enfant. Si nous nous plaignons aujourd’hui, de la prédominance de l’enseignement littéraire et plus précisément de l’enseignement des sciences humaines et des lettres, sur l’enseignement des sciences et des techniques, c’est bien parce que ceux-ci sont plus attrayants.

Nous évoquons souvent des raisons de facilités pour justifier le rush des potaches sur l’enseignement des sciences humaines et des lettres. Mais il y a une nuance. Et elle est de taille !!!

Ce n’est pas que les lettres et les sciences humaines soient plus faciles naturellement mais parce que la pédagogie ici utilisée les rend plus digestes pour la majorité des élèves.

Grâce aux supports sociaux et culturels, l’enseignement des sciences  humaines et des lettres a réussi à se prolonger sur toutes les sphères et les activités de la vie courante.

Le cours de géographie et d’histoire est prolongé par le journal télévisé, le cours d’art dramatique par le théâtre, pendant que Hegel et Platon, Chinua Achebe ou Ousmane Sembene  se révisent autour des séances de thé, les leçons d’instruction civique par les contes de grand-mère etc.

Or, les modes de diffusion de ces supports obligent forcément l’élève à fermer son cahier de physique, de mathématique et de sciences naturelles, ou à s’isoler donc à se marginaliser par rapport à un ensemble de valeurs où la réunion et le partage sont les valeurs cardinales. Or, la marginalisation fait peur. Elle peut se révéler plus angoissante que les difficultés supposées ou réelles des options scientifiques.

C’est pourquoi, il est important sans chercher à imiter les formes usitées par l’enseignement des lettres et des sciences humaines, de réfléchir à des initiatives originales qui valoriseraient spécifiquement l’option scientifique en dehors d’un prix symbolique tous les douze mois.

Ici encore, ce ne sont plus exclusivement les pédagogues et les décideurs politiques qui sont interpellés mais toute la société.

Pourquoi en effet, les opérateurs économiques, les services publiques et privés n’offriraient ils pas de possibilités de stages aux élèves durant les vacances scolaires pour les aider à se familiariser avec l’entretien des infrastructures, l’exploitation du sel, les statistiques démographiques etc.?

Pourquoi interpeller uniquement l’état et les élus locaux pour l’assistance sociale des nécessiteux alors que moins de 1% des bénéfices d’un opérateur économique moyen peut aider un enfant à manger à sa faim, acheter ses fournitures et accomplir des performances à l’école ?

Les sciences sont à la portée de chacun d’entre nous, il s’agit seulement de créer les conditions favorables à leur enseignement et apprentissage, de combattre les mythes qui les entourent, de lever les stéréotypes de « génie » qui découragent à priori.

BANDIA, MAI 2015

HYBRIDATION/ŒCUMÉNISME MÉTHODOLOGIQUE AU SERVICE DES THÉORIES DU SENS

Abdou Ndukur Kacc Ndao 

Socio-anthropologue

Abdou.Ndao@ndukur.com

L’analyse qualitative appliquée à l’informatique a vraiment évolué au fil des 20 dernières années. elle est passée d’une analyse relativement “simple” à une approche de plus en plus complexe intégrant une pluralité de sciences.

PROFONDEUR DES RESSOURCES. Il y’a quelques décennies, l’analyse qualitative était presque exclusivement centrée sur les corpus/sources/ressources textuels. Ces corpus textuels étaient collectés à partir d’outils de collectes de données classiques tels que notamment les entretiens semi-structurés, les focus-groups, etc. Aujourd’hui, l’analyse qualitative appliquée a élargi sa base informationnelle en incluant les ressources non textuelles tels que notamment les vidéos, les photos, les enregistrements audio. Mieux, elle a intégré dans son dispositif les données issues des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, g+, etc.). Toutes ces ressources sont traitables et analysables à partir de procédures spécifiques d’encodage disponibles dans toutes les applications d’analyse qualitative.

CIRCULARITÉ INDUCTIVE ET DÉDUCTIVE. L’analyse qualitative appliquée a déconstruit les logiques cloisonnées entre l’induction et la déduction. Il est ainsi possible de commencer par une démarche inductive en partant des corpus pour générer des thèmes ou de la déduction en ayant préalablement à l’analyse identifié les thèmes. L’analyse qualitative privilégie plus la thématisation qui une approche plus polyvalente comparativement à d’autres telles que notamment l’analyse par théorisation ancrée, l’analyse de contenu. C’est pourquoi, l’analyse qualitative procède d’un œcuménisme méthodologique ou tout au moins d’une hybridation méthodologique (Haldemaan et Levy, 1995) qui déconstruit les approches classificatoires qui considèrent que  la découverte relève des “qualitativistes” et la preuve des “quantitativistes”.

MESURES “QUALITATIVES”. Certains continuent toujours de considérer l’analyse qualitative comme relevant de la théorie voire de la spéculation philosophique ou anthropologique. Sans doute pour lui dénier son statut épistémologique ou pour mieux fonder l’intérêt et la pertinence  des approches “quantitatives”. Il est vrai que les sciences sociales et humaines de façon générale ont du se battre pour mieux affirmer leur statut épistémologique. Nous oublions qu’avec l’analyse qualitative appliquée, nous disposons de formidables et adaptés outils tirés notamment des sciences statistiques.

En effet, il est possible aujourd’hui d’appliquer des mesures de similarité de mot, d’encodage, de valeurs d’attributs avec les coefficients de corrélation de Pearson, de Jaccard et de Sorenson, les tests de Kappa, etc. Les visualisations des données se sont nettement améliorées également avec les graphiques (en 2 et 3 dimensions), les grappes, les surfaces, les diagrammes sans compter les modélisations des relations ou des hypothèses de recherche. Les moteurs de traitement des données sont devenus extrêmement puissants et nous permettent de procéder à des recherches textuelles, de fréquences de mots, d’encodage, d’encodage matriciel, de comparaison d’encodage et de comparaison composée. De puissants outils d’analyse basés sur un travail rigoureux d’encodage de nos sources textuelles et non textuelles.

TECHNOLOGIES DE SENS. L’analyse qualitative appliquée n’est pas un conglomérat de techniques ou d’outils “technologiques désincarnés”. Elle tire sa source dans une quête permanente de sens qui exige une posture conceptuelle très soutenue. C’est pourquoi, outre les sciences statistiques ou informatiques, l’analyse qualitative fait appel aussi aux présupposés théoriques des sciences sociales et humaines,  notamment à la Logique (logique des prédicats et propositionnelle), à la linguistique, aux théories des graphes, des liens, des réseaux sociaux…Elle est une véritable mécanique scientifique au cœur des théories de la complexité scientifique.

Photo : Matar Ndour, 2015

ANKN

STUDIO DE BROUSSE : LES ROUTES ETHNO-PHOTOGRAPHIQUES

Abdou Ndukur Kacc Ndao
Socio-anthropologue
Abdou.Ndao@ndukur.com
www.ndukur.com
Dakar – Sénégal

Chers(e) ami(e)s,

L’équipe de Studio de Brousse reprend, en fin de semaine prochaine, son bâton ethno-photographique. Cap vers la Casamance, Kolda, Vélingara, Tambacounda, Kédougou, Nioro du Rip, Fatick. Objectif : capter nos dynamiques culturelles méconnues à travers l’anthropologie, la photographie et la caméra.

Si vous avez des itinéraires, des lieux, des objets, des personnages, des instruments historiques voire archéologiques, n”hésitez pas à nous en faire part. Nous essayerons autant que possible de les intégrer dans nos programmes de visite et d’études. La photographie, le cinéma et les professions de l’audio-visuel sont des métiers par excellence de mémoire. Toutes nos archives sont à l’Institut National de l’Audio-visuel (INA) en France ou dans d’autres contrées du monde. Nous ne pouvons, pour certaines, même pas les rapatrier pour mieux documenter nos mémoires historiques collectives. Ceci est un vrai désastre.

En revanche, nous pouvons intensifier ce travail de mémoire et nous battre pour assurer notre présence dans cette bataille hautement stratégique de contenus. Pour cela, il faut sortir de nos villes et salons calfeutrés et capter les profondeurs du pays. Même l’insécurité ne doit pas nous faire reculer. Il faut aussi arrêter d’attendre tout des financements, qu’ils soient internes ou extérieurs. Car ce travail de contenu et de mémoire, soit nous le faisons, soit d’autres le feront à notre place. C’est aussi un des messages pédagogiques de Studio de brousse. Si on veut on peut. Si l’intelligence et la conviction sont là, tout est presque possible.

Nous attendons vos suggestions et espérons finir cette seconde partie de nos escapades ethno-photographiques dans deux mois à travers les zones Sud-est et Centre de notre pays.

Equipe Studio e Brousse

Abdou Ndukur Kacc Ndao, Socio-anthropologue
Matar Ndour, Artiste-Photographe
Benoît Kandima Fader Keita, Assistant-cameraman

ANKN

INTERVIEW EXCLUSIVE DU DOYEN AMADOU MOCTAR MBOW, ANCIEN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNESCO

Nous publions cette interview exclusive du Doyen Amadou Moctar Mbow, ancien Directeur général de l’UNESCO. Professeur Mbow y parle de sa trajectoire militaire, scolaire, politique. Il y lance des messages forts sur ce que devrait être notre posture aux contraintes de la vie. Cette interview a été réalisée à l’occasion du Forum citoyen sur les conclusions des Assises Nationales sur l’Education et la Formation organisé par la COSYDEP, le Groupe Refondation Nationale et le GRES.

NŒUDS, ENCODAGE, CLASSIFICATION, MATRICES, RELATIONS, THÉMATISATION

Abdou Ndukur Kacc Ndao

NŒUDS

Les nœuds sont des conteneurs prévus pour stocker ces idées dans votre projet et contiennent les preuves appuyant ces idées dans les sources. La création et l’exploration des nœuds sont une manière d’analyser les données pour parvenir à des théories plus élaborées.

ENCODAGE

L’encodage est le processus consistant à citer une partie d’une source ayant trait à un nœud.  , 

TYPES DE NŒUDS 

Il existe différents types de nœuds convenant aux divers types d’idées et de concepts que vous êtes susceptible de représenter dans votre projet :

Les nœuds libres peuvent servir à stocker les idées dissociées qui ne sont liées à aucun concept représenté par les nœuds existants. À mesure que le projet se développe, il est possible de les intégrer aux nœuds hiérarchiques, à un endroit judicieux.

Les nœuds hiérarchiques peuvent servir à représenter les concepts et catégories de votre projet ayant un lien logique entre eux, car ils peuvent former une structure hiérarchique (catégorie, sous-catégorie, par exemple).

LES CLASSIFICATIONS 

Les cas représentent des entités de vos recherches (personnes, écoles, organismes ou foyers, par exemple).  Ils peuvent posséder des “attributs” servant à consigner les caractéristiques des entités sur lesquelles vous souhaitez poser des questions.  De même que les nœuds hiérarchiques, il est possible d’agencer les cas sous forme de hiérarchie.

LES MATRICES

Les matrices peuvent servir à mettre en évidence les liens entre le contenu de différents nœuds. Elles se créent en interrogeant les données au moyen de requêtes d’encodage matriciel et se présentent sous la forme de tablea

LES RELATIONS

Les relations représentent ce que vous savez ou découvrez sur les liens associant les éléments de votre projet.

LA THÉMATISATION 

Vous pourriez avoir identifié certains thèmes ou rubriques à représenter en tant que nœuds avant même d’avoir commencé à explorer vos sources. Par exemple, cela peut être le cas si vous avez étudié au préalable la documentation ou les points principaux des questions posées pendant les entretiens.  À mesure que vous examinez les sources, vous pourriez découvrir un certain nombre de thèmes ou rubriques supplémentaires méritant également leur propre nœud.

Illustrations photographiques : Matar NdourGEZ

NOTE MÉTHODOLOGIQUE EN ANALYSE QUALITATIVE 2 : CRÉATION DE NŒUDS (NODES)

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Aujourdhui, nous abordons les nœuds. Un nœuds est une sorte de boites à idées qui sont similaires. La similarité est un concept central dans l’analyse qualitative des données.

Elle permet a l’instar des autres tels que l’exactitude, le proche, la différence, l’opposé, etc. de saisir les finesses et complexités entre plusieurs hypothèses ou points de vue ou perceptions.

La création de nœuds est une étape fondamentale dans l’organisation et la rationalisation des données qualitatives. Elle exige une posture conceptuelle très soutenue. Elle fera appel par exemple à la logique propositionnelle, logique des prédicats, au sens pointu de conceptualisation et de formalisation qualitatives.

NOTE METHODOLOGIQUE INTRODUCTIVE SUR L’ANALYSE QUALITATIVE APPLIQUÉE A L’INFORMATIQUE

Abdou Ndukur Kacc Ndao

Ce matin et cet après midi cours centré sur l’organisation et la rationalisation des données qualitatives dans des répertoires dédiés. Importation des sources textuelles et non textuelles (vidéo, audio, photos) ainsi que celles dites internes (créés par le chercheur) et externes (non produites par le chercheur). Cette procédure de rationalisation et d’importation des données permet de constituer une base diversifiée de sources. Elle permettra de rechercher les sens cachés des sources à partir d’un travail itératif et rigoureux d’encodage.

L’analyse qualitative appliquée est aujourd’hui un véritable œcuménisme/hybridation méthodologique. Elle peut partir de l’induction tout comme de la déduction. Elle déconstruit les approches méthodologiques qui séparent les continuités épistémologiques nécessaires entre la compréhension et l’explication. Elle est une quête de sens continuelle qui prohibe le manichéisme face aux données. Sa posture scientifique est claire : le point de vue de la vendeuse d’arachides dans la rue est d’égale dignité heuristique que celui d’un président de la République.

L’enjeu est de révéler une pluralité de sens qui refuse la “statisticisation” des complexités humaines et des points de vue sous-jacents.

ANKN